Monte Albán, Mitlá, Yagul Page mise
à jour le 22.07.2008
L'état de Oaxaca regorge de ruines précolombiennes,
de musées, de magasins typiques et, par-dessus tout, le peuple
lui-même est fascinant.
A partir de Oaxaca, on peut visiter
plusieurs sites archéologiques, en particulier Monte
Albán (la "montagne
blanche"), Mitlá et Yagul.
MONTE
ALBÁN
Les vallées centrales de
l'état de Oaxaca, au climat
si doux, réunissent sur un petit espace un grand nombre de
sites archéologiques et de trésors coloniaux qui en
font une des régions artistiques les plus riches du Mexique.
En archéologie, plus de huit cents sites ont été
répertoriés, parmi lesquels seule une vingtaine ont
été fouillées partiellement jusqu'à
présent. Monte Albán,
Mitlá et Yagul figurent parmi les plus importants.
Photo de droite : vue sur Monte Albán
Monte Albán est situé
à 2 000 m d'altitude à 9 km de Oaxaca.
Ceux qui ont bâti Monte
Albán ont choisi le site pour sa position stratégique
et surtout pour une signification religieuse assez universelle :
plus près du ciel, plus près des dieux. Le travail
fut titanesque puisqu'ils n'hésitèrent pas à
raser sur plusieurs hectares le sommet d'une colline. Les prêtres,
les princes et les dieux se partagèrent la terrasse ainsi
créée. Bien plus tard, lorsque Monte
Albán et les autres cités mexicaines s'éteindront
brusquement sans qu'il soit possible d'expliquer cette décadence,
les Mixtèques reviendront sur le site abandonné par
les Zapotèques et en feront leur cimetière royal,
transformant ce qui avait été une cité sainte
en une cité des Morts.
Histoire
Les
premières constructions remontent aux environs de 500 avant
J.-C, et la ville connut son apogée entre 250 et 800 après
J.-C, avec un regroupement de près de 50 000 habitants sur
6 km2. D'autres centres comme Mitlá et Yagul s'établissent
dans la région à la même époque. A partir
de 800 apr.J.-C, les grandes cités commencent à décliner,
ce qui entraîne un éclatement du pouvoir central en
de nombreux petits états.
Photo de droite : vue sur Monte Albán
La ferveur des Zapotèques nous a laissé de nombreux
temples, soigneusement alignés et orientés. On rencontre
des pyramides tronquées, précédées de
portiques à colonnes, grande innovation au Mexique,
des palais reliés aux temples par un réseau compliqué
de souterrains, un grand nombre de tombes et un jeu de pelote.
Le tout est rigoureusement urbanisé et implanté en
fonction de la course du soleil et des points cardinaux.
Constructions
Sur le haut de la montagne, la grande place qui mesure environ 300
m sur 265, forme un ensemble au plan pré-établi
qui fut aménagé pendant près de quinze siècles
de travaux. Plus que les détails particuliers de ses monuments,
c'est l'ensemble qui attire l'attention par la sobriété
de ses lignes. Les promontoires rocheux, qui ne purent être
nivelés, furent incorporés aux constructions, ce qui
explique certains changements d'orientation, ainsi que la déviation
de certains escaliers.
Comme dans presque tous les cas, les surfaces étaient revêtues
d'une couche de stuc peint et de fresques qui ont disparu. Les élèments
décoratifs des façades et les lignes horizontales
qui caractérisent les constructions seront mieux appréciés
au coucher du soleil.
Photo de gauche : vue sur Monte Albán
Le Jeu de Balle est le premier monument que l'on visite.
La piste, en forme de H, est bordée d'une
terrasse puis d'un talus qui a perdu ses gradins, d'où les
spectateurs assistaient au jeu rituel. Cette piste, de type ancien,
ne comporte pas encore les anneaux caractéristiques (tlachtli)
qui n'apparaîtront qu'à l'époque toltèque.
Sur le sommet des talus existaient des temples dont il ne reste
aujourd'hui que les bases.
Les constructions qui suivent (édifices G,
H et I) se composent de larges
escaliers typiques de l'architecture zapotèque. La première
des 3 pyramides possède un escalier intérieur qui,
de la base, débouche au sommet. Un passage souterrain communiquait
avec les constructions du centre de la place. La dernière
plate-forme supportait une maison formée d'une cour centrale
entourée de chambres.
Dans l'ensemble situé au centre de la cour, une
petite construction de forme irrégulière (édifice
J), orientée vers le sud-ouest et percée d'un passage
intérieur, paraît avoir été un
observatoire astronomique. Une vingtaine de dalles incrustées
montrent des inscriptions composées de trois signes, l'un
représentant une colline dans le style zapotèque (ville),
l'autre un glyphe qui change chaque fois et le troisième
une tête renversée. L'ensemble représente probablement
les noms des villes conquises. Contrairement aux autres vestiges
du site orientés selon les quatre points cardinaux, cette
structure en forme de flèche suit une direction différente,
à 35° vers le sud-ouest.
Voici une petite
visite d'un des lieux touristiques les plus importants de
l'Etat de Oaxaca et du Mexique lui-même.
Des milliers de touristes mexicains et étrangers
visitent Oaxaca et en particulier
Monte Albán chaque
année.
C'est le centre religieux le plus important de la culture
Zapotèque. Situé à 9 km de la ville
de Oaxaca, il a été construit par les habitants
des villages de la vallée de Oaxaca.
Ensuite, il fut occupé par les Mixtèques jusqu'à
l'arrivée des Espagnols. Il est situé sur
un immense et impressionant plateau où sont répartis
des temples, des cours, des pyramides et environ 170 tombes.
Profitez bien de la visite !
La plate-forme du sud n'a pas été restaurée,
seul l'escalier a été reconstruit qui mène
aux ruines d'un temple.
A la base de la plate-forme, furent érigées des stèles
(originaux dans le musée) racontant probablement des conquêtes.
Le côté ouest de la place est bordé
de trois constructions séparées dont l'édifice
L. La première forme la base d'un temple
dont il ne reste que la trace des quatre colonnes de la façade
et le grand escalier avec paliers.
Celle du centre est appelée temple des Danseurs.
Le monument intérieur, recouvert plus tard par une autre
construction, fait partie des plus anciens de Monte Albán.
Il était formé d'une plate-forme aux côtés
tapissés de dalles gravées. Les personnages qui y
sont représentés sont appelés "danseurs",
sans doute en raison de leurs attitudes contorsionnées. En
réalité, il s'agit plus vraisemblablement des victimes
humaines d'un rite cruel de mutilation, ou bien de représentations
symboliques de villes conquises qui, dans un language ésotérique,
auraient perdu leur virilité. D'autres dalles du même
genre furent réutilisées postérieurement comme
éléments de construction. Les glyphes qui accompagnent
les personnages n'ont pas été traduits, mais ils démontrent
l'existence d'une écriture au moins cinq siècles avant
notre ère. La plate-forme actuelle soutenait deux petits
temples latéraux et une maison.
La dernière construction du côté ouest n'a encore
été que partiellement explorée.
Photo de gauche : fresque de
danseurs
L'ensemble nord est formé d'une vaste plate-forme à
escalier central. Les nombreuses tombes retrouvées
à la base contenaient des représentations de personnages
et l'ensemble de glyphes le plus important. Au sommet, un grand
vestibule soutenu par des colonnes permettait l'accès à
une cour enfoncée, au milieu de laquelle une stèle
gravée de hiéroglyphes se dressait sur sa base. Deux
constructions plus récentes avaient été édifiées
de chaque côté de la cour. Derrière, d'autres
ensembles de constructions, qui conservent des restes de colonnes
et de peintures murales, viennent à peine d'être explorés.
On vient de mettre à jour une sous-structure, appelée
" l'Edifice embijouté ", qui doit son nom à
ses décorations en forme de disques, rappelant le style de
Teotihuacán. Au point
culminant du site, se dresse, au nord-est du Patio
Hundido (patio enfoncé), l'edificio
del Vértice Geodésico (sommet géodésique).
Les tombes
De tous temps, Monte Albán
fut aussi une nécropole. Les nombreuses tombes qui y furent
trouvées, de tailles variables et de mobilier plus ou moins
riche, en témoignent. Même après l'abandon de
la ville, d'importants personnages y furent enterrés. Parmi
les plus intéressantes, la 104 présente une
façade décorée avec une niche centrale qui
conserve encore une urne représentant le dieu du maïs,
Pitao Cozobi. L'ancienne porte, formée par une dalle de pierre
couverte de glyphes, se trouve maintenant dans l'antichambre. L'intérieur
est couvert de peintures murales très bien conservées.
La Tombe 172, de la période tardive (Monte Albán
IV), conserve encore son squelette et tout son mobilier tel qu'il
a été trouvé. Parmi les quelques 150
tombes mixtèques dénombrées sur le site, la
Tombe n.°7, la plus connue, fut réutilisée
par les Mixtèques après l'abandon de la ville. A côté
du mort et de ses accompagnateurs, ils déposèrent
une grande quantité de bijoux et d'ornements en or incrustés
de jade, d'obsidienne, d'onyx ou de cristal de roche, qui sont maintenant
exposés au Musée régional de Oaxaca.
La tombe la plus belle est certainement la 105,
qui a admirablement conservé ses peintures représentant
l'ensemble rituel et religieux le plus important.
Beaucoup de tombes furent pillées et de nombreuses autres
restent à découvrir. Seules quelques constructions
de la place centrale sont restaurées, mais la visite laisse
une émouvante impression de majesté et de splendeur.
Ouvert tlj 8h-18h, $48 - Même billet commun
pour le musée du site qui réunit les originaux de
stèles dont vous voyez les copies sur le site. Ne manquez
pas la belle urne de la Dame à la coiffe de jaguar.
La boutique et la librairie sont bien achalandées et le restaurant
offre une excellente vue sur la vallée.
Photo de droite : jeu de balle côté
sud-ouest
Comment y aller ? La meilleure solution et à
un prix modique est le transport par bus organisé pour Monte
Albán qui part toutes les 30 mn entre 8h30 et 15h30 de l'hôtel
Rivera del Angel à Oaxaca
pour un tarif de $22,
516 53 27 / 514 31 61,
514 31 52 - retour entre 12h et 17h.
Trois heures de visite, site plus musée sont un minimum.
Vous devriez visiter Monte Albán au crépuscule, quand
les pierres acquièrent un ton rougeâtre et que les
nuages accélèrent leur allure sur les montagnes !
C'est assez beau.
Ce site ainsi que le centre historique de la capitale de
l'état sont inscrits au Patrimoine culturel mondial de l'Unesco
depuis 1987 :.
Les hôtels de cette localité sont en cours de réactualisation !
MITLÁ
Le
site
Située à environ 46 km de Oaxaca,
Mitlá est un des sites
connus depuis la Conquête puisqu'il est décrit dans
les documents du XVIème siècle, lorsque l'ensemble,
encore en parfait état, était occupé par les
Zapotèques.
Contrastant avec Monte Albán, l'austère et grandiose
Cité des Morts, Mitlá est plus proche de l'homme,
presque
accueillante,
avec ses grands palais blancs aux patios délicieusement sombres.
L'excursion à Mitlá a un double intérêt
parce qu'elle permet, en passant, de rendre visite à un survivant
des temps précolombiens : le vénérable cyprès
de Santa Maria del Tule, haut de 40 m et ayant 58 m de circonférence
auquel on attribue 2 000 ans ! Il a donc élancé ses
premiers rameaux au moment où les zapotèques bâtirent
le temple des Danzantes avec la collaboration
probable de quelques Olmèques. Il aura entendu les clameurs
des spectateurs qui assistaient aux matches de pelote. On dit que
sous son ombre, Cortès s'arrêta pour se restaurer quand
il fit sa grande expédition pour conquérir l'Amérique
Centrale.
Mitlá, la ville royale, est peut-être le seul site
précolombien du Mexique toujours vivant
aujourd'hui. Les pyramides proches de Mexico, Tula,
Teotihuacán par exemple,
étaient abandonnées bien avant l'arrivée des
Aztèques; et la jungle avait englouti depuis des siècles
les magnifiques cités mayas du Yucatán quand Cortès
débarqua. Seul Tenochtitlán et Mitlá avaient
tout leur éclat à l'arrivée des conquistadors.
Il est probable que Miltá existait déjà du
temps des Zapotèques. Mais ce sont les Mixtèques qui
lui ont donné sa véritable dimension.
Photo ci-dessus
: vue sur Mitla, groupe de l'église
De l'ancienne cité, il ne reste plus que cinq ensembles :
le groupe de l'Eglise (photo ci-dessus), ainsi
baptisé car les Espagnols y construisirent au XVIème
siècle, une église au milieu des palais ; le
groupe des Colonnes, le mieux décoré et le
mieux conservé des cinq ; le groupe de l'Adobe,
situé de l'autre côté du petit ruisseau qui
traverse la zone ; le groupe du Ruisseau, voisin
du précédent, et le groupe du Sud,
de l'autre côté du rio Mitlá.
Pour revenir aux deux plus intéressants
ensembles :
le groupe des Colonnes est constitué de deux groupes
d'édifices composés chacun de quatre plates-formes
encadrant leur patio. Toutes les faces du palais du Groupe des Colonnes
sont décorées de mosaïques de pierre finement
ajustées dessinant des losanges, des méandres et des
grecques. Au nord du patio principal, un bâtiment percé
de trois ouvertures s'étire sur une cinquantaine de mètres
de long. Un imposant escalier mène au Salón
de las Columnas, où six colonnes monolithiques de
4 m de haut, légèrement coniques, soutenaient jadis
une toiture. De là, un couloir mène à un petit
patio intérieur, le Patio de las Grecas,
entièrement couvert d'une mosaïque aux motifs de la
grecque. Dans le second patio, au sud, Le Patio
de las Tumbas, au sud, abrite deux tombes souterraines, dont
l'une renferme la Columna de la Vida.
Elles ont probablement accueilli les restes des seigneurs zapotèques
et mixtèques.
Visitez également le groupe de l'Eglise,
ainsi baptisé car les Espagnols y construisirent une église
baroque coloniale au milieu des palais, avec les pierres de l'ancienne
construction.
Photo de droite : décor de pierre
le long des façades propre à Mitlá
les grecques : ornements de motifs géométriques
entremêlés.
Le mot Mitlá, abréviation
de Mictlan, veut dire "le lieu des morts". Les Mixtèques, qui occupaient une vaste
région s'étendant sur une partie de l'Etat de Puebla,
de Guerrero et de Oaxaca, commencent
à pénétrer lentement dans les vallées
centrales de Oaxaca, en territoire zapotèque, au cours
du Xème siècle. Leur influence se généralisa
à partir du XIIème ou XIIIème siècles,
puis ils furent absorbés par les Zapotèques.
Différents centres urbains se développèrent
alors, tels Zaachila qui fut l'adversaire
de Mitlá. Monte
Albán, vénérée comme lieu sacré,
servit toujours de nécropole, mais la "mode" mixtèque
s'incorpora progressivement à la vie zapotèque si
bien qu'à l'arrivée des Espagnols, seule la langue
zapotèque était encore parlée dans la région.
A l'entrée du site, un marché artisanal propose de
l'artisanat local en particulier des textiles décorés
de motifs typiques de la région.
Le village
Ce qui reste de l'ancienne Mitlá,
formée des cinq groupes déjà cités,
ne correspond qu'aux palais de ses gouvernants. Le village, qui
devait se trouver aux alentours ou à l'emplacement de l'actuel,
n'a pu être fouillé. Sur la colline voisine existent
les restes d'une ancienne forteresse. Cette construction devait
sans doute servir de refuge contre les raids ennemis.
Le bourg de Mitlá mérite une visite pour son
musée d'art zapotèque qui conserve une intéressante
collection d'objets zapotèques et mixtèques en provenance
de la vallée.
La caractéristique fondamentale
de Mitlá est,
contrairement à Monte
Albán où abondent les temples, la présence
presque exclusive de grands palais. Ceux-ci
sont généralement formés par deux
ou trois "patios" communiquant entre eux par
des couloirs à angle droit et entourés d'habitations.
Certaines salles, auxquelles on accède par une
ou trois portes, possédaient, au centre, une rangée
transversale de colonnes qui soutenaient une toiture faite
de poutres de bois recouvertes d'une forte couche de mortier
et légèrement inclinées pour faciliter
l'écoulement des eaux de pluie. Les murs, de pierres
et d'argile, étaient recouverts d'une mosaïque
de pierres taillées et polies qui s'assemblaient
avec une précision extraordinaire, formant, en
différents reliefs, des grecques et des motifs
géométriques qui couvraient parfois des
surfaces immenses. Certains murs sont ainsi décorés
de dessins faits de plus de 100 000 élèments
taillés, polis et ajustés. Il est important
de remarquer que, si Mitlá a été
occupée temporairement par les Mixtèques,
nulle part ailleurs dans la région mixtèque
n'existent d'autres ensembles de grecques comme ceux de
la région de la vallée centrale de Oaxaca.
C'est donc une forme particulière et exclusivement
locale de décoration murale.
Le
mot mitlá est d'origine náhuatl et vient du
mot mictlán qui signifie "Lieu des morts"
ou "au-delà". Dans le language Zapotèque,
le lieu se dit lyobaa et signifie " Lieu de repos"
ou "Centre ou lieu de mausolées et enterrements".
La ville se situe à 40 km de Oaxaca.
Elle a atteint sa croissance maximale et son apogée
entre 950 et 1521.
"Durer" disait au sujet des trésors envoyés
par Cortès à Charles Quint : "J'ai aussi vu les
objets qui furent envoyés du nouveau pays de l'or à
notre roi.... Ils étaient si précieux qu'ils furent
estimés à plus de cent mille florins. Mais, quant
à moi, je n'ai jamais vu au cours de ma vie d'objets qui
réjouissent mon coeur comme ceux-là. Parce que j'y
ai vu de merveilleuses oeuvres d'art, j'en suis resté stupéfié
par le génie si subtil des hommes de ces terres lointaines."
La plupart des objets d'or produits au Mexique
ou utilisés à la cour aztèque furent fabriqués
par des orfèvres mixtèques, mais cet art aurait disparu
sans laisser de trace si les trésors de Monte
Albán (Tombe n.°7) et de Zaachila
n'avaient été découverts.
Les
Mixtèques produisirent aussi de magnifiques livres peints
appelés Codex. Dix ont
survécu et sont considérés parmi les plus beaux
produits d'avant la Conquête.
Les os gravés, les objets de cristal de
roche, les mosaïques étaient aussi une spécialité
de l'art mixtèque.
Comment y aller ? Départ toutes les 10 mn
du Terminal 2nde classe de Oaxaca
à partir de 6h jusqu'au village puis marche à pied
pour les derniers 500 m !
Sur
la route Oaxaca-Mitlá
Vous traversez le village de Santa Maria de Tule à 10 km
de la capitale de l'état pour admirer un cyprès géant
de 58 m de circonférence pour plus de 40 m de hauteur appelé
"ahuehuete" ou sabino.
Il orne depuis plus de deux mille ans, le cimetière et domine
la jolie église du XVIIIème siècle.
Photo de droite : église du bourg de Mitlá
Extrait
du commentaire de la vidéo
Une partie du circuit solidaire au Mexique organisé
par l'association Wirrarika Tatevari. L'Ahuehuete veut dire
en langue náhuatl : le vielle arbre à eau, du
au fait qu'il pousse dans les endroits ou se trouve des sources
souterraines. Leurs troncs varient entre 2 et 14 mètres
et ils peuvent atteindre jusqu'à 40 mètres de
hauteurs. Le plus ancien et le plus grand du monde est l'arbre
de Tulé à Oaxaca, il a 2000 ans, 43 mètres
de hauteur 14,05 mètres de diamètre. La légende
zapotèque soutient qu'il a été planté
il y a plus de 1400 ans par Pechocha, un prêtre d'Ehécatl,
dieu du vent. Cet arbre de la vidéo a 1500 ans, creux
à l'intérieur, ou jailli la source. On lui attribue
des qualités sacrées, et ils font partie des
légendes et de l'histoire de diverses populations ainsi
que de lieux. L'origine de ces arbres remonte à l'Ère
Mésozoïque entre 100 et 200 millions d'années.
Les hôtels de cette localité sont en cours de réactualisation !
YAGUL
Avant d'arriver à Mitlá,
en venant de Oaxaca, on passe à côté des zones
archéologiques de Dainzú,
de Lambityeco et de Yagul.
Bâtie au pied d'une colline, Yagul présente les mêmes
caractéristiques que Mitlá.
Occupée depuis la plus ancienne époque zapotèque,
elle subit, au cours des âges, les mêmes modifications
que celles que l'on a retrouvées dans les autres sites de
la région.
Le Jeu de balle, que l'on visite à l'entrée,
ressemble à celui de Monte
Albán et les restes d'un temple rappellent son origine
zapotèque. Les tombes souterraines à façades
décorées de motifs géométriques montrent
que les coutumes funéraires n'avaient pas changé.
Photo ci-dessous : entrée Tombe
30 de Yagul
Au
centre s'élève une grande plate-forme appelé
l'Acropole, supportant des groupes de palais et
de temples. On accède à la Tumba Triple, via un patio
encadré de quatre édifices. La Tumba Triple mène
à trois chambres funéraires.
Plus loin, de l'ancien Palacio de
los Seis Patios (palais des six patios), seuls des
vestiges de murs de pierre subsistent. La façade sud du palais
est délimitée par la calle
de las Grecas, un passage menant à une grande construction
rectangulaire, la Sala del Consejo
(salle du Conseil). La découverte d'une trentaine de tombes
confirme qu'il s'agissait d'un lieu résidentiel : les habitants
étaient enterrés sous le pas de leur porte. Le palais
des Six Patios était probablement la résidence des
seigneurs zapotèques.
Du haut de la colline, où se trouve les vestiges de la forteresse
(Fortaleza), vous
aurez une belle vue sur le site et la vallée de Tlacolula.
Comme à Mitlá,
la présence d'objets fabriqués dans d'autres régions
à partir du Xème siècle démontre l'ouverture
commerciale caractéristique de cette époque; là
aussi, une forteresse, bâtie au sommet de la colline, rappelle
Mitlá, et les palais,
construits en trois couches successives, couvrent des constructions
antérieures d'origine zapotèque. Les grecques qui
couvrent les murs, quoique moins importantes que celles de Mitlá,
témoignent d'une parenté évidente avec ce site.
L'ensemble des palais, plus complexe que celui de Mitlá,
n'est cependant pas aussi élaboré et décoré.
Les deux villes devaient cependant être contemporaines.
Que veut dire liste indicative des biens de l'Unesco ?
quant au choix d'inscription sur la liste indicative "les
caves préhistoriques de Mitlá et de Yagul"
et
pour les monuments archéologiques de Mitlá.
Alors que les Zapotèques semblent avoir été
de farouches guerriers dirigés par des princes et des prêtres
qui s'appuyaient sur une masse paysanne, les Mixtèques, fort
béliqueux eux aussi, ajoutèrent à cette stratification
locale une caste d'artisans spécialisés qui satisfaisaient
les besoins de luxe de l'élite et jouissaient de ce fait
d'un statut privilégié : ce sont principalement les
orfèvres, les tisserands et les "plumassiers".
Leur artisanat, et plus spécialement la joaillerie mixtèque,
est resté inégalé au Mexique.
Progressivement, les Mixtèques ont effacé et remplacé
la plupart des réalisations de leurs prédécesseurs
zapotèques. La façon dont ils les ont supplanté
est encore inexpliquée. Les ont-ils vaincus militairement,
est-ce un mélange racial qui leur a été favorable
? On ne peut le dire.
Quoiqu'il en soit, la puissance des Mixtèques était
très grande puisque les Aztèques, malgrè de
nombreuses tentatives, ne purent jamais les soumettre. Tout au plus
purent-ils leur faire accepter de se considérer comme les
vassaux de l'empereur aztèque. Mais leur indépendance
était grande; les Espagnols rendirent d'ailleurs visite,
à Mitlá, aux glorieux princes mixtèques qui
vivaient alors dans un luxe et un raffinement que ne connaissaient
pas les habitants de Tenochtitlán eux-mêmes.
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