Que visiter dans cette région à l'extrême
sud du Mexique ? On a l'embarras du choix......
promenades dans la jungle, dans les parcs nationaux et réserves,
dans les villes typiques comme San Cristóbal, dans les villages
mayas et dans les sites archéologiques tels que Palenque,
Bonampak et Yaxchilán.
Le "coup de coeur" du Mexique, un monde
à part dans ce pays. A vrai dire, il s'agit plutôt,
avec ses indiens et sa couleur d'un morceau du Guatemala et c'est
sans doute pourquoi il envoûte autant les voyageurs. Vous
avez peut-être été déçu jusqu'ici
par la disparition des traditions : rassurez-vous, vous les retrouverez
ici et cela vous déconcertera peut-être. D'où
vient ce charme incomparable ? Sans doute du fait que San Cristóbal
de las Casas correspond beaucoup à l'image que nous nous
faisions naguère du Mexique : atmosphère
coloniale mélangée à une population indienne
qui ne s'est pas encore laissée absorber totalement par l'américanisme.
Nous sommes au coeur du Chiapas, une région magnifique de
montagnes recouvertes de forêts toujours vertes, où
la terre est rouge et les routes rares. C'est dans ces montagnes
que les Tzotziles et les Tzeltales,
deux groupes mayas cousins des Indiens du Guatemala, sont parvenus
à survivre en gardant leur identité. Dans un rayon
de 60 km autour de San Cristóbal de las Casas vivent au moins
200 000 Indiens. C'est donc l'une de ces régions où
les Indiens sont majoritaires et les Ladinos minoritaires. San Cristóbal
de las Casas, ancienne et traditionnelle semble appartenir aux Indiens
et pour cause. Ils descendent tous les jours de leurs collines pour
y faire leur marché avec leurs costumes traditionnels, chaque
village ayant ses propres couleurs et motifs.
Photo
ci-dessus : arrivée au marché de San Juan
Belle vidéo
de plus de 6 minutes sur l'état du Chiapas
Chiapa
de Corzo
C'est
un village de 60 000 habitants célèbre pour son artisanat,
village typique avec son église coloniale rouge et blanche
et ses restaurants au bord de l'eau. C'est également le point
de départ de l'excursion en bateau du Cañon del Sumidero.
Il est situé à l'est de la capitale à 15 km
sur la route de San Cristóbal et à 68 km de cette
dernière. C'est la première ville où les Espagnols
s'établirent au Chiapas. Elle fut construite en 1528 et occupée
par des tribus indigènes. On peut visiter le Couvent Saint
Domingue, édifice du XVIème siècle reconverti
en Centre Culturel; le musée de la Laca exposant des objets
en bois laqué spécialité du village; la fontaine
octogonale style Mudéjar, ressemblant à la couronne
d'Espagne située sur la place principale et achevée
en 1562, et l'Ancien Couvent Dominico de Tecpatán, édifice
du XVIème siècle également.
Photo de gauche : quelques flaneries
sur le Zócalo
A une rue de la place principale, se trouve l'embarcadère
pour les excursions dans le Cañon del Sumidero. Le circuit
de 2h en lancha (bateau) vaut la peine tellement le canyon
est impressionnant en lui-même accompagné par une végétation
luxuriante agrémentée par des animaux tels que les
crocodiles, les singes araignées, les aigrettes, etc.. La
balade va jusqu'au barrage puis revient au point de départ.
Le barrage de Chicoasén permet de remonter les gorges sur
35 km, près de 1000 m au-dessous des miradors. On pourra
y admirer le fameux Arbol de Navidad (sapin de Noël),
paroi rocheuse érodée par une chute d'eau de 800 m,
recouverte de mousse. Le seul regret dans cette nature tranquille,
c'est le bruit du bateau à moteur ! Cette excursion est ouverte
à tout public, tlj de 7h à 17h pour un tarif de $95.
Photo
de droite : Cañon del Sumidero
Plan du parc national du Cañon del
Sumidero :
Photo de gauche : fiesta
de los Parachicos (janvier de chaque année) à
Chiapa (fête pour les enfants)
Lorsqu'on
commence à grimper vers San Cristóbal de las Casas,
située à plus de 2140 m d'altitude, alors que Tuxtla
est à 550 m, la route zigzague dans une sombre forêt
de pins. San Cristóbal de las Casas offre un saisissant contraste
avec Tuxtla. Cette hautaine Cité Royale, située à
68 km de Tuxtla, était le siège du Gouverneur espagnol
de la province. Fondée en 1528, elle devint la capitale de
l'état de 1824 à 1892. Elle doit son nom, en l'honneur
de son saint patron, saint Christophe, et de son protecteur, le
dominicain Bartolomé de las Casas, premier évêque
en 1545, et qui défendit les Indiens contre les excès
des colons.
Photo de
droite : marché de San Cristóbal
La ville de 250 000 habitants semble être remplie d'églises.
Il y en a au moins une douzaine à visiter, entre le Templo
Santo Domingo, solide et pondéré, à l'extrémité
nord de la ville, et le Templo de San Cristóbal, qui se dresse
sur la colline qui domine la ville au sud-ouest, dans sa blancheur
et dans sa gloire, en haut d'un escalier de plus de 100 hautes marches.
L'église Santo Domingo est particulièrement intéressante
car elle témoigne d'une dévotion beaucoup plus rigoureuse
que la plupart des églises mexicaines. Elle a été
édifiée au XVIème siècle. Sa façade
de style baroque salomonique, qui expose des ornements en mortier
sur la pierre, a été réalisée par les
indigènes. Elle abrite une chaire sculptée magnifique
à l'intérieur et une collection de huit retables baroques
fait entre le XVIè et XVIIIè siècles.
Derrière l'église se trouve le bâtiment qui
abritait autrefois le Convento de Santo Domingo. On peut
visiter le musée régional appelé Museo
de los Altos de Chiapas (ouv. 10h-15h, mar-dim, $41) qui abrite
des expositions sur l'histoire et la culture de la région,
et San Jolobil (maison du tissage), où sont vendus les travaux
d'une coopérative des tribus Tzotzil et Tzeltal (lointains
descendants des Mayas). Les tissus très colorés et
les vêtements sont un plus cher ici que dans l'atrium de l'église
occupé par un marché de plein air, où des douzaines
de femmes étalent leurs marchandises sur des couvertures,
pour les vendre aux passants.
En revenant vers le centre, on peut tout d'abord se rendre sur le
Zócalo officiellement Plaza 31 de Marzo, bordé
de boutiques nichées sous des arcades et de vieilles maisons
restaurées transformées en restaurants, bars, hôtels
et magasins. Côté ouest, on jetera un coup d'oeil au
Palais Municipal de style néo-classique, et au nord, on pourra
visiter la Cathédrale bâtie au XVIème siècle,
dont le jaune domine la façade. Cette dernière est
de style baroque, ornée de motifs en formes de plantes, faits
de mortier. La cathédrale abrite une chaire remarquable,
des autels baroques, des retables de style baroque salomonique et
de beaux tableaux de thèmes religieux. On la voit très
souvent sur les photos de touristes car sa façade insolite
constitue un bel arrière-plan.
Au nord de la cathédrale, se trouve l'église de Saint
Nicolás, une des premières de la ville, construite
par les indigènes. Sa façade est toute simple, flanquée
d'un campanile qui surgit entre deux tours circulaires avec des
pointes épaisses.
On citera également l'église de la Merced et le Musée
de l'Ambre. Ce fut le premier couvent fondé dans la ville.
On appréciera sa façade et son intérieur austère
de style néo-classique. Il abrite aujourd'hui le Musée
de l'Ambre qui exhibe 350 pièces brutes ou taillées
en pierres précieuses. Des loupes permettent d'observer des
insectes fossilisés datant de millions d'années (ouv.
tlj de 10h à 14h et de 17h à 20h, $20). Le musée
met à la disposition de ses clients des documents sur l'ambre
en plusieurs langues notamment en français.
Photo
ci-dessus : la cathédrale de nuit
Tous les guides touristiques vous le diront : San Cristóbal
de las Casas est l'un des plus beaux et originaux villages du Mexique
et d'Amérique Centrale, de par l'image coloniale qu'il a
su conserver à travers les siècles tout en étant
le lieu de vie de multiples groupes indigènes. Ces derniers
y pratiquent des techniques artisanales ancestrales pour confectionner
par exemple des textiles mayas vendus dans les marchés, travailler
l'ambre ou encore fabriquer des pièces en céramique.
On ne quittera pas San Cristóbal de las Casas sans avoir
vu trois musées : le Museo de la Medicina Maya,
le Museo Na-Bolom et le Museo Sergio Castro e Hijos.
Le Museo de la Medicina Maya est associé à
un centre de consultations géré par l'organisation
des médecins indigènes du Chiapas. Les salles du musée
présentent les techniques de soins traditionnels pratiqués
dans les villages par les guérisseurs, tandis qu'un jardin
abrite diverses plantes médicinales utilisées par
les guérisseurs que vous pouvez consulter sur place. Ce musée
est situé au nord du marché municipal (moins d'un
kilomètre), avenue Salomon Gonzalez Blanco # 10. Il est ouvert
de 10h à 18h, du mardi au vendredi, $20.
Le Museo Na-Bolom "la Maison du Jaguar" est l'ancienne
maison de l'archéologue-explorateur Frans Blom, de nationalité
danoise mariée à une suissesse Gertrude Duby Blom
(Trudy). Lui a consacré sa vie aux fouilles de la région
tandis que son épouse, anthropologue et photographe (a vécu
30 ans de plus que lui) se consacra aux communautés mayas.
Elle est célèbre pour son combat dans la conservation
de la forêt tropicale humide et la défense des indiens
Lacandóns. Vous pouvez voir le bureau de Frans Blom aux nombreux
livres sur les Indigenas et sur la région, et dans
la chambre de Gertrude Blom, les centaines de photos prises au cours
de ses innombrables randonnées dans la forêt, ainsi
qu'une petite chapelle de style néo-classique datant du XIXème
siècle. Ce musée ouvert tlj de 10h à 18h, au
tarif de $35, abrite une bibliothèque avec plus de 9000 ouvrages
et fait office de chambres d'hôtes et de restaurant (av.Vicente
Guerrero #33). Depuis leur disparition, une association poursuit
leurs travaux en faveur de la communauté lacandone.
Vente de produits artisanaux dans le jardin du musée : .
Visite guidée en espagnol et en anglais à partir de
16h30, $45.
Photo de
droite : musée Na-Bolom
Le Museo Sergio Castro e Hijos (Castro et Fils) compte
une collection d'instruments de musique fabriqués et utilisés
par les autochtones de "los Altos de Chiapas", dont ils
font usage encore aujourd'hui. Le musée expose des costumes
traditionnels des différents groupes indigènes. Il
est situé Guadalupe Victoria # 61.
Le marché quotidien de San Cristóbal de las Casas.
Il est évident que vous ne devez pas manquer ce marché
très typique et fascinant de couleurs et de tons.
On y côtoie des Chamulas, vêtus d'un pantalon à
fond flottant et d'une longue tunique blanche, les tuniques noires
étant réservées aux notables. Les femmes portent
souvent leurs cheveux noirs dans le dos, en tresse, avec des rubans
de couleur pour montrer leur beauté et leur statut de femmes
mariées. On y côtoie des Zinantèques, plus raffinés
qui portent des ponchos d'un rouge rose éclatant. Chaque
village des alentours possède son costume traditionnel ce
qui fait le charme de ce marché.
Photo de gauche : marché
des huipiles à San Cristóbal
De nombreuses agences de voyages proposent des
circuits pour les villages mayas. Vous renseignez auprès
de l'office du tourisme.
Pour revenir à l'histoire de Bartolomé
de Las Casas : il est né en 1884 à Séville.
C'est avec Nicolás de Ovando que Las Casas embarque pour
les Indes Occidentales en 1502. A son retour, il est ordonné
prêtre puis il rejoint l'ordre des dominicains en 1522. Cinquante
ans durant, il voyage entre l'Europe et le Nouveau Monde, se consacrant
à l'histoire de la Conquête et à la défense
des peuples premiers des Amériques. Précurseur des
écrivains voyageurs, il est nommé premier évêque
du Chiapas en 1545. A ce moment là, il a déjà
entrepris la rédaction de nombreux textes en faveur des Indiens
et contre l'encomienda, un système qui réduit
les autochtones en esclavage. En butte à l'hostilité
des colons mexicains, il regagne définitivement l'Espagne
en 1547. C'est alors qu'il devient l'initiateur de la célèbre
"Controverse de Valladolid" qui met en cause la légitimité
des conquêtes. Il a pour contradicteur Sepulveda, représentant
de l'Inquisition. Figure importante de la lutte pour les droits
de l'homme, Las Casas est l'auteur d'un récit de la découverte
et de la colonisation du Nouveau Monde en trois volumes intitulée
Histoire des Indes. Il meurt en 1566, à l'âge
de 82 ans, en Espagne.
San Cristóbal de las Casas fait partie du programme des villages
magiques ("pueblo mágico").
San
Juan Chamula : situé à 11 km de San Cristóbal
de las Casas, ce village fête une fois par an,
le "Carnaval Chamula",
pendant lequel on danse durant quatre jours précédent
le mercredi des cendres. Très animé et coloré.
La communauté d'origine préhispanique forme un vaste
groupe relativement prospère, de langue tzotzile. Les hommes
Chamula portent des sarapes de laine blanche ou noire,
serrés à la taille par une ceinture en cuir. Certains
portent des pantalons courts. Les chefs de villages sont coiffés
de chapeaux foncés à large bord avec des couronnes
pointues et des rubans bleus, pour marquer leur statut. Cérémonies
et coutumes font partie de leur quotidien. Accrochés aux
coutumes de leurs ancêtres mayas, ils croient davantage aux
pouvoirs de leur chaman (leur autorité religieuse) qu'à
ceux de leur évêque catholique. Au moment des fêtes,
en particulier le 20 janvier, pour la Saint
Sébastien, des bannières rouges, jaunes et violettes
sont accrochées aux flèches de la façade de
l'église blanche qui s'élève au bord d'un grand
Zócalo plat et carré. Pendant la fête, les hommes
Chamulas boivent du poosh,
jus de canne à sucre fermenté, dans de petites bouteilles
de sodas, et titubent et dansent au son des trompettes, tambours,
guitares et banjos improvisés. Cette boisson est supposée
être "recrachée" pour évacuer les
esprits maléfiques. Vu l'état d'ivresse de certains,
on a du mal à le croire ! Depuis quelques années,
cette boisson est remplacée par le coca cola ou pepsi cola
! Le fait de roter permet d'extirper le mal !
Photo ci-dessus
: Indiennes Tzotziles devant l'église de San Juan Chamula
(photo exceptionnelle)
Evitez les photos : les Chamulas détestent les appareils
photo. Cela va à l'encontre de leurs croyances religieuses.
Sur le côté sud, se trouve un office du tourisme où
les étrangers peuvent acheter des laissez passer pour visiter
l'église moyennant une somme modique. L'église Saint
Jean Baptiste a un caractère très particulier. Elle
n'a pas de bancs. Elle n'a pas de Christ, seulement un Saint Jean
Baptiste. Les cérémonies organisées par des
"sorciers" ont lieu à même le sol jonché
d'aiguilles de pin fraîches, destinées à absorber
les mauvaises ondes ! Les bougies dont les couleurs ont été
choisies par le sorcier enfument l'église.
Toute photo est interdite dans l'enceinte de l'église et
sur le parvis en cas de cérémonies. Seulement une
fois par an, le 24 juin, le curé est autorisé à
célébrer la Saint Jean Baptiste et à baptiser
les enfants.
Photo de
droite : église de San Juan Chamula
Vous ne pourrez pas quitter le village sans avoir jeter un coup
d'oeil au cimetière, véritable jardin de croix de
différentes couleurs. Les Tzotziles vouent un culte aux croix
qu'ils associent , non pas au Christ, mais à "l'arbre
de vie" des anciens Mayas.
Visitez le musée communautaire "Sna Jsotzl Lebetik",
la maison des chauve-souris qui décrit la richesse culturelle
de la région (ouvert 7j/7j de 8h30 à 17h pour un tarif
modique de 10 pesos).
Les Tzotziles vivent plutôt
sur les hauts plateaux et sont administrés par des conseils
d'anciens.
Visitez le village de préférence le dimanche,
jour de marché.
Photo de gauche : fête
au village de San Juan Chamula en l'honneur du Président
de la communauté
Photo
de droite : fête au village de San Juan Chamula en l'honneur
du Président de la communauté
Dans cette région, chaque fête religieuse
est célébrée avec ferveur. Fête
des Morts ou de la Vierge de
Guadalupe, Semaine
Sainte, toutes sont les prétextes privilégiés
du syncrétisme, et Carnaval plus que tout autre. Les Mayas
n'eurent guère d'état d'âme à embrasser
la liturgie romaine, vouée au sacrifice d'un homme. Ils étaient
déjà familiers avec la croix, symbole préhispanique
local des trois niveaux de la vie : céleste, terrestre et
souterraine. Souvent réquisitionnés à la construction
d'églises, les Indiens
du Chiapas n'hésitèrent pas à dissimuler
leurs propres divinités dans les statues de bois des saints
chrétiens. A l'intérieur de l'église de San
Juan Chamula, les dévots sont plongés dans un dialogue
avec leur saint d'élection. De temps à autre, ils
émettent des rots d'anthologie grâce à de généreuses
rasades de la dernière boisson sacrée en date - Coca-Cola
ou Pepsi ! tandis que des chamanes promènent des poulets
sur le dos des patients avant de leur tordre le cou.
Belles
prises de vues sur San Cristóbal, San Juan Chamula,
les marchés notamment, Agua Azul, Misol-Ha, et les
sites archéologiques.
Vidéo de 3 mns
Zinacantán
: situé à 13 km de San Cristóbal de las Casas
ou à 7 km de San Juan Chamula, ce village tient sa réputation
grâce à ses habitants tzotziles, qui sont d'habiles
horticulteurs. Ils cultivent des oeillets, glaïeuls, roses,
lys et chrysanthèmes qu'ils vendent non seulement au marché
du dimanche mais également en gros à travers
le pays.
Les Tzotziles portent des
ponchos d'un rouge rose éclatant. Hommes et femmes portent
des chapeaux de paille à large bord d'où retombent
des rubans rouges et violets.
Les femmes portent des huipiles blancs brodés ornés
de fleurs. Seule l'église de San Lorenzo, blanchie à
la chaux vaut le détour quoique moins spectaculaire que celle
de San Juan Chamula. Vous aurez peut-être la chance d'assister
à une procession comme à San Juan Chamula ce qui ne
manque pas de piquant ou voir des femmes tzotziles
en train de tisser à la manière traditionnelle. Eux-aussi
boivent du poosh
et s'adonnent à quelques défoulements !
San
Andrès Larraínzar : c'est à cet endroit
que furent signés les
accords entre l'EZLN et le gouvernement en 1996. Ce village
ne fait pas partie des circuits classiques et c'est fort dommage
! C'est un village de 20 000 habitants beaucoup plus authentique
que ses voisins San Juan Chamula et Zinacantán. Il faut assister
au culte à l'église tellement fascinant par la tenue
vestimentaire des femmes notamment. La fumée dégagée
par l'encens de copal envoûte l'église.
Amatenango
del Valle : situé à 40 km au sud-est de San
Cristóbal de las Casas sur la route qui mène à
Tapachula.
L'église coloniale surplombe le hameau traditionnel et les
potagers de cette communauté tzeltale, célèbre
pour sa poterie :
Photo de
droite : fabrication de poteries d'argiles par les femmes tzeltales
Tenejapa
: village tzeltal situé à 27 km au nord-est de San
Cristóbal de las Casas. L'église de San Ildefonso,
la gracieuse fontaine du XIXème siècle de la place
et les ruines de l'église de San Sebastien font partie de
son patrimoine culturel.
Son marché du dimanche est un des plus remarquables
de la région grâce à son artisanat local, ses
broderies et enredos (sorte de tuniques brodées),
typiques de ce village.
Photo de gauche : arrivée
sur le marché de Tenejapa
Circuit
sur la route panaméricaine 190 vers les Lacs de Montebello
La ville de Comitán est la prochaine étape de notre
excursion pour les lacs de Montebello. Cette petite ville toute
en pente n'est pas connue du tourisme international et pourtant
est, non seulement, un excellent point de départ pour les
excursions au "Parque Nacional Lagunas de Montebello"
à 50 km mais également est une des routes possibles
menant à la frontière guatémaltèque.
On vous conseille de visiter la "Casa-museo Belisario Dominguez".
Médecin de formation né en 1863, il fut le premier
à dénoncer la misère des Indiens du Chiapas
avant d'être assassiné par le dictateur au pouvoir
Huerta en 1913. Sa maison, son cabinet et sa pharmacie ont été
transformés en musée (av.Central Sur # 35).
Un peu avant le parc, vous avez la possibilité de visiter
une ancienne cité maya, Chinkultic, abandonnée plusieurs
centaines d'années après son apogée (de 600
à 900). Ce site Maya est construit sur une série de
collines calcaires au centre de trois réservoirs d'eau, dont
le plus important est le "Cenote Azul". Parmi l'intérêt
qu'offre ce site, on trouve d'innombrables stèles dont certaines
représentent des personnages richement vêtus et le
Jeu de Pelote. Il y a peu d'édifices restaurés et
certains objets comme le bas- relief du jeu de balle ont été
transférés au Musée
National d'Anthropologie de Mexico. La vue depuis la pyramide
principale, l'Acropole, est très spectaculaire. Profitez
du "Cenote Azul" pour vous baigner. Ce site est ouvert
tlj de 8h à 17h pour un tarif de $30.
Prochaine visite : le parc national
Il est un des sites naturels les plus beaux du Mexique.
Les 59 lacs sont d'anciens puits naturels unis progressivement par
la corrosion du rocher crayeux et par les éboulis. Sous l'effet
du soleil et du niveau d'oxyde présents dans l'eau, les tonalités
des lacs sont différentes. Elles passent du bleu turquoise,
à l'émeraude, au vert foncé, gris acier, bleu-vert
et même au violet. L'idéal est de voyager dans cet
endroit par beau temps le matin pour apprécier ces nuances
de tons qui contribuent à la beauté du coin.
A l'entrée du parc, vous trouverez des guides qui peuvent
vous accompagner moyennant une somme modique. Vous pourrez accéder
à certains de ces lacs par des sentiers fléchés.
Commencez par les "Lagunas Coloradas" ainsi nommées
pour la diversité de leurs couleurs (à gauche après
l'entrée du parc). Faîtes également le tour
de la "Laguna Bosque Azul", site aménagé
avec pédalos, chevaux et restauration. Pour visiter les lacs
du Sud, retournez à l'entrée du parc, et prenez la
route en direction de Tziscao, lac puis village à une dizaine
de kms. Vous passerez d'abord par "la Laguna de Montebello"
(10 mns à pied pour y accéder), puis vers les "Cinco
Lagunas" (à 30 mns à pied), ainsi que la superbe
"Laguna Pojoj" et enfin la "Laguna Tziscao",
près du village du même nom. C'est une belle balade
d'une journée avec de bonnes chaussures de marche et un maillot
de bain. L'office du tourisme de Comitán peut vous fournir
une carte détaillée de la région. La voiture
reste la meilleure solution pour visiter le parc national. Toutefois,
un bus existe au départ de Comitán vers la Laguna
Bosque Azul et à Tziscao.
Tziscao est également un centre écotouristique ouvert
de 8h à 18h (tarif compris dans le forfait du parc), avec
8 cabanes triples pour se loger et un restaurant.
Si vous avez le temps, continuez vers les Chutes (cascadas)
Las Nubes, à une centaine de kms de Montebello. C'est une
partie de la rivière Santo Domingo à fort débit,
qui forme des cascades d'eau turquoise. Plusieurs portions d'eau
à fort courant offrent la possibilité de pratiquer
le rafting. Un pont suspendu offre une vue magnifique sur ces cascades.
A l'entrée du pont, vous pouvez prendre un sentier et après
30 mns de marche, vous arrivez à un mirador surplombant un
méandre de la rivière aux tons verts. Vous aurez une
magnifique vue sur la zone et le cours de la rivière. C'est
également un lieu de randonnées à pied et de
baignade, et un centre écotourisque ouvert de 8h à
17h, avec petite restauration, cabanes ou camping pour se loger.
Tarif d'entrée de $35 à $65 en fonction de la capacité
de votre voiture ou mini-bus...
Autre point de visite au départ de Comitán : le centre
écotouristique des cascades du Chiflón à 40
km sur la route 226.
Ces cascades se trouvent entourées d'une vallée de
plantation de cannes à sucre, de montagnes et de jungle.
Au nom de « Velo de novia » - « Voile de mariée
»-, la cascade la plus impressionnante est une magnifique
barrière d'eau formée par le fleuve San Vincente qui
ouvre sur des bassins d'eau turquoise. Cet endroit est idéal
pour la natation. Il faut marcher sur plus d'un kilomètre
avant d'accéder à la plus haute cascade du fleuve.
VTT, randonnée et escalade peuvent être pratiqués
également.
Ouvert tlj de 8h à 17h pour un tarif de $10. Quelques cabanes
disponibles sur place pour se loger ainsi qu'un camping et un restaurant.
Circuit
sur la route panaméricaine 199 vers Palenque
Premier arrêt en provenance de San Cristóbal : les
grottes du Rancho Nuevo : c'est un parcours éclairé
sur un kilomètre qui permet d'apprécier de capricieuses
stalagmites et stalactites. De nombreux ranchos (fermes d'élevage
de bétail) sillonnent la route 190 puis la 199 à partir
desquels vous pouvez faire des randonnées à cheval.
C'est également un centre écotouristique ouvert de
8h à 17h, pour un tarif de $10 par personne et $10 par véhicule
(pour le parking).
Ocosingo : petite ville agréable et prospère. Bonne
étape pour le site archéologique de Toniná
et pour la visite d'Agua Azul puis Palenque.
Toniná : situé à 14 km à l'est d'Ocosingo,
il fut jadis un centre de cérémonies et une puissance
militaire. Ville préhispanique dont la signification est
« Grande Maison de Pierre », elle est construite sur
une colline calcaire qui domine une grande vallée. On remarquera
l'Acropole, dont la base se trouve sur une grande place avec un
jeu de pelote, le Palais de l'Inframonde, et le Palais des Grecques
et de la Guerre. La visite est complétée par un superbe
musée. L'Acropole est une des pyramides les plus hautes de
l'ère maya avec 57 m. Les marches conduisent à sept
terrasses reliées par des labyrinthes sombres. Au niveau
de la 5ème terrasse, admirez le "Mural de las Cuatro
Eras" (panneau des 4 ères), pièce maîtresse
du site. Ce site est ouvert tlj de 9h à 17h, pour un tarif
de $41 inclus le prix du musée.
Tout près de Toniná, on peut se loger au Rancho
Esmeralda (une petite dizaine de cabanes) ou faire de la randonnée
à cheval.
Agua Azul : la rivière Agua Azul descend par paliers
en formant une impressionnante série de cascades, entourée
d'une végétation tropicale luxuriante. Près
du parking, se trouvent deux points de vue, plusieurs restaurants
et des boutiques.
Marchez jusqu'en haut du site et baignez-vous dans une succession
de piscines naturelles reliées entre elles.
Visite payante $20, tlj de 8h à 18h.
En partant d'Ocosingo et 66 km avant Palenque par la route 199 jusqu'à
l'embranchement sur la gauche qui conduit aux cascades après
5 km de route.
Photo de
droite : les chutes d'Agua Azul
Cascade Misol-Há
La chute de la rivière Tzaconejá, par une faille de
roches calcaires, crée l'une des cascades les plus belles
du Chiapas : Misol-Há, spectaculaire chute d'eau de 30 m
de haut, qui se termine dans un bassin au sein duquel on peut nager,
et profiter d'une journée de repos. Ouvert tlj de 8h à
18h, pour un tarif de $10.
On trouve sur place, cabanes pour se loger, restaurants, magasin
d'artisanat.
Comment
y arriver ? Sur la route de Palenque, 20 km avant d'y arriver par
la route 199 en provenance d'Ocosingo jusqu'à l'embranchement
qui conduit aux cascades après 1,5 km de route.
Elle n'a pas beaucoup d'intérêt dans cette partie sud,
néanmoins si vous passez par Tapachula pour vous rendre au
Guatemala, prenez le temps de visiter le Museo Regional del Soconusco
près du Palais Municipal qui présente des stèles
et objets mayas ($31).
Possibilité de visiter le musée du café pour
$5, ouvert tlj de 8h à 20h, situé sur la route qui
conduit à Cacahoatán, à 35 km de Tapachula.
Le bourg suivant juste à la frontière, Unión
Juárez est un village de plantations de café, situé
sur les flancs du Tacaná (volcan de 4123 m), remarquable
pour son architecture colorée en bois. De nombreuses randonnées
peuvent être pratiquées à partir de ce village.
Plan de la ville de Tapachula :
Les
réserves
La réserve de biosphère
Montes Azules : elle représente 0,16% de l'état mexicain
(331 000 ha) mais possède 20% de la flore mexicaine avec
4300 espèces, 25% des variétés d'oiseaux avec
345 espèces, et 27% des mammifères avec 114 espèces.
Elle constitue la plus grande portion de forêt vierge du Mexique.
Pour s'y aventurer, il faut se munir de l'équipement adapté,
d'un guide et d'une autorisation. Elle est dénommée
"Selva Lacandona". Elle se situe à l'est près
du site de Bonampak. La laguna Miramar est entre autre une balade
à faire sur le plus grand lac de la forêt des lacandóns.
L'accessibilité de la réserve se fait par une route
non asphaltée. Des logements dans des maisons communales
sont possibles. En marge de cette réserve, se trouve le Centre
écotouristique LAS GUACAMAYAS, enclavé dans les montagnes
est du Chiapas connue sous le nom de Jungle Lacandonne. C'est une
destination idéale pour qui sait apprécier la nature
puisque c'est ici qu'ont lieu les recherches, la conservation et
la reproduction du perroquet rouge (Ara Macao),
une espèce en voie d'extinction. Ouvert tlj de 8h à
18h, pour un tarif de $100 avec un guide. On peut y pratiquer VTT,
escalade et randonnée. Possibilité de cabanes pour
se loger, d'un camping et d'un restaurant.
Comment y arriver ? Il se trouve à 224 km de Comitán
en prenant d'abord la route Panamericana 190 en direction de La
Trinitaria et ensuite celle de la Fronteriza del Sur. En arrivant
à l'embranchement de la localité de Chajúl,
continuez 32 km sur un chemin terrassé qui conduit à
la Communauté Reforma Agraria où vous trouverez le
Centre Ecotouristique.
La réserve de biosphère
El Triunfo : elle se situe au sud de l'état dans la Sierra
Madré de Chiapas. On y trouve des pinèdes et de la
forêt tropicale basse habitées par des espèces
comme le félin (espèces menacées) et le quetzal.
Pour s'y aventurer, il faut se munir de l'équipement adapté,
d'un guide et d'une autorisation. L'entrée du parc se trouve
à 184 km au sud de Tuxtla.
La réserve de biosphère
Selva El Ocote : située dans le Nord du Chiapas, cette zone
fait partie du bassin hydrologique appartenant au réseau
fluvial du Grijalva, un des plus importants fleuves du Mexique.
La convergence de plusieurs rivières, qui donne naissance
au fleuve La Venta, constitue
pour la Selva El Ocote le collecteur hydrogéologique de tout
le territoire. Etant donné sa situation géographique,
ses caractéristiques physiographiques et l’énorme
présence de terrains escarpés, dix types de végétation
sont représentés dans la selva El Ocote : forêt
tropicale haute à feuilles persistantes, forêt d’essences
sub-feuilles haute ou moyenne, forêt d’essences feuillues
persistantes moyenne ou basse (forêt mésophile de montagne),
forêt basse à feuilles caduques, forêt basse
à feuilles caduques épineuses, savane, bois de pins
et de chêne, chênaies, forêt de feuilles caduques
et végétation de type secondaire. Bien que toute la
flore de la région n’ait pas encore été
enregistrée, on a repéré jusqu’à
présent 705 espèces, 452 genres et 121 familles qui
coexistent tout au long du canyon du fleuve La
Venta. Le chiffre de 705 espèces est loin d’être
définitif, étant donné que l’exploration
de toute la zone montagneuse qui court vers le nord sur toute la
largeur de la réserve à une altitude de 800 à
1400 m, n’est pas exhaustive ; il est possible que la variété
des espèces augmente à près de 2000. En ce
qui concerne la faune, la selva El Ocote est considérée
comme un des plus importants centres de diversité biologique,
car elle est située dans une zone de transition entre deux
provinces néo-tropicales, celle du Pacifique et celle de
Tehuantepec, qui renferme un total de 646 espèces de vertébrés
terrestres. Quant aux invertébrés, ils sont estimés
à 3000 espèces de coléoptères et 500
espèces de lépidoptères ; cependant, si on
y ajoutait tous les autres invertébrés, on atteindrait
le chiffre de 20 000 espèces. Il existe également
de nombreux vestiges archéologiques qui correspondent à
la culture zoque, ainsi que des grottes qui furent habitées
par des cultures préhispaniques. Les communautés autochtones
tzotziles et zoques proposent
des services d'hébergement, de camping, de randonnées,
de promenades en bateau ou à cheval ainsi que des guides
locaux.
La réserve Huitepec : elle se situe sur le versant est du
volcan Huitepec, près de San Cristóbal. Quelque unes
de ses 300 espèces végétales servent à
des fins médicinales et religieuses utilisées depuis
des générations par les Mayas. Vous pouvez y observer
des renards, une soixante d'espèces d'oiseaux, des écureuils..
etc. Vous pouvez vous promener seul ou tout simplement réserver
une visite guidée (renseignements à l'office du tourisme
de San Cristóbal).