Le Mexique
 
 
 
Folklore au Mexique
 Page mise à jour le 16.06.2008
 


Fiestas et Ferias

Introduction

De tout temps, les Mexicains ont porté un grand intérêt aux fêtes commémoratives. Bien avant Colomb, elles se succédaient quasi sans trêve. Au programme : processions, chants et danses. A notre époque, fêtes laïques et religieuses, festivités purement locales, sont autant d'occasions pour cet événement particulier au Mexique : la fiesta. Qu'elles soient pour la plupart d'origine religieuse ne signifie pas que la dévotion y tienne la place principale. Plus nombreuses au Mexique que partout ailleurs en Amérique Latine, il y en a toujours au moins une quelque part et n'importe quand.

Chaque région a développé son histoire et ses coutumes en fonction des influences naturelles et culturelles Les mexicains ont un sens développé de l’art ancestral. Les arts traditionnels et l’artisanat tel que la poterie, l’orfèvrerie, le travail du bois et des masques sont issus de l’héritage précolombien.

L'organisation de la fête annuelle du Patron de la ville incombe aux confréries religieuses appelées mayordomas, dont la création remonte au début de l'ère coloniale. C'est un grand honneur d'en être membre car préparer une fiesta occupe toute une partie de la vie de la communauté ; cette activité requiert la collaboration de tous. La fiesta dure habituellement un ou deux jours mais si le renom du saint est grand, elle peut s'étendre sur une semaine, voire même davantage et comporter d'autres réjouissances : courses de taureaux, combats de coqs, expositions commerciales et agricoles. Elle prendra des allures différentes en fonction des régions ; dans le Michoacán, elle résonnera au son du zapateo (claquement de pieds) du baile de los Viejitos (danses des petits vieux) ; dans le Yucatán, elle est au rythme des vaquerias (danse des vachères). Cette fiesta prolongée prend alors le nom de feria, ou foire.

La Guadalupe

Portrait de Notre Dame de Guadalupe à San Miguel de Allende Sur le plan national, la plus importante de ces fiestas annuelles est celle organisée en l'honneur de Notre-Dame de Guadelupe, protectrice du Mexique. Célébrée dans tout le pays, la cérémonie la plus grandiose se déroule à la Basilique de Guadelupe, au nord de la ville de Mexico, le 12 décembre, jour anniversaire d'une des apparitions de la Vierge à Juan Diego. Selon la légende, ces apparitions miraculeuses se produisirent à l'emplacement même où se dressait le temple païen de Tonantzin, détruit sur l'ordre du premier évêque de Mexico.
La fête de Guadelupe est une fête nationale. Les cérémonies attirent des milliers de fidèles au sanctuaire. Ils arrivent la veille, beaucoup parcourent à genoux la longue avenue qui mène à la basilique. Certains sont venus à pied de leurs lointains villages. Malgré la nature religieuse de ce jour, malgré la vue déprimante de ces pèlerins luttant, genoux en sang, pour atteindre le sanctuaire, une atmosphère de carnaval règne autour de l'église. Dans leurs costumes rutilants, les Concheros forment des cercles de danses qui se poursuivront presque toute la nuit et le lendemain.

Photo de droite : portrait de Notre Dame de Guadalupe à San Miguel de Allende

Nombreux sont les pèlerins qui campent sur l'esplanade autour de la Basilique. Le matin venu, ils assistent à la messe puis prennent part aux divertissements. S'ils veulent manifester une reconnaissance particulière à la Vierge, ils accrochent à l'une des statues un milagro, ex-voto d'argent représentant les yeux, le cœur, les jambes, ou toute autre partie du corps guérie par la sainte intercession. A la tombée de la nuit, la plupart retournent chez eux, tandis que les marchands ambulants proposent leurs dernières victuailles, souvenirs et autre pacotille et que des pénitents attardés poursuivent leurs dévotions solitaires.

Cliquer ici pour afficher la sélection de photos sur la "Guadalupe"


La saison de Noël

les piñatas en papier maché à Chilpancingo
Peu après la fête de Guadelupe vient la saison de Noël : mélange de coutumes transplantées d'Espagne lors de la période coloniale — et d'usages importés des Etats-Unis.
Il semble qu'avant la conquête aucune solennité ne marquait le solstice d'hiver (il n'y a pas de véritable saison d'hiver). Les Mexicains ont une manière confuse de comprendre et célébrer la Nativité. Sous l'arbre de Noël, on dispose une crèche, le nacimiento. Mais la posada n'est plus qu'un lieu où l'on va boire et s'amuser. Cette coutume remonte aux débuts de la colonisation. Les missionnaires cherchaient à dramatiser la fête de Noël dans l'esprit de leurs néophytes.


Photo de gauche : les piñatas en papier maché à Chilpancingo


Les neuf jours de posadas (auberges) commencent le 16 décembre et commémorent les aventures de Marie et Joseph en quête d'un logement à Bethléem. La posada traditionnelle débute par une procession. La moitié des invités, portant des cierges allumés et un plateau aux images de la Ste Famille, tourne autour de la maison, puis s'arrête devant la porte et chante la première strophe de la litanie, dite de la posada, implorant un gîte où s'abriter. L'autre moitié oppose un refus. Le dialogue se poursuit sur plusieurs strophes jusqu'au moment où les premiers dévoilent leur identité. La partie religieuse de la soirée est terminée; la fête commence : des cruches peintes, les piñatas, remplies de friandises, volent en éclats, le punch de rhum chaud, mêlé de fruits, arrose la traditionnelle salade de Noël et les autres éléments du festin.

Vision humoristique de la mort

autel de la fête des morts à Mexico
Le style railleur, humoristique, ironique, des Mexicains en présence de la mort étonne souvent. Cette désinvolture se remarque plus spécialement lors de la Toussaint et du jour des Morts, fête où interviennent des rites antérieurs à la conquête. Au cours des semaines qui précèdent, les boulangers peignent sur leur vitrine des scènes comiques où l'on distingue des familles de squelettes savourant
" l' Exquisito Pan de Muerto ", le délicieux pain des mort gâteau sec parfumé au café.
Le 31 octobre, les gens des campagnes attendent les
« muertitos chicos » ou âmes des enfants morts.
Pour « égayer » leur visite sur terre, on leur prépare un jouet, des gâteaux, du chocolat chaud et du miel. Les âmes des adultes arrivent la nuit suivante. Un repas est préparé à leur intention. Sur une table richement décorée, on a disposé nourriture, offrandes, fleurs et cadeaux ; rite respectueux en mémoire des défunts ayant pour objectif d’attirer les esprits.


Voir le chapitre consacré à cet événement fêté de façon
particulière au Mexique

Photo de droite : autel de la fête des morts à Mexico

Cliquer ici pour afficher la sélection de photos sur le Jour des Morts au Mexique

 


Belles prises de vues sur le jour des morts à Tzintzuntzan (état du Michoacán) 

Comme dans tout le Mexique, les villages des bords du lac honorent leurs morts. A la lueur de milliers de chandelles, qui éclairent ces scènes, prières, processions, chants et danses entretiennent l'ardeur de la foule jusqu'au petit matin.

 


Autres fêtes célèbres

Chaque année, Oaxaca est le théâtre d'une grande fête où de nouveau se distinguent des traditions préhispaniques mêlées à des manifestations chrétiennes. C'est la Guelaguetza, célébrée jadis en l’honneur de Centeotl dieu du maïs, et muée à présent en fiesta sous le vocable de Notre-Dame du Mont Carmel. Les festivités qui commencent le lundi suivant le 16 juillet se déroulent sur la montagne de la Lune à Oaxaca. Soucieux de sauvegarder cette coutume indienne, les autorités ont organisé un vaste concours de chants et de danses. La Guelaguetza rassemble maintenant des tribus venant de plusieurs Etats. Hommes, femmes, enfants dans leurs habits de fête forment une foule merveilleusement colorée.
Cliquer ici pour afficher la sélection de photos sur la Guelaguetza
Le carnaval est célébré partout avec plus ou moins de faste : prouesses frénétiques des danseurs Chinelo dans le village poussiéreux de Tepotzlán (Morelos) ; défilés, bals costumés, de Mérida, Mazatlán, La Paz, Campeche, Cozumel, et Veracruz.

Carnaval de CozumelLes festivals de Mazatlán et de Veracruz rivalisent avec les Fêtes du Mardi gras à la Nouvelle Orléans.
La Semaine Sainte est marquée par les jeux de la Passion, comme dans le quartier d'Ixtapalapa à Mexico, ou par les processions de pénitentes en cagoules noires à Taxco ou encore dans d'autres villes.
En avril (19 avril-18 mai 2008) se tient la Feria de San Marcos à Aguascalientes, qui se prolonge de plus de 25 jours.
En mai, les maçons ripaillent sur les toits, le jour de la Sainte Croix.
En juin, on fête la Saint Jean plus ou moins confondue avec Chaac le dieu de la pluie, à San Juan Chamula (Chiapas).
En juillet, c’est le tour de St. Jacques et, en août, les habitants de Huamantla, de Cholula, Tepetzintla, Miltá Alpa et Santa Maria del Tula fêtent l'Asomption. Tlaxcala, consacre deux semaines à créer de fabuleux tapis de fleurs et de sciure colorée pour célébrer l'Assomption.
Début septembre, est réservé aux "charros",
Le 15/16 septembre, on fête l'Indépendance
Fin septembre, on fête la Saint Michel.
le 4 octobre à San Francisco (St François),
les 01er et 02 novembre, Toussaint et jour des morts,
Le 20 novembre on célèbre la révolution mexicaine,

et ainsi se déroule l'année, cercle sans fin de fêtes de toutes sortes.

Photo de gauche : carnaval de Cozumel


Cliquer ici pour afficher la sélection de photos sur le folklore

détente des musiciens avant la fièvre du samedi soir à Guanajuato (El Bajio)

                                  Photo ci-dessus : détente des musiciens avant la fièvre du samedi soir à Guanajuato (El Bajio)

 

 

Vos contributions et commentaires sur le contenu de cette page
Aucune contribution ni aucun commentaire n'a été effectué sur cette page.