Sur le continent
américain, c’est le Mexique qui compte
le plus d’indiens : 30 % estimés soit entre environ
30 millions de la population, répartis en plus de 50 tribus
indiennes et qui parlent plus de 60 langues différentes.
Une grande partie des Indiens vivent en communautés avec
une organisation du village très hiérarchisée.
L’autorité religieuse est placée sous un «
chaman » repère essentiel de la vie sociale. La notion
de groupe prime au profit individuel. Ils vivent principalement
d’une agriculture traditionnelle et se sont tournés
vers l’artisanat qu’ils vendent dans lestianguis.
Les
différents groupes d'amérindiens
Les Etats qui concentrent le plus d’indiens sont les Etats
de Oaxaca (1,7 million), du Chiapas
(1,3 million), de Guerrero (450 000) puis l’Etat de Veracruz
avec 350 000. Les descendants des Aztèques, les Náhuatls
représentent le groupe le plus important (près de
2 millions). Ils vivent dans le Centre du pays et parlent la langue
appelée le Náhuatl ; puis suivent les Mayas
(1,5 million) vivant au Chiapas
et au Yucatán parlant le
maya divisé en dizaine de dialectes, puis lesZapotèques et les Mixtèques
au nombre de 750 000 chacun vivant les premiers dans l’Etat
de Oaxaca, les autres dans l’Etat
de Puebla, de Guerrero et
de Oaxaca.
Photo de gauche : beau costume
d'indienne du Mexique
Dictionnaire
de la langue náhuatl
à consulter (langue parlée par les Aztèques).
Quelques groupes comme les Yaquis vivent dans le
Nord (Etat de Sonora) ou comme les Tarahumaras
(50 000) apparentés aux groupes indiens d’Amérique
du Nord qui occupent les canyons et les terres basses de la Sierra
Madre occidentale (Etat de Chihuahua et nord-ouest de l’Etat
de Durango). Ils vivent encore de façon marginale et sont
connus par leur traditionnelle course à pied. Ils vivent
par groupes familiaux sur les hauts plateaux environnants, le long
de rios qui sont à sec la moitié
de l’année. A l’arrivée des grands froids,
ils descendent en bas des canyons. Ils sont différents des
autres groupes indiens du Mexique par leur volonté
d’isolement. Leur costume en coton blanc ou tapote
est complété par un bandeau rouge autour du front
pour les hommes et en général d’une tunique
en forme de robe sac pour les femmes et les jeunes filles. Elles
portent parfois une jupe retenue à la taille par une ceinture.
Peuple d'agriculteurs, les hommes se consacrent à la culture
du maïs et haricots rouges, bases de leur alimentation. Les
femmes s'occupent de leur foyer et enfants et de la fabrication
d'objets artisanaux. En dehors de leur temps de travail, l'essentiel
de leur vie est consacrée à la contemplation. Un système
de pensée qui repose sur une quête spirituelle du bonheur
et l'élévation de la conscience personnelle. Répartis
en plusieurs communautés autonomes, chaque village dispose
de son gouverneur, élu par toute la population du village
en fonction de son savoir et de son implication dans la vie quotidienne.
Religion et croyances sont la base de survie de ce peuple. Leurs
pratiques sont le fruit d'un mélange entre le catholicisme,
amené par les Jésuites pendant la colonisation du
Mexique, et de nombreux rites ancestraux. Aux rencontres
dominicales à l'Eglise s'ajoutent des cérémonies
en l'honneur des astres et en particulier le soleil et la lune.
Des rituels qui impliquent la consommation de Peyotl - un cactus
procurant des effets hallucinogènes très puissants
- sur le rythme répétitif de tambourins.
Les Tarasques Purépechas (150 000) qui sont
d’habiles artisans (de poteries, masques, meubles, instruments
de musique), paysans et pêcheurs, vivent près du Lac
de Pátzcuaro et dans les montagnes du
Michoacán. A ne pas manquer la fête des
Morts (02 Nov.) en leur présence célébrée
de façon grandiose.
Les
Lacandóns au nombre de 400 vivent retranchés
près de la Frontière avec le Guatemala. Ils chassent
et cultivent le coton, le tabac et le maïs. Ils mêlent
catholicisme et rites ancestraux.
Photo de droite : petite
marchande indienne sur le marché -
plastique ! temps moderne !
Vidéo
très riche de 9 mn - Voir commentaires ci-dessous
Extrait des commentaires de la vidéo
: "Circuit touristique solidaire aux couleurs locales est organisé
par l'association Wirrarika Tatevari pour l'aide aux peuples Indigènes.
Pátzcuaro, le pays des
volcans est un petit village indien de l'état du Michoacán,
Pátzcuaro en langue Purépecha
ou Tarasque signifie « le siège des temples »,
l'île de Janitzio
se trouvant au milieu du lac de Pátzcuaro est habité
par les indiens Tarasques. Les pyramides deTingambato signifie «
montagne de climat tempéré », et fut un centre
cérémonial très important durant le règne
des Tarasques, l'antique population date de l'an 1300. Teotihuacán
est le site précolombien Aztèque le plus fameux
et le plus grandiose de la vallée de San Juan, à 5O
km de Mexico, les pyramides de Tula
« le lieu des roseaux » avec ses atlantes géants
sont situées dans l'état d'Hidalgo. Valle
de bravo est un village, aux rues pavées, situé
au bord d'un lac. C'est aussi un centre d'art et d'artisanat, remarqué
pour sa poterie très colorée et la broderie fine des
Indiens Mazahuas « les gens du chevreuil ». Les papillons
monarques sont situés dans l'état du Michoacán
de novembre à fin mars, un périple de 3 mois en partant
du Canada jusqu' aux montagnes du Michoacán,
un trajet qui représente 100 km par jour, afin de ravir nos
yeux ainsi que notre esprit, devant ce ballet inoubliable de milliers
de papillons."
Les Totonaques au nombre de 150 000 vivent sur la Côte
Atlantique au Nord de Veracruz
et aux alentours de Puebla.
Ils mènent une vie rude et ne vivent que de leurs cultures.
Ne mangent de la viande que les jours de fêtes. Leur spectaculaire
danse des Voladores fait partie
du patrimoine folklorique mexicain.
Les Tzotziles et les Tzeltales
dont le nombre est estimé à 100 000 par groupe vivent
dans les hautes terres du Chiapas.
Ils sont de gros fumeurs surtout de tabac sauvage et vivent de leurs
cultures. Les Tzeltales vivent au pied des montagnes tandis que
les Tzotziles vivent au dessus de 1500 m d’altitude. Ils portent
les plus beaux costumes du Mexique qu’ils
fabriquent eux-mêmes (sombreros
de paille, articles en laine, coton, fibre, tissus fabriqués
sur des métiers à tisser rudimentaires, peaux tannés
pour la fabrication des sandales (huaraches).Ils
sont organisés en village autour duquel les fermes se répartissent.
Ils parlent un dialecte d’origine maya. San
Juan Chamula est le centre de la communauté
des chamulas de langue tzotile.
Les Huichols (18 000) vivent dans la Sierra Madre
occidental et dans le Nord de l’Etat de Jalisco.
Un centre consacré à cette ethnie permettant de découvrir
leur artisanat, un des plus riches de la région a été
créé à Santiago Ixcuintla. Ils ont peu de contacts
avec l’extérieur et vivent de leurs ventes de produits
artisanaux et ventes de bétails sur les marchés. Selon
un rituel ancestral, ils vivent dans des maisons isolées,
les unes des autres afin d’éviter les disputes entre
les femmes. Ces dernières portent une large jupe aux teintes
très colorées. Les hommes portent un costume blanc,
tunique ceinturée et pantalon flottant avec dans le bas des
motifs brodés au point de croix. Ils portent un chapeau,
le ropero en palme tressée.
Photo ci-dessus : indiens huichols
Bel article à propos des Huichols sur le site www.mexconnect.com
(en esp et ang).
L’information en direct du Mexique, cérémonies,
fêtes, culture, traditions, et tout ce qui n’est pas
dit……
Photo
de droite : indiens totonaques se rendant au marché
de Cuetzalán
La
population de l'état du Chiapas
est pluriethnique et pluriculturelle. 81,5% de la population autochtone
se concentre dans 3 régions du Chiapas
: les "Altos", le Nord et la "Selva".
Les groupes prédominants sont : Tzotzil
36% de la population autochtone totale, Tzeltal
34,5%, Chol 17,4% puis zoque et
tojolabal.
Photo de gauche : marchand se rendant
à son stand de marché à Oaxaca
Les séris au nombre réduit de 400
(seris veut dire « ceux qui vivent sur le sable ») sont
une tribu de chasseurs et de pêcheurs. Ils
vivent dans le Golfe de Californie et sur la côte Ouest du
Sonora et survivent également grâce à leur artisanat
de vannerie et de sculpture du bois.
PEUPLES AMERINDIENS.
Extrait des commentaires de la vidéo :
"La course à pied pour la mémoire de CUAUHTEMOC,
de notre culture, de nos traditions. Ils ont parcouru plus de
2000 Km à partir de la ville de Mexico jusqu'à
la frontière du Guatemala. Arrivé au village de
Tonaciqué, état de Tabasco dans le sud du Mexique,
devant la statue de Cuauhtémoc, Tlakaocelotl a salué
les quatre directions. Une cérémonie de bénédiction
a été effectuée au pied du Ceiba, l'arbre
sacré, en la mémoire de Cuauhtémoc 10ème
gouverneur de la Grande Tenochtitlan, là ou il a rendu
sa vie, pendu par les Espagnols. La course continue avec son
entrée à Villahermosa puis à Palenque etc..."
Très belle vidéo
Seuil
de pauvreté
Beaucoup d’indiens vivent en dessous du seuil de pauvreté
; ils n’ont pas assez de terre pour subvenir à leurs
besoins. A partir des années 1970, la voix indienne se fait
davantage entendre. Depuis 1991 sous la présidence de Salinas
de Gortari, la Constitution reconnaît les peuples indiens
et une nation mexicaine multiethnique. La création tout récemment
d’un Institut National des langues indigènes (Inali)
a pour mission de promouvoir l’usage de ces langues. Cette
avancée dans le discours est loin de la réalité
actuelle. Le Président
V.Fox n’est pas parvenu à un accord avec les rebelles
zapatistes du Chiapas. Que va
faire le prochain en poste depuis décembre 2006 ?
V. Fox (Président 2000-2006) souhaitait également
améliorer le statut des mexicains aux USA mais il n’y
a pas d’entente sur ce point à ce jour (la non participation
du Mexique à l’intervention en Irak
a refroidi les relations avec les USA). Observons ce qui peut se
passer avec le nouveau président Calderón
au pouvoir depuis décembre 2006.
Photo de gauche : lunch d'une indienne
V. Fox a eu plus de succès dans la lutte contre la drogue.
Il a aussi nommé en 2002, un procureur spécial chargé
d’enquêter sur les violations des droits de l’homme.
Ces derniers ont été reconnus en avril 2004 comme
« élément fondamental » de la Constitution,
et de nouvelles institutions ont vu le jour, comme la commission
des droits humains en Mai 2003. Il en reste que le Mexique
n’est pas « exempt de tous soupçons ».
L’impunité reste la règle générale
au Mexique malgré le rapport annuel d’Amnesty
(voir celui de 2004) et les remarques bien fondées de l’ONU
sur certaines affaires criminelles.
BIBLIOGRAPHIE :LA GEOPOLITIQUE DES INDIENS DU MEXIQUE
- DU LOCAL AU GLOBAL
Cet ouvrage d'anthropologie politique, qui porte sur les communautés
indiennes et rurales de l'Etat du Guerrero, au Mexique, vise à
répondre à des questions que la récente actualité,
telle la rébellion zapatiste du Chiapas, pose à propos
des Indiens. En quoi consiste leur organisation sociale ? Comment
évolue-t-elle avec la transformation du système politique
mexicain ? Qu'en est-il du rapport entre le territoire et le pouvoir
politique, rapport ici qualifié de géopolitique. L'auteur
analyse les rapports qui se nouent au sein de populations restreintes,
suit le développement des conflits locaux dans leur relation
au cadre national, remet en cause la conception traditionnelle de
la communauté indigène fermée sur elle-même.
Photo de droite : Indiennes et leurs costumes
typiques de la région de Oaxaca
PARLONS TZELTAL UNE LANGUE
MAYA DU MEXIQUE
Une langue Maya du Mexique. Le tzetzal est une langue parlée
par un des groupes mayas du Chiapas au sud du Mexique. Cette région
a été le théâtre de la révolte
maya en 1994, connue sous le nom de soulèvement zapatiste,
conflit encore vif et non résolu plus de trois ans après
ses premiers éclats. Une introduction au temps et lieux du
monde maya, replace la parole tzetzal au sein d'un ensemble dont
la patrie commune est la famille linguistique.
Photos
ci-dessous : indiens Nahuatl à Cuetzalán
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