| Chichén
Itzá
Site archéologique situé dans l'état du Yucatán à 120 km de Mérida sur la route Mérida-Cancun.
Cette ville sacrée était l'un des plus grands centres
mayas de la péninsule du Yucatán.
Tout le long de son histoire, qui s'étend sur presque mille
ans, la ville fut embellie grâce à la contribution
de différents peuples. Mayas, Toltèques et Itzás
ont laissé sur la pierre des monuments et des oeuvres artistiques,
l'empreinte de leur vision du monde et de l'univers.
Il n'est plus possible de monter sur les édifices de Chichén Itzá. Certaines photos ont été prises avant cette interdiction (mise en cause : sécurité et protection du site).
Chichén
Itzá veut dire "la bouche du puits des Itzás".
"Chi" pour bouche, "chen" pour puits et "Itzá" pour le nom de la Tribu. Cet important centre cérémonial conjugue grandeur
et nature. Selon le livre sacré du Chilam Balaum, ce puits
aurait été découvert au Vème siècle
de notre ère par les Itzás qui l'auraient abandonné
deux siècles plus tard. Cette tribu émigra vers la
région de Champotón d'où elle revint, deux
siècles et demis plus tard, influencée ou plus exactement
accompagnée par les Toltèques pour s'y établir à la fin du IXème siècle, jusqu'aux environs de l'an 1200 après J.-C.
Ces groupes guerriers établirent une ligue entre les chefs
des principales familles, les Xius de Uxmal,
les Cocoms de Mayapán et les Itzás de Chichén
Itzá. Mais ces derniers, trahis par les Cocoms, émigrèrent
à nouveau vers le Petén du Guatemala, où ils
formèrent à Tayasal, l'actuelle Flores, un Empire
indépendant qui résista aux assauts des Espagnols
jusqu'en 1697.
Pendant la conquête espagnole, Francisco de Montejo tenta
de s'y établir, mais il fut expulsé de Chichén
Itzá par les Mayas commandés par Canek.
L'endroit dut être habité plus tôt, mais ce n'est
que pendant la période classique, du VII au Xème siècles
que l'on édifia les premiers ensembles de pierre, tels ceux
connus sous le nom de Palais des Nonnes, son annexe et l'église, l'Akak Dzib, le Chichanchob, la Casa
del Venado (maison du cerf) et le Temple des Panneaux Sculptés.
Ces constructions, contemporaines de celles d'Uxmal, par exemple,
leur sont très ressemblantes.
Pendant l'occupation toltèque,
de nouveaux monuments furent édifiés, en particulier
la pyramide connue sous le nom d'El Castillo, le Groupe
des Mille Colonnes incluant le Temple des Guerriers, le Jeu de Balle
et les temples annexes, ainsi que le Tzompantli (le mur des crânes),
la plate-forme de Vénus, etc..
Après son abandon, Chichén
Itzá conserva son caractère sacré et des
pèlerinages étaient organisés dans l'ensemble
du Yucatán et
des provinces voisines pour visiter le puits sacré "dzonot"
en maya (cenote dans
le langage populaire), et y faire des sacrifices.
La
ville sacrée
Chichén
Itzá, contrairement à la majorité des sites,
ne possède pas de plan d'ensemble. Il est composé
de plusieurs unités qui, sur une surface de plus de 5 km2,
communiquent entre elles par des chaussées ou "sacbé",
sacbeob au pluriel, (chemin pavé ou "blanc"). L'unité
dominante est celle des Toltèques, entourée d'une
enceinte peu élevée percée de plusieurs entrées.
Les constructions réunissent les caractéristiques
de l'architecture toltèque : portiques à colonnes,
galeries, piliers, colonnes en forme de serpent, sculptures de Chac
Mool, sculptures anthropomorphes de type "atlantes",
porte-drapeaux, jaguars et aigles en ronde-bosse, tzompantli ou mur des crânes et représentations de Quetzalcóatl,
baptisé Kukulcán en maya.
Le chac-mool était un intermédiaire entre
l'homme et les dieux. Notez la coupelle destinée à
recevoir les sacrifices.
Le tzompantli est une construction en
bois avec 4 rangées de crânes empalés.
Les Toltèques adorateurs de ce dieu, l'imposèrent
aux populations dominées, de même que les rites sanguinaires
du sacrifice humain qui contraignaient à la guerre perpétuelle
pour la capture des victimes. Leur influence atteignit bientôt
la côte des Caraïbes.
Chichén Itzá est considérée par certains comme la "nouvelle Tula", ou même la "grande Tula".
La visite du site est conseillée tôt le matin dès l'ouverture, avec deux possibilités d'entrées : entrée principale ou entrée zone centrale à côté de l'hôtel Mayaland.
Si vous venez de l'entrée principale, commencez la visite par le Jeu de Balle avec ses différents temples, le Tzompatli, la Plate-forme des Jaguars et des Aigles, la Plate-forme de Vénus, Le Château, le Cénote Sacré, le Temple des Tables, le Temple des Guerriers (le soleil se lève derrière ce temple), le Groupe des Milles Colonnes, le Marché et les Bains de Vapeur.
Si vous venez de l'entrée zone centrale située près de l'hôtel Mayaland : commencez par le Cénote Xtoloc et le Akab Dzib, l'Observatoire, le Temple des Panneaux Sculptés, l'Edifice des Nonnes avec son église et son annexe, et les Bains de vapeur. Puis prenez le chemin du Vieux Chichén et au retour, arrêtez-vous à la Maison Colorée, la Maison du Cerf et l'Ossuaire...
Le puits sacré (cenote sagrado)
Ce puits naturel situé au bout d'un chemin de 300 mètres
de long part de la Grande Place du Château en direction du
Nord. Il a été utilisé uniquement à
des fins religieuses, cérémonielles et rituelles,
dédié qu'il était, au culte du dieu Chaac,
le dieu de la pluie et de l'eau. Il s'agit d'un puits circulaire
de 60 mètres de diamètre d'est en ouest et 50 m du nord au sud, dont les murs, quasiment
verticaux, tombent de 22 mètres jusqu'à la surface
de l'eau, profonde de 20 mètres environ. Le fond est recouvert
d'une épaisse couche de boue, et l'eau, du fait de la présence
d'algues et de micro-organismes, présente différents
tons de verts. Certains murs sont encore dans leur état d'origine,
mais dans la partie sud on peut voir que des modifications ont été
apportées; une sorte de tribune a été aménagée
ultérieurement afin de permettre à des spectateurs
d'observer les rites et les cérémonies qui avaient
lieu en cet endroit.
Ce puits était considéré comme un lieu sacré,
on y réalisait des sacrifices d'enfants, de jeunes filles
et de guerriers qui étaient jetés au fond depuis une
plate-forme irrégulière disposée sur l'un des
bords; à côté de cette plate-forme se trouve
un bain de vapeur où les victimes, avant d'être sacrifiées,
étaient soumises à un rituel de purification.
Entre 1882 et 1968 des fouilles ont été réalisées
au fond du puits par des chercheurs qui ont récupéré
des objets de grande valeur et d'importantes pièces archéologiques
provenant de différents sites, ce qui prouve la présence
de pélerins qui venaient de régions proches de Chichén
Itzá ou de terres lointaines d'Amérique Centrale pour
déposer des offrandes aux divinités honorées
en ces lieux.
Les crânes des sacrifiés, de nombreux os et objets
ont été récupérés: grelots d'or
et de cuivre, disques en or ciselé représentant des
scènes historiques ou religieuses, disques et miroirs de
pyrite, perles de jade, boules de copal et de gomme, sculptures
de têtes et de queues de serpents, objets en bois tels que
petits bancs, manches et un bâton de commandement, porte-étendard
en forme de jaguars, anneaux et sandales de cuivre, pierres polies
provenant du Jeu de Pelote, vases, récipients en terre et
pointes de flèches.
A côté, on trouve les ruines d'un édifice qui fit office de bain de vapeur ou temazcal, utilisé autrefois pour purifier ceux qui seraient ensuite sacrifiés. On y construit aussi une plate-forme qui dépassait du bord, d'où l'on poussait les victimes.
La
plate-forme de Vénus
C'est une structure quadrangulaire de 25 m de côté sur 4 m de hauteur avec un escalier sur chacun des
côtés; les rampes sont terminées dans leur partie
supérieure par des grandes têtes de serpents à
plumes. Sur les murs, des panneaux comportent des bas-reliefs dont
les thèmes se rapportent à Vénus, planète
étudiée par les astronomes mayas. Les chroniqueurs
espagnols rapportent que sur ces plateformes se déroulaient
des spectacles. Cette plate-forme est composée de divers
éléments : dans les espaces en retrait, Vénus
est représentée sortant de la gueule d'un serpent
tandis que sur les panneaux en saillie, elle est symbolisée
par le signe du mois "pop", des bâtons liés
et une stellaire torsadée (fleur en forme d'étoile).
Sur les panneaux de la corniche est sculpté un serpent entouré
de poissons.
La plate-forme de Vénus présente, sur chacun de ses
côtés, des serpents emplumés et des symboles
de Quetzalcóatl-Kukulcán. Aux angles, des glyphes
du mois Pop par lequel commençait l'année
et des symboles de Vénus, peut-être une représentation
de la relation du calendrier solaire avec les cycles de Vénus. Cette représentation symbolique de Quetzalcóatl-Kukulcán fut l'une des plus vénérées par les peuples préhispaniques.
Le Castillo (Kukulcán)
Cette
pyramide de 60 m de côté et 30 m de haut (avec le temps) est la construction
la plus imposante. Son antiquité est difficile à calculer,
mais les dates estimées par les experts le situent entre
les années 650 et 800 de notre ère. Ses caractéristiques
sont en rapport avec le calendrier solaire maya. Sur la façade, on peut observer des motifs décoratifs tels que des serpents et des tigres d'influence toltèque, confirmant ainsi l'idée selon laquelle la construction de l'édifice correspond à la période de plein essor de la culture itzá, à l'époque-même durant laquelle la cité de Mayapán dominait la région.
,
Un escalier sur
chaque face donne accès au temple construit au sommet. Chacun
des escaliers se compose de 91 marches qui, au total, sont de 364.
En ajoutant la plate-forme supérieure, on obtient le chiffre
correspondant aux jours de l'année solaire (365 marches, 52 panneaux : soit un par année du cycle maya). Sur chaque face
de la pyramide existent 522 sections de tablero, le nombre d'années
du "siècle", et les 9 étages, divisés
en deux par l'escalier, donnent les 18 mois de l'année composés
chacun de 20 jours.
Les jours de l'équinoxe* (21 mars-22 septembre),
l'ombre projetée sur le bord de l'escalier représente
le corps d'un serpent qui descend du sommet de la pyramide jusqu'au
sol et se prolonge vers les têtes sculptées posées
sur le sol. A ces dates, la lumière du soleil forme progressivement de bas en haut, sept triangles lumineux sur la rampe de l'escalier nord-est (à droite sur la photo ci-dessus) jusqu'à dessiner complétement la silhouette du serpent Kukulcán d'une longueur de 34 m.
* 2 jours avant également et un jour après les dates mentionnées.
El Castillo se situe au centre d'une plaine herbeuse, non loin des colonnes du temple des Guerriers où trône encore la statue de Chac Mool.
L'orientation particulière du "Castillo" n'est
pas le fruit du hasard. Elle est déplacée par rapport
au nord de 21°12' vers l'est. Elle résulte d'une recherche
méticuleuse qui permet un jeu de lumières et d'ombres
sans précédent les jours d'équinoxe, environ
deux heures avant le coucher du soleil. Les angles des neuf degrés
projettent sur l'escalier nord une ombre qui semble donner corps
et mouvement aux têtes de serpent se trouvant à sa
base.
La
pyramide fut bâtie en deux étapes.
Le temple comporte un vestibule dans lequel on pénètre
entre deux colonnes en forme de serpents avec la gueule ouverte,
leurs corps en sont le fût, les queues soutiennent le linteau
de la porte et les têtes en forment la base. La salle intérieure
comporte deux pilastres décorés de bas-reliefs soutenant
la poutre du toit, un parement en talus, un mur vertical avec une
frise entre deux corniches dans la partie supérieure, et
trois panneaux. Derrière, une galerie avec trois portes donnent
sur les escaliers Sud, Est et Ouest. Sur l'entrée principale
se trouve un mascaron du dieu Chaac; le toit est orné de
créneaux en forme de coquillages coupés, symbolisant
la parure du dieu du vent et sur les jambages sont sculptés
des visages de prêtres et de guerriers.
A l'intérieur du Château se trouve une pyramide plus
petite qui renferme un autre temple, un trône en forme de
jaguar peint en rouge, tacheté d'incrustations de jade, les
crocs en silex, les yeux en jade et une sculpture de Chac Mool.
L'existence de cette construction à l'intérieur découle
de l'habitude de superposer les temples, un plus grand venant recouvrir
le précédent à l'issue d'un cycle de 52 ans.
Sur
chacune des quatre faces du Château, un des monuments les
plus impressionnants de ce site, se trouvent les grands escaliers
qui mènent au temple supérieur. Au départ des
rampes situées sur la partie nord sont disposées deux
énormes têtes de serpent à plumes, sculptées
dans la pierre, la gueule grande ouverte sur des crocs dressés,
avec une grande langue décorée de demi-cercles qui
rappellent le mouvement du soleil, tout ceci très certainement
en rapport avec Kukulcán-Quetzalcóatl.
Le culte rendu aux serpents venimeux comme le cobra et le symbolisme
qui s'y rattache ont été un trait des civilisations
anciennes; ce fut le cas pour le serpent à sonnettes dans
les cultures mésoamériques. Ce culte a été
introduit dans la péninsule
du Yucatán vers la fin de la période classique
par les envahisseurs toltèques qui ont affermi leur pouvoir
et imposé leurs conceptions religieuses, artistiques et culturelles
ainsi que l'on peut s'en rendre compte en se référant
aux édifices et motifs décoratifs de la culture toltèque.

Localiser
El Castillo à Chichén Itzá
Le
Temple des Guerriers
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Faisant partie de
l'ensemble des Mille Colonnes, le temple des Guerriers devait
être réservé aux sacrifices humains;
Bâti sur une plate-forme à 4 étages décorée
d'aigles et de jaguars (soleil diurne et nocturne) dévorant
des coeurs humains, un vaste temple, dont le toit soutenu
par des piliers a disparu, laisse voir, à l'entrée,
deux piliers en forme de serpents, la queue dressée,
la tête sur le sol. Au fond, un autel dont la pierre
est soutenue par des représentations humaines appelées
"atlantes".
Deux Chac Mool trônaient, l'un sur l'escalier, l'autre
à l'entrée du temple.
Un second temple a été découvert sous
ce dernier, plus ancien, dont les colonnes peintes ont conservé
de leur éclat.
|
Ce magnifique édifice, construit sur un
temple plus ancien, repose sur une base de 40 mètres de côté
et de 12 mètres de haut, avec plusieurs corps échelonnés
en talus et une corniche sculptée de guerriers, jaguars et
aigles dévorant des coeurs humains.
Le temple comporte deux salles : on y arrive par un escalier dont
les côtés sont décorés de serpents à
plumes, les têtes se trouvant dans la partie supérieure,
sur lesquelles se dressent des guerriers sculptés qui servaient
de porte-étendard. 
Face à l'entrée du temple se trouve un Chac Mool entre
deux colonnes en forme de serpents à plumes; ces colonnes
délimitent trois baies qui donnent accès à
la première salle du temple. Ces grands et beaux piliers serpentiformes sont des symboles du dieu Kukulcán.
Les jambages de l'entrée sont ornés de bas-reliefs
et les piliers portent des sculptures représentant Kukulcán,
des guerriers et des personnages. Dans la seconde salle, également
maintenue par des piliers, un autel, soutenu par des "atlantes", est
encastré dans le mur du fond; sur les murs extérieurs
se combinent des motifs décoratifs mayas et toltèques.
Au-dessus de la corniche de la partie inférieure court une
série de mascarons de Chaac de style Puuc et un haut-relief
représente le visage humain de Kukulcán sortant de
la gueule d'un serpent.
Au-delà de la plate-forme supérieure un escalier conduit
à deux pièces voûtées, avec des restes
de peintures sur les murs, vestiges de l'ancienne construction,
appelée sous-structure des Guerriers ou Temple du Chac Mool,
car en cet endroit, on y a découvert une sculpture de ce personnage.
Le Temple des Guerriers devait être réservé
aux sacrifices humains, comme l'indique la pierre en forme de pyramide
tronquée située devant l'autel, et qui servait à
cet usage.
Sur la corniche qui délimite le talus de la partie inférieure
du Temple des Guerriers se détache un mascaron représentant
Kukulcán-Quetzalcóatl avec un visage humain, sortant
de la gueule d'un serpent; sur le fond du mascaron sont sculptées
en bas-reliefs des griffes et des plumes d'oiseaux, réalisant
la combinaison du symbole de l'homme-oiseau-serpent. Le reste du
décor est constitué de masques de Chaac dans le style
Puuc.
Nous pouvons ainsi apprécier une combinaison de motifs décoratifs
mayas et toltèques avec des représentations d'inspiration
mythologique et religieuse, à la rencontre des deux cultures
: Kukulcán était en effet la divinité principale
à Chichén comme l'était Quetzalcóatl
à Tula et à Teotihuacán.
Dans la seconde salle de ce temple, encastré dans le mur
du fond, se trouve un autel soutenu par de petites sculptures d'atlantes;
ce sont des éléments toltèques typiques qui,
entre les années 1000 et 1250, constituaient une des bases
de la décoration des édifices de Chichén Itzá,
figurant des guerriers avec des pectoraux, des ceinturons et des
bracelets, tous ces éléments faisant partie de la
panoplie de leur profession.
En
haut de la partie supérieure des rampes de l'escalier qui
donne accès au Temple des Guerriers, deux têtes de
serpent à plumes sont sculptées dans la pierre, les
gueules ouvertes découvrant leurs crocs; elles servent de
piédestal à deux sculptures représentant des
guerriers, avec les mains jointes; ces guerriers de pierre servaient
de porte-étendard sur lesquels on accrochait les emblèmes
des Itzás et de leurs gouverneurs.
En face du portique du temple des Guerriers se
trouve une grande plate-forme sur laquelle on peut voir la sculpture
en pierre d'un Chac Mool; personnage typiquement toltèque,
il servait à présenter les offrandes, dans sa position
caractéristique : à demi couché, avec la tête
de côté et un récipient entre les mains.

Du fait de l'interdiction de monter sur les édifices, il devient plus difficile de voir certains symboles comme le Chac Mool perché en haut du Temple des Guerriers.
Certains chercheurs voient en lui la représentation du messager
entre les hommes et les dieux.
Il est placé entre deux grands et beaux piliers serpentiformes,
symboles du dieu Kukulcán, sur lesquels se déroule
un splendide décor gravé. Les queues des serpents
soutenaient les linteaux de l'entrée alors que leurs grandes
têtes, agrémentées de cornes, servaient de base
au niveau du sol

Le Temple des Grandes Tables
Ce temple construit à côté du Temple des Guerriers doit son nom à ses niveaux superposés qui ressemblent à des paliers. C'est en fait une petite pyramide à quatre niveaux qui, autrefois, était dominée par un temple possédant un portique encadré par deux colonnes serpentines.
Bien qu'elle ne soit pas conservée dans sa totalité, la frise en pierre taillée, posée sur le sol devant l'escalier qui mène au temple, mérite un détour. Elle révèle une procession de jaguars, parmi lesquels sont intercalés des arbres et des pointes de lance. Au second niveau, se trouve un serpent à plumes sculpté.
Bains
de Vapeur ou Temazcal
On passe un portique à quatre colonnes pour entrer par une
petite porte à la salle de vapeur où se trouvent des
banquettes scellées aux murs; au fond existe toujours le
four dans lequel on chauffait les pierres sur lesquelles on jetait
de l'eau ainsi que de la fumée et de la vapeur.
Le
marché
Bien que son aspect le laisse supposer, il n'est toutefois pas
certain que ce lieu ait servi de marché. La salle principale
consistait en une galerie avec de hauts murs dans la partie arrière,
des colonnes et des piliers devant et sur les côtés;
un banc de pierre court le long des murs et près de l'entrée
se trouvait un autel décoré de figures humaines à
sa base de serpents à plumes sur sa corniche. L'entrée
était ornée de piliers avec des personnages sculptés;
derrière la galerie, les colonnes formaient un patio rectangulaire
et soutenaient certainement un toit de poutres et de feuilles de
palmes.
Le Groupe des Mille Colonnes (derrière et à côté du Temple des Guerriers)
Il est constitué d'un grand nombre de piliers et de colonnes,
bon nombre d'entre eux magnifiquement sculptés entourant
une place carrée de grande dimension. Les colonnes et leurs
chapiteaux soutenaient des poutres sur lesquelles s'appuyaient des
voûtes en maçonnerie. Des noms ont été
donnés aux colonnes selon leur localisation : on parle ainsi
des Colonnades Nord, Nord-Est, Est, Sud-Est, Ouest et Nord-Ouest.
Le haut-relief du Groupe des Milles Colonnes :
Le Groupe des Milles Colonnes se trouve dans la zone maya-toltèque
du site archéologique et un grand nombre des colonnes et
piliers qui le composent présentent de très belles
sculptures aux motifs variés. On peut y voir un haut-relief
avec un personnage richement paré d'un panache de plumes,
d'oreillons et d'un anneau nasal, bel exemple de la somptuosité
de l'habillement des gouvernants et des prêtres. La classe
supérieure portait également des vestes de coton ornées
de plumes, des sandales et des bijoux de sade, d'obsidienne, de
coquillages et de peaux de jaguar.
Il est probable que les colonnes aient été recouvertes de stuc et de peintures de couleurs différentes. En outre, elles soutenaient une frise de masques de Chaac et de boucliers de forme ronde. On compte 16 colonnes par rangée, sauf la première qui en possède seulement 15, le tout sur une surface de 50 m.
Actuellement leur hauteur est d'environ trois mètres, ce qui représente également la distance qui sépare chaque colonne de sa voisine. La plus ancienne des colonnades semble se trouver dans la section ouest, qui est aussi une des plus étendues : les colonnes se succèdent sur une distance de 129 mètres. Ces dernières, de forme cylindrique et dépourvues de chapiteau, sont divisées en quatre files, qui, ont du, dans le passé, supporter des voûtes relativement basses.

La
plate-forme des Jaguars et des Aigles

De forme carrée, la plate-forme est équipée sur chacun de ses côtés,
d'un escalier se terminant par une grande tête de serpent à
plumes. Les murs sont décorés de panneaux avec des
bas-reliefs représentant des aigles ou des jaguars en train
de dévorer des coeurs humains tandis que la corniche supérieure
est ornée de guerriers couchés. Elle est située à côté de la plate-forme de Vénus.

Le mur des Crânes (tzompantli)
Le culte de la vie par la mort se retrouve sur les murs de cette
plate-forme couverte de têtes de morts, représentation
en pierre des monuments élaborés avec des crânes
humains enfilés sur des pieux (tzompantli).
Sans doute était-ce ici le lieu où l'on exposait au
public les têtes des victimes sacrifiés. Sur un mur
en talus repose un panneau encadré de deux corniches; celle
du haut est décorée de crânes en bas-reliefs
fichés sur des pieux; les corniches sont surmontées
de serpents, d'aigles en train de manger des coeurs, de guerriers
et de serpents à plumes, où l'on voit l'influence
du centre du Mexique. Il a été probablement érigé durant la domination des Cocomes, plus particulièrement de leurs capitaines mercenaires, originaires du Haut Plateau, lors de la seconde période guerrière de la cité. Le tzompantli possède une structure en "T". il est orné à la base de trois panneaux représentant des squelettes, séparés par des moulures. Au total, on a recensé plus de 500 squelettes sculptés en haut-relief.
Les mésoaméricains exposaient parfois les têtes
coupées de leurs ennemis. La représentation en pierre
de cette pratique se nomme tzompantli.

Le Temple des Jaguars
Accessible par le côté-est du Jeu de Balle et tout
près du Mur des Crânes, ce petit temple forme une espèce
de tribune d'où les princes Itzá devaient, sans doute,
suivre le jeu. Il tient son nom d'une frise de jaguar très
décorative. A chaque angle, on voit clairement un jaguar
(la nuit) et un aigle (le jour) dévorant un coeur humain,
symbolisant ainsi l'offrande au soleil.
La plate-forme Est du Jeu de Balle a été coupée
pour permettre la construction d'un soubassement auquel on accède
par un escalier étroit; de là, on arrive au temple
par un petit escalier dont les rampes sont ornées de bas-reliefs
sur le thème de Kukulcán. Le temple comporte un vestibule
et une salle avec un autel; sur les murs, on voit des restes de
peintures, parmi lesquelles une des batailles des Itzás.

Le panneau supérieur comporte deux serpents à plume
aux queux entrelacées, avec, au milieu les jaguars qui ont
donné son nom au temple; ils marchent en sens opposé
en direction de trois boucliers, symboles de la guerre; sur la frise
inférieure on remarque des serpents entrelacés.

La partie arrière du Temple des Jaguars
qui donne sur le mur des crânes, forme une seule salle enjolivée de très
beaux éléments décoratifs. Les piliers délimitent
trois entrées; dans celle du milieu se dresse un trône
en pierre en forme de jaguar, animal symbolisant le pouvoir des
dirigeants mayas. On accède par trois entrées délimitées
par deux grandes colonnes représentant d'énormes serpents,
disposées de sorte que les queues servent de base; des guerriers
forment la décoration des linteaux et des jambages.

Le Jeu de Balle ou
Jeu de Pelote
L'ensemble du Jeu de Balle se situe autour de la piste bordée
de deux murs parallèles de 95 mètres de longueur équipés d'anneaux (tachtli) caractéristiques. Appelé tachtli par les Náhuas
et Pok-Ta-Pok par les Mayas, c'était en vérité
un curieux mélange de basket-ball et de hockey; deux équipes
s'affrontaient sur le terrain; le but du jeu était d'envoyer
une solide balle de "chiclé" au travers d'un anneau
scellé de chaque côté au milieu de la muraille.
Les joueurs ne pouvaient toucher la balle qu'avec la tête,
les coudes, les hanches et les genoux. Le jeu avait une signification
sacrée en rapport sans doute avec le soleil. L'équipe
perdante (ou gagnante ?) était sacrifiée aux dieux.
Une frise au bas d'un des murs paraît expliquer le sens de
cette cérémonie que les Conquistadors découvrirent à leur arrivée à Mexico-Tenochtitlán et qui est citée dans le Popol Vuh, le livre sacré
des Quichés. Un des joueurs vient, après la
partie, de décapiter un joueur de l'équipe adverse
: il tient encore son couteau de silex dans la main et la tête
de la victime dans l'autre. Les flots de sang qui jaillissent du
corps décapité prennent la forme de serpents dont
l'un se transforme en plantes couvertes de fleurs et de fruits.
De la mort jaillit la vie.
Les dimensions de ce véritable stade sont impressionnantes
: 168 mètres de long sur 70 de large, incluant les deux temples situés au nord et au sud. C'est le plus grand tlachtli de toute la Méso-Amérique. Les murs bas sont décorés de motifs probablement originaires de la côte du Golfe.

Ces anneaux-buts étaient ornés de motifs s'inspirant
des divinités protectrices ainsi que de la symbolique astrale
et mythologique de ce jeu. L'anneau de pierre du terrain de jeu
de Chichén Itzá est décoré de serpents
à plumes représentant Kukulcán-Quetzalcóatl,
divinité de première importance dans la région
des habitants de ces lieux.
.
Le
Temple Nord ou Temple de l'homme barbu

Cet édifice est situé dans la partie nord du mur du
Jeu de Balle. Il ne comporte qu'une seule pièce en plafond voûté abondamment décorée
de bas-reliefs d'arbres, représentant en particulier Kukulcán sur le plafond,
des guerriers à ses côtés et accompagné
de treize personnages. Sur le mur du fond, est sculptée une
curieuse tête d'un homme barbu.
Ce temple doit son nom à l'étrange personnage barbu qui préside la scène. Le temple repose sur trois niveaux échelonnés qui eux-mêmes, sont posés sur une plate-forme de 14 m de longueur sur huit de largeur incluant l'escalier.
Le
Temple Sud
Situé à l'extrémité sud du Jeu de Balle,
il comporte une seule pièce, sans décoration sur sa
façade, une corniche avec moulures et frise et à l'entrée
six piliers sculptés de guerriers avec, au-dessus d'eux,
les hiéroglyphes de leurs noms. Sur les panneaux intérieurs,
Kukulcán est représenté sortant de la gueule
d'un serpent à plumes.
L'Ossuaire ou Tombre du Grand Prêtre
Bien qu'ils soient de l'autre côté de la route, dans
le Vieux Chichén, un certain nombre de bâtiments appartiennent
également à l'époque toltèque. Certains
sont d'un grand intérêt et il ne faut absolument pas
négliger cette partie de la ville lors de votre visite. La
première pyramide qui se présente est la Tombe du
Grand Prêtre appelée aussi l'Ossuaire.
Cette structure, qui mesure dix mètres de haut, est composée de neuf terrasses échelonnées se superposant.
C'est une petite
pyramide remise en état récemment dans laquelle on
a découvert sept tombes contenant des offrandes : poteries, coquillages,
grelots et figurines de cristal de roche et de jade. Les grands
serpents et la décoration en partie reconstituée,
de ses pans inclinés appartiennent au style toltèque,
de même que les autels alignés devant l'escalier principal.
Celui de pan carré paraît l'ébauche de la plate-forme
de Vénus sur la grande place. Dans les murs sont encastrées
des pierres formant des marches qui permettaient d'atteindre une
grotte naturelle, symbolisant le passage au monde des morts.
A l'origine, la structure faisait partie d'un complexe monumental qui communiquait avec le Cénote Xtoloc.

La
Maison du Cerf
Elle a reçu ce nom, car, selon la tradition, il y avait sur
l'un des murs intérieurs une peinture de cerf. C'est un petit
temple à trois chambres, érigé sur une plate-forme
aux angles arrondis, auquel on accède par un escalier central.
La façade et la frise sont lisses, séparées
par des moulures composées et surmontées d'une grande
"cresteria" (crête faîtière) très
endommagée, sans aucun ornement.
La
Maison Rouge ("Casa Colorada" ou Chichanchob)
C'est la construction suivante, en pur style Puuc, avec des masques
de Chac au-dessus des portes. A l'arrière son soubassement
servait de tribune à un petit jeu de Pelote dont seules quelques
pierres sculptées trahissent la présence. Ce temple
domine encore quelques structures plus ou moins en ruine,
dont au nord, la maison du cerf. On l'appelle également la
Maison Rouge du fait de la présence d'une bande de couleur
rouge sur le parement du portique. Cet édifice est le plus grand et le mieux conservé des quatre édifices qui entourent la place ou esplanade principale du Groupe Central. ll est prolongé par un vestibule, auquel on accède par trois entrées. Il dispose aussi de quatre pièces situées au fond. La façade, d'une grande simplicité, est composée de murs lisses et n'a, pour décoration que deux moulures et deux crêtes dans sa partie supérieure. La plus ancienne de ces moulures est située dans la partie centrale, la seconde fut construite postérieurement, et expose des masques du Dieu Chaac.
L'Observatoire
(El Caracol)
Cette
curieuse construction, bâtie sur une plate-forme rectangulaire,
est le résultat de superpositions successives dont la dernière,
circulaire, est contemporaine de l'arrivée des influences
des hauts plateaux mexicains. Les fenêtres situées
au sommet permettaient l'observation des astres, et ce grâce
à leurs orientations très précises. En passant
par la droite, vous rencontrerez le plan cruciforme d'un bain rituel
(temazcal).
Egalement connu sous le nom de El Caracol (l'escargot), cet édifice appartient à la période
de transition entre les années 900 et 1000. Il est tout d'abord
constitué d'une plate-forme rectangulaire d'un seul tenant
avec un mur en talus surmonté d'une corniche à angles
arrondis de 6 mètres de haut; du nord au sud, cette plateforme
mesure 67 mètres et 52 mètres de l'est à l'ouest;
On y monte par un escalier dont les rampes sont décorées
de serpents entrelacés.
Sur ce terre-plein a été construit une base circulaire
de 11 mètres de diamètre et de 3,70 mètres
de haut ornée de corniches avec moulures et de mascarons
représentant le dieu Chaac; cette base sert d'appui à
un autre édifice circulaire de 16 mètres de diamètre
et de 5 mètres de haut avec banquette en talus, moulure saillante
et un mur rehaussé d'une autre moulure. En face on trouve
une terrasse de 20 mètres de long et de 6,5 mètres
de large et un mur avec moulure; cet ensemble a été
ensuite recouvert d'une autre terrasse entourée de porte-encens
de pierre en forme de crânes humains; sur les terrasses se
dresse la construction cylindrique qui constitue la salle d'observation.
En examinant la tour, qui monte à partir du premier soubassement,
on peut constater qu'à l'origine la construction n'était
constituée que d'une structure élémentaire
dans laquelle se trouve l'escalier en colimaçon (caracol)
qui donne son nom à l'édifice. L'escalier conduisait
à la salle d'observation; ensuite, avec l'édification
des deux autres soubassements, une salle est venue s'ajouter au
noyau initial puis est apparue la terrasse qui encercle la tour.
L'escalier en colimaçon mène à l'observatoire,
une petite pièce comportant des meurtrières de visée
à partir desquelles se réalisait l'observation des
astres.
Les astronomes mayas ont été capables de définir
la position des différents corps célestes et se consacraient
à l'observation de leurs mouvements. Sur la base de calculs
astronomiques et mathématiques très précis,
ils ont mis au point un calendrier solaire, Haab, de 365
jours, divisé en 18 mois de 20 jours plus 5 jours "supplémentaires"
et un calendrier rituel, Tzolkin, qui déterminait
la vie de la population et le destin des hommes; il y avait en fait
une utilisation combinée de ces deux calendriers; parmi leurs
tâches, figurait également la recherche de l'harmonie
de L'Univers en perpétuel mouvement et de la répétition
de ses cycles dans le temps.

La Tour de l'Observatoire : il s'agit d'une salle circulaire percée
de meurtrières de visée à partir desquelles
les astronomes mayas étudiaient les phénomènes
célestes. Leurs connaissances astronomiques telles que la
détermination des cycles du soleil, de la lune et de Vénus,
le calcul des éclipses solaires et le déplacement
des constellations, en particulier des Pléiades, appelées
Tzab, ont été obtenues à l'aide d'instruments
rudimentaires utilisés à partir de constructions spécifiques,
comme le "Caracol". L'astronomie était liée
à la conception du monde des Mayas qui considéraient
le cosmos comme le champ d'action des forces sacrées et les
astres, des dieux dont dépendait la vie de l'homme.
Le Temple des Panneaux Sculptés
Un peu après, on poursuit vers le
Temple des Panneaux Sculptés célèbrant
à merveille les épousailles des architectures maya
et toltèque. Les parois latérales montrent en coupe
comment la voûte à encorbellement, se libérant
du mur-parapluie, reposait sur des piliers qui agrandissaient considérablement
l'espace intérieur. On y célébrait des rituels
liés à l'élément feu. Ce temple a été
construit en deux étapes: tout d'abord, sur un soubassement,
a été édifié le temple comportant un
portique à trois entrées, deux colonnes serpentiformes
et une salle avec une banquette; une autre salle a été
ajoutée ultérieurement à laquelle on accède
par un portique à quatre colonnes; en son intérieur,
se dresse une double file de colonne et un banc court le long de
trois de ses murs.
Un premier escalier a été détruit
pour être remplacé par un autre qui passe par le toit
pour arriver au temple. Sur les murs extérieurs de la construction
réalisée durant la seconde étape, on peut voir
des panneaux remarquablement exécutés qui ont donné
son nom au temple. Ils sont composés de trois files de bas-reliefs
comportant différents motifs, parmi lesquels : des guerriers,
des dieux, des oiseaux, des serpents, des singes, des jaguars, des
arbres et une hutte avec trois personnages.
Edifice des Nonnes incluant l'annexe et l'église
A une centaine de mètres de là s'élève
un groupe de bâtiments appelés le Palais des
Nonnes avec l'annexe et l'église, bien qu'ils n'aient
eu, encore une fois, aucun rapport avec le symbolisme religieux
chrétien. C'est ici le style Chénès le plus
pur qui règne, avec l'omniprésence du Masque de Chaac entouré de motifs baroques. Cet ensemble architectural est constitué de plusieurs structures superposées dont les caractéristiques remontent à la première période de splendeur de la cité. C'est, en outre, un complexe de la forme d'un quadrilatère avec deux annexes, et du sommet duquel on peut apercevoir deux temples.
Un large escalier conduit à l'esplanade supérieure.
Dénommée Maison ou Palais des Nonnes, probablement en raison de la grande quantité de pièces ressemblant à des cellules, cette construction pouvait être destinée aux exhortations et aux offrandes dédiées aux dieux de la pluie, divinités qui précédèrent l'arrivée du puissant Kukulcán.
L'église doit son nom à sa proximité avec l'Edifice
des Nonnes; sa construction remonte aux VIIe et VIIIe siècles,
à l'époque où fleurissaient le style Puuc.
L'intérieur comporte une salle voûtée, de forme
rectangulaire, avec une porte sur la face ouest. La décoration,
basée sur la symétrie, est essentiellement réalisée
en mosaïques de pierre. La frise comporte trois mascarons de Chaac, le dieu de la pluie, disposés au centre et
à chacune des extrémités, les plus remarquables
sont les mascarons desquels se détachent les nez stylisés
en forme de trompe, dans le typique style de représentation
de cette divinité.
Entre ces masques sont disposés, par groupes de deux et à
l'intérieur de niches, des personnages que l'on pense être
les quatre bacabs ou dieux "porteurs du ciel"
qui sont ici représentés par le tatou, l'escargot,
la tortue et le crabe, se distinguant les uns des autres par la
position qu'ils occupent sur les quatre points cardinaux.
Sur toute la partie supérieure de la façade se déroule
un décor en forme de serpent; sur le haut de la "cresteria",
trois mascarons de Chaac font saillie tandis que dans sa
partie inférieure s'étend une frise bordée
de grecques échelonnées que l'on peut voir également
au départ de la crête faitière.
Sur les côtés de l'édifice et sur la partie
postérieure, les motifs décoratifs : grecques, mascarons
et une frange dentée sur la corniche, sont beaucoup plus
simples, comparés à la richesse de l'ornementation
de la façade.
L'annexe du Palais des Nonnes

C'est un édifice parmi les plus beaux et les plus harmonieux
du style Chénès de Chichén Itzá; il
est de plan rectangulaire, comporte trois galeries parallèles
de trois chambres chacune, plus deux salles ajoutées ultérieurement
donnant à l'est et à l'ouest. Les faces nord et sud
sont décorées de panneaux en forme de jalousies et
les angles de la façade se terminent par des mascarons de Chaac; sur la frise, entourée de moulures, se trouvent
également des mascarons. Les deux moulures supérieures
font tout le tour de l'édifice, enserrant un bas-relief en
pierre d'un serpent en reptation.
La façade orientale présente un grand nombre d'éléments
décoratifs, parmi lesquels ressortent les mascarons et les
têtes aux nez recourbés (symboles du dieu de la pluie);
elles sont placées de telle façon autour de la porte
que l'on a l'impression
d'entrer par une gueule ouverte munie de
crocs, ce qui pourrait faire penser au passage dans le monde des
dieux.

Les façades nord et sud de l'annexe comportent des moulures surmontées
de motifs allégoriques en relation avec la queue du serpent
à sonnettes; ils paraissent avoir été ajoutés
bien après la construction de cet édifice. Le linteau
situé au-dessus de la porte présente une inscription
hiéroglyphique interprétée comme la représentation
de l'année 800 de notre ère.
L'édifice se termine par une moulure avec corniche qui, semble-t'il,
était autrefois surmontée, sur la façade principale,
d'une "cresteria", ainsi que l'on peut s'en rendre compte
sur un dessin d'après nature exécuté par l'artiste
anglais Frederik Cayherwood lorsqu'il a visité Chichén
Itzá au milieu du siècle dernier.

Médaillon de la façade de l'Annexe du Palais des Nonnes :
Les
personnages importants de la classe gouvernementale utilisaient,
comme ornement et comme marque de leur pouvoir, des coiffures compliquées
faites des plumes de différents oiseaux, provenant en particulier
de la queue du quetzal qui vit dans les forêts tropicales
du sud de l'Etat de Chiapas et du Guatemala. La splendeur de la
coiffure dénote l'importance du personnage assis qui orne
la partie supérieure de l'entrée de l'édifice.
Le médaillon est totalement encadré de grecques et
de mascarons.

Chichén Viejo (Vieux Chichén)
Le
Temple de la Série Initiale
C'est un ensemble de temples appelés "Grupo de la Fecha";
le plus important est celui de la Série Initiale où
l'on trouve la seule inscription hiéroglyphique de l'Ancien
Chichén portant une date complète; on y lit : 10.2.9.1.9
Muluc 7 Zac, ainsi que : 10.2.10.0.0., 2 Ahau, correspondant à
l'année 879 après J.-C., époque du maya classique. Elle
est inscrite sur un linteau posé sur deux colonnes monumentales
de type "atlantes". Généralement,
les inscriptions mayas débutent par ce que l'on appelle le
compte long ou série initiale qui sert à indiquer
les baktums (cycle de plus ou moins 400 ans), les katunes (20 tunes),
les tunes (années), les vinales (20 kines) et les kines (jours).
Le
Temple des Atlantes
Il s'agit d'une petite construction dont l'entrée était
entourée d'atlantes qui en constituaient le décor
principal; une partie de leur habillement consistait en pectoraux,
bracelets, ceinturons et protège-nez; tous ces éléments
qu'ils utilisaient pour indiquer leur profession et leur rang permettaient
de les identifier comme des guerriers. La façon dont avaient
été disposés leurs bras et leurs mains laissent
penser que ces atlantes avaient pour fonction de supporter la base
du toit. Ce type de sculpture est la manifestation, dans le domaine
artistique et culturel, de l'influence toltèque du centre
du Mexique qui s'est peu à peu intégrée
à la culture maya.
Le
Temple des Hiboux
Situé au milieu de la végétation dans la zone
de l'ancien Chichén, il n'en reste que quelques piliers ornés
de remarquables bas-reliefs représentant ces oiseaux qui,
peut-être, ont pu être pris comme symboles de la nuit
ou comme les augures de la mort ou du malheur. Il est possible que
l'utilisation du hibou comme élément décoratif
dans la Péninsule soit due aux envahisseurs toltèques;
les Mayas utilisaient habituellement d'autres oiseaux dans la décoration,
soit représentés de façon réaliste,
soit combinés avec des traits humains pour créer ainsi
que des êtres fantastiques et mythologiques.
Le
Temple des Trois Linteaux
De plan rectangulaire, ce temple est composé de trois chambres
dont les portes sont surmontées de linteaux sculptés;
sur l'un d'eux la date de l'année 850 après J.-C. est inscrite.
La partie supérieure de la façade est ornée
d'un serpent en reptation, de rangées de colonnettes et de
mascarons de Chaac aux deux angles. Le décor de
la partie arrière est constitué de panneaux en forme
de jalousies et de colonnettes.
Pour compléter la visite, il faut encore signaler la Akab
Dzib, la maison du Glyphe Mystérieux, ornée
d'inscriptions qui n'ont pu être déchiffrées
sur le linteau qui surmonte la porte principale, au sud. Cette structure
est constituée de deux chambres ainsi que de deux édifices
composés de huit galeries recouvertes de voûtes mayas,
ces galeries se rejoignent au nord et au sud. La façade,
surmontée d'une "cresteria", est ornée de
grecques géométriques; la porte S est surmontée d'un linteau en pierre sur lequel est sculpté
un prêtre entouré de hiérogkyphes qui n'ont
pas encore été déchiffrés, d'où
le nom akab-dzib, "écriture obscure".
Au total, la Akab Dzib mesure 54 m de longueur sur 16 de largeur et 6 m de hauteur. Les Mayas antiques laissèrent des empreintes de leurs mains de couleur rouge à l'intérieur de certaines pièces orientées à l'ouest symbolisant Kabul ("la main céleste et créatrice"), dieu maya de la voûte céleste.
Cet édifice est situé à l'est du Cénote de Xtoloc.
Non loin de là s'ouvre le petit cenote de Xtoloc, entièrement naturel qui n'eut
pas la fonction sacrificielle de son grand collègue du "Nouveau
Chichén".
Le site est ouvert tlj 8h à 17h,
tarif d'entrée de $166 avec spectacle Son et Lumière
inclus (19h, nov-mar ou 20h, avr-oct - durée 45 mn). Uniquement pour le spectacle du soir : $69 pour les étrangers et $44 pour les nationaux. Le spectacle du soir et le lendemain : 115$. En revenant le lendemain matin, vous ne paierez que la différence soit $51. Le total reste 166$ malgré les différentes combinaisons sauf si vous venez seulement pour le spectacle "Son et Lumière". Ce dernier est décevant car peu de jeu de lumières. On reste sur sa "faim".
Chichén Itzá est situé à 45 mn de Valladolid.
Compte tenu du
nombre de touristes, il est vivement conseillé de faire l'ouverture
le matin.

Peu d'intérêt à voir en mars 2011.... Où sont passées les Lumières ?
Ce site est inscrit au Patrimoine culturel mondial de l'Unesco
depuis 1988 : 
La pyramide de Kukulcán fait partie des sept nouvelles merveilles du monde parmi 21 sites
des cinq continents en prenant compte du vote des millions d'internautes.
Afficher
la sélection de photos sur le site de Chichén Itzá
Voir la carte virtuelle créée par l'INAH : www.inah.gob.mx/paseos/chichen/
Pour vous y rendre : accessible facilement de Mérida, Valladolid, Cancún, Tulum et Playa
del Carmen, directement à l'entrée principale
du site. Pour le retour, possibilité d'achat des billets
avec la compagnie ADO au bureau de Ticket Bus situé dans la Librairie située dans le hall
d'accueil du site. Bus de la compagnie Oriente font également les trajets pour Valladolid, Cancun et Mérida (arrêts plus fréquents dans les villages donc plus
lents). Exemple de prix (2011) : Cancun-Chichén : $114 avec Oriente en seconde classe (4h30 de trajet).
Distributeurs automatiques et bureaux de change disponibles dans
le Hall de l'hôtel Mayaland (entrée sud du site). Consignes de bagages, petite restauration, café, boissons, un distributeur automatique et plusieurs magasins d'artisanat sont disponibles dans le Hall.
D'autres magasins sont ouverts à l'entrée, juste à l'extérieur du site (nord ou sud).
On vous encourage à acheter l'artisanat vendu dans le site.
On a été surpris quant au prix et à la qualité
de leur travail ! Beaucoup de stands à l'intérieur du site.



Plan de l'état du Yucatán : 
Localiser
Chichén Itzá et ses points d'intérêt
sur notre carte interactive
Voir les hébergements de Chichén Itzá
Ek'Balam, " Jaguar noir"
Cette grande cité de 12 km2 fut fondée, semble t'il,
par le seigneur Ek'Balam qui y régna durant
40 ans. Les majestueuses constructions qui datent de la Période
Classique Tardive (900 après J.C.) furent construites
sur deux places principales - Nord et Sud - dans une aire centrale
entourée de trois murailles défensives (à l'époque trois) avec cinq entrées qui étaient le point de départ ou d'arrivée de cinq sacbés "sak be'oob" ou chemins anciens.
Ek'Balam, qui signifie "jaguar noir" en langue maya, fut le centre le plus important de la partie orientale du Yucatán. Il connut son apogée entre 700 et 1200 après J.-C.
Grâce aux travaux d'exploration et de restauration entrepris
en 1994 par l'Institut National d'Anthropologie et d'Histoire (INAH),
des pièces surprenantes furent mises à jour. La riche
décoration en pierre taillée ou stuc modelé
et polychrome se caractérise par son style unique. L'architecture
monumentale, les stèles, le réseau de chemins et les
textes glyphiques témoignent qu'Ek'Balam fut une riche capitale
qui contrôlait une région très peuplée.
En entrant par le sud et après avoir contourné un Jeu de Balle, vous arrivez sur la place
sud entourée de deux pyramides
jumelles côte à côte appelées "Gemelas"
et le Palais ovale (Palacio Oval).
Quelques stèles à l'effigie d'un souverrain ont été
relevées sur une petite plate-forme, et d'autres complètent
ce lieu de résidence de l'élite. A l'intérieur des structures du Jeu de Balle, on trouva une offrande de 90 poteries contenant de petites balles de pierre brulée ainsi qu'une frise recouverte de stuc moulé et peint qui représente un personnage assis sur un trône, soutenant un oiseau dans sa main. Ces bâtiments sont entourés par deux murailles concentriques.
La
grande surprise et qui est récente (1999), est la découverte
lors de fouilles, sur la place nord, de l'Acropole,
immense structure à étages superposées, l'un sur l'autre de 160
m de long, 60 m de large et 31 m de haut. Un nombre important de
pièces, voûtes, passages sur différents niveaux sont reliées
par des escaliers, semblables aux passages secrets des châteaux
de l'Europe médiévale. A mi-hauteur est apparue la façade entière d'un temple, dont
la décoration s'apparente beaucoup plus à la sculpture
flamboyante de Copán qu'au style postclassique de sa voisine
Chichén Itzá. Sur fond de mascarons, des personnages
modelés en stuc arborant des panaches de plumes dans le dos,
et apparaissent comme des anges. Au-dessus de la porte en forme
de gueule de jaguar, un autre est assis jambes pendantes sur le
rebord d'une corniche.
Au pied de l'escalier central, des têtes de serpent-dragon
(serpents hiéroglyphiques) tirent une langue bifide où apparaît le glyphe emblème
d'Ek'Balam, cité dont on découvrira avec le temps,
l'importance parmi les royaumes du Nord. Les "glyphes emblèmes" étaient des titres royaux qui identifaient une personne comme un "roi divin" gouvernant un Etat.
La vue est imprennable
du sommet !
Ce
site encore peu fréquenté, ouvert au public est en
cours de restauration pour de nombreuses années. Il se trouve
à 27 km de Valladolid - trés beau site - Ouvert tljrs 8h à 17h, tarif
d'entrée de $89 pour les étrangers et 64$ pour les nationaux.
Plan des sites archéologiques : Dzibilchaltun
et Ek'Balam : 
Afficher
la sélection de photos sur le site d'Ek'Balam
Pour vous y rendre :
Prendre un combi (40$) qui part de la calle 44, angle 35 et 37 de Valladolid à destination du site.
Localiser
Ek'Balam et ses points d'intérêt sur notre carte interactive
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Cités et ruines américaines Mitla, Palenqué, Izamal, Chichen-Itza, Uxmal
par: Eugène-Emmanuel Viollet-le-Duc
Ce livre est une ?uvre du domaine public éditée au format numérique par une communauté de bénévoles. L?achat de l?édition Kindle inclut le téléchargement via un réseau sans fil sur votre liseuse et vos applications de lecture Kindle.
&
Gravure bois imprimee sur papier representant bas-reliefs des Tigres, faisa
par: Guiaud
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THE TEMPLE OF THE WARRIORS, The Adventure of Exploring and Restoring a Mast
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Bride of the Rain God: Princess of Chichen-Itza, the Sacred City of the May
par: T. A. Willard
&
Chichen Itza ou le chant du cygne de la civilisation Maya
&
Le maître de Chichen Itza
par: Vincent Chabot
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Gravure bois imprimee sur papier representant façade principale du Palais
par: Guiaud
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Chichen Itza ou le chant du cygne de la civilisation Maya
par: Annequin Guy
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Cités Et Ruines Américaines: Mitla, Palenqué, Izamal, Chichen-Itza
par: Désiré Charnay
This book, "Cités Et Ruines Américaines: Mitla, Palenqué, Izamal, Chichen-Itza, Uxmal (French Edition)", by Désiré Charnay, is a replication. It has been restored by human beings, page by page, so that you may enjoy it in a form as close to the original as possible. This book was crea
&
ARCHEOLOGIA - 1968 n°022: les Maya à Paris: apogée d'une civilisation; a
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