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Les Barcelonnettes
 Page mise à jour le 21.12.2012
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groupe folklorique de Puebla aux fêtes latino-mexicaines de Barcelonnette


Barcelonnette, cette petite ville à l'atmosphère déjà toute méridionale, est la Sous-Préfecture des Alpes de Haute Provence.


     Photo à droite : groupe folklorique de Puebla aux fêtes
     latino-mexicaines de Barcelonnette



Parmi les personnalités qui y naquirent, citons J.A MANUEL (1773-1817) député de la restauration et Paul REYNAUD (1878-1966) éminent homme politique. Celui-ci, Président du conseil en 1940, démissionna et fut remplacé par le Maréchal Pétain. Plus tard interné sous le gouvernement de Vichy, il fut déporté en Allemagne de 1942 à 1945. Réélu député après la libération, il fut Président de la Commission des affaires Économiques du Conseil de l'Europe où il se montra un ardent défenseur de l'Unité Européenne.

Une histoire mouvementée

A l'origine, Raymond Bérenger, Comte de Barcelone et de Provence, avait fondé à cet endroit, en 1231, une bastide qu'il avait baptisée Barcelone et qui ne devint Barcelonnette que cinq siècles plus tard.
A partir de 1388, Barcelonnette appartient, ainsi que toute l'Ubaye, à la maison de Savoie qui la conserva jusqu'en 1713. A cette date le traité d'Utrecht l'attribua à la France en échange une partie du Dauphiné qui passait à la Savoie. Cet échange se fit grâce à l'instance du Maréchal de Berwick auprès de Louis XIV. Cet homme d'armes, après avoir combattu dans les Alpes, avait compris tout l'intérêt stratégique de la vallée de Barcelonnette. Dès qu'ils furent français, les habitants de la vallée demandèrent à être rattachés au Parlement de Provence.


Les « Barcelonnettes » ou « Mexicains »

En 1821, les Frères Arnaud de Jausiers ferment leur filature et décident d'aller tenter fortune au Mexique. Ils fondent un magasin de tissus et nouveautés à Mexico. A partir de 1830 ils sont suivis par d'autres habitants de la Vallée. En 1893 on compte au Mexique plus d'une centaine de magasins de tissus appartenant à des « Barcelonnettes ». A la même époque des milliers de personnes vont s'installer au Mexique. Un groupe de « Barcelonnettes » achète la banque «Londres, Mexico, et Amérique du Sud » qui avait le privilège de l'émission des billets pour tout le Mexique.
Mettant tout d’abord à profit leur savoir-faire, ils se font colporteurs, distribuant tissus et linge. Ils triment dur, et, la solidarité entre bas Alpins aidant, ils ouvrent rapidement des comptoirs. Profitant de l’intervention française et de l’empire instauré au Mexique par Napoléon III, la colonie barcelonnette se développe. Les voici bientôt à la tête d’un colossal empire. Il n’est pas de secteur qui échappe à la mainmise de ces clans opiniâtres de Tron, d’Ollivier ou autres Reynaud… Elle évince Anglais et Allemands qui détenaient le commerce en gros mais surtout étend son réseau de distribution dans tout le pays, grâce à un astucieux système entretenu par l’afflux incessant de main d’œuvre provenant de la vallée de Barcelonnette.
Cet âge d'or prend fin avec la révolution mexicaine et la guerre 14-18, qui mobilise de nombreux rapatriés. L'émigration reprend dans les années 30 puis ralentit petit à petit. De nombreux « Américains », comme on les appelle ici, revinrent au pays et firent construire ces luxueuses villas qui donnent un cachet si particulier à Barcelonnette.

église de Barcelonnette
Arrivée à Mexico, l'installation (1840-1870)

C'est au coeur de la capitale de la jeune république fédérative des états du Mexique (1824), que choisissent de s'implanter les premiers commerces de tissus, « cajones de ropa », alignés les uns sur les autres. Au nombre de 46 en 1846 (dont 20 magasins pour le seul district fédéral de Mexico), ils représentent plus de 110 établissements 40 ans plus tard, en 1886, implantés dans les principaux centres urbains : à Puebla, à Morélia, à Guadalajara, à Durango, à Tampico, etc.

Photo de gauche : Eglise de Barcelonnette


Du commerce à l'industrie (1870-1910)

Sous la longue présidence de Porfirio Díaz (1830-1915), les entrepreneurs barcelonnettes deviennent « l'interlocuteur préférentiel du gouvernement mexicain » (Jean Meyer), et prennent une part active à l'industrialisation et à la modernisation du pays.
Toujours sous l’œil bienveillant de Porfirio Díaz, vieux dictateur progressive et francophile, surgissent du sol mexicain les plus grandes filatures du monde (Orizaba emploie 15000 ouvriers en 1910) et parmi les plus beaux magasins (Palacio de Hierro, Ciudad de Londres…). En 1911, la colonie détient 50% des investissements étrangers dans l’industrie mexicaine.
Dessinés par des architectes français, de nouveaux établissements copiés sur les modèles parisiens du Bon Marché et de la Samaritaine adoptent tous « une écriture on ne peut plus post-haussmannienne de dômes et de grands combles cintrés dont la protubérance accentue la majesté des volumes, silhouettés à chaque carrefour » (François Loyer). Le maître verrier nancéen Jacques Gruber signe les imposantes verrières des grands magasins El Palacio de Hierro (1891) et du Centro Mercantil (1896), aujourd'hui transformé en grand Hôtel.
Soucieux de maîtriser aussi la production, les négociants barcelonnettes fondent d'importantes compagnies industrielles à la tête de nombreuses fabriques de la filature, tissage et impression du coton, dont les plus importantes sont implantées dans la vallée de Rio Balanco. La banque attire les entrepreneurs barcelonnettes qui prennent d'importantes participations dans toutes les banques du pays et détiennent le monopole de l'émission de billets...


De la révolution à l'intégration (1911-1950)

Cette étonnante réussite économique ne saurait masquer la dure réalité quotidienne d'une grande partie des émigrants, employés et ouvriers. Les tout premiers mouvements de contestation éclatent en janvier 1907, à l'intérieur de la fabrique de Rio Blanco fondée par les barcelonnettes. Sept ans plus tard, à l'aube du premier conflit mondial, les barcelonnettes se mobilisent et se portent volontaires ? A leur côté des mexicains aussi tomberont pour la France.
Les années post-révolution marquent une rupture et modifient les règles alors favorables aux investisseurs étrangers : lois sur la restriction de l'émigration, limitation du personnel étranger etc. Une dernière vague d'émigrants rejoint le Mexique dans les années 1950, ils ne sont plus qu'une dizaine dans les années 1960. Les barcelonnettes sont de plus en plus intégrés et les retours définitifs dans la Vallée deviennent de plus en plus rares.
Aujourd'hui, le nombre de descendants barcelonnettes implantés au Mexique, estimé entre 20 000 et 50 000, dépasse largement le nombre des habitants de la Vallée : 7 500. Chaque année, de nombreux hollandais, américains et mexicains, tous originaires de l'Ubaye, découvrent la terre de leurs ancêtres,
Désormais, deux musées, consacrés à l'histoire des entrepreneurs barcelonnettes, témoignent d'une histoire commune à la Vallée à Barcelonnette ouvert en 1988 et le récent Museo Comunitario à Ciudad Mendoza, inauguré en avril 2001.



Villas et tombeaux

Etalée sur un demi-siècle (1880-1930), la construction des villas de Barcelonnette et Jausiers regroupe une cinquantaine d'édifices qui ont favorisé la création d'un nouvel urbanisme proche de celui des villes d'eau contemporaines où, de la même façon, les parcs et jardins l'emportent sur le bâti. Il en résulte un esprit et un mode de villégiature qui vont caractériser l'émergence de cette nouvelle architecture plus familière du littoral Méditerranéen et des stations balnéaires de la Côte Atlantique.

Les commanditaires sont tous des enfants du pays, de retour après de longues années d'émigration et qui ont tous brillamment réussi dans l'industrie textile et le négoce. Ainsi, après avoir longtemps été à la pointe du goût et de la modernité, ils s'attachent à la construction d'une villa moderne où ils passeront l'été avant de rejoindre le front de mer dès les premiers frimas de l'hiver. Alexandre Reynaud, père de Paul Reynaud, homme d'état français (1878-1966), construit parmi les premiers une élégante villa dont les proportions et la parfaite symétrie rappellent celles des grandes demeures bourgeoises classiques du centre historique de Barcelonnette.

Aujourd'hui transformée en musée (musée de la Vallée), la villa « La Sapinière » (1878-1880) conserve intacts ses riches parquets en marqueterie, le salon-bibliothèque d'Alexandre Reynaud et son élégant cabinet de ains entièrement décoré de faïences qui date de 1910. De cette première génération, datent encore la villa « le Verger » (Office National des Forêts) et la villa « Mireio » (Centre des Impôts). Seule la villa édifiée par Emile Chabrand (1843-1893) se distingue par son langage pittoresque associant pour la première fois la brique, le bois et les produits céramiques.

Les riches années 1890-1910 instaurent de nouvelles pratiques architecturales. Les villas deviennent ambitieuses, les modèles se multiplient, les façades s'ornent et surtout les toitures se compliquent, toujours plus haute. Des architectes venus des principales métropoles dessinent d'imposantes « villas châteaux» et puisent dans toutes les ressources de l'éclectisme fin de siècle. L'accent est mis sur l'effet de silhouette. Regroupées à l'est de Barcelonnette, les villas de la seconde génération témoignent de la diversité des formes architecturales et du vocabulaire décoratif. Au castel néo-gothique succède un palazzo florentin avec son ordonnance de pilastres. La villa château développée autour d'une aile en retour d'équerre et coiffée d'une poivrière-symbole triomphe parmi les autres modèles. Agrémentée d'une véranda métallique parfois enrichie de vitraux, elle se distingue encore par sa toiture en ardoise d'Angers,

A Jausiers, d'imposantes constructions affichent une écriture quasi balnéaire, sous la houlette d'un architecte originaire de Lugano, dont le fleuron est le château des Magnans inscrit depuis 1985 à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques.
L'entre deux guerres marque le déclin des constructions. Les villas, moins nombreuses sont aussi plus modestes. Seule la villa Bleue (1931) développe un projet ambitieux autour d'un vaste hall central éclairé par un imposant vitrail dont le thème iconographique résume à lui seul l'aventure des « soyeux du Mexique ». On y découvre les métiers à tisser, les usines et le grand magasin de nouveautés qui appartient au commanditaire.On recherche en vain toute référence stylistique à l'architecture néocoloniale comme à l'architecture vernaculaire mexicaine. Aucun emprunt à l'exotisme. Exemple, l'architecture néo-mauresque largement présente sur la Côte d'Azur est totalement absente des sites Ubayens au climat plus rigoureux, l'unique référence au Mexique réside dans l'appellation choisie de quelques villas : villa Puebla, villa Morelia, la Tapatia.Villa Morelia (devenue l'hôtel Morelia)


     Photo de droite : Villa Morelia (devenue l'hôtel Morelia)

On ne peut évoquer l'édification des villas de Barcelonnette et Jausiers sans mentionner celle des tombes monumentales construites dans ces mêmes années, parfois en même temps que la villa. Tous les cimetières de la Vallée (sans exception) témoignent de la richesse du patrimoine funéraire Ubayen réunissant le savoir-faire des tailleurs et marbriers italiens et la diversité des pierres et marbres sculptés.

 

 


Barcelonnette Barcelonnette sunset panorama Soaring over Barcelonnette _barcelonnette 130530 barcelonnette
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JUMELAGE AVEC VALLE DE BRAVO

Depuis Novembre 2004, la ville de Barcelonnette (vallée de l’Ubaye) est jumelée avec le site de Valle de Bravo situé dans l’Etat de Mexico à une centaine de km de Mexico. Valle de Bravo est un site de villégiature implanté à 2000 m d’altitude et comptant 28 000 habitants hors saison touristique. C’est un choix qui a été fait afin d’œuvrer pour faire vivre les liens historiques et culturels qui les unissent depuis l’époque des premiers émigrants barcelonnettes vers le Mexique.

Chaque année depuis 26 ans, a lieu à Barcelonnette les fêtes latino-mexicaines pendant le mois d’août (06 août-15 août 2012).
Vous pouvez consulter le site de l’Office du Tourisme : www.barcelonnette.com à ce sujet, (33) 04 92 81 04 71

danses folkloriques trés animées et colorées pendant les fêtes latino-mexicaines à Barcelonnette

Photo de gauche : danses folkloriques très animées et colorées pendant les fêtes latino-mexicaines à Barcelonnette.


 

 

 

 


Pour la petite histoire, l'arrière-grand-père de l'actuel maire de Mexico était de Barcelonnette !

 

Visite du Musée de la Vallée à Barcelonnette:

Expositions & visites :
Gens de l'Ubaye, Gens du voyage. Installé depuis 1988 dans une ancienne villa (la Sapinière), construite de retour du Mexique par un Barcelonnette, le musée met en scène des collections traditionnelles associant histoire, archéologie, ethnographie locale et exotique, beaux-arts. Si le thème de l’émigration au Mexique (1850 – 1950), prête volontiers au rêve, l’évocation de la vie en Ubaye à travers outils et objets de la vie quotidienne autorise la découverte d’une société rurale alpine du début du XXème siècle. Toute l’année, accueil des groupes, uniquement sur rendez-vous au 04 92 81 27 15. MUSEE DE LA VALLEE - 10 avenue de la Libération- 04400 Barcelonnette.



      Document ci-dessous : source Office du Tourisme de Barcelonnette : vue sur Barcelonnette - Alpes de Haute Provence

vue sur Barcelonnette Alpes de Haute Provence

& Les Barcelonnettes, tome 2 : Terres Chaudes par: Anne Dugrand
& Provence-Côte d'Azur : Alpes-de-Haute-Provence: Digne, Castellane, Manos par: Collectifs
& Les Barcelonnettes, tome 3 : La Soldadera par: Anne Dugrand
& Les Barcelonnettes, tome 1 : Les Jardins de l'Alaméda par: Anne Dugrand
517pages. 23,4x15x3,8cm. Broché.
& Barcelonnette - Balades et Randonnées par: Christophe Garrigue
& Les Jardins de l'Alameda (Les Barcelonnettes) par: Alain Dugrand
& L'aventure architecturale des émigrants barcelonnettes France-Mexique : In par: Hélène Homps-Brousse
C 'est au Mexique où ils émigrent entre 1850 et 1950, implantés dans le commerce et l'industrie textile, que les habitants de la vallée de l'Ubaye (Alpes - de - Haute - Provence), appelés les Barcelonnettes, font l'expérience de la modernité et découvrent le pouvoir de l'architecture. On leu
& Les barcelonnettes, les jardins de l'Alaméda par: Dugrand
433pages. in8. broché.
& 3540OT BARCELONNETTE par: IGN
& Les Barcelonnettes, terres chaudes par: A. Vallaeys
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Vos contributions et commentaires sur le contenu de cette page
  • Message déposé le 10/04/2011 - 22:04 par caty faivre  0 votes   
    je suis tres interessée par l histoire de la migration des barcelonnettes quelle bibliographie avez vous au musée?
  • Message déposé le 04/11/2008 - 15:11 par etoile  0 votes   
    je suis passionnee par l histoire des barcelonnettes pouver vous m envoyer par mail une bibliographie
  • Apprenez l'espagnol au Mexique