Folklore au Mexique Page mise
à jour le 18.07.2010
Fiestas et Ferias au Mexique
De tout temps, les Mexicains ont porté un grand intérêt
aux fêtes commémoratives.
Bien avant Colomb, elles se succédaient quasi sans trêve.
Au programme : processions, chants et danses. A notre
époque, fêtes laïques et religieuses, festivités
purement locales, sont autant d'occasions pour cet événement
particulier au Mexique : la fiesta.
Qu'elles soient pour la plupart d'origine religieuse ne signifie pas
que la dévotion y tienne la place principale. Plus nombreuses
au Mexique que partout ailleurs en Amérique
Latine, il y en a toujours au moins une quelque part et n'importe
quand.
Photo de gauche : ballet Amalia Hernandez
à Mexico
L'organisation de la fête annuelle du Patron de la ville incombe
aux confréries religieuses appelées mayordomas,
dont la création remonte au début de l'ère coloniale.
C'est un grand honneur d'en être membre car préparer
une fiesta occupe toute une partie de
la vie de la communauté ; cette activité requiert la
collaboration de tous. La fiesta dure
habituellement un ou deux jours mais si le renom du saint est grand,
elle peut s'étendre sur une semaine, voire même davantage
et comporter d'autres réjouissances : courses de taureaux,
combats de coqs, expositions commerciales et agricoles. Elle prendra
des allures différentes en fonction des régions ; dans
le Michoacán, elle résonnera
au son du zapateo (claquement de pieds)
du baile de los Viejitos (danses des
petits vieux) ; dans le Yucatán,
elle est au rythme des vaquerias (danse
des vachères). Cette fiesta prolongée
prend alors le nom de feria, ou foire.
La Guadalupe
Sur le plan national, la plus importante de ces fiestas annuelles
est celle organisée en l'honneur de Notre-Dame de Guadelupe,
protectrice du Mexique. Célébrée
dans tout le pays, la cérémonie la plus grandiose
se déroule à la Basilique
de Guadelupe,au
nord de la ville de Mexico,le 12 décembre,
jour anniversaire d'une des apparitions de la Vierge à Juan
Diego. Selon la légende, ces apparitions miraculeuses
se produisirent à l'emplacement même où se dressait
le temple païen de Tonantzin, détruit sur l'ordre du
premier évêque de Mexico. La fête de Guadelupe est une fête nationale.
Les cérémonies attirent des milliers de fidèles
au sanctuaire. Ils arrivent la veille, beaucoup parcourent à
genoux la longue avenue qui mène à la basilique. Certains
sont venus à pied de leurs lointains villages. Malgré
la nature religieuse de ce jour, malgré la vue déprimante
de ces pèlerins luttant, genoux en sang, pour atteindre le
sanctuaire, une atmosphère de carnaval règne autour
de l'église. Dans leurs costumes rutilants, les Concheros
forment des cercles de danses qui se poursuivront presque toute
la nuit et le lendemain.
Photo de
droite : portrait de Notre Dame de Guadalupe à San Miguel
de Allende
Nombreux sont les pèlerins qui campent sur l'esplanade autour
de la Basilique. Le matin venu, ils assistent à la messe
puis prennent part aux divertissements. S'ils veulent manifester
une reconnaissance particulière à la Vierge, ils accrochent
à l'une des statues un milagro,
ex-voto d'argent représentant les yeux, le cœur, les
jambes, ou toute autre partie du corps guérie par la sainte
intercession. A la tombée de la nuit, la plupart retournent
chez eux, tandis que les marchands ambulants proposent leurs dernières
victuailles, souvenirs et autre pacotille et que des pénitents
attardés poursuivent leurs dévotions solitaires.
Peu après la fête de Guadelupe vient la saison de Noël
: mélange de coutumes transplantées d'Espagne lors de
la période coloniale — et d'usages importés des
Etats-Unis.
Il semble qu'avant la conquête aucune solennité ne marquait
le solstice d'hiver (il n'y a pas de véritable saison d'hiver).
Les Mexicains ont une manière confuse de comprendre et célébrer
la Nativité. Sous l'arbre de Noël, on dispose une crèche,
le nacimiento. Mais la posada
n'est plus qu'un lieu où l'on va boire et s'amuser. Cette coutume
remonte aux débuts de la colonisation. Les missionnaires cherchaient
à dramatiser la fête de Noël dans l'esprit de leurs
néophytes.
Photo de
gauche : les piñatas en papier maché à Chilpancingo
Les neuf jours de posadas
(auberges) commencent le 16 décembre et commémorent
les aventures de Marie et Joseph en quête d'un logement à
Bethléem. La posada
traditionnelle débute par une procession. La moitié
des invités, portant des cierges allumés et un plateau
aux images de la Ste Famille, tourne autour de la maison, puis s'arrête
devant la porte et chante la première strophe de la litanie,
dite de la posada,
implorant un gîte où s'abriter. L'autre moitié
oppose un refus. Le dialogue se poursuit sur plusieurs strophes jusqu'au
moment où les premiers dévoilent leur identité.
La partie religieuse de la soirée est terminée; la fête
commence : des cruches peintes, les piñatas,
remplies de friandises, volent en éclats, le punch de rhum
chaud, mêlé de fruits, arrose la traditionnelle salade
de Noël et les autres éléments du festin.
Vision humoristique de la mort
Le style railleur, humoristique, ironique, des Mexicains en présence
de la mort étonne
souvent. Cette désinvolture se remarque plus spécialement
lors de la Toussaint
et du jour des Morts,
fête où interviennent des rites antérieurs à
la conquête. Au cours des semaines qui précèdent,
les boulangers peignent sur leur vitrine des scènes comiques
où l'on distingue des familles de squelettes savourant
" l' Exquisito Pan de Muerto ",
le délicieux pain des mort gâteau sec parfumé
au café.
Le 31 octobre, les gens des campagnes attendent les
« muertitos chicos » ou
âmes des enfants morts.
Pour « égayer » leur visite sur terre, on leur
prépare un jouet, des gâteaux, du chocolat chaud et
du miel. Les âmes des adultes arrivent la nuit suivante. Un
repas est préparé à leur intention. Sur une
table richement décorée, on a disposé nourriture,
offrandes, fleurs et cadeaux ; rite respectueux en mémoire
des défunts ayant pour objectif d’attirer les esprits.
Belles prises de vues sur le jour des morts à Tzintzuntzan
(état du Michoacán)
Comme dans tout le Mexique,
les villages des bords du lac honorent leurs morts.
A la lueur de milliers de chandelles,
qui éclairent ces scènes, prières, processions,
chants et danses entretiennent l'ardeur de la foule jusqu'au
petit matin.
Autres fêtes célèbres
Chaque année, Oaxaca
est le théâtre d'une grande fête où de
nouveau se distinguent des traditions préhispaniques mêlées
à des manifestations chrétiennes. C'est la Guelaguetza,
célébrée jadis en l’honneur de Centeotl
dieu du maïs, et muée à présent en fiesta
sous le vocable de Notre-Dame du Mont Carmel. Les festivités
qui commencent le lundi suivant le 16 juillet se déroulent
sur la montagne de la Lune à Oaxaca.
Soucieux de sauvegarder cette coutume indienne, les autorités
ont organisé un vaste concours de chants et de danses. La
Guelaguetza rassemble
maintenant des tribus venant de plusieurs Etats. Hommes, femmes,
enfants dans leurs habits de fête forment une foule merveilleusement
colorée. Cliquer
ici pour afficher la sélection de photos sur la Guelaguetza
Le carnaval est célébré partout avec plus ou
moins de faste : prouesses frénétiques des danseurs
Chinelo dans le village poussiéreux
de Tepotzlán (Morelos)
; défilés, bals costumés, de Mérida,
Mazatlán, La
Paz, Campeche, Cozumel,
et Veracruz.
Les
festivals de Mazatlán
et de Veracruz rivalisent avec les Fêtes du Mardi gras à
la Nouvelle Orléans.
La Semaine Sainte (28
mars-04 avril 2010) est marquée par les jeux de
la Passion, comme dans le quartier d'Ixtapalapa à Mexico,
ou par les processions de pénitentes en cagoules noires à
Taxco ou encore dans
d'autres villes.
En avril (17avril- 09 mai 2010) se tient la Feria
de San Marcos à Aguascalientes,
qui se prolonge de plus de 25 jours.
En mai, les maçons ripaillent sur les toits, le jour de la
Sainte Croix.
Photo de droite : carnaval
à San Juan Chamula
En juin, on fête la Saint Jean plus ou moins confondue avec
Chaac le dieu de la pluie, à San
Juan Chamula (Chiapas).
En juillet, c’est le tour de St. Jacques et, en août,
les habitants de Huamantla,
de Cholula, Tepetzintla, Miltá
Alpa et Santa Maria del
Tula fêtent l'Asomption. Tlaxcala,
consacre deux semaines à créer de fabuleux tapis de
fleurs et de sciure colorée pour célébrer l'Assomption.
Début septembre, est réservé aux "charros",
Le 15/16 septembre, on fête l'Indépendance
Fin septembre, on fête la Saint
Michel.
le 4 octobre à San Francisco
(St François),
les 01er et 02 novembre, Toussaint
et jour des morts,
Le 20 novembre on célèbre la révolution mexicaine,
et ainsi se déroule l'année, cercle sans fin de fêtes
de toutes sortes.