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Bécal
Située
à 88 km au nord-ouest de la ville de Campeche,
sa population est célèbre pour sa production de chapeaux
de palme, les célébres Panama ou jípis.
Le jípi est la fibre d'une palme naine, très
délicate, qu'on doit tisser dans des conditions d'humidité
maximum pour éviter qu'elle ne se brise, ce qui explique
qu'on le travaille dans des grottes où l'humidité
et la chaleur sont constantes. La majorité des familles du
village se consacrent à ce délicat travail artisanal.
Il y a longtemps que la fibre de sisal est utilisée à
des fins vestimentaires. Les Mayas, déjà, en maîtrisaient
la technique. Aujourd'hui encore, ils savent nouer de complexes
hamacs qui font le bonheur des touristes sur les étals de
marchés.
Les Haciendas
A la fin du XVIIIème siècle, Campeche était le district le plus riche de l'intendance du Yucatán,
grâce à sa position commerciale, maritime et agricole.
La Guerre des Castes (rébellions des mayas péninsulaires
dans la deuxième moitié du XIXème siècle)
devait changer le panorama, et les haciendas ne retrouvèrent leur prospérité que grâce
au sisal.
Les haciendas avaient une maison principale
("casco") - en général
de grande taille -, avec des trojes (maisons typiques), des entrepôts, une noria et des champs
cultivés. Certaines avaient des bureaux, un magasin et une
église. Elles étaient couramment gérées
par un administrateur tandis que les propriétaires ne les
utilisaient souvent que comme maisons de campagne.
Aujourd'hui, certaines de ces haciendas sont devenues des hôtels de luxe, tandis que d'autres sont
ouvertes au public pour des parcours touristiques programmés.
Parmi les plus importantes de Campeche, citons :
Hacienda Uayamon :
Hacienda d'élevage au XVIème siècle, elle se
développa à la fin du XIXème siècle,
en diversifiant sa production (canne à sucre, sisal, maïs
et élevage bovin). Ce fut un modèle de production
à son époque de splendeur. Elle était à
l'avant garde en matière technologique et sociale, car elle
disposait d'énergie électrique, chemin de fer, services
médicaux et éducatifs pour ses travailleurs. L'ex-hacienda
est aujourd'hui un hôtel de Grand Tourisme, situé à
27 km au sud-est de Campeche.
Hacienda de San Luis Carpizo : Aujourd'hui, siège de l'Infanterie Navale, c'était
jadis une hacienda importante, tant
par sa situation (à 8 km du chef lieu municipal par la route
Champotón-Isla Aguada) que par la fertilité de ses
terres qui permettaient une vaste production agricole.
Hacienda Blanca Flor : Ancienne hacienda dont les installations furent le théâtre
d'événements violents pendant la Révolution
(1910-1917). Il reste actuellement une partie de la maison principale,
qui sert d'hôtel. Elle est située à 63 km de Campeche.
Plan de l'état de Campeche : 
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Le
sisal (l'histoire)
Ce sont les espagnols qui donnèrent au sisal une notoriété
planétaire. Bien avant que Cortès ne prenne pied à Véracruz, les habitants de Tulum,
la "ville de l'aube" plantée face à l'Atlantique,
avaient observé les étranges vaisseaux ibères
cinglant toutes voiles dehors. A leur bord, Cordoba. Dès
1517, le conquistador avait consigné dans son livre
de bord l'existence de cette cité maya aux feux brûlants
sur des tours, destinés sans doute à guider les vaisseaux
de la petite cité-Etat préhispanique du Nord
Yucatán. Il faudra pourtant aux conquérants presque
deux siècles pour soumettre les fougeux Mayas, du côté
du Guatemala, en 1699. La péninsule du Yucatán offe
aux colons espagnols qui y découvrent l'emploi du henequén - nom maya du sisal - l'opportunité d'une industrie florissante.
C'est le temps d'explosion du transport maritime et le besoin en
cordages est immense, sous peine de ralentir la colonisation du
Nouveau Monde. En quelques décennies, le sisal est à
l'origine d'immenses fortunes. A la fin du XVIIIème siècle,
la prospérité se transforme en véritable boom,
grâce à l'incroyable résistance de la fibre
du henequén. Au début du XIXème siècle,
le Yucatán exporte 80 000
tonnes de sisal par an, soit 90% de la matière première
des cordages utilisés dans le monde. Au centre de ce système
de production féodal étaient les haciendas au luxe insolent, inspirées des riches demeures "paladiennes"
d'Italie.
Jusqu'à l'horizon, les champs d'agave s'alignent, monotones,
striés de rails destinés à l'acheminement des
wagonnets jusqu'aux séchoirs où la fibre extraite
de la plante est suspendue aux fils tendus à l'air libre.
A l'apogée de cet or vert, pas moins de mille haciendas officient pour la planète. Des écoles et des églises
poussent à proximité des haciendas. Le sisal
incarne alors la prospérité d'un Yucatán qui deviendra briévement une nation indépendante,
de 1843 à 1846. C'est l'entêtement des Mayas à
ne pas se soumettre aux nouveaux maîtres qui portera le premier
coup à la splendeur de domaines implantés sur les
terres ancestrales indiennes. En 1847, les Mayas yucatèques
initient ce qui demeure à ce jour la plus sanglante des insurrections
autochtones depuis la conquête espagnole : la guerre des Castes.
Elle va durer jusqu'en 1901. Dans un premier temps, les Mayas récupèrent
une partie de leur territoire. Victorieux, ils pillèrent
les haciendas avant de se replier sur Tulum et d'autres cités préhispaniques. Ils seront réduits,
peu à peu. Les haciendas finiront tant bien que
mal par renaître de leurs cendres.
La révolution mexicaine (1910) et la réforme agraire
qui l'accompagne porteront le second coup. Et c'est finalement l'invention
du nylon qui sera fatale à l'industrie du henequén.
Aujourd'hui, à peine une centaine de haciendas cultivent
encore le sisal. Les demeures rescapées hébergent
quelques prospères familles. Certaines sont devenues des
musées. D'autres ont été
reconverties en hôtels haut de gamme.
| Vidéo du ministère du tourisme mexicain (paroles en anglais) |
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Voir les hébergements de Campeche

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