C'est en 1492 que Christophe Colomb toucha terre à Saint-Domingue,
dans la mer des Caraïbes. Sur ses traces, les Espagnols colonisèrent
les divers archipels des Antilles. En 1517 et en 1518, Hernandez
de Cordoba et Juan de Grijalva découvraient simultanément,
plus à l'ouest, une autre terre qui n'était pas
une île, mais un continent. L'un d'eux débarqua d'abord
sur l'avant-poste de Cozumel
et baptisa ce monde occidental "Nouvelle-Espagne".
La Conquête
Découvert en 1517 par Francisco Hernandez
de Cordoba, le Mexique deviendra objet de la Conquête
en 1519. Une expédition espagnole quittait Cuba pour explorer
le continent. Elle gagna d'abord la proche péninsule
du Yucatán, et de là, l'actuel territoire du Tabasco.
Il se trouva sur place un marin espagnol naufragé du nom
de Cortés, qui avait eu le temps d'apprendre la langue maya.
Il est vrai qu'il avait reçu les leçons d'une princesse
indienne parlant aussi le náhuatl - langue des Aztèques
et de leurs alliés du plateau central. Cette princesse Malinche
- tel était son nom - n'en épousa pas moins Hernan
Cortés, le chef de l'expédition, qu'elle aida tout
le long des tortueux chemins de la conquête. Le fait est que
Cortés et ses conquistadors réussirent un
exploit assez exceptionnel. L'expédition ne comptait au départ
que 600 hommes et 17 chevaux. Elle avait des canons, des tromblons,
des armures, soit un équipement très supérieur
à celui des indigènes qu'elle affrontait. Elle était
animée, de plus, d'un formidable appétit de butin,
sans parler de son zèle pour la Sainte Croix (Veracruz).
Dans le camp d'en face, les superstitions et les intrigues jouaient
contre l'unité pourtant nécessaire, et sans doute,
l'empire aztèque avait atteint son apogée et n'attendait-il
plus que l'occasion de s'écrouler. C'est ainsi qu'une poignée
d'hommes résolus, en s'emparant de ce riche et vaste territoire,
saccagea ses temples, mit son peuple sous le joug, lui imposa la
domination espagnole, la religion catholique et la langue castillane,
et se saisit d'un fabuleux trésor. Puis, en mêlant
leur sang à celui des autochtones, ils semèrent les
germes d'une nouvelle race, celle des Mexicains.
Avec 600 hommes, Cortés prit le chemin de Mexico,
passant par Tlaxcala qui
se rallia à lui. A Cholula,
il massacra 3 000 Indiens soupçonnés de conspirer
contre lui. Reçu à Tenochtitlán
par Moctezuma, il fut hébergé avec ses troupes dans
le palais d’Axayacatl, mais se sentant peu sûr dans
cette ville immense, il retint l’empereur comme otage.
Durant une courte absence de Cortés qui était allé
combattre Narvaez, Pedro de Alvarado provoqua un soulèvement
des Indiens. L’empereur fut contraint, du haut d’un
balcon, de prononcer une harangue pour calmer son peuple, mais la
foule furieuse le lapida. Il mourut quelques jours après.
Cuitlahuac organisa ses troupes pour passer à l’assaut.
Cortés décida la retraite. La nuit du 30 juin 1520,
sous une pluie battante et harcelés par les Indiens, les
Espagnols durent battre en retraite. En souvenir de cette défaite,
ils l’appelèrent la “Noche
Triste” (la nuit triste). Ils se réorganisèrent
à Tlaxcala. Cortés
fit bâtir 13 bateaux pour traverser les lacs. Cuitlahuac périt
et Cuauhtemoc fut élu empereur à sa place. Avec une
immense armée d’indiens alliés et, après
75 jours de siège, Tenochtitlán
fut conquise le 13 août 1521 et Cuauhtemoc fait prisonnier.
La ville de Tenochtitlán
fut complètement rasée pour laisser pace à
une nouvelle capitale, Mexico, dont
la cathédrale
fut édifiée avec les pierres du grand teocalli (temple
principal) aztèque.
La domination espagnole
D’emblée la conquête du Mexique par les Espagnols prit trois aspects : économique bien sûr,
mais aussi religieux et culturel.
Après les troupes débarquèrent les moines franciscains
qui, par l’exemple de leur vertu, évangélisèrent
les Indiens. Ils fondèrent de nombreuses écoles et
prirent la défense des soumis. Bartolomé de Las Casas,
évêque du Chiapas,
et le juriste Francisco de Vitoria furent leurs grands défenseurs.
Bientôt arrivèrent les Augustins et les Dominicains
qui entreprirent la conquête spirituelle du pays.
Les Espagnols bâtirent leurs villes souvent sur l’emplacement
des villes indiennes, à Mexico,
Puebla, Oaxaca,
Valladolid, Guadalajara,
ou bien la route des gisements argentifères, Guanajuato,
San Luis Potosí,
Zacatecas, Fresnillo, Durango....
L’administration
L’autorité supérieure était le roi d’Espagne,
assisté, depuis 1524, par le Conseil des Indes. Le vice-roi,
avec l’appui d’une audience, gouvernait la colonie.
Le tribunal de l’inquisition, qui n’avait pas d’autorité
sur les Indiens, veillait au respect de la religion. L’Eglise
fut organisée par les archevêques et les évêques
nommés par les rois d’Espagne, mais les prêtres
et les curés étaient créoles et ne disposaient
que de rentes très modestes.
L’économie
L’Espagne interdisait le commerce avec les étrangers
ainsi que la fabrication de nombreux produits qui devaient être
achetés en Espagne. Ces interdictions favorisèrent
la contrebande et la piraterie. Les Espagnols introduisirent un
grand nombre de produits nouveaux, l’élevage, les animaux
de trait, le blé et d’autres céréales,
des fruits, le café, la canne à sucre, la cochenille,
qui se cultivaient dans les haciendas. L’Europe reçut
d’Amérique le maïs, les pommes de terre, le tabac,
les avocats, la tomate et le chocolat, entre autres. Mais les Espagnols
étaient surtout intéressés par l’or et
l’argent dont la production était la plus importante
du monde. L’activité économique suscita la construction
de grandes routes qui toutes convergeaient sur la capitale.
L’éducation
Des écoles furent fondées pour les enfants indigènes,
et c’est à Mexico que
les Espagnols fondèrent la première université
d’Amérique, en 1553. D’une qualité comparable
à celle des universités européennes, elle périclita
à la fin de la période coloniale, bientôt supplantée
par l’école des Mines. La Nouvelle- Espagne produisit
beaucoup d’intellectuels et d’artisans, dont on retrouve
les oeuvres dans la littérature, les sciences, l’architecture
et les arts.
Les
réformes du XVIIIème siècle
Pour lutter contre le pouvoir croissant de l’Eglise, les Bourbons
d’Espagne prirent des mesures pour suspendre la construction
de nouveaux couvents et l’admission de novices ; ils interdirent,
en outre, l’intervention des religieux dans les testaments
et les contraignirent à verser les rentes des terres et des
bâtiments au trésor royal. Enfin, ils expulsèrent
les jésuites de leurs territoires. Les idées libérales,
qui avaient entraîné l’indépendance des
Etats-Unis et la Révolution française, pénétrèrent
peu à peu les colonies espagnoles. Beaucoup pensaient désormais
que les réformes devaient être plus profondes.
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historique du Mexique
Qui sont ces gachupines
?
Au cours des trois siècles de domination sur le Mexique,
soixante deux vice-rois nommés per le Roi d’Espagne
se succéderont au sommet du gouvernement de la Nouvelle-Espagne.
Les plus célèbres restent Antonio de Mendoza, Luis
de Velasco, Revillagigedo et Bucareli qui surent gérer harmonieusement
ce vaste pays en l’administrant au plus grand profit de l’Espagne,
puisque toutes les richesses extraites du sous sol ou produites
par les artisans du pays neuf s’en allaient par delà
l’Atlantique. A Mexico, le vice-roi
était assisté d’une audiencia,
une structure qui combinait le pouvoir administratif et judiciaire.
Les divisions administratives étaient gouvernées par
des corregidores ou des alcades
mayores. Ces fonctionnaires étaient des gachupines
nommés et envoyés par l’Espagne, au contraire
des créoles, nés au Mexique.

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