Un
peu d’histoire sur la ville de Mexico
Un aigle majestueux (le soleil), perché sur les figues d’un
cactus (le cœur des hommes), en train de dévorer un
serpent (la terre). Il n’en fallait pas plus aux Aztlans,
cette peuplade chichimèque
partie du Nayarit, errant depuis le XIIème siècle,
pour voir dans cette scène le signe des dieux : la halte
d’un peuple. Ici allait naître la ville des Mexicas
: Tenochtitlán.
Les Mexicas (ou Aztèques)
s’installent sur une terre oblongue de 3 km2, dans une zone
de marécages, sur le lac de Texcoco. Cet îlot est infesté
de moustiques et de serpents, mais cela ne décourage pas
la population qui nettoie le territoire et mange les reptiles. L’espace,
cependant, vient à manquer, d’autant que ce peuple
élu a décidé d’élever un temple
au dieu Huitzilopochtli. On entreprend donc de relier entre eux
les îlots alentour, grâce à un ingénieux
réseau de « chinampas » (radeaux de terre et
d’osier). Sur l’île voisine de Tlatelolco, est
bâti le premier temple, que les Aztèques
inaugurent par un grand sacrifice ; le sang coule sur la pyramide
de Huitzilopochtli.

En 1427, la cité s’étend sur d’autres
îlots ; en 1428, par le biais des alliances, les Aztèques
sont maîtres de la région.
Les villages de Tacubaya, Coyoacán,
Xochimilco, Iztapalapa
sont reliés à la ville par des chaussées plus
ou moins importantes. On pouvait se rendre à pied sur tous
les points de la ville. Au cours du temps, les Aztèques
réalisent des prouesses architecturales, en séparant
par des digues, les eaux salées et grises du lac de Texcoco
de celles du lac de Chalco, douces et claires. Digues et chaussées
étaient pourvues de pont-levis qu’il suffisait de lever
pour protéger la ville contre d’éventuels envahisseurs.
La cité s’organise autour de grands espaces, de vastes
avenues mènent aux temples et aux palais; le jeu de pelote
s’articule généralement dans des perspectives
monumentales. Les rues et places sont recouvertes de mortier et
pourvues d’un système d’égouts souterrains
qui évacuent les eaux usées. La sculpture sur pierre
témoigne d’une grande maîtrise de l’ornemental.
La population vit dans des huttes en roseaux, édifiées
sur les chinampas, véritables jardins flottants que l’on
cultive.
Mexico City (Tenochtitlan) before 1521 |
Early Mexico City (Tenochtitlan)... |
Map Mexico City/Tenochtitlan Overlay |
Mexico City back in the day... Tenochtit |
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Tenochtitlán était approvisionnée en or, esclaves,
tabac, fleurs, aguamiel, piments, volailles, grâce aux barques
à fond plat qui empruntaient les principaux canaux de la
ville : la Viga, Tacubaya, Xochimilco.
L’eau potable était acheminée par l’aqueduc
de Chapultepec jusqu’aux fontaines du « Salto
de Agua » (le saut de l’eau).
La vie à Tenochtitlán était paisible, mais
si la politique se faisait sur la place principale de la ville,
dans les temples impériaux, le véritable souverain
de la société aztèque
était Huitzilopochtli, le dieu de la guerre. Sous sa protection,
les Aztèques,
constamment en guerre contre les peuples riverains, étendirent
leur Empire de l’Atlantique au Pacifique. A l’arrivée
des Espagnols, quarante trois villes vivaient sous le joug de leur
empereur Moctezuma.
La
conquête
Le
22 avril 1519, jour du vendredi saint, les Conquistadors
débarquent sur la plage de Chachiunhcuenca (Veracruz).
Six mois plus tard, le 8 novembre 1519, les Espagnols
arrivent aux portes de Tenochtitlán, au milieu des lacs de
la vallée de l’Anahuac. La ville que découvre
Hernán Cortés
est vraisemblablement la plus grande du monde, elle compte peut
être 400 à 600 000 habitants. En 1521, le Conquistador
décide de raser Tenochtitlán.
Alonso Garcia Bravo est le premier urbaniste de la colonie. C'est
à lui qu'Hernán
Cortés confie la construction de la nouvelle ville de
Mexico. On doit donc à cet architecte la plupart des palais
de la noblesse espagnole, ainsi que les monuments publics de ce
début de siècle : palais de Cortés (palais
national), archevêché, université, portiques
du marché, mairie. La plupart des édifices coloniaux
sont regroupés dans le centre historique de la ville. Il
ne faut pas manquer certaines constructions publiques, (parfois
peu restaurées), de très bonne qualité comme
le palais de l'Inquisition, l'Académie de San Carlos, la
maison des Monnaies, les palais des comtes de Miravalle, du marquis
Del Prado Alegre, de la Borda, de Iturbide (siège de Banamex),
ou celui du marquis del Valle de Orizaba, aujourd'hui transformé
en café et connu sous le nom de "Casa
de los Azulejos" pour sa façade entièrement
décorée de carreaux de faïence bleue. Au sud
du centre historique de la ville de Mexico se trouve une autre localité
coloniale : "Coyoacán",
petit village aztèque dont le nom signifie en náhuatl
"lieu où se tiennent les coyotes". C'est dans ce
village que Cortés
fit établir la première mairie (1521) qui, aujourd'hui,
remplit toujours la même fonction (mairie d'arrondissement).
On visitera les maisons de ses deux compagnons de Conquête
: Alvarado et Ordaz. Sur la place, l'église Saint Jean Baptiste,
construite par les dominicains en 1583, est un bel exemple d'architecture
coloniale, (à noter le campanile massif). A l'écart
de la place principale, la "capilla
de la Concepción", plus connue sous le nom de
la "Conchita", fut l'une
des premières églises construites à Mexico.
L'actuelle façade date du XVIIème siècle.
En continuant à pied, le promeneur rencontrera un autre quartier
colonial : San Angel.
Deux placettes se disputent chaque samedi le marché des peintres
et celui de l'artisanat. Rues pavées de gros galets, bordées
de demeures du XVII et XVIIIème siècle, où
vivent de nombreuses personnalités du monde des arts et de
la politique. L'hacienda Goicoechea,
transformée en hôtel de luxe (Auberge de San Angel),
date du XVIIème siècle. Mexico recèle d'autres
richesses coloniales. Au gré des rues, on rencontre une belle
façade, un petit palais mangé par les jacarandas
et même, coincé entre les voies du périphérique,
une église aux pierres dorées datant du XVIIIème
siècle.
La ville coloniale n’acquiert une certaine
splendeur qu’au XVIIIème siècle. L’essor
de l’industrie minière, qui enrichit de plus en plus
les créoles et de moins en moins la couronne espagnole, l’agriculture,
florissante et spéculative, ainsi que l’influence de
la société française contribuent au rayonnement
de Mexico. En 1789, la ville compte 137 000 habitants. C’est
encore la plus grande ville d’Amérique. L’élite
créole et les riches métis imitent les sociétés
européennes, se piquent de connaître les philosophes.
On ouvre des cercles maçonniques, on imprime des journaux
politiques, la « Déclaration des Droits de l’Homme
» circule sous le manteau.
L’indépendance
A
partir de 1821, date à laquelle le pays accède à
son indépendance,
Mexico vit sous le règne des complots, des trahisons, des
pronunciamientos et des coups d’Etat.
Ce n’est que sous la férule du président Porfirio
Díaz que la ville se transforme et prend un air de capitale.
L’influence française y est omniprésente, incarnée
notamment par la colonie barcelonnette
qui prend une part active dans le commerce et les finances du pays.
Grands magasins, Mont-de-piété, assurances, banques,
l’architecture française marque de son empreinte la
capitale mexicaine, et surtout son Zócalo,
grande place centrale.
Sous la présidence du même Díaz,
Mexico s’agrandit, de nouveaux quartiers sont dessinés,
les haciendas ouvrent leurs espaces
et s’urbanisent. Les nouveaux bourgeois font bâtir des
« maisons à la française », réclament
des avenues, des opéras pour apprécier les artistes
internationaux, des cafés pour polémiquer, des jardins
et des allées, des fontaines et des parcs. Porfirio
Díaz leur offre tout. Il inaugure les clubs sportifs,
les restaurants, les salons de danse, aménage, à l’occasion
du centenaire de l’indépendance, le Paseo
de la Reforma, les Champs-Élysées de Mexico.
"
De nombreux canaux, certes, ont été supprimés,
mais l’essentiel demeure. Sur les conseils de scientifiques
français et allemands, on a fait planter des milliers d’eucalyptus
pour assainir certains quartiers. La bourgeoisie rayonne ; la population
atteint, au début du siècle, 541 000 habitants. En
1950, Mexico devient District Fédéral, un million
et demi d’habitants se répartissent sur 11 700 hectares.
A la fin des années 1950, c’est le chic : la ville
dépasse 4 millions d’habitants. Ernesto Uruchurto présidera
au déclin de la beauté de la capitale, au nom de l’efficacité
et du modernisme américain. Il fait tracer de nouvelles avenues,
dessiner des parcs, jaillir cent fontaines. Il crée un espace
réservé au tourisme, l’actuelle Zona Rosa, où
les marchands et restaurants les plus chers ont seuls le droit de
rester ouvert tard le soir. Bref, il modifie l’esprit de la
ville. Le Mexico de la rue se transforme, il devient « Mexico
metrópoli ». L’administration, les autorisations,
les passe-droits, les services vont rapidement attirer l’industrie.
En 1970, Mexico frôle les 10 millions d’habitants, 90%
de l’industrie se concentre alors dans la ville. Mais il est
trop tard pour décentraliser. En 1980, Mexico dépasse
les 14 millions. Sa superficie est de 150 000 hectares. La
population actuelle (2010) est de 23 millions, faubourgs compris,
incluant 3 millions de personnes dans les bidonvilles autour de
Mexico.
Mexico City - Gallery of History - Trium |
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Museum at Templo Mayor, Mexico City |
Templo Mayor beside el Zócalo, Mexico C |
Templo Mayor near El Zócalo, Mexico Cit | | >>> See more from this gallery |
Ciudad de Mèxico, Avenida Arcos de BelÀ |
Palacio de Bellas Artes, Ciudad de Méxi |
Tradicional mercado de niños dios en el |
Inscripciones abiertas para el XXX Marat |
Tradicional mercado de niños dios en el | | >>> See more from this gallery |
| Vidéo du ministère du tourisme mexicain (paroles en anglais) |
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