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Chichén Itzá et Ek'Balam
 Page mise à jour le 27.07.2010
 

CHICHÉN ITZÁ

Site archéologique situé dans l'état du Yucatán à 120 km de Mérida sur la route Mérida-Cancun.
Cette ville sacrée était l'un des plus grands centres mayas de la péninsule du Yucatán. Tout le long de son histoire, qui s'étend sur presque mille ans, la ville fut embellie grâce à la contribution de différents peuples. Mayas, Toltèques et Iztás ont laissé sur la pierre des monuments et des oeuvres artistiques, l'empreinte de leur vision du monde et de l'univers.

montée sur "El Castillo" (Chichén Itzá, Yucatán, Mexique)Chichén Itzá veut dire "la bouche du puits des Itzás". Cet important centre cérémonial conjugue grandeur et nature. Selon le livre sacré du Chilam Balaum, ce puits aurait été découvert au Vème siècle de notre ère par les Itzás qui l'auraient abandonné deux siècles plus tard. Cette tribu émigra vers la région de Champotón d'où elle revint, deux siècles et demis plus tard, influencée ou plus exactement accompagnée par les Toltèques pour s'y établir à la fin du IXème siècle.
Ces groupes guerriers établirent une ligue entre les chefs des principales familles, les Xius de Uxmal, les Cocoms de Mayapán et les Itzás de Chichén Itzá. Mais ces derniers, trahis par les Cocoms, émigrèrent à nouveau vers le Petén du Guatemala, où ils formèrent à Tayasal, l'actuelle Flores, un Empire indépendant qui résista aux assauts des Espagnols jusqu'en 1697.
Pendant la conquête espagnole, Francisco de Montejo tenta de s'y établir, mais il fut expulsé de Chichén Itzá par les Mayas commandés par Canek.
L'endroit dut être habité plus tôt, mais ce n'est que pendant la période classique, du VII au Xème siècles que l'on édifia les premiers ensembles de pierre, tels ceux connus sous le nom de Palais des Nonnes et son annexe l'église, l'Akak Dzib, le Chichanchob, la Casa del Venado (maison du cerf) et le temple des Panneaux sculptés. Ces constructions, contemporaines de celles d'Uxmal, par exemple, leur sont très ressemblantes.

Photo de gauche : montée sur "El Castillo" (Chichén Itzá, Yucatán, Mexique)



Pendant l'occupation toltèque, de nouveaux monuments furent édifiés, en particulier la pyramide connue sous le nom d'El Castillo, le temple des Mille Colonnes incluant le temple des Guerriers, le Jeu de Balle et les temples annexes, ainsi que le Tzompantli (le mur des crânes), la plate-forme de Vénus, etc..
Après son abandon, Chichén Itzá conserva son caractère sacré et des pèlerinages étaient organisés dans l'ensemble du Yucatán et des provinces voisines pour visiter le puits sacré "dzonot" en maya (cenote dans le langage populaire), et y faire des sacrifices.

La ville sacrée

Chac-mool devant le temple des GuerriersChichén Itzá, contrairement à la majorité des sites, ne possède pas de plan d'ensemble. Il est composé de plusieurs unités qui, sur une surface de plus de 5 km2, communiquent entre elles par des chaussées ou "sacbé", sacbeob au pluriel, (chemin pavé ou "blanc"). L'unité dominante est celle des Toltèques, entourée d'une enceinte peu élevée percée de plusieurs entrées. Les constructions réunissent les caractèristiques de l'architecture toltèque : portiques à colonnes, galeries, piliers, colonnes en forme de serpent, sculptures de Chac Mool, sculptures anthropomorphes de type "atlantes", porte-drapeaux, jaguars et aigles en ronde-bosse, tzompantli ou mur des crânes et représentations de Quetzalcóatl, baptisé Kukulkán en maya.

     Photo de droite : Chac-mool devant le temple des Guerriers      (Chichén Itzá, Yucatán, Mexique)


Le chac-mool était un intermédiaire entre l'homme et les dieux. Notez la coupelle destinée à recevoir les sacrifices.

temple des guerriers au premier plan puis "El Castillo" au second plan (Chichén Itzá, Yucatán, Mexique)Le tzompantli est une construction en bois avec 4 rangées de crânes empalés.
Les Toltèques adorateurs de ce dieu, l'imposèrent aux populations dominées, de même que les rites sanguinaires du sacrifice humain qui contraignaient à la guerre perpétuelle pour la capture des victimes. Leur influence atteignit bientôt la côte des Caraïbes.
Chichén Itzá est considérée par certains comme la "nouvelle Tula", ou même la "grande Tula".

Photo de gauche : temple des guerriers au premier plan puis "El Castillo" au second plan (Chichén Itzá, Yucatán, Mexique)



Le puits sacré (cenote sagrado)
Ce puits naturel situé au bout d'un chemin de 300 mètres de long part de la Grande Place du Château en direction du Nord. Il a été utilisé uniquement à des fins religieuses, cérémonielles et rituelles, dédié qu'il était, au culte du dieu Chaac, le dieu de la pluie et de l'eau. Il s'agit d'un puits circulaire de 60 mètres de diamètre, dont les murs, quasiment verticaux, tombent de 22 mètres jusqu'à la surface de l'eau, profonde de 20 mètres environ. Le fond est recouvert d'une épaisse couche de boue, et l'eau, du fait de la présence d'algues et de micro-organismes, présente différents tons de verts. Certains murs sont encore dans leur état d'origine, mais dans la partie sud on peut voir que des modifications ont été apportées; une sorte de tribune a été aménagée ultérieurement afin de permettre à des spectateurs d'observer les rites et les cérémonies qui avaient lieu en cet endroit.
Ce puits était considéré comme un lieu sacré, on y réalisait des sacrifices d'enfants, de jeunes filles et de guerriers qui étaient jetés au fond depuis une plate-forme irrégulière disposée sur l'un des bords; à côté de cette plate-forme se trouve un bain de vapeur où les victimes, avant d'être sacrifiées, étaient soumises à un rituel de purification.
Entre 1882 et 1968 des fouilles ont été réalisées au fond du puits par des chercheurs qui ont récupéré des objets de grande valeur et d'importantes pièces archéologiques provenant de différents sites, ce qui prouve la présence de pélerins qui venaient de régions proches de Chichén Itzá ou de terres lointaines d'Amérique Centrale pour déposer des offrandes aux divinités honorées en ces lieux.
Les crânes des sacrifiés, de nombreux os et objets ont été récupérés: grelots d'or et de cuivre, disques en or ciselé représentant des scènes historiques ou religieuses, disques et miroirs de pyrite, perles de jade, boules de copal et de gomme, sculptures de têtes et de queues de serpents, objets en bois tels que petits bancs, manches et un bâton de commandement, porte-étendard en forme de jaguars, anneaux et sandales de cuivre, pierres polies provenant du Jeu de Pelote, vases, récipients en terre et pointes de flèches.

La plate-forme de Vénus
C'est une structure quadrangulaire avec un escalier sur chacun des côtés; les rampes sont terminées dans leur partie supérieure par des grandes têtes de serpents à plumes. Sur les murs, des panneaux comportent des bas-reliefs dont les thèmes se rapportent à Vénus, planète étudiée par les astronomes mayas. Les chroniqueurs espagnols rapportent que sur ces plateformes se déroulaient des spectacles. Cette plate-forme est composée de divers éléments : dans les espaces en retrait, Vénus est représentée sortant de la gueule d'un serpent tandis que sur les panneaux en saillie elle est symbolisée par le signe du mois pop, des bâtons liés et une stellaire torsadée (fleur en forme d'étoile). Sur le panneau de la corniche est sculpté un serpent entouré de poissons.
La plate-forme de Vénus présente, sur chacun de ses côtés, des serpents emplumés et des symboles de Quetzalcóatl-Kukulcán. Aux angles, des glyphes du mois Pop par lequel commençait l'année et des symboles de Vénus, peut-être une représentation de la relation du calendrier solaire avec les cycles de Vénus.



Le Castillo (Kukulkán)
El Castillo, pyramide à neuf corps qui domine l'espace ouvert du centre cérémoniel (Chichén Itzá, Yucatán, Mexique)Cette pyramide de 60 m de côté et 24 m de haut est la construction la plus imposante. Son antiquité est difficile à calculer, mais les dates estimées par les experts le situent entre les années 650 et 800 de notre ère. Ses caractéristiques sont en rapport avec le calendrier solaire maya. Un escalier sur chaque face donne accès au temple construit au sommet. Chacun des escaliers se compose de 91 marches qui, au total, sont de 364. En ajoutant la plate-forme supérieure, on obtient le chiffre correspondant aux jours de l'année solaire. Sur chaque face de la pyramide existent 522 sections de tablero, le nombre d'années du "siècle", et les 9 étages, divisés en deux par l'escalier, donnent les 18 mois de l'année composés chacun de 20 jours. Les jours de l'équinoxe (21 mars-22 septembre), l'ombre projetée sur le bord de l'escalier représente le corps d'un serpent qui descend du sommet de la pyramide jusqu'au sol et se prolonge vers les têtes sculptées posées sur le sol.

    
     Photo ci-dessus : El Castillo
, pyramide à neuf corps qui domine l'espace ouvert du centre cérémoniel (Chichén Itzá, Yucatán,       Mexique)

C'est le jour de la "descente" de Quetzalcóatl. Au cours de la restauration, un escalier situé sous celui de l'extérieur, fut découvert, qui conduisait vers un autre temple recouvert par la construction visible actuellement.

L'orientation particulière du "Castillo" n'est pas le fruit du hasard. Elle est déplacée par rapport au nord de 21°12' vers l'est. Elle résulte d'une recherche méticuleuse qui permet un jeu de lumières et d'ombres sans précédent les jours d'équinoxe, environ une heure avant le coucher du soleil. Les angles des neuf degrés projettent sur l'escalier nord une ombre qui semble donner corps et mouvement aux têtes de serpent se trouvant à sa base.


"Le Chateau" vu du Temple des Guerriers (Chichén Itzá, Yucatán, Mexique)La pyramide fut bâtie en deux étapes.
Le temple comporte un vestibule dans lequel on pénètre entre deux colonnes en forme de serpents avec la gueule ouverte, leurs corps en sont le fût, les queues soutiennent le linteau de la porte et les têtes en forment la base. La salle intérieure comporte deux pilastres décorés de bas-reliefs soutenant la poutre du toit, un parement en talus, un mur vertical avec une frise entre deux corniches dans la partie supérieure, et trois panneaux. Derrière, une galerie avec trois portes donnent sur les escaliers Sud, Est et Ouest. Sur l'entrée principale se trouve un mascaron du dieu Chaac; le toit est orné de créneaux en forme de coquillages coupés, symbolisant la parure du dieu du vent et sur les jambages sont sculptés des visages de prêtres et de guerriers.
A l'intérieur du Château se trouve une pyramide plus petite qui renferme un autre temple, un trône en forme de jaguar peint en rouge, tacheté d'incrustations de jade, les crocs en silex, les yeux en jade et une sculpture de Chac Mool. L'existence de cette construction à l'intérieur découle de l'habitude de superposer les temples, un plus grand venant recouvrir le précédent à l'issue d'un cycle de 52 ans.

     Photo de droite : "Le Chateau" vu du Temple des Guerriers (Chichén Itzá, Yucatán,       Mexique)

 

têtes de serpent à plumes au premier plan et temple des guerriers au second plan (Chichén Itzá, Yucatán, Mexique)Sur chacune des quatre faces du Château, un des monuments les plus impressionnants de ce site, se trouvent les grands escaliers qui mènent au temple supérieur. Au départ des rampes situées sur la partie nord sont disposées deux énormes têtes de serpent à plumes, sculptées dans la pierre, la gueule grande ouverte sur des crocs dressés, avec une grande langue décorée de demi-cercles qui rappellent le mouvement du soleil, tout ceci très certainement en rapport avec Kukulkán-Quetzalcóatl.

     

     Photo de gauche : têtes de serpent à plumes au premier plan et      temple des guerriers au second plan
(Chichén Itzá, Yucatán,       Mexique)



Le culte rendu aux serpents venimeux comme le cobra et le symbolisme qui s'y rattache ont été un trait des civilisations anciennes, ce fut le cas pour le serpent à sonnettes dans les cultures mésoamériques; ce culte a été introduit dans la péninsule du Yucatán vers la fin de la période classique par les envahisseurs toltèques qui ont affermi leur pouvoir et imposé leurs conceptions religieuses, artistiques et culturelles ainsi que l'on peut s'en rendre compte en se référant aux édifices et motifs décoratifs de la culture toltèque.

tête de serpent à plumes en bas des escaliers du Château (Chichén Itzá, Yucatán, Mexique)

 

    Photo de droite : tête de serpent à plumes en bas des escaliers du     Château (Chichén Itzá, Yucatán, Mexique)

 

 

 




Suite à des accidents mortels, il n'est plus possible de monter au sommet.


Le temple des Guerriers

 Site de Chichén Itzá - belle vidéo sur le site, de plus de 6 minutes


Faisant partie de l'ensemble des Mille Colonnes, le temple des Guerriers devait être réservé aux sacrifices humains; Bâti sur une plate-forme à étage décorée d'aigles et de jaguars (soleil diurne et nocturne) dévorant des coeurs humains, un vaste temple, dont le toit soutenu par des piliers a disparu, laisse voir, à l'entrée, deux piliers en forme de serpents, la queue dressée, la tête sur le sol. Au fond, un autel dont la pierre est soutenue par des représentations humaines appelées "atlantes". Deux Chac Mool trônaient, l'un sur l'escalier, l'autre à l'entrée du temple.
Un second temple a été découvert sous ce dernier, plus ancien, dont les colonnes peintes ont conservé de leur éclat.

Ce magnifique édifice, construit sur un temple plus ancien, repose sur une base de 40 mètres de côté et de 12 mètres de haut, avec plusieurs corps échelonnés en talus et une corniche sculptée de guerriers, jaguars et aigles dévorant des coeurs humains.
Le temple comporte deux salles : on y arrive par un escalier dont les côtés sont décorés de serpents à plumes, les têtes se trouvant dans la partie supérieure, sur lesquelles se dressent des guerriers sculptés qui servaient de porte-étendard. deux têtes de serpent à plumes sculptées dans la pierre, les gueules ouvertes découvrant leurs crocs; elles servent de piédestal à deux sculptures représentant des guerriers, avec les mains jointes

Face à l'entrée du temple se trouve un Chac Mool entre deux colonnes en forme de serpents à plumes; ces colonnes délimitent trois baies qui donnent accès à la première salle du temple.

Photo de gauche : deux têtes de serpent à plumes sculptées dans la pierre, les gueules ouvertes découvrant leurs crocs; elles servent de piédestal à deux sculptures représentant des guerriers, avec les mains jointes


Les jambages de l'entrée sont ornés de bas-reliefs et les piliers portent des sculptures représentant Kukulkán, des guerriers et des personnages. Dans la seconde salle, également maintenue par des piliers, un autel, soutenu par des atlantes, est encastré dans le mur du fond; sur les murs extérieurs se combinent des motifs décoratifs mayas et toltèques. Au-dessus de la corniche de la partie inférieure court une série de mascarons de Chaac de style Puuc et un haut-relief représente le visage humain de Kukulkán sortant de la gueule d'un serpent.

Au-delà de la plate-forme supérieure un escalier conduit à deux pièces voûtées, avec des restes de peintures sur les murs, vestiges de l'ancienne construction, appelée sous-structure des Guerriers ou Temple du Chac Mool, car en cet endroit on y a découvert une sculpture de ce personnage.
Le temple des Guerriers devait être réservé aux sacrifices humains, comme l'indique la pierre en forme de pyramide tronquée située devant l'autel, et qui servait à cet usage.
Sur la corniche qui délimite le talus de la partie inférieure du Temple des Guerriers se détache un mascaron représentant Kukulkán-Quetzalcóatl avec un visage humain, sortant de la gueule d'un serpent; sur le fond du mascaron sont sculptées en bas-reliefs des griffes et des plumes d'oiseaux, réalisant la combinaison du symbole de l'homme-oiseau-serpent. Le reste du décor est constitué de masques de Chaac dans le style Puuc.
Nous pouvons ainsi apprécier une combinaison de motifs décoratifs mayas et toltèques avec des représentations d'inspiration mythologique et religieuse, à la rencontre des deux cultures : Kukulkán était en effet la divinité principale à Chichén comme l'était Quetzalcóatl à Tula et à Teotihuacán.
Dans la seconde salle de ce temple, encastré dans le mur du fond, se trouve un autel soutenu par de petites sculptures d'atlantes; ce sont des éléments toltèques typiques qui, entre les années 1000 et 1250, constituaient une des bases de la décoration des édifices de Chichén Itzá, figurant des guerriers avec des pectoraux, des ceinturons et des bracelets, tous ces éléments faisant partie de la panoplie de leur profession.

colonnes du Temple des Guerriers (Chichén Itzá, Yucatán, Mexique)En haut de la partie supérieure des rampes de l'escalier qui donne accès au Temple des Guerriers, deux têtes de serpent à plumes sont sculptées dans la pierre, les gueules ouvertes découvrant leurs crocs; elles servent de piédestal à deux sculptures représentant des guerriers, avec les mains jointes; ces guerriers de pierre servaient de porte-étendard sur lesquels on accrochait les emblèmes des Itzás et de leurs gouverneurs.

     Photo de droite : colonnes du Temple des Guerriers (Chichén Itzá,      Yucatán, Mexique)

En face du portique du temple des Guerriers se trouve une grande plate-forme sur laquelle on peut voir la sculpture en pierre d'un Chac Mool; personnage typiquement toltèque, il servait à présenter les offrandes, dans sa position caractéristique : à demi couché, avec la tête de côté et un récipient entre les mains.
Certains chercheurs voient en lui la représentation du messager entre les hommes et les dieux.
Il est placé entre deux grands et beaux piliers serpentiformes, symboles du dieu Kukulkán, sur lesquels se déroule un splendide décor gravé. Les queues des serpents soutenaient les linteaux de l'entrée alors que leurs grandes têtes, agrémentées de cornes, servaient de base au niveau du sol.

Bains de Vapeur
On passe un portique à quatre colonnes pour entrer par une petite porte à la salle de vapeur où se trouvent des banquettes scellées aux murs; au fond existe toujours le four dans lequel on chauffait les pierres sur lesquelles on jetait de l'eau ainsi que de la fumée et de la vapeur.

Le marché
Il s'agit d'une plate-forme peu élevée, avec des escaliers sur les côtés et au centre; il n'est toutefois pas certain que ce lieu ait servi de marché. La salle principale consiste en une galerie avec de hauts murs dans la partie arrière, des colonnes et des piliers devant et sur les côtés; un banc de pierre court le long des murs et près de l'entrée se trouve un autel décoré de figures humaines à sa base de serpents à plumes sur sa corniche. L'entrée était ornée de piliers avec des personnages sculptés; derrière la galerie, les colonnes formaient un patio rectangulaire et soutenaient certainement un toit de poutres et de feuilles de palmes.

Le Groupe des Mille Colonnes

Il est constitué d'un grand nombre de piliers et de colonnes, bon nombre d'entre eux magnifiquement sculptés entourant une place carrée de grande dimension. Les colonnes et leurs chapiteaux soutenaient des poutres sur lesquelles s'appuyaient des voûtes en maçonnerie. Des noms ont été donnés aux colonnes selon leur localisation : on parle ainsi des Colonnades Nord, Nord-Est, Est, Sud-Est, Ouest et Nord-Est.

Le haut-relief du Groupe des Milles Colonnes :
Le Groupe des Milles Colonnes se trouve dans la zone maya-toltèque du site archéologique et un grand nombre des colonnes et piliers qui le composent présentent de très belles sculptures aux motifs variés. On peut y voir un haut-relief avec un personnage richement paré d'un panache de plumes, d'oreillons et d'un anneau nasal, bel exemple de la somptuosité de l'habillement des gouvernants et des prêtres. La classe supérieure portait également des vestes de coton ornées de plumes, des sandales et des bijoux de sade, d'obsidienne, de coquillages et de peaux de jaguar.
     

La plate-forme des Jaguars et des Aigles
De forme rectangulaire, elle possède sur chacun de ses côtés, un escalier se termine par une grande tête de serpent à plumes. Les murs sont décorés de panneaux avec des bas-reliefs représentant des aigles ou des jaguars en train de dévorer des coeurs humains tandis que la corniche supérieure est ornée de guerriers couchés.


Le mur des Crânes (tzompantli)
Le culte de la vie par la mort se retrouve sur les murs de cette plate-forme couverte de têtes de morts, représentation en pierre des monuments élaborés avec des crânes humains enfilés sur des pieux (tzompantli). Sans doute était-ce ici le lieu où l'on exposait au public les têtes des victimes sacrifiés. Sur un mur en talus repose un panneau encadré de deux corniches; celle du haut est décorée de crânes en bas-reliefs fichés sur des pieux; les corniches sont surmontées de serpents, d'aigles en train de manger des coeurs, de guerriers et de serpents à plumes, où l'on voit l'influence du centre du Mexique.

tzompantli (Chichén Itzá, Yucatán, Mexique)

Les mésoaméricains exposaient parfois les têtes coupées de leurs ennemis. La représentation en pierre de cette pratique se nomme tzompantli.

 

Photo de gauche : mur des crânes (Chichén Itzá, Yucatán, Mexique)

 

 

détail du mur des crânes (Chichén Itzá, Yucatán, Mexique)

 

     Photo de droite : détail du mur des crânes (Chichén Itzá, Yucatán,      Mexique)

 

 


 


 

Le Temple des Jaguars et son annexe
Accessible par le côté-est du Jeu de Balle et tout près du Mur des Crânes, ce petit temple forme une espèce de tribune d'où les princes Itzá devaient, sans doute, suivre le jeu. Il tient son nom d'une frise de jaguar très décorative. A chaque angle, on voit clairement un jaguar (la nuit) et un aigle (le jour) dévorant un coeur humain, symbolisant ainsi l'offrande au soleil.
La plate-forme Est du Jeu de Pelote a été coupée pour permettre la construction d'un soubassement auquel on accède par un escalier étroit; de là, on arrive au temple par un petit escalier dont les rampes sont ornées de bas-reliefs sur le thème de Kukulkán. Le temple comporte un vestibule et une salle avec un autel; sur les murs, on voit des restes de peintures, parmi lesquelles une des batailles des Itzás.

temple des jaguars qui délimite le jeu de pelote (Chichén Itzá, Yucatán, Mexique) Le panneau supérieur comporte deux serpents à plume aux queux entrelacées, avec, au milieu les jaguars qui ont donné son nom au temple; ils marchent en sens opposé en direction de trois boucliers, symboles de la guerre; sur la frise inférieure on remarque des serpents entrelacés. Derrière le temple, au niveau du sol, se trouve la petite Annexe : elle est formée d'une seule salle enjolivée de très beaux éléments décoratifs. Les piliers délimitent trois entrées; dans celle du milieu se dresse un trône en pierre en forme de jaguar, animal symbolisant le pouvoir des dirigeants mayas. On accède par trois entrées délimitées par deux grandes colonnes représentant d'énormes serpents, disposées de sorte que les queues servent de base; des guerriers forment la décoration des linteaux et des jambages.

     


Photo de gauche : temple des jaguars qui délimite le jeu de pelote (Chichén Itzá, Yucatán, Mexique)




Le Jeu de Balle ou Jeu de Pelote
Jeu de pelote de Chichén(temple des jaguars au second plan) L'ensemble du Jeu de Balle se situe autour de la piste bordée de deux murs parallèles équipés d'anneaux (tachtli) caractéristiques. Appelé tachtli par les Náhuas et Pok-Ta-Pok par les Mayas, c'était en vérité un curieux mélange de basket-ball et de hockey; deux équipes s'affrontaient sur le terrain; le but du jeu était d'envoyer une solide balle de "chiclé" au travers d'un anneau scellé de chaque côté au milieu de la muraille. Les joueurs ne pouvaient toucher la balle qu'avec la tête, les coudes, les hanches et les genoux. Le jeu avait une signification sacrée en rapport sans doute avec le soleil. L'équipe perdante (ou gagnante ?) était sacrifiée aux dieux.
Une frise au bas d'un des murs paraît expliquer le sens de cette cérémonie que les Conquistadors découvrirent à leur arrivée à Mexico-Tenochtitlán et qui est citée dans le Popol Vuh, le livre sacré des Quichés.  Un des joueurs vient, après la partie, de décapiter un joueur de l'équipe adverse : il tient encore son couteau de silex dans la main et la tête de la victime dans l'autre. Les flots de sang qui jaillissent du corps décapité prennent la forme de serpents dont l'un se transforme en plantes couvertes de fleurs et de fruits. De la mort jaillit la vie.
Les dimensions de ce véritable stade sont impressionnantes : 168 mètres de long sur 70 de large.

     Photo de droite : Jeu de pelote de Chichén (temple des jaguars au second plan) - Chichén Itzá, Yucatán, Mexique


anneau-but du jeu de pelote (Chichén Itzá, Yucatán, Mexique)
Ces anneaux-buts étaient ornés de motifs s'inspirant des divinités protectrices ainsi que de la symbolique astrale et mythologique de ce jeu. L'anneau de pierre du terrain de jeu de Chichén Itzá est décoré de serpents à plumes représentant Kukulkán-Quetzalcóatl, divinité de première importance dans la région des habitants de ces lieux.



Photo de gauche : anneau-but du jeu de pelote
(Chichén Itzá, Yucatán, Mexique)



Dans le temple des Jaguars, qui domine le Jeu de Pelote, les restes d'une peinture murale racontent la conquête de Chichén Itzá par les Toltèques.

 

 





Le Temple Nord
Cet édifice est situé dans la partie nord du mur du Jeu de Pelote. Il ne comporte qu'une seule salle abondamment décorée de bas-reliefs, représentant en particulier Kukulkán, des guerriers à ses côtés et accompagné de treize personnages. Sur le mur du fond, est sculptée une curieuse tête d'un homme barbu.

Le Temple Sud
Situé à l'extrémité sud du Jeu de Pelote, il comporte une seule pièce, sans décoration sur sa façade, une corniche avec moulures et frise et à l'entrée six piliers sculptés de guerriers avec, au-dessus d'eux, les hiéroglyphes de leurs noms. Sur les panneaux intérieurs, Kukulkán est représenté sortant de la gueule d'un serpent à plumes.

L'Ossuaire
Bien qu'ils soient de l'autre côté de la route, dans le Vieux Chichén, un certain nombre de bâtiments appartiennent également à l'époque toltèque. Certains sont d'un grand intérêt et il ne faut absolument pas négliger cette partie de la ville lors de votre visite. La première pyramide qui se présente est la Tombe du Grand Prêtre appelée aussi l'Ossuaire. C'est une petite pyramide remise en état récemment dans laquelle on a découvert sept tombes contenant des offrandes : coquillages, grelots et figurines de cristal de roche et de jade. Les grands serpents et la décoration en partie reconstituée, de ses pans inclinés appartiennent au style toltèque, de même que les autels alignés devant l'escalier principal. Celui de plan carré paraît l'ébauche de la plate-forme de Vénus sur la grande place. Dans les murs sont encastrées des pierres formant des marches qui permettaient d'atteindre une grotte naturelle, symbolisant le passage au monde des morts.

La Maison du Cerf
Elle a reçu ce nom, car, selon la tradition, il y avait sur l'un des murs intérieurs une peinture de cerf. C'est un petit temple à trois chambres, érigé sur une plate-forme aux angles arrondis, auquel on accède par un escalier central. La façade et la frise sont lisses, séparées par des moulures composées et surmontées d'une grande "cresteria" (crête faîtière) très endommagée, sans aucun ornement.

La Maison Rouge ("Casa Colorada" ou Chichanchob)
C'est la construction suivante, en pur style Puuc, avec des masques de Chac au-dessus des portes. A l'arrière son soubassement servait de tribune à un petit jeu de Pelote dont seules quelques pierres sculptées trahissent la présence. Ce temple domine encore quelques structures plus ou moins ruinées, dont au nord, la maison du cerf. On l'appelle également la Maison Rouge du fait de la présence d'une bande de couleur rouge sur le parement du portique. Ce temple domine encore quelques structures plus ou moins ruinées, dont au nord, la maison du cerf. Cette dernière a reçu ce nom car, selon la tradition, il y avait sur l'un des murs intérieurs une peinture de cerf. C'est un petit temple à trois chambres, érigé sur une plate-forme aux angles arrondis, auquel on accède par un escalier central. La façade et la frise sont lisses, séparées par des moulures composées et surmontées d'une grande "cresteria" (crête faîtière) très endommagée, sans aucun ornement.


Chichén Viejo


Toujours dans le vieux Chichén : l'Observatoire
(Caracol)
la Tour d'El Caracol (Chichén Itzá, Yucatán, Mexique)Cette curieuse construction, bâtie sur une plate-forme rectangulaire, est le résultat de superpositions successives dont la dernière, circulaire, est contemporaine de l'arrivée des influences des hauts plateaux mexicains. Les fenêtres situées au sommet permettaient l'observation des astres, et ce grâce à leurs orientations très précises. En passant par la droite, vous rencontrerez le plan cruciforme d'un bain rituel (temazcal).

Photo de gauche : la Tour d'El Caracol (Chichén Itzá, Yucatán, Mexique)

Egalement connu sous le nom de El Caracol (l'escargot), cet édifice appartient à la période de transition entre les années 900 et 1000. Il est tout d'abord constitué d'une plate-forme rectangulaire d'un seul tenant avec un mur en talus surmonté d'une corniche à angles arrondis de 6 mètres de haut; du nord au sud, cette plateforme mesure 67 mètres et 52 mètres de l'est à l'ouest;

On y monte par un escalier dont les rampes sont décorées de serpents entrelacés.
Sur ce terre-plein a été construit une base circulaire de 11 mètres de diamètre et de 3,70 mètres de haut ornée de corniches avec moulures et de mascarons représentant le dieu Chaac; cette base sert d'appui à un autre édifice circulaire de 16 mètres de diamètre et de 5 mètres de haut avec banquette en talus, moulure saillante et un mur rehaussé d'une autre moulure. En face on trouve une terrasse de 20 mètres de long et de 6,5 mètres de large et un mur avec moulure; cet ensemble a été ensuite recouvert d'une autre terrasse entourée de porte-encens de pierre en forme de crânes humains; sur les terrasses se dresse la construction cylindrique qui constitue la salle d'observation.
En examinant la tour, qui monte à partir du premier soubassement, on peut constater qu'à l'origine la construction n'était constituée que d'une structure élémentaire dans laquelle se trouve l'escalier en colimaçon (caracol) qui donne son nom à l'édifice. L'escalier conduisait à la salle d'observation; ensuite, avec l'édification des deux autres soubassements, une salle est venue s'ajouter au noyau initial puis est apparue la terrasse qui encercle la tour. L'escalier en colimaçon mène à l'observatoire, une petite pièce comportant des meurtrières de visée à partir desquelles se réalisait l'observation des astres.
Les astronomes mayas ont été capables de définir la position des différents corps célestes et se consacraient à l'observation de leurs mouvements. Sur la base de calculs astronomiques et mathématiques très précis, ils ont mis au point un calendrier solaire, Haab, de 365 jours, divisé en 18 mois de 20 jours plus 5 jours "supplémentaires" et un calendrier rituel, Tzolkin, qui déterminait la vie de la population et le destin des hommes; il y avait en fait une utilisation combinée de ces deux calendriers; parmi leurs tâches, figurait également la recherche de l'harmonie de L'Univers en perpétuel mouvement et de la répétition de ses cycles dans le temps.

     
 L'Observatoire (Chichén Itzá, Yucatán, Mexique) La Tour de l'Observatoire : il s'agit d'une salle circulaire percée de meurtrières de visée à partir desquelles les astronomes mayas étudiaient les phénomènes célestes. Leurs connaissances astronomiques telles que la détermination des cycles du soleil, de la lune et de Vénus, le calcul des éclipses solaires et le déplacement des constellations, en particulier des Pléiades, appelées Tzab, ont été obtenues à l'aide d'instruments rudimentaires utilisés à partir de constructions spécifiques, comme le "Caracol". L'astronomie était liée à la conception du monde des Mayas qui considéraient le cosmos comme le champ d'action des forces sacrées et les astres, des dieux dont dépendait la vie de l'homme.

     Photo de droite : L'Observatoire (Chichén Itzá, Yucatán, Mexique)

Un peu après, on poursuit vers le Temple des Panneaux sculptés célèbrant à merveille les épousailles des architectures maya et toltèque. Les parois latérales montrent en coupe comment la voûte à encorbellement, se libérant du mur-parapluie, reposait sur des piliers qui agrandissaient considérablement l'espace intérieur. On y célébrait des rituels liés à l'élément feu. Ce temple a été construit en deux étapes: tout d'abord, sur un soubassement, a été édifié le temple comportant un portique à trois entrées, deux colonnes serpentiformes et une salle avec une banquette; une autre salle a été ajoutée ultérieurement à laquelle on accède par un portique à quatre colonnes; en son intérieur, se dresse une double file de colonne et un banc court le long de trois de ses murs. Un premier escalier a été détruit pour être remplacé par un autre qui passe par le toit pour arriver au temple. Sur les murs extérieurs de la construction réalisée durant la seconde étape, on peut voir des panneaux remarquablement exécutés qui ont donné son nom au temple. Ils sont composés de trois files de bas-reliefs comportant différents motifs, parmi lesquels : des guerriers, des dieux, des oiseaux, des serpents, des singes, des jaguars, des arbres et une hutte avec trois personnages.

Palais des Nonnes, annexe et église

A une centaine de mètres de là s'élève un groupe de bâtiments appelés le Palais des Nonnes avec l'annexe et l'église, bien qu'ils n'aient eu, encore une fois, aucun rapport avec le symbolisme religieux chrétien. C'est ici le style Chénès le plus pur qui règne, avec l'omniprésence du Masque de Chaac entouré de motifs baroques. Ce palais est à deux étages, juché sur un socle imposant flanqué d'un grand escalier, le tout en très mauvais état !

l'église attachée au Palais des Nonnes (Chichén Itzá, Yucatán, Mexique) L'église doit son nom à sa proximité avec l'Edifice des Nonnes; sa construction remonte aux VIIe et VIIIe siècles, à l'époque où fleurissaient le style Puuc. L'intérieur comporte une salle voûtée, de forme rectangulaire, avec une porte sur la face ouest. La décoration, basée sur la symétrie, est essentiellement réalisée en mosaïques de pierre. La frise comporte trois mascarons de Chaac, le dieu de la pluie, disposés au centre et à chacune des extrémités, les plus remarquables sont les mascarons desquels se détachent les nez stylisés en forme de trompe, dans le typique style de représentation de cette divinité.
Entre ces masques sont disposés, par groupes de deux et à l'intérieur de niches, des personnages que l'on pense être les quatre bacabs ou dieux "porteurs du ciel" qui sont ici représentés par le tatou, l'escargot, la tortue et le crabe, se distinguant les uns des autres par la position qu'ils occupent sur les quatre points cardinaux.
Sur toute la partie supérieure de la façade se déroule un décor en forme de serpent; sur le haut de la "cresteria", trois mascarons de Chaac font saillie tandis que dans sa partie inférieure s'étend une frise bordée de grecques échelonnées que l'on peut voir également au départ de la crête faitière.
Sur les côtés de l'édifice et sur la partie postérieure, les motifs décoratifs : grecques, mascarons et une frange dentée sur la corniche, sont beaucoup plus simples, comparés à la richesse de l'ornementation de la façade.

     Photo ci-dessus : l'église attachée au Palais des Nonnes (Chichén Itzá, Yucatán, Mexique)

L'annexe du Palais des Nonnes
C'est un édifice parmi les plus beaux et les plus harmonieux du style Chénès de Chichén Itzá; il est de plan rectangulaire, comporte trois galeries parallèles de trois chambres chacune, plus deux salles ajoutées ultérieurement donnant à l'est et à l'ouest. Les faces nord et sud sont décorées de panneaux en forme de jalousies et les angles de la façade se terminent par des mascarons de Chaac; sur la frise, entourée de moulures, se trouvent également des mascarons. Les deux moulures supérieures font tout le tour de l'édifice, enserrant un bas-relief en pierre d'un serpent en reptation.
La façade orientale présente un grand nombre d'éléments décoratifs, parmi lesquels ressortent les mascarons et les têtes aux nez recourbés (symboles du dieu de la pluie); elles sont placées de telle façon autour de la porte que l'on a l'impression d'entrer par une gueule ouverte munie de crocs, ce qui pourrait faire penser au passage dans le monde des dieux.
Au-dessus de la moulure qui encadre l'entrée, on voit un médaillon entouré de grecques, à l'intérieur duquel se trouve un personnage assis, coiffé d'un plumet.
Les façades nord et sud comportent des moulures surmontées de motifs allégoriques en relation avec la queue du serpent à sonnettes; ils paraissent avoir été ajoutés bien après la construction de cet édifice. Le linteau situé au-dessus de la porte présente une inscription hiéroglyphique interprétée comme la représentation de l'année 800 de notre ère.
L'édifice se termine par une moulure avec corniche qui, semble-t'il, était autrefois surmontée, sur la façade principale, d'une "cresteria", ainsi que l'on peut s'en rendre compte sur un dessin d'après nature exécuté par l'artiste anglais Frederik Cayherwood lorsqu'il a visité Chichén Itzá au milieu du siècle dernier.
Médaillon de la façade de l'Annexe des Nonnes : Les personnages importants de la classe gouvernementale utilisaient, comme ornement et comme marque de leur pouvoir, des coiffures compliquées faites des plumes de différents oiseaux, provenant en particulier de la queue du quetzal qui vit dans les forêts tropicales du sud de l'Etat de Chiapas et du Guatemala. La splendeur de la coiffure dénote l'importance du personnage assis qui orne la partie supérieure de l'entrée de l'édifice. Le médaillon est totalement encadré de grecques et de mascarons.

Le Temple de la Série Initiale
C'est un ensemble de temples appelés "Grupo de la Fecha"; le plus important est celui de la Série Initiale où l'on trouve la seule inscription hiéroglyphique de l'Ancien Chichén portant une date complète; on y lit : 10.2.9.1.9 Muluc 7 Zac, ainsi que : 10.2.10.0.0., 2 Ahau, correspondant à l'année 879 ap.J.-C., époque du maya classique. Elle est inscrite sur un linteau posé sur deux colonnes monumentales de type "atlantes". Généralement, les inscriptions mayas débutent par ce que l'on appelle le compte long ou série initiale qui sert à indiquer les baktums (cycle de plus ou moins 400 ans), les katunes (20 tunes), les tunes lannées), les vinales (20 kines) et les kines (jours).

Le Temple des Atlantes
Il s'agit d'une petite construction dont l'entrée était entourée d'atlantes qui en constituaient le décor principal; une partie de leur habillement consistait en pectoraux, bracelets, ceinturons et protège-nez; tous ces éléments qu'ils utilisaient pour indiquer leur profession et leur rang permettaient de les identifier comme des guerriers. La façon dont avaient été disposés leurs bras et leurs mains laissent penser que ces atlantes avaient pour fonction de supporter la base du toit. Ce type de sculpture est la manifestation, dans le domaine artistique et culturel, de l'influence toltèque du centre du Mexique qui s'est peu à peu intégrée à la culture maya.

Le Temple des Hiboux
Situé au milieu de la végétation dans la zone de l'ancien Chichén, il n'en reste que quelques piliers ornés de remarquables bas-reliefs représentant ces oiseaux qui, peut-être, ont pu être pris comme symboles de la nuit ou comme les augures de la mort ou du malheur. Il est possible que l'utilisation du hibou comme élément décoratif dans la Péninsule soit due aux envahisseurs toltèques; les Mayas utilisaient habituellement d'autres oiseaux dans la décoration, soit représentés de façon réaliste, soit combinés avec des traits humains pour créer ainsi que des êtres fantastiques et mythologiques.

Le Temple des Trois Linteaux
De plan rectangulaire, ce temple est composé de trois chambres dont les portes sont surmontées de linteaux sculptés; sur l'un d'eux la date de l'année 850 ap.J.-C. est inscrite. La partie supérieure de la façade est ornée d'un serpent en reptation, de rangées de colonnettes et de mascarons de Chaac aux deux angles. Le décor de la partie arrière est constitué de panneaux en forme de jalousies et de colonnettes.


premier plan, L'Observatoire, second plan le Château, à gauche, Temple des Jaguars et à droite, Temple des Guerriers  (Chichén Itzá, Yucatán, Mexique) Pour compléter la visite, il faut encore signaler la Akab Dzib, la maison du Glyphe Mystérieux, ornée d'inscriptions qui n'ont pu être déchiffrées sur le linteau qui surmonte la porte principale, au sud. Cette structure est constituée de deux chambres ainsi que de deux édifices composés de huit galeries recouvertes de voûtes mayas, ces galeries se rejoignent au nord et au sud. La façade, surmontée d'une "cresteria", est ornée de grecques géométriques; la porte S est surmontée d'un linteau en pierre sur lequel est sculpté un prêtre entouré de hiérogkyphes qui n'ont pas encore été déchiffrés, d'où le nom akab-dzib, "écriture obscure".

Non loin de là s'ouvre le petit cenote de Xtoloc, entièrement naturel qui n'eut pas la fonction sacrificielle de son grand collègue du "Nouveau Chichén".



     Photo de droite : premier plan, L'Observatoire, second plan le Château, à gauche, Temple des Jaguars et à droite, Temple des      Guerriers (Chichén Itzá, Yucatán, Mexique)

Le site est ouvert tlj 8h à 17h, tarif d'entrée de $51 ou $111 avec spectacle son et lumière inclus (19h, nov-mar ou 20h, avr-oct - durée 60 mn). Il est situé à 45 mn de Valladolid. Compte tenu du nombre de touristes, il est vivement conseillé de faire l'ouverture le matin.

son et lumière à Chichén Itzá (Chichén Itzá, Yucatán, Mexique) Le spectacle "son et lumière" combinant illumination, musique et voix évoquent les événements historiques de Chichén Itzá, mettant de façon exceptionnelle le Château en valeur.

 

Photo de gauche : son et lumière à Chichén Itzá (Chichén Itzá, Yucatán, Mexique)

 

 

 


Ce site est inscrit au Patrimoine culturel mondial de l'Unesco depuis 1988 :


temple des guerriers au second plan (Chichén Itzá, Yucatán, Mexique) La pyramide de Kukulkán fait partie des sept nouvelles merveilles du monde parmi 21 sites des cinq continents en prenant compte du vote des millions d'internautes.

Cliquer ici pour afficher la sélection de photos sur le site de Chichén Itzá


     Photo de droite : temple des guerriers au second plan
     photo prise d'El Castillo (Chichén Itzá, Yucatán, Mexique)

 


Pour vous y rendre : accessible facilement de Mérida, Valladolid, Cancun, Tulum et Playa del Carmen, directement à l'entrée principale du site. Pour le retour, possibilité d'achat des billets avec la compagnie ADO au bureau de Ticket Bus situé dans le hall d'accueil du site. Bus de la compagnie Oriente font également les trajets pour Valladolid, Cancun et Mérida (arrêts plus fréquents dans les villages donc plus lents).

Distributeurs automatiques et bureaux de change disponibles dans le Hall de l'hôtel Mayaland et dans la galerie marchande, à l'entrée du site. Consignes de bagages disponibles également.

On vous encourage à acheter l'artisanat vendu dans le site. On a été surpris quant au prix et à la qualité de leur travail !


Chichén Itzá à la tombée de la nuit

Plan de l'état du Yucatán :



Photo de gauche : Chichén Itzá à la tombée de la nuit

 

 

 

 

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Notre sélection d'hôtels à Chichén Itzá :

 

Les hôtels de cette localité sont en cours de réactualisation !

 

EK'BALAM, " Jaguar noir"


entrée de la zone Ek'Balam (Yucatán, Mexique) Cette grande cité de 12 km2 fut fondée, semble t'il, par le seigneur Ek'Balam qui y régna durant 40 ans. Les majestueuses constructions qui datent de la Période Classique Tardive (900 après J.C.) furent construites sur deux places principales - Nord et Sud - dans une aire centrale entourée de deux murailles défensives avec cinq entrées. Grâce aux travaux d'exploration et de restauration entrepris en 1994 par l'Institut National d'Anthropologie et d'Histoire (INAH), des pièces surprenantes furent mises à jour. La riche décoration en pierre taillée ou stuc modelé et polychrome se caractérise par son style unique. L'architecture monumentale, les stèles, le réseau de chemins et les textes glyphiques témoignent qu'Ek'Balam fut une riche capitale qui contrôlait une région très peuplée.

     Photo ci-dessus : entrée de la zone Ek'Balam (Yucatán, Mexique)

En entrant par le sud et après avoir contourné un jeu de pelote, vous arrivez sur la place sud entourée de deux constructions jumelles côte à côté appelées "Gemelas" et le Palais oval (Palacio Oval). Quelques stèles à l'effigie d'un souverrain ont été relevées sur une petite plate-forme, et d'autres complètent ce lieu de résidence de l'élite.

L'Acropole (Ek'Balam, Yucatán, Mexique)La grande surprise et qui est récente (1999), est la découverte lors de fouilles, sur la place nord, de l'Acropole, immense structure à étages, l'un sur l'autre de 158 m de long, 68 m de large et 32 m de haut. Un nombre important de pièces sur différents niveaux sont reliées par des escaliers, semblables aux passages secrets des châteaux de l'Europe médiévale. A mi-hauteur est apparue la façade entière d'un temple, dont la décoration s'apparente beaucoup plus à la sculpture flamboyante de Copán qu'au style postclassique de sa voisine Chichén Itzá. Sur fond de mascarons, des personnages modelés en stuc arborant des panaches de plumes dans le dos, et apparraissent comme des anges. Au-dessus de la porte en forme de gueule de jaguar, un autre est assis jambes pendantes sur le rebord d'une corniche.

     Photo de droite : L'Acropole (Ek'Balam, Yucatán, Mexique)

Au pied de l'escalier central, des têtes de serpent-dragon tirent une langue bifide où apparaît l'emblème d'Ek'Balam, cité dont on découvrira avec le temps, l'importance parmi les royaumes du Nord. La vue est imprennable du sommet !


deux statues de stuc représentant des divinités ailées à L'Acropole (Ek'Balam, Yucatán, Mexique)Ce site encore peu fréquenté, ouvert au public est en cours de restauration pour de nombreuses années. Il se trouve à moins de 20 km de Valladolid - trés beau site - Ouvert tlj 8h à 17h, tarif d'entrée de $51, gratuit le dimanche -


Photo de gauche : deux statues de stuc représentant des divinités ailées à L'Acropole (Ek'Balam, Yucatán, Mexique)

Plan des sites archéologiques : Dzibilchaltun et Ek'Balam :

 


Cliquer ici pour afficher la sélection de photos sur le site d'Ek'Balam

Pour vous y rendre :
Prendre un combi qui part de la calle 44, angle 35 et 37 de Valladolid à destination de Santa Rita, à 4 km du site.
Moyennant un petit supplément, le combi vous déposera sur place.

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Le Monde des Mayas -

 

SUPERBE vidéo de 16 minutes  




 

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