Le Mexique
 
 
 
Chichén Itzá et Ek'Balam
 Page mise à jour le 01.07.2008
 

 

CHICHÉN ITZÁ

Site archéologique situé dans l'état du Yucatán à 120 km de Mérida sur la route Mérida-Cancun.
Cette ville sacrée était l'un des plus grands centres mayas de la péninsule du Yucatán. Tout le long de son histoire, qui s'étend sur presque mille ans, la ville fut embellie grâce à la contribution de différents peuples. Mayas, Toltèques et Iztáes ont laissé sur la pierre des monuments et des oeuvres artistiques, l'empreinte de leur vision du monde et de l'univers.
montée sur "El Castillo"Chichén Itzá veut dire "la bouche du puits des Itzás". Cet important centre cérémonial conjugue grandeur et nature. Selon le livre sacré du Chilam Balaum, ce puits aurait été découvert au Vème siècle de notre ère par les Itzás qui l'auraient abandonné deux siècles plus tard. Cette tribu émigra vers la région de Champotón d'où elle revint, deux siècles et demis plus tard, influencée ou plus exactement accompagnée par les Toltèques pour s'y établir à la fin du IXème siècle.
Ces groupes guerriers établirent une ligue entre les chefs des principales familles, les Xius de Uxmal, les Cocoms de Mayapán et les Itzás de Chichén Itzá. Mais ces derniers, trahis par les Cocoms, émigrèrent à nouveau vers le Petén du Guatemala, où ils formèrent à Tayasal, l'actuelle Flores, un Empire indépendant qui résista aux assauts des Espagnols jusqu'en 1697.
Pendant la conquête espagnole, Francisco de Montejo tenta de s'y établir, mais il fut expulsé de Chichén Itzá par les Mayas commandés par Canek.
L'endroit dut être habité plus tôt, mais ce n'est que pendant la période classique, du VII au Xème siècles que l'on édifia les premiers ensembles de pierre, tels ceux connus sous le nom de Palais des Nonnes et son annexe l'église, l'Akak Dzib, le Chichan-chob, la Casa del Venado (maison du cerf) et le temple des Panneaux. Ces constructions, contemporaines de celles d'Uxmal, par exemple, leur sont très ressemblantes.

Photo de gauche : montée sur "El Castillo"

Pendant l'occupation toltèque, de nouveaux monuments furent édifiés, en particulier la pyramide connue sous le nom d'El Castillo, le temple des Mille Colonnes incluant le temple des Guerriers, le Jeu de Balle et les temples annexes, ainsi que le Tzompantli (le mur des crânes), la plate-forme de Vénus, etc..
Après son abandon, Chichén Itzá conserva son caractère sacré et des pèlerinages étaient organisés dans l'ensemble du Yucatán et des provinces voisines pour visiter le puits sacré "dzonot" en maya (cenote dans le langage populaire), et y faire des sacrifices.

La ville sacrée

Chacmool au pied d'El CastilloChichén Itzá, contrairement à la majorité des sites, ne possède pas de plan d'ensemble. Il est composé de plusieurs unités qui, sur une surface de plus de 5 km2, communiquent entre elles par des chaussées ou "sacbé", sacbeob au pluriel, (chemin pavé ou "blanc"). L'unité dominante est celle des Toltèques, entourée d'une enceinte peu élevée percée de plusieurs entrées. Les constructions réunissent les caractèristiques de l'architecture toltèque : portiques à colonnes, galeries, piliers, colonnes en forme de serpent, sculptures de Chac Mool, sculptures anthropomorphes de type "atlantes", porte-drapeaux, jaguars et aigles en ronde-bosse, tzompantli ou mur des crânes et représentations de Quetzalcóatl, baptisé Kukulcán en maya.

Photo de droite : Chac mool au pied d'El Castillo

Le chac-mool était un intermédiaire entre l'homme et les dieux. Notez la coupelle destinée à recevoir les sacrifices.

Le tzompantli est une construction en bois avec 4 rangées de crânes empalés.
Les Toltèques adorateurs de ce dieu, l'imposèrent aux populations dominées, de même que les rites sanguinaires du sacrifice humain qui contraignaient à la guerre perpétuelle pour la capture des victimes. Leur influence atteignit bientôt la côte des Caraïbes.
Chichén Itzá est considérée par certains comme la "nouvelle Tula", ou même la "grande Tula".

Le puits sacré (cenote sagrado)
Ce puits naturel d'environ 60 m de diamètre atteint une profondeur de plus de 300 m. Le niveau de l'eau est à 15 m du sol . Ce puits rituel a été fouillé par E.Thompson à la fin du XIXème siècle. La présence de nombreux ossements humains confirma les légendes et les récits de sacrifices humains. Il fut le coeur des activités religieuses du Monde Maya. D'innombrables trésors ont été récupérés, la plupart d'entre eux en provenance de lieux aussi éloignés que la Colombie et le sud-ouest des Etats-Unis !

Le Castillo (Kukulcán)
El CastilloCette pyramide de 60 m de côté et 30 m de haut est la construction la plus imposante. Son antiquité est difficile à calculer, mais les dates estimées par les experts le situent entre les années 650 et 800 de notre ère. Ses caractéristiques sont en rapport avec le calendrier solaire maya. Un escalier sur chaque face donne accès au temple construit au sommet. Chacun des escaliers se compose de 91 marches qui, au total, sont de 364. En ajoutant la plate-forme supérieure, on obtient le chiffre correspondant aux jours de l'année solaire. Sur chaque face de la pyramide existent 522 sections de tablero, le nombre d'années du "siècle", et les 9 étages, divisés en deux par l'escalier, donnent les 18 mois de l'année composés chacun de 20 jours. Les jours de l'équinoxe (21 mars-22 septembre), l'ombre projetée sur le bord de l'escalier représente le corps d'un serpent qui descend du sommet de la pyramide jusqu'au sol et se prolonge vers les têtes sculptées posées sur le sol. C'est le jour de la "descente" de Quetzalcóatl. Au cours de la restauration, un escalier situé sous celui de l'extérieur, fut découvert, qui conduisait vers un autre temple recouvert par la construction visible actuellement. La pyramide fut bâtie en deux étapes. A l'intérieur, dans l'antichambre, on peut voir une sculpture de Chac Mool et une sculpture en forme de jaguar peint en rouge et tacheté d'incrustations de jade, les crocs en silex, les yeux en jade.

Suite à des accidents mortels, il n'est plus possible de monter au sommet.


Photo ci-dessus : El Castillo


Le temple des Guerriers

 Site de Chichén Itzá - belle vidéo sur le site, de plus de 6 minutes


Formant partie de l'ensemble des Mille Colonnes, le temple des Guerriers devait être réservé aux sacrifices humains, comme l'indique la pierre en forme de pyramide tronquée située devant l'autel, et qui servait à cet usage. Bâti sur une plate-forme à étage décorée d'aigles et de jaguars (soleil diurne et nocturne) dévorant des coeurs humains, un vaste temple, dont le toit soutenu par des piliers a disparu, laisse voir, à l'entrée, deux piliers en forme de serpents, la queue dressée, la tête sur le sol. Au fond, un autel dont la pierre est soutenue par des représentations humaines appelées "atlantes". Deux Chac Mool trônaient, l'un sur l'escalier, l'autre à l'entrée du temple.
Un second temple a été découvert sous ce dernier, plus ancien, dont les colonnes peintes ont conservé de leur éclat.


Le Jeu de Balle ou Jeu de Pelote
L'ensemble du Jeu de Balle se situe autour de la piste bordée de deux murs parallèles équipés d'anneaux (tachtli) caractéristiques. Appelé tachtli par les Náhuatls et Pok-Ta-Pok par les Mayas, c'était en vérité un curieux mélange de basket-ball et de hockey; deux équipes s'affrontaient sur le terrain; le but du jeu était d'envoyer une solide balle de "chiclé" au travers d'un anneau scellé de chaque côté au milieu de la muraille. Les joueurs ne pouvaient toucher la balle qu'avec la tête, les coudes, les hanches et les genoux. Le jeu avait une signification sacrée en rapport sans doute avec le soleil. jeu de balleL'équipe perdante (ou gagnante ?) était sacrifiée aux dieux. Une frise au bas d'un des murs paraît expliquer le sens de cette cérémonie que les Conquistadors découvrirent à leur arrivée à Mexico-Tenochtitlán et qui est citée dans le Popol Vuh, le livre sacré des Quichés.  Un des joueurs vient, après la partie, de décapiter un joueur de l'équipe adverse : il tient encore son couteau de silex dans la main et la tête de la victime dans l'autre. Les flots de sang qui jaillissent du corps décapité prennent la forme de serpents dont l'un se transforme en plantes couvertes de fleurs et de fruits. De la mort jaillit la vie. Les dimensions de ce véritable stade sont impressionnantes : 95 mètres de long sur 35 de large.

Photo de droite : Jeu de balle de Chichén


Dans le temple des Jaguars, qui domine le Jeu de Balle, les restes d'une peinture murale racontent la conquête de Chichén Itzá par les Toltèques.

Le Temple des Jaguars et des Aigles
Accessible par le côté est du Jeu de Balle et tout près du Mur des Crânes, ce petit temple forme une espèce de tribune d'où les princes Itzá devaient, sans doute, suivre le jeu. Il tient son nom d'une frise de jaguar très décorative. A chaque angle, on voit clairement un jaguar (la nuit) et un aigle (le jour) dévorant un coeur humain, symbolisant ainsi l'offrande au soleil.

Le mur des Crânes (tzompantli)
Le culte de la vie par la mort se retrouve sur les murs de cette plate-forme couverte de têtes de morts, représentation en pierre des monuments élaborés avec des crânes humains enfilés sur des pieux (tzompantli). Sans doute était-ce ici le lieu où l'on exposait au public les têtes des victimes.

tzompantliPhoto de gauche : mur des crânes

Les mésoaméricains exposaient parfois les têtes coupées de leurs ennemis. La représentation en pierre de cette pratique se nomme tzompantli.

La plate-forme de Vénus présente, sur chacun de ses côtés, des serpents emplumés et des symboles de Quetzalcóatl-Kukulcán. Aux angles, des glyphes du mois Pop par lequel commençait l'année et des symboles de Vénus, peut-être une réprésentation de la relation du calendrier solaire avec les cycles de Vénus.




Chichén Viejo
Bien qu'ils soient de l'autre côté de la route, dans le Vieux Chichén, un certain nombre de bâtiments appartiennent également à l'époque toltèque. Certains sont d'un grand intérêt et il ne faut absolument pas négliger cette partie de la ville lors de votre visite. La première pyramide qui se présente est la Tombe du Grand Prêtre appelé aussi l'Ossuaire. C'est une petite pyramide remise en état récemment qui contenait des ossements humains. Les grands serpents et la décoration en partie reconstituée, de ses pans inclinés appartiennent au style toltèque, de même que les autels alignés devant l'escalier principal. Celui de plan carré paraît l'ébauche de la plate-forme de Vénus sur la grande place.

La Maison Rouge (Casa Colorada ou Chichanchob) est la construction suivante, en pur style Puuc, avec des masques de Chac au-dessus des portes. A l'arrière son soubassement servait de tribune à un petit jeu de Pelote dont seules quelques pierres sculptées trahissent la présence. Ce temple domine encore quelques structures plus ou moins ruinées, dont au nord, la maison du cerf.

El CaracolToujours dans le vieux Chichén : l'Observatoire (Caracol)
Cette curieuse construction, bâtie sur une plate-forme rectangulaire, est le résultat de superpositions successives dont la dernière, circulaire, est contemporaine de l'arrivée des influences des hauts plateaux mexicains. Les fenêtres situées au sommet permettaient l'observation des astres, et ce grâce à leurs orientations très précises. En passant par la droite, vous rencontrerez le plan cruciforme d'un bain rituel (temazcal).

Photo de gauche : El Caracol

Un peu après, on poursuit vers le Temple des Panneaux célèbrant à merveille les épousailles des architectures maya et toltèque. Les parois latérales montrent en coupe comment la voûte à encorbellement, se libérant du mur-parapluie, reposait sur des piliers qui agrandissaient considérablement l'espace intérieur. On y célébrait des rituels liés à l'élément feu.

Palais des Nonnes

A une centaine de mètres de là s'élève un groupe de bâtiments appelés le Palais des Nonnes avec l'annexe et l'église, bien qu'ils n'aient eu, encore une fois, aucun rapport avec le symbolisme religieux chrétien. C'est ici le style Chénès le plus pur qui règne, avec l'omniprésence du Masque de Chac entouré de motifs baroques. Ce palais est à deux étages, juché sur un socle imposant flanqué d'un grand escalier, le tout en très mauvais état ! L'annexe, une aile plus récente rajoutée côté est, possède une façade spectaculaire avec un dignitaire assis, pieds et mains croisés. L'entrée symbolise une grande gueule ouverte entourée de dents ou de crocs ! Flirtant avec un de ses angles, l'église est un beau chef d'oeuvre du style puuc. De part et d'autre du masque central, les quatre personnages au buste zoomorphe, assis de profil sur des trônes, représentent sans doute les quatre bacabs, porteurs du monde terrestre. Deux d'entre eux, la tortue et l'escargot sont facilement identifiables.



Pour compléter la visite, il faut encore signaler la Akab Dzib, la maison du Glyphe Mystérieux, ornée d'inscriptions qui n'ont pu être déchiffrées sur le linteau qui surmonte la porte principale, au sud.

Non loin de là s'ouvre le petit cenote de Xtoloc, entièrement naturel qui n'eut pas la fonction sacrificielle de son grand collègue du "Nouveau Chichén".

Le site est ouvert tlj 8h à 17h, tarif d'entrée de $48 ou $98 avec spectacle son et lumière inclus (19h, nov-mar ou 20h, avr-oct - durée 60 mn). Il est situé à 45 mn de Valladolid. Compte tenu du nombre de touristes, il est vivement conseillé de faire l'ouverture le matin.

Ce site est inscrit au Patrimoine culturel mondial de l'Unesco depuis 1988 :

place des mille colonnes et temple des guerriers
La pyramide de Kukulcán fait partie des sept nouvelles merveilles du monde parmi 21 sites des cinq continents en prenant compte du vote des millions d'internautes.

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Photo de droite : place des mille colonnes et temple des guerriers
photo prise d'El Castillo

 


Pour vous y rendre : accessible facilement de Mérida, Valladolid, Cancun, Tulum et Playa del Carmen, directement à l'entrée principale du site. Pour le retour, possibilité d'achat des billets avec la compagnie ADO au bureau de Ticket Bus situé dans le hall d'accueil du site. Bus de la compagnie Oriente font également les trajets pour Valladolid, Cancun et Mérida (arrêts plus fréquents dans les villages donc plus lents).

Distributeurs automatiques et bureaux de change disponibles dans le Hall de l'hôtel Mayaland et dans la galerie marchande, à l'entrée du site. Consignes de bagages disponibles également.

On vous encourage à acheter l'artisanat vendu dans le site. On a été surpris quant au prix et à la qualité de leur travail !


Chichén Itzá à la tombée du jour

Plan du site archéologique avec plan de l'état du Yucatán :



Photo de gauche : Chichén Itzá à la tombée du jour

 

 

 

 

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Notre sélection d'hôtels à Chichén Itzá :

 

Les hôtels de cette localité sont en cours de réactualisation !

 

EK'BALAM, " Jaguar noir"


Cette grande cité de 12 km2 fut fondée, semble t'il, par le seigneur Ek'Balam qui y régna durant 40 ans. Les majestueuses constructions qui datent de la Période Classique Tardive (900 après J.C.) furent construites sur deux places principales - Nord et Sud - dans une aire centrale entourée de deux murailles défensives avec cinq entrées. Grâce aux travaux d'exploration et de restauration entrepris en 1994 par l'Institut National d'Anthropologie et d'Histoire (INAH), des pièces surprenantes furent mises à jour. La riche décoration en pierre taillée ou stuc modelé et polychrome se caractérise par son style unique. L'architecture monumentale, les stèles, le réseau de chemins et les textes glyphiques témoignent qu'Ek'Balam fut une riche capitale qui contrôlait une région très peuplée.

En entrant par le sud et après avoir contourné un jeu de pelote, vous arrivez sur la place sud entourée de deux constructions jumelles côte à côté appelées "Gemelas" et le Palais oval (Palacio Oval). Quelques stèles à l'effigie d'un souverrain ont été relevées sur une petite plate-forme, et d'autres complètent ce lieu de résidence de l'élite.

La grande surprise et qui est récente (1999), est la découverte lors de fouilles, sur la place nord, de l'Acropole, immense structure à étages, l'un sur l'autre de 158 m de long, 68 m de large et 32 m de haut. Un grand nombre de pièces sur différents niveaux sont reliées par de nombreux escaliers, semblables aux passages secrets des châteaux de l'Europe médiévale. A mi-hauteur est apparue la façade entière d'un temple, dont la décoration s'apparente beaucoup plus à la sculpture flamboyante de Copán qu'au style postclassique de sa voisine Chichén Itzá. Sur fond de mascarons, des personnages modelés en stuc arborant des panaches de plumes dans le dos, et apparraissent comme des anges. Au-dessus de la porte en forme de gueule de jaguar, un autre est assis jambes pendantes sur le rebord d'une corniche. Au pied de l'escalier central, des têtes de serpent-dragon tirent une langue bifide où apparaît l'emblème d'Ek'Balam, cité dont on découvrira avec le temps, l'importance parmi les royaumes du Nord. La vue est imprennable du sommet !

Ce site encore peu fréquenté, ouvert au public est en cours de restauration pour de nombreuses années. Il se trouve à moins de 20 km de Valladolid - trés beau site - Ouvert tlj 8h à 17h, tarif d'entrée de $48, gratuit le dimanche -

Plan des sites archéologiques : Dzibilchaltun et Ek'Balam :


Cliquer ici pour afficher la sélection de photos sur le site d'Ek'Balam

Pour vous y rendre :
Prendre un combi qui part de la calle 44, angle 35 et 37 de Valladolid à destination de Santa Rita, à 4 km du site.
Moyennant un petit supplément, le combi vous déposera sur place.

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