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Le
Mexique précolombien
LE
CLASSIQUE
 Teotihuacán
- « la cité des Dieux » en náhuatl
Parallèlement aux Olmèques, d’autres formes
culturelles s’étaient développées dans
différentes régions du pays. Sur les hauts plateaux,
près de la Vallée de Mexico, un groupe spécialisé
dans le travail et le commerce de l’obsidienne s’était
formé à Teotihuacán.
Les premières constructions, datées des alentours
du II ou le IIIème siècle avant notre ère,
révèlent une société complexe et puissante.
Peu après commence la construction de l’ensemble urbain
qui a survécu jusqu’à nos jours, orienté
nord-sud et flanqué des deux grandes pyramides appelées
pyramides du Soleil et de la Lune.
L’expansion rapide de la ville à partir
de l’époque du Christ, due à la croissance de
la population, obligea au développement des activités
agricoles. Les travaux d’irrigation couvrirent bientôt
toute la vallée. La construction de nombreux temples peut
s’expliquer par la présence d’un flot continu
de commerçants-pèlerins qui visitaient régulièrement
la ville.
Le
premier impérialisme
A
partir du second siècle de notre ère, l’expansion
des activités économiques adopte un modèle
impérialiste. D’une part, la région métropolitaine
déborde la vallée de Teotihuacán
et couvre la vallée de Mexico, puis celle de Puebla.
Son influence couvre aussi une grande partie de l’actuel Etat
d’Hidalgo où se trouvaient d’importants gisements
d’obsidienne. D’autre part, l’influence de Teotihuacán
se retrouve dans des régions très éloignées,
dans la vallée de Oaxaca,
dans le Veracruz et jusque sur
les hauts plateaux du Guatemala, à Kaminaljuyu, dans le Belize
et peut-être plus au sud encore.
La
ville s’étale
La ville continue à se développer selon le plan conçu
durant l’époque précédente. Les trois
éléments, temple, palais et marché, définissent
le caractère du pouvoir de Teotihuacán.
Le principe de la construction, basé sur le “talud”
et le “tablero”, le “plan
incliné et le plan vertical”, est défini et
sera conservé désormais. C’est la principale
innovation architecturale à Teotihuacán.
Autour du grand ensemble de l’avenue des Morts, on a retrouvé
les restes des quartiers où travaillaient les artisans spécialisés
en céramique, obsidienne, silex, etc. D’autres ensembles
d’ateliers ont disparu sans laisser de traces, tels ceux des
ébénistes, des tisseurs, des fabricants de paniers
et autres. On a retrouvé aussi les quartiers où vivaient
les étrangers dont les coutumes funéraires et religieuses
étaient différentes, ainsi que les entrepôts
où étaient conservés les objets ramenés
des lointaines contrées. La ville devient une véritable
métropole et couvre une surface d’environ 20 km2 où
habitent quelques 100 000 personnes.
 L’apogée
La période suivante, qui couvre trois siècles jusque
vers l’an 650, consolide la situation. La ville n’augmente
pas en surface mais devient plus dense, atteignant 200 000 habitants.
Comparée à Rome où il n’y avait que 10
000 habitants, Teotihuacán
était une ville immense. La plupart des constructions visibles
actuellement correspondent à cette période, car elles
n’ont pas été recouvertes. L’extraordinaire
vitalité de cette période a laissé des traces
jusqu’au Guatemala, à Kaminaljuyu et à Tikal
et au Salvador. Il ne s’agissait pas d’une colonisation
dans le style romain, mais d’enclaves commerciales peut être
appuyées par des troupes et d’où irradiaient
les influences techniques et religieuses.
La
chute
La chute de Teotihuacán
fut lente, ou plus exactement dut s’effectuer par une série
de revers tant internes qu’externes. La
région de Puebla semble
s’être émancipée, coupant ainsi la communication
avec Oaxaca et le Sud. Le déboisement
de la vallée paraît avoir provoqué de longues
périodes de sécheresse qui minèrent la production
agricole, créant le mécontentement des populations
envers la classe gouvernante, et finalement la pression des peuplades
moins civilisées des régions septentrionales que certains
croient être les Otomís, dut porter le coup de grâce.
Teotihuacán fut incendiée
et pillée. Le déséquilibre économique
et politique dû à cet effondrement eut des conséquences
désastreuses, non seulement sur les hauts plateaux mexicains,
mais aussi à Oaxaca où
Monte Albán
est abandonnée à la fin du VIIIème siècle
et sur les cités mayas dont la destruction et l’abandon
se situent au XVlème siècle à l'arrivée
des Espagnols.
Voir
le chapitre consacré à Teotihuacán
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ici pour afficher la sélection de photos sur Teotihuacán
MONTE
ALBÁN - centre de cérémonies
grandiose perché sur une colline qui domine la vaste vallée
de Oaxaca
La région de Monte
Albán était peuplée, au moins depuis l’époque
du Christ, par des peuplades zapotèques. Peu de sites ont
été complètement fouillés : Monte Albán,
le plus important, sert donc de référence. Comme beaucoup
d’autres régions, elle reçut dès le XIIème
siècle l’influence de la culture olmèque, mais
sut très tôt imposer ses propres caractéristiques.
Entre 650 et 200 avant notre ère se réalisa à
Monte Albán
une première étape de construction sur le sommet de
la colline qui domine la vallée. Certains ont avancé,
des hypothèses pour expliquer le sens des stèles gravées
connues sous le nom de “Danseurs”.
Il s’agirait de représentations des villages soumis,
humiliés par la défaite. La puissance de Monte
Albán se manifeste par l’ampleur des travaux mis
en oeuvre. Le sommet de la colline fut nivelé pour en faire
une grande place horizontale et couverte d’une couche de stuc.
Le plan d’ensemble fut tracé et les premières
constructions aux murs verticaux faits de grands blocs furent édifiées.
Sur les stèles, les inscriptions hiéroglyphiques sont
plus abondantes qu’avant et les numéros paraissent
indiquer les dates de certains événements.
Avec les “Danseurs” de Monte
Albán et les Joueurs de Balle de Dainzú
s’achève l’époque héritière
des influences olmèques du Chiapas
et du Guatemala, et commence celle de Teotihuacán.
 L’isolement
de Monte Albán
Du début de notre ère jusqu’au VIIIème
siècle, le monde méso-américain vit son âge
d’or. A Monte
Albán pénètre l’influence de la splendeur
naissante de Teotihuacán.
Certaines formes de poteries sont inspirées de celles des
hauts plateaux mais conservent en même temps les caractéristiques
locales. Cependant cette influence est vite éliminée
et la culture zapotèque commence son évolution indépendante.
Petit à petit, la vallée s’isole des contrées
voisines. La présence d’objets fabriqués à
l’extérieur diminue et disparaît complètement,
indiquant l’interruption des relations commerciales. Dans
la vallée, les villages se multiplient cependant et 18 d’entre
eux au moins peuvent être considérés de grande
importance. La population à Monte
Albán atteint 50 000 habitants. Les flancs des montagnes
sont disposés en terrasses pour augmenter les surfaces cultivées.
L’abandon
de la cité
La grande place est agrandie selon la manière méso-américaine,
c’est-à-dire recouverte par une nouvelle couche de
constructions plus grandes et plus somptueuses, les tombes souterraines
deviennent plus amples. Les dieux représentés sur
les urnes qui font la renommée de cette civilisation sont
plus nombreux. Bref, tout indique une emprise croissante de la classe
sacerdotale. Mais l’équilibre fragile qui existe entre
la production, la croissance démographique et les besoins
du clergé, qui absorbe une part toujours croissante des ressources,
ne tarde pas à se rompre. Au début du VIIIème
siècle commence le déclin de Monte
Albán. La chute de Teotihuacán
eut peut-être des influences encore mal connues sur le destin
de cette autre métropole qui, vers 750, sera abandonnée.
Pas de traces d’incendie ni de destructions vandaliques, tout
simplement l’abandon.
L’isolement, interdisant les échanges, étranglant
l’économie, accentuant l’emprise de la classe
dominante, en fut peut-être la cause.
Voir
le chapitre consacré à Monte Albán
Cliquer
ici pour afficher la sélection de photos sur le site de Monte
Albán
LES
MAYAS - civilisation contemporaine de Teotihuacán
-
La culture des Mayas est si proche de celle des Olmèques
que certains chercheurs en arrivent à affirmer qu’ils
en sont non seulement les héritiers, mais qu’ils formaient
un seul et même peuple. Les pyramides, les places, les stèles,
les jeux de balle, le dieu jaguar et les jades, les hiéroglyphes,
les mathématiques, les chronologies basées sur les
“séries lon gues”,
inventées par les Olmèques, se retrouvent et se développent
chez les Mayas.
Un vide culturel sépare néanmoins les dernières
manifestations olmèques des premières manifestations
des Mayas. Entre le IIème siècle avant notre ère
et le IIIème siècle de notre ère, rien ne paraît
indiquer la présence de peuples civilisés dans la
région où se développera la culture maya, hormis
les stèles et monuments datés de la côte Pacifique
du Chiapas et du Guatemala (Izapa,
BI Baul).
La culture maya se développa dans un vaste ensemble de villes-
sanctuaires, groupées peut-être par régions
formant des confédérations.
Le territoire lui-même se divise en quatre régions
:
La zone centrale qui couvre le Petén (Guatemala), le Belize
et la vallée du Motagua jusqu’au Honduras. Les sites
principaux sont Tikal, Uaxactun, Quirigua, Copán,…
La vallée de l’Usumacinta dans le Chiapas,
avec Palenque,
Bonampak, Yaxchilán, Piédras Négras
Les terres basses du nord qui couvrent toute la
péninsule du Yucatán, avec des sites comme Chichén
ltzá, Uxmal,
Cobá,
La
zone du sud qui couvre les hauts plateaux du Guatemala.
La
splendeur des cités sanctuaires
Des populations vivaient déjà sur l’ensemble
du territoire avant la construction des premiers sanctuaires urbains
et devaient, sous l’influence des Olmèques, avoir déjà
développé certaines formes régionales de cultures.
Sous l’influence des cultures de Teotihuacán
et de Monte Albán,
la civilisation maya cristallise vers la IIIème siècle
de notre ère, principalement dans la région centrale.
Tikal est l’ensemble le plus important. Le centre de cette
métropole, qui couvre 16 km2, possède plus de 3 000
constructions, dont la plus haute, le Temple IV, atteint 70 m.
Les crêtes surplombant les temples étaient décorées
de grands mascarons de stuc peint qui ont disparu. Aux pieds des
grands ensembles, des rangées de stèles peintes, stuquées
ou sculptées, et des autels circulaires paraissent indiquer
l’existence d’un culte des grands personnages. A côté
de ces représentations s’alignent des rangées
de glyphes et des dates dont la plus ancienne correspond à
l’année 292 de notre ère et la plus récente
à 879. Une période creuse paraît avoir existé
vers le VIIème siècle. Certains éléments,
représentations du dieu Tlaloc et des plates- formes à
“talud et tablero”, indiquent
une certaine influence de Teotihuacán
vers le Vème siècle.

Les mayas ont mis au point un système d’écriture
mi-pictogramme, mi-phonétique composé de 300 à
500 symboles. Dans les années 1980, on a enfin pu le déchiffrer
ce qui a constitué un progrès important dans la compréhension
de cette culture. Sur le calendrier maya utilisé par d’autres
populations précolombiennes, les mayas avaient même
noté les événements célestes et terrestres,
en imaginant les éclipses du soleil, les trajectoires de
la lune et de Vénus.
 La
vallée de l’Usumacinta
Dans cette vallée, qui traverse l’Etat du Chiapas
au Mexique, les influences de Teotihuacán
et du Petén se font sentir sur certains sites comme Piedras
Negras et Yaxchilán
mais la cité nécropole de Palenque,
avec son style d’architecture et sa sculpture, conserve une
personnalité très particulière. Située
à l’orée de la jungle, sur les contreforts de
la sierra, elle domine une vaste savane où abondaient les
villages agricoles. La richesse de cette région et la nombreuse
population qui y vivait ont permis la réalisation de ces
oeuvres splendides qui, comme les peintures de Bonampak
et le trésor de la tombe de Palenque,
sont des gloires de l’art maya.
Pour des raisons encore inconnues, Palenque
aurait été abandonnée par ses habitants et
occupée par des étrangers à la fin du IXème
siècle.
Le
Yucatán
Ses régions ont subi des influences diverses. Citons principalement
les styles Rio Bec, Chenes et Puuc. Le plus connu est le dernier,
avec des sites comme Uxmal,
Kabah, Sayil et Labna. L’architecture se caractérise
par la présence de constructions basses très allongées,
aux lignes horizontales très marquées, et aux façades
de pierres taillées et finement polies. Ces façades
sont généralement lisses, mais les frises sont toujours
chargées de motifs géométriques et de grecques
où abondent les représentations stylisées de
Chaac, le dieu de la pluie.
Voir
le chapitre consacré à Uxmal et la Route Puuc
Le
mystère de l’abandon des villes mayas
La période classique vécut son déclin vers
le IXème siècle. Dans certaines régions comme
la vallée de l’Usumacinta, à Palenque
en particulier, ainsi que dans le Petén, des traces de violence
et de destruction ont été découvertes. Changement
de climat, épidémies, révolutions, invasions,
toutes les hypothèses ont été proposées,
mais rien n’explique encore l’abandon définitif
des grandes cités mayas de la période classique. Ce
phénomène méso-américain restera encore
inexpliqué pendant longtemps. Dans la région
Puuc, la transition parut se faire plus pacifiquement et l’influence
des hauts plateaux mexicains, qui marquera la période postclassique,
se mélangera harmonieusement aux éléments mayas.
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au Mexique
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