Certaines danses dérivent
plus ou moins directement des formes européennes ; c'est
le cas par exemple des jarabes des
états de Jalisco et du
Michoacán, de la jarana yucateca
et de la polca nortena, version mexicaine
de la polka, danse traditionnelle, régions nord du pays,
du huapango, semblable au fandango
espagnol à San Luis
Potosí, du danzon cubain
à Veracruz. La plupart
ont l'amour pour thème. Jeunes gens faisant la cour à
de jolies filles. Notamment le jarabe tapatio
au cours duquel le cavalier, abrité par son vaste sombrero,
embrasse furtivement sa danseuse. L’accordéon était
l’instrument principal auquel s’ajoutèrent guitares,
contrebasses et puis percussions.
Les danses régionales indigènes
qui mettent une note si colorée dans les villages à
l'époque des fiestas
sont plus proches des rites religieux que du simple divertissement.
La coutume de danser sur la place de l'église remonte probablement
à l'époque de la colonisation. Soucieux d'en finir
avec des coutumes qu'ils jugeaient païennes, les premiers missionnaires
eurent sans doute l'astuce de ne laisser danser leurs ouailles que
sur le parvis même du temple chrétien.
Les Voladores
Nous ne sommes pas au Mexique, mais à Gannat
dans l'Allier. Les Voladores de Papantla y
présentent la danse traditionnelle des guerriers
volants à l'occasion du remarquable "Festival
des Cultures du Monde" qui réunit chaque
année en juillet pendant deux semaines des groupes
folkloriques du monde entier.
Bien antérieure à la Conquête, la
plus populaire de toutes les danses mexicaines est la
danse des Voladores
(danse de la perche volante exécutée par
les Hommes-Volants de race totonaque). Se jetant du sommet
d'une perche de quelque 30 mètres de haut, quatre
hardis jeunes hommes pendus par un pied évoluent
autour du mat en décrivant des cercles de plus
en plus larges à mesure que leur corde se déroule.
Ces quatre danseurs évoquent le ciel, la terre,
le feu et l'eau. Perché sur une minuscule plateforme
de 40 cm de côté, le 5ème danseur,
debout, arc-bouté vers le ciel, lance les notes
aigrelettes de sa flûte vers Chichini, le dieu du
soleil, tout en jouant du tambourin. Lorsqu'il s'arrête,
les voladores attachés par les pieds s'élancent
têtes en bas. Tandis que les miroirs cousus dans
leurs chapeaux accrochent les rayons du soleil, ils effectueront
chacun 13 tours autour du poteau, soit au total 52, en
référence à l'année solaire.
Chaque acrobate accomplit de la sorte treize révolutions.
Les cinquante-deux figures ainsi exécutées symbolisent
le nombre d'années que comptait le siècle aztèque.
Le vol de ces quatre danseurs symbolise les âmes des guerriers
morts qui, au milieu de la journée, lorsque le soleil est
au zénith, reviennent sur terre, transformées pour
un instant en oiseaux. Leur vol synchrone symbolise l’unité
de l’humanité et du cosmos. C'est à Papantla,
le jour de la Fête-Dieu — fin mai ou début juin
— qu'il faut assister à cette manifestation périlleuse
qui était jadis, croit-on, dédiée au Soleil.
Le nom totonaque des danseurs, Koxnin, signifie "le vol des
morts". Si l'on trouve désormais des voladores
dans tout le Mexique, seuls les danseurs de Papantla
dont le mât traditionnel est dressé devant la vieille
mission ont conservé la dimension métaphysique de
cet art périlleux.
Photo de
droite : les Voladores à Papantla
Les Indiens yaqui du nord-ouest,
la plupart sédentarisés, évoquent leurs ancêtres
guerriers et trappeurs par El Venado,
la danse du daim qui évoque la lutte entre le bien et le
mal. Le premier danseur porte une coiffure garnie de bois de cerf,
totem des Yaquis. Quatre pattes de daim sont attachées à
sa ceinture, ses chevilles sont garnies de coques de fruits séchés
remplies de pierraille. Tout l'art consiste à évoluer
en mimant les mouvements gracieux de l'animal tandis que les «
grelots » sont censés imiter le bruit du vent. Le partenaire
du danseur figure le coyote. Ensemble ils exécutent une série
d'évolutions qui rappellent la lutte séculaire entre
les deux espèces.
Cliquer
ici pour afficher la sélection de photos sur les "Voladores"
Los Concheros de Mexico et
des provinces du centre forment l'une des plus importantes associations
de danseurs avec plusieurs milliers d'adhérents. Leur nom
vient de concha, sorte de mandoline
faite d'une carapace de tatou de l’Altiplano utilisée
par leurs musiciens. Leurs costumes de velours et coiffure à
plumes tentent de restituer la splendeur vestimentaire des seigneurs
aztèques.
Le rite astral de la danse des Quetzales (Totonaques, surtout) est
un modèle de gravité et d’harmonie qui doit
son aspect extrêmement pittoresque aux surprenantes coiffures
que portent les danseurs. Celles-ci, faites d’un bonnet conique,
centre d’une roue en plumes aux vives couleurs, symbolisent
l’astre solaire et le panache de l’oiseau quetzal.
Photo de gauche : concherias à
Mexico lors de la Fête des Morts
Danza de Viejitos
- Jarácuaro, Michoacán - La danse
des petits vieux (viejitos) considérée
comme très populaire au Mexique qui se danse masquée
dansl’Etat
du Michoacán.
Le Ballet Folklorico
Le ballet folklorique a rendu célèbre deux mélodies
lancinantes de l'Isthme de Téhuantepec
: la Zandunga et la Llorona.
Non seulement elles comptent parmi les plus belles chansons populaires
mexicaines mais encore elles sont les plus représentatives
de la musique du sud mexicain, patrie de la marimba et de sa danse
aux rythmes lents et gracieux. On a longtemps cru que la marimba
était d'origine africaine ; des découvertes dans les
années 1970 semblent indiquer qu'elle est antérieure
à la Conquête. La musique de la marimba,
grand xylophone monté sur pieds, a pris naissance dans l'Isthme
de Téhuantepec, dans les états de Tabasco, de Chiapas,
du Yucatán et sur le territoire
de Quintana Roo. Trois ou
quatre musiciens se partagent le clavier : l'un joue la mélodie,
le second les accords, chacun des deux autres un motif en contrepoint
et des effets de vibrato. Chaque village
compte une ou deux formations de marimba et leur virtuosité
fait la fierté des habitants.
Pour tous les amis de la musique indigène du Mexique,
connaissez le projet de la Commission Nationale pour le développement
des Villages Indigènes qui cherche à faire connaître,
à travers l'internet, les gammes de voix de la diversité
culturelle et musicale de toutes les régions du Mexique
:
El patito-La Iguana / Ballet
Folklorico Huehuecoyotl (BFH)
Des enfants de 8 à 9 ans y participent.
Origine : état du Guerrero
Photos de
gauche et de droite : ballet Amalia Hernandez à Mexico