Située dans l’Etat du
Michoacán à 115 km de Morelia, la réserve
de biosphère Mariposa Monarca s’étend sur
56 259 ha près de la province de "Mil Cumbres"
formé d’un ensemble de sierras et de collines.
Les points les plus élevés culminent aux environs
de 3600 m d’altitude. Les sols de cette réserve
sont formés de très légères cendres
volcaniques dont la capacité de rétention d’eau
est très élevée. Dans la partie la plus
basse, à 1500 m d'altitude, commencent à surgir
certaines espèces de conifères qui, à mesure
que l'on monte en altitude, apparaissent en groupes de plus
en plus denses; à partir de 2400 m apparaissent des oyamels
(Abies sp), des cèdres (Cedrella odorata) et des cyprès
(Cupressus sp); plus haut, à 2900 m, les cèdres
disparaissent pour laisser place à des massifs mixtes
de chênes verts (Quercus sp), d'oyamels et de pins (Pinus
sp), et, sur les hauteurs de plus de 3600 m, les oyamels deviennent
la végétation dominante, accompagnée uniquement
d'arbustes, de champignons et de plantes épiphytes.
L’espèce conifère « Abies religiosa
» détient un niveau d’humidité très
élevé et est capable de résister aux basses
températures ce qui constitue l’habitat préféré
des papillons monarques. Ce phénomène de migration
des papillons monarques a intrigué les entomologistes
et les biologistes : la migration saisonnière du Canada
vers le Mexique puis le retour de millions
et de millions de papillons orange foncé et noir de l'espèce
« monarque ».
Lorsque les nuits deviennent plus longues et les températures
plus fraîches, ce fameux papillon migrateur parcourt des
milliers de kilomètres qui le mènent du Canada
au Mexique, où il passe l'hiver avant
de repartir au printemps vers les contrées septentrionales
pour y pondre des oeufs. Les municipalités de Angangueo,
Ocampo and Zitacuaro abritent les sanctuaires les plus importants.
La migration est estimée à 20 millions de papillons
par saison !
C'est autour des Grands Lacs, dans les régions agricoles
du sud-est canadien et du nord-est des Etats-Unis, que naissent
les papillons monarques dans les champs de maïs et de soja,
où pousse -presque comme une mauvaise herbe- une herbe
vivace que les agriculteurs appellent asclépiade; il
s'agit d'une plante aux feuilles lancéolées, aux
fleurs jaunes en grappes et aux pédoncules rougeâtres
reliés à une tige remplie de latex, une substance
toxique que les papillons emmagasinent et qui leur procure une
protection contre les prédateurs.
Appartenant au genre Asclepias, cette plante revêt également
le nom d'herbe à ouate et s'utilise depuis des milliers
d'années dans les campagnes comme poison contre les rongeurs
et en herboristerie comme antiseptique et contre la constipation.
Elle est également connue pour soulager les douleurs
rhumatismales et dentaires ou provoquer des vomissements. Sur
les 108 espèces d'asclépiade étudiées
en Amérique du Nord, les Monarques ne déposent
leurs oeufs que sur 27 variétés capables de leur
apporter les défenses et l'énergie dont elles
ont besoin pour effectuer leur migration annuelle.
Cliquer
ici pour afficher la sélection de photos sur les papillons
monarques
Ce n’est qu’en 1975 que l’on a pu confirmer
cette migration du Nord vers le Mexique. L’odyssée
aussi spectaculaire que fascinant dure un mois à raison
d'une centaine de km par jour, parfois jusqu'à 130 km
lorsque les vents sont favorables, avant d'atteindre l'une des
quelque trente zones d'hivernage situées dans cette région
du Mexique central. Les papillons utilisent
les courants atmosphériques qui leur permettent de planer
et parcourant entre 3900 et 4500 km.
Quand chauffe le soleil dans les jours limpides d'hiver, des
milliers de papillons couvrent les troncs et les branches, créant
un ciel et un sol mobiles d'ailes tigrées, que l'on entend
dans le silence profond des bois comme une brise de feuilles
sèches.
Pour les techniciens des réserves, les Danaus plexippus
(nom scientifique) laissent une graisse sur l'écorce
des arbres et au sol, ce qui attire les générations
suivantes de papillons. Le papillon monarque ne migre qu'une
fois au Mexique. D’après les études
faites, il vit près de 9 mois alors qu’un papillon
normal a une longévité de quelques semaines, voire
quelques jours. Le papillon mâle meurt après l'accouplement
et la femelle après l'éclosion des oeufs.
Les scientifiques n’ont toujours pas percé le mystère
de l’orientation pour se rendre d’un point à
un autre ! Le printemps venu, les papillons effectuent naturellement
la migration vers le Canada et retournent au Mexique
à l'automne.
Les indigènes purépechas
interprétaient l'arrivée des papillons comme une
visite de leurs défunts, car elle précédait
les cérémonies célébrées
pour vénérer les ancêtres, rite qui durant
l'étape de la vice-royauté espagnole était
lié aux célébrations chrétiennes.
Les Mazahuas et les Otomís
nommèrent cet insecte La Cosechadora (moisssonneuse batteuse),
en référence aux cycles de production agricole.
Beaucoup de pertes de papillons causées par des éléments
naturels tels que les vagues de froid et chutes de neige ainsi
que la déforestation et l’épandage de pesticides
ont fait prendre conscience au gouvernement du Président
V. Fox (2000-2006), de l’importance de la sauvegarde de
ces papillons, d’où la multiplication des réserves.
La préservation des sanctuaires est également
l'une des priorités du gouvernement
actuel de Calderón (2006-2012). La conservation de cette
Réserve de biosphère résulte d'intenses
efforts conjugués de la part des gouvernements locaux
et fédéraux, des Etats, de la WWF-Mexico, d'organismes
nationaux et internationaux financés par des entreprises
privées et d'organisations communautaires de la région.
Dans le cadre de la reconversion d'activités productives,
de grands efforts ont été déployés
ces dernières années afin d'inciter le plus grand
nombre de familles notamment d'origine indigène à
comprendre réellement la signification du développement
durable (leur économie reposait encore récemment
sur l'industrie minière et l'exploitation forestière).
C'est seulement ainsi, en étant conscients et autosuffisants,
au regard des multiples opportunités qu'offre un Espace
Protégé comme celui-ci, qu'ils seront en mesure
d'harmoniser leurs efforts avec les actions de conservation.
Lisez un bel article TRES COMPLET de "Faune et
Flore du pays " sur la vie du papillon monarque :
.
Etude faite par le service canadien de la faune (article en
français).
Egalement un bel article de "Parc national du Canada
de la Pointe-Pelée" :
(article en français).
Consultez également le site de l'Université
du Kansas :
(site en anglais).
Prendre un tour organisé de Morelia pour
faciliter votre accès et obtenir de bons renseignements
sur cette migration étonnante (entrée du sanctuaire
$25 plus pourboires guides, ouvert 10h-17h, tlj entre mi-novembre
et mars). Comptez une journée complète.
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