Dans la capitale mexicaine, sur le Zócalo, de grandes tentes
sont installées pour que toutes les délégations
de la région puissent venir faire une offrande dans Mexico.
Les fleurs
Cempasúchil ou Cempaxóchitlorange,
dominent dans toutes les décorations. Les 1er et 2 novembre
sont des jours de fête animés. Il y a beaucoup de musique,
certains se font purifier par des indiens Náhuatl avec de
l'encens de copal.
Il y a des manifestations musicales et artistiques gratuites sur
une estrade avec des spectacles de qualité comme le Ballet
Folklorique de Mexico d’Amalia Hernandez et des groupes musicaux.
La foule est composée de gens habillés en squelette
ou en tenue d'halloween. Les 2 fêtes se mélangent un
peu. Cette manifestation sur le Zócalo a lieu depuis 3 ans
chaque année, pour permettre de garder les traditions. Les
offrandes sont de véritables œuvres d'art éphémères.
Les offrandes du Zócalo sont des reproductions d’offrandes
que les mexicains installent chez eux, à savoir un autel
où on place la photo du défunt et tout un assortiment
de fleurs et de nourriture, spécialement les mets adorés
par le défunt du temps de son vivant. A la fin de la fête,
la famille réunie se régale de ce festin. Sur le Zócalo,
il y a aussi des boulangers qui préparent le « pan
de muerto ». Nous en avons acheté un que nous
avons partagé avec le personnel de l'hôtel. Il y a
aussi plein de petits stands qui proposent des crânes en sucre
ou des squelettes à offrir.
Photo de
gauche : parterre de fleurs Cempasúchil
Dans la cour de l'église San Francisco, Calle Madero, il
y a un décor particulier pour la fête des morts: une
croix recouverte des fleurs oranges et des pèlerins en carton
pâte, habillés de vrais costumes de bonne sœur
ou moines semblent prier devant cette croix.
A Huaquechula dans le couvent, on trouve des offrandes
sur un autel. On nous explique que le 31 octobre, c'est le jour
où l’on
fait son marché pour déposer les offrandes : le 31
à midi, on dépose les offrandes pour les enfants morts
dans l’année, le 1er novembre, les offrandes pour les
adultes et le 2 novembre, on visite les tombes pour les nettoyer,
les décorer avec des fleurs et des bougies.
Il y a trois sortes d'offrande, une dédiée à
l'âme seule et l'autre aux "vieux" morts, ces 2
offrandes étant mineures et la troisième, la plus
importante, dédiée à la personne décédée
dans l'année. L'autel décoré a une dimension
de 3 m de haut par 3 à 5 m de large.
Photo de droite : couvent d'Huaquechula
Mixquic
Dans certains hôtels de la capitale, on peut trouver un
«tour» pour se rendre à Mixquic
qui fait partie des lieux où la fête des morts revêt
un caractère particulier.
Photo de gauche : cimetière de
Mixquic
Nous voilà donc embarqués dans ce
"tour".
Bref après plus de 2 heures de route à partir du centre
historique de Mexico et à travers de petits chemins, on arrive
dans un petit village bondé de monde et il faut garer la
voiture empruntée pour ce périple. Notre chauffeur
marchande et se gare dans le jardin d’un particulier.
A partir de là, un spectacle hallucinant commence. On traverse
à pied le village transformé en une immense foire
avec des stands de nourriture et boissons de toutes sortes. C’est
la cacophonie ! Ça grouille de partout !
On arrive à l'église illuminée et son cimetière
: on passe devant un gardien qui vérifie que personne ne
soit en possession
de nourriture et de boisson. Il n'est plus permis d'apporter de
la nourriture et des boissons dans le cimetière à
cause des "gens" qui se saoulaient et détérioraient
les décorations des tombes. Ces dernières ne sont
décorées qu’avec des fleurs et des bougies (ils
mettent les offrandes de bouche sur un autel dans leur maison).
Dès que l’on rentre dans le cimetière, c’est
magique ! Les gens sont en file indienne et même s'ils parlent,
on a une impression de silence, de sérénité.
Un contraste incroyable avec l'ambiance de fête de l'autre
côté du portail : les tombes croulent sous les fleurs,
les bougies et ... le monde ! Les gens défilent devant les
tombes dans un ordre relatif et calme. Des familles sont assises
sur des tombes et passent la soirée avec leur défunt.
Un homme pleure discrètement sur une autre tombe. Les décorations
florales sont à elles seules UN ART. La
couleur orange donne une atmosphère de sérénité,
de calme et de bien-être. On s'attarde aussi vers le jardin
et les statues des personnages de la légende avec les os
dans le petit site archéologique adjacent à l'église.
Puis on replonge dans la lumière, le bruit, les odeurs et
la foule. On s'arrête à un stand où notre chauffeur
achète un punch non alcoolisé à base d’herbes
pour se réchauffer.
Photo de droite : belle décoration
d'une tombe à Mixquic au moment de la Fête des Morts
La fête continue toute
la nuit : après le souvenir des morts, on fête la joie
d'être toujours vivant.
A Mixquic on peut également parcourir les canaux avec des
« trajineras » comme à
Xochimilco.
En conclusion, Mixquic est un lieu magique. C’est
une expérience unique mais on ne peut pas y aller tout seul.
Il n'y a pas de panneaux et quand notre chauffeur demandait son
chemin, on lui donnait des indications qui avaient un sens pour
lui qui connait la région.
Photo de gauche : Cimetière et
Eglise de Mixquic
Y aller impérativement le 2 novembre et
demander à partir vers 21h de Mexico (la veille au soir).
Le cimetière a été fermé juste derrière
nous (vers 3h du matin).
Deux semaines avant la
Fête des Morts, il règne déjà une ambiance
hors du commun : dans les marchés, les gens achètent
des œillets d‘Inde appelés les fleurs de «
cempasuchitl » symbole de cette Fête, des ingrédients
pour les plats nécessaires aux offrandes et de la décoration
pour les tombes.
Le jour des Morts, le 1er et le 2 novembre, est une fête traditionnelle
qui célèbre davantage la mort comme la plus proche
voisine que comme la cause de la perte d’êtres chers.
On fête les morts avec bruit, nourriture, pétards,
alcool, messes, couronnes, chansons populaires (corridos)
et beaucoup de larmes, pour que les disparus sachent qu’ils
n’ont pas été oubliés et qu’ils
n’ont pas été seuls de leur vivant.
C’est le 1er novembre que les vivants s’occupent
de leurs morts. C’est la veillée des Anges
("Velacion de los Angelitos"). On passe
la journée à nettoyer, arracher les mauvaises
herbes, repeindre les croix, installer les fleurs couleur
orange ou rouge sang. Au coucher du soleil, tout est prêt,
le cimetière resplendit, toutes les tombes sont couvertes
de pétales de cempazuchitl, Sur chaque tombe, un
cierge et des dizaines de veilleuses délimitent l’espace
familial au centre ou aux quatre coins, une coupe noire
vernissée est réservée à l’usage
du copal, l’encens mexicain. Le cimetière,
vers minuit, est plein à craquer. On escalade les
tombes, s’excusant, saluant, tapotant l’épaule
d’une veuve. Une lueur surnaturelle enveloppe
le tableau. Les gens sont bien habillés. Aux Indiennes
en châle traditionnel s’opposent les jeunes
filles à la mode d’aujourd’hui : jupe
courte ou pantalon droit du dimanche, maquillage, et l’air
de s’ennuyer dans un lieu si peu branché. A
l’aube, le curé du village, suivi d’un
choeur de vierges, passe donner la bénédiction
à tous les disparus. Le coq chante, les familles
se dispersent.
Vidéo tournée à Pátzcuaro
Photos ci-dessous :
prières sur les tombes au moment de la Fête des
Morts à Mixquic
La Toussaint mexicaine est fêtée tant à Marseille
qu'à Paris. L'association des Cultures Franco-Mexicaines
y apporte tout son dynamisme, /
33 (0) 4 91 90 10 95, www.acfm.net