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Au Mexique, on trouve dans la Sierra
Gorda de l'état de Querétaro,
plusieurs monuments d'exception, en dehors du fait que c'est une
réserve de biosphère.
Le nom de Sierra Gorda désigne une région
montagneuse de la Sierra Madre orientale, cordillère qui
s'étend du nord au sud en longeant la côte du golfe
du Mexique, depuis le nord de Coahuila, à
la frontière des Etats-Unis, jusqu'à l'isthme de Tehuantepec
qui marque géographiquement le début de l'Amérique
centrale.
Extrait du site de l'Unesco :
Les missions franciscaines font partie du patrimoine mondial de
l'Unesco depuis juillet 2003 - 
"Les missions franciscaines de la Sierra Gorda ont été
édifiées pendant la dernière phase d'évangélisation
de l'intérieur des terres du Mexique, au
milieu du XVIIIème siècle, et sont devenues une référence
importante pour la poursuite de l'évangélisation et
de la colonisation de la Californie, de l'Arizona et du Texas. La
façade des églises, richement décorée,
est d'un intérêt tout particulier puisqu'elle représente
un exemple des efforts créatifs conjoints des missionnaires
et des Indios. Les peuplements ruraux
qui se sont développés à proximité des
missions ont conservé leur caractère vernaculaire.
Les cinq édifices religieux se ressemblent.
Ils ont été terminés entre 1758 et 1768. Leur
style architectural et leur expression spatiale et symbolique semblent
correspondre à un même programme, à une même
sensibilité et à un même discours. Ils sont
le témoignage d'un beau travail d'équipe avec la participation
de la population indigène et le reflet du travail missionnaire".
Les cinq missions sont situées dans la région
montagneuse de la Sierra Gorda dans l'état de Querétaro,
où l'évangélisation a été plus
tardive qu'ailleurs. Sur les cinq missions, Santiago de
Jalpán (la première construite en 1751-1758)
et Nuestra Señora de la Luz de Tancoyol sont
établies dans la municipalité de Jalpán de
Sierra; Santa Maria del Agua de Landa
et San Francisco del Valle de Tilaco
se trouvent dans la municipalité de Landa de Matamoros et
la mission de San Miguel Concá dans celle
d'Arroyo Seco. Jalpán signifie en langue
náhuatl "sur le sable" et Tilaco
"l'eau noire", Landa signifie en chichimèque
"boue" et Tancoyol en langue huaxtèque
"lieu de la datte sauvage".
Les missions franciscaines étaient des unités d’organisation
complexes, administrées par des moines désireux d’évangéliser
les peuples indigènes, de les réunir en congrégations
et de leur apporter un enseignement.
Chaque mission devait ériger son église, partir à
la recherche des indigènes, les soumettre puis les regrouper
dans des huttes autour de l’église. Les missionnaires
devaient apprendre la langue autochtone, fournir de la nourriture
à la population, leur apprendre des règles de comportement
et ensuite seulement les évangéliser. Les cinq missions
partagent des éléments similaires quant à leur
environnement, la ville et les édifices religieux.
Ainsi, l’environnement offre de splendides paysages montagneux
; l’emplacement stratégique des missions a déterminé
le tracé et le développement du peuplement autochtone
alentours. Aujourd’hui, ils sont devenus des peuplements ruraux
traditionnels.
L’architecture des missions suit un schéma général
commun, en dépit de différences individuelles. Leurs
caractéristiques évoquent les couvents du XVIème
siècle ; elles comportent généralement un patio,
un portail, une
chapelle à ciel ouvert, des chapelles de procession et un
cloître. On observe également quelques traits empruntés
à
l’art baroque mexicain des XVII et XVIIIème siècles,
comme en attestent le plan cruciforme de l’église,
la façade sculptée en stuc et l’utilisation
d’enduit à la chaux à l’intérieur.
Ces dernières caractéristiques sont plus présentes
à Jalpán, Landa et Tancoyol, tandis que Tilaco et
Concá présentent une conception plus particulière.
Ainsi, on n’y trouve pas de chapelle. Les édifices
sont bâtis en pierre locale, avec un enduit en plâtre.
L’orientation de l’ensemble diffère dans chaque
cas ; la façade principale n’est orientée vers
l’ouest qu’à Tilaco, tandis que Jalpán
est orientée à l’est, Tancoyol au sud et Concá
et Landa au sud-est.
La congrégation se réunissant généralement
à l’extérieur, l’élévation
principale de l’église est donc richement décorée
de plantes sinueuses et de fleurs, d’éléments
architecturaux fantastiques, d’anges, de figures de la Vierge
et des saints, parmi lesquels Saint François. Si la disposition
générale du complexe reflète le modèle
franciscain, l’esprit et les formes de la décoration
font référence aux traditions locales et aux produits
locaux, considérés comme des dons à Dieu. Sur
le plan artistique, l’ensemble présente un air particulier
d’innocence et de naïveté. Stratégiquement,
les images étaient
«idéographiques», pour renforcer la portée
didactique de la mission. La façade comporte en règle
générale trois sections horizontales et trois verticales,
formant des panneaux ; à Tancoyol, on dénombre cinq
sections horizontales. L’ocre est la couleur dominante.
Par contraste, l’intérieur est beaucoup moins prétentieux
; il présente un enduit en plâtre très simple,
et les formes
architecturales de l’autel sont sobres. Une coupole couronne
la croisée du transept. Un haut clocher est
rattaché au flanc gauche de l’église. La partie
inférieure du clocher est de plan carré et très
simple, tandis que la partie
supérieure est richement ornée d’éléments
architecturaux.
Quant à la partie résidentielle, sur le flanc droit
de l’église, elle possède une entrée
voûtée et parfois une galerie de
cloître autour de la cour. Par ailleurs, elle est relativement
dépouillée, sans décoration.
Histoire
Le nord de la région de la Sierra Gorda, où se trouvent
les missions, fait partie de la région centrale et montagneuse
du Mexique. Jadis, les autochtones prenaient part
aux travaux miniers et au commerce, et vivaient dans de petits
peuplements éparpillés au pied des montagnes. La Sierra
Gorda formait une barrière naturelle entre les peuples
d’agriculteurs sédentaires et les chasseurs-cueilleurs
nomades du nord. À l’époque de l’arrivée
des Espagnols,
les autochtones vivaient principalement de l’agriculture.
Les Huastec
vivaient dans de vastes domaines féodaux et
possédaient une grande expérience de la filature du
coton. Les Jonaces
vivaient dans des grottes et attaquaient ces
domaines. L’importante tribu des Pames,
cultivait le maïs et vivait dans des maisons de branchages
ou de feuilles de
palmiers ; peuple docile, ils étaient coopératifs
avec les moines.
Au XVIIème siècle, les intérêts politiques
et les mines d’argent provoquèrent souvent des conflits
armés impliquant les Espagnols et des groupes autochtones,
qui ont entraîné la destruction d’une part importante
des premières missions.
Au XVIIème siècle, les Franciscains tentèrent
de pénétrer plus avant dans le pays, mais ne parvinrent
pas à établir une présence permanente. Au XVIIIème
siècle, ils obtinrent une nouvelle autorisation, qui aboutit
à la décision, en 1744, de fonder cinq missions (Jalpán,
Concá, Tancoyol, Landa et Tilaco). Du fait des conflits persistants
dans la région, les premières années furent
difficiles, retardant la construction des complexes jusqu’en
1750-1751, sous l’égide du frère Junípero
Serra. Il a fallu toute la ténacité et la
persévérance du frère franciscain pour l'édification
de ces cinq joyaux architecturaux de la Sierra Gorda.
La phase de construction s’est étendue sur deux décennies,
combinée à un actif travail d’évangélisation
de la part des
frères franciscains. À la fin de la période,
en 1770, la mission était achevée. La situation politique
avait changé
et les missions étaient sécularisées. Au XIXème
siècle, les missions pâtirent de rébellions
et de conflits armés ; ainsi,
les autels dorés furent détruits. Vers la fin du siècle,
les églises furent confrontées à d’autres
problèmes ; certaines
images furent remplacées, par exemple dans la partie centrale
de la façade de l’église de Jalpán. Au
XXème siècle,
la population diminua, et certaines missions furent parfois abandonnées
; d’autres subirent des altérations, comme
c’est le cas des patios de Landa (1966) et de Jalpán
(1964).
Néanmoins, elles ont perduré en tant qu’entités
religieuses, dominant les peuplements qui s’étaient
constitués
alentours et représentant une référence pour
la région. Depuis la publication de Monique Gustin en 1969
sur l’art
baroque dans la région de la Sierra Gorda, la sauvegarde
de ces chefs d’oeuvre du baroque a suscité un regain
d’intérêt qui a abouti à leur restauration
dans les années 1990.
Junípero Serra (1713-1784), prêtre
franciscain espagnol qui obtint le titre d’Apôtre de
la Californie pour son travail
de missionnaire en Amérique du Nord (béatifié
par le pape en 1988) donna l’impulsion à cette phase
d’évangélisation.
Il contribua à l’établissement des missions
de la Sierra Gorda, où il servit de 1750 à 1758, avant
de partir pour le
centre-sud du Mexique (1758-1767). Lorsque l’Espagne
commença à occuper l’Alta
California (actuelle Californie), Serra se joignit à
l’expédition et, fonda la mission San Diego en 1769,
la première en Californie.
J.Serra et ses successeurs fondèrent au total 21 missions
en Californie, qui devinrent les principaux facteurs de
développement de la région.
Justification
émanant de l’État partie (Mexique)
Critère i : Les Missions de la Sierra Gorda sont le témoignage
de la coexistence culturelle de deux sociétés et
de l’environnement naturel ; sa lecture montre l’échange
de valeurs et d’influences entre évangélisateurs
et
indigènes. La richesse iconographique des façades
de leurs églises est le produit d’un travail créatif
commun, et le
fidèle reflet de la spiritualité et la cosmovision
des deux acteurs.
Critère ii : Le labeur évangélisateur le plus
complexe des franciscains dans toute l’Amérique se
reflète dans la
création architectonique et artistique des missions. La réalisation
de cet ouvrage d’énorme importance leur a
permis d’affermir l’endoctrinement du nord du Mexique,
le long d’un couloir qui se prolonge jusqu’aux parties
haute
et basse de la Californie, constituant de cette manière un
système culturel de grande importance. Et pourtant les
églises construites dans ces régions n’atteindront
ni l’ampleur ni les caractéristiques de celles qui
ont été
édifiées dans la Sierra Gorda.
Critère iii : Les cinq missions sont devenues des emplacements
d’une énorme valeur culturelle qui ont
réussi à conserver leur tracé et composition
spatiale d’origine, et un témoignage évident
de l’application d’un
système de domination religieuse du XVIe siècle utilisé
au XVIIe siècle. Les portails de style baroque métissé
de leurs
églises en sont des témoignages exceptionnels grâce
à la richesse de leurs formes et de leurs figures, au coloris
et
contenu iconographique, dont la lecture montre l’échange
de croyances entre deux cultures. Ils accomplissent en
outre une fonction didactique originale, celle de l’enseignement
de la doctrine, tout en transmettant un
message spirituel de grande valeur." (Extrait du texte Unesco)
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franciscaines de la Sierra Gorda
Parcours
pour le visiteur
Partir de Querétaro soit en voiture soit
en tour organisé (voir Office du Tourisme), prendre la 57
puis 120 via San Juan del Rio et Tequisquipian ou via Bernal (troisième
monolithe le plus grand du monde).

Commencez la visite par la Misión de Jalpán,
dédiée à Saint Jacques, à 190
km de Querétaro. Elle
est la première et la plus grande construite. Admirez la
façade avec les statues des Vierges de Guadalupe (pilier
de la foi mexicaine) et de Pilar (protecteur spirituel d'Espagne),
ainsi que le double symbole de l'aigle bicéphale dévorant
un serpent en bas de la façade. Le principal motif de cette
église est la coquille Saint Jacques.
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de Jalpan"
Puis la Misión
de Concá, 34 km plus loin vers l'ouest :
c'est la plus petite église de la Sierra Gorda. Avec une
étonnante et belle façade ocre rouge et orange, cette
église se distingue par d'imposantes grappes de raisins et
d'abondants feuillages de la vallée semi-tropicale de la
région. Admirez l'Archange Michel et les représentations
de la Sainte Trinité. Concá est dédié
à l'Archange Michel, vénéré par les
Franciscains comme "celui qui mène des âmes aux
paradis." Voir au sommet de la façade, une représentation
de la Sainte-Trinité.
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de Concá"

Reprendre la route en sens inverse pour vous rendre vers l'est (une
vingtaine de km entre Jalpán et Landa) et visiter la troisième
mission, la Misión
de Landa de Mataromos,
dédiée à la Vierge Immaculée
Conception. C'est la dernière mission construite et aussi
la mieux conservée avec son église, son cloître,
ses chapelles et un atrium. On peut voir sur la façade, une
mise en scène de plusieurs chapitres et interprétations
de la bible (niches abritant des statues de saints notamment). Cette
décoration de la façade symbolise "La Ville de
Dieu."
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de Landa"
Continuez au nord sur 10 km puis vers l'est sur 16 km jusqu'à
la Misión
de Tilaco, dédiée à Saint
François d'Asis. Cette mission est composée
d'une église avec une tour élancée, d'un couvent,
de chapelles ouvertes, d'un parvis et d'une croix artificielle.
Les statues de Saints comme St Pierre, St Paul, St Joseph et la
Vierge sont largement représentées avec des multitudes
d'anges jouant sans doute des huapangos
sur un violon et une guitare.
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de Tilaco"

Pour visiter la dernière mission, la Misión
de Tancoyol, reprenez la route en sens inverse jusqu'au
croisement de la 120 puis traversez la vallée boisée
de Tancoyol "lieu des coyotes". Sa façade dédiée
à Notre Dame de la Lumière s'orne de saints et de
symboles franciscains. Deux des colonnes à l'intérieur
sont, elles, couronnées d'un jaguar et d'un personnage aux
traits indiens. Sa façade est l'une des plus élaborées
des cinq temples. Un des éléments le plus remarquable
de cette façade représente six anges le long des côtés.
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ici pour afficher quelques photos sur la "Misión de
Tancoyol"
Toutes les missions sont ouvertes dès 7h du matin jusqu'au
coucher du soleil.
Sur le chemin du retour vers Querétaro,
vous pourrez visiter deux sites archéologiques. Tout d'abord,
Ranas (ouv.tlj jusqu'à 18h)
: zone archéologique possédant une ville forteresse
et un centre cérémonial avec jeux de pelote originaux,
des bases pyramidales et des places adaptées à la
topographie de la colline, le tout entouré d'une exubérante
végétation.
Puis, Toluquilla, un peu plus
à l'est. Ce lieu est placé de façon stratégique
au sommet d'une colline; on note ses quatre jeux de pelotes et un
bâtiment avec des restes de stuc sur son mur extérieur
(ouv.tlj jusqu'à 18h).
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ici pour afficher quelques photos sur la zone archéologique
de Ranas

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Je viens d´arriver à Irapauto(Guanajauto) et la découverte de ce site va beaucoup m´aider pour organiser mes excursions. Merci pour les conseils ! |
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