Morelia, capitale de l'état du Michoacán s’appelait
à l’origine Guayangareo et était construite
sur la terre des purépechas, puis au temps de la conquête
fut appelée Valladolid, en hommage à son homologue
espagnol. Elle fut bâtie sur les mêmes modèles
que les villes espagnoles. Valladolid avait été
fondée par Antonio de Mendoza, premier vice-roi de la Nouvelle
Espagne. Un homme d'Eglise y imposa d'abord sa marque : Vasco
de Quiroga, premier évêque du Michoacán. Il
s'employa à fonder le Collège de San Nicolás,
l'une des plus anciennes universités des Amériques.
Dans les villages de son diocèse il sut encourager l'artisanat,
si bien que le Michoacán tient une place essentielle dans
les arts populaires mexicains. Don Vasco enseigna aux sculpteurs
sur bois l'art difficile de la lutherie, et de nos jours, les
meilleurs violons, les guitares les plus chantantes du pays viennent
encore de ces bourgades du Michoacán.
Par la suite, elle prit le nom de Morelia en 1826. L’origine
de ce nom n'est pas sans importance. Elle tient au nom d’un
prêtre très impliqué dans la lutte pour l’indépendance,
José María Morelos y Pavón. C'était
un métis qui, devenu prêtre, releva la bannière
de l'indépendance tombée des mains de Hidalgo.
Sa pensée toujours vivante, a profondément influencé
la politique mexicaine. Après la capture et l'exécution
d'Hidalgo, Morelos
réunit à Chilpancingo (aujourd'hui capitale du Guerrero)
le congrès d'où sortit la Déclaration d'Indépendance.
En réaction contre les Espagnols, qui avaient la haute
main sur l'économie aussi bien que sur le gouvernement
du pays. Morelos
réclamait un contrôle serré de l'immigration,
tout en soutenant l'égalité devant la loi de tous
les natifs du Mexique. Mais il fut battu par
l'homme qui devait, pour finir, devenir le premier maître
du Mexique indépendant : Agustín
Iturbide.
Morelia, construite toute en pierre rose a tout le charme d’une
ville coloniale. On trouve difficilement dans tout le Mexique
un tel ensemble de palais baroques immenses, d'églises
et de cloîtres de styles Renaissance et baroque, de fières
demeures et d'hôtels particuliers de style colonial. Son
climat doux varie entre 14°C et 18°C, toute l’année.
La ville est située à 1950 m d’altitude, au
nord-est de l’état. Elle atteint une population de
685 000 habitants pour un état qui en compte trois millions
(Chiffres 2007).
Morelia fait partie du patrimoine mondial de l’humanité
depuis 1991.
Extrait UNESCO :
« Édifiée au XVIe siècle, Morelia est
un exemple exceptionnel de planification urbaine qui associe les
idées de la Renaissance espagnole à l'expérience
méso-américaine. Bien adaptées aux pentes
de la colline centrale de la vallée, ses rues suivent le
tracé original. Plus de deux cents monuments historiques
reflètent l'histoire architecturale de la ville. Dans ces
chefs-d'œuvre construits en pierre rose caractéristique
de la région, l’esprit médiéval se
fond avec le style de la Renaissance, le baroque, le néoclassicisme
et des éléments éclectiques, avec une maîtrise
et un talent exceptionnels. Morelia fut le berceau de plusieurs
personnalités du Mexique indépendant
et joua un rôle important dans l'histoire du pays ».
Comme toute ville du Mexique, on commence la
visite par le Zócalo, place centrale et
en général, place où l’on flâne
et croise de petits vendeurs sympathiques. La place des Armes
a été construite entre 1541 et 1546 alors que le
kiosque fut construit seulement en 1887.
La Cathédrale domine le Zócalo.
Edifiée entre 1660 et 1744, elle offre un mélange
de néoclassique et de baroque, coiffée de deux tours
baroques atteignant une hauteur de 65 m. Les coupoles recouvertes
d’azulejos se découpent
sur le ciel bleu.
Photo de droite : façade de
la cathédrale de Morelia
Autant l’extérieur est assez jolie, autant l’intérieur
est sobre et peu d’intérêt depuis le remplacement
de certains éléments au XIXème siècle.
On peut quand même voir des retables néoclassiques,
un Manifestador (style baroque), des fonts baptismaux (style néoclassique)
faits en argent au cours du XVIIIème siècle, un
magnifique orgue allemand de 4600 tuyaux qui fait le bonheur du
Festival international d’orgues organisé chaque année
à Morelia. Voir également le Christ dans une des
sept chapelles latérales fabriqué d’une pâte
d’épis et de poudre d’orchidées appliquée
sur une armature de roseaux portant une couronne en or du XVIème
siècle offerte par Philippe II d’Espagne.
En face du côté de l’avenue Madero, se trouve
le Palacio de Gobierno (Madero # 63, ouv. tlj,
9h-19h) installé dans un ancien séminaire du XVIIIème
siècle, séminaire où étudièrent
les révolutionnaires tels que Morelos,
Ocampo, tous deux artisans du mouvement de l’indépendance.
L’intérieur est décoré de 3
fresques vivement colorées grâce au peintre Alfredo
Zalce qui a retracé les événements de l’histoire
du Mexique. Ses deux grandes cours hébergent les
principaux bureaux du gouvernement de l'État.
Pendant la Guerre des Réformes, le libéral Epitacio
Huerta prit d’assaut le séminaire, pour y établir
le siège du pouvoir exécutif de l'État en
1867. Depuis lors, il fonctionne comme Palais du Gouvernement.
Au sud du Zócalo, dans un ancien palais du XVIIIe siècle,
le Museo Regional Michoacano
(av. Allende et Abasolo, ouv. 9h-16h45, mar-sam et 9h-16h, le
dimanche, $35) retrace l’histoire de l’état
du Michoacán depuis l’époque préhispanique
jusqu’à la présidence de Lázaro Cárdenas,
enfant du pays (1934-1940). Ce musée abrite une petite
collection d'artisanat du Michoacán, qui témoigne
des plus riches traditions indiennes. On peut également
y voir une belle fresque murale du peintre Alfredo Zalce.
Le musée se trouve à côté du
Palais de Justice, un des plus anciens bâtiments
de la ville, construit au XIXème siècle. Sa façade
est éclectique, avec influence française; il a un
bel intérieur baroque, avec une belle cour spacieuse entourée
d’arcades et un imposant escalier. Une immense fresque d’Augustin
Cárdenas domine l’escalier central, œuvre peinte
en souvenir du Premier Tribunal de Justice établi selon
la Constitución de Apatzingán,
promulguée le 22 Octobre 1814. On reconnait une influence
préhispanique sur les éléments de décor
du 2ème étage.
Remontez vers le nord du Zócalo, passez devant le Palais
Municipal (Allende et Galeana), construit tout d’abord
pour une industrie de tabac, puis passé aux mains du Gouvernement
fédéral et devenu la mairie depuis 1859. Sa cour
octogonale est un authentique bijou de l'architecture de Morelia.
Visitez le Colegio San Nicolás
(Madero Poniente et Nigromante), fondé au XVIème
siècle qui fut la première université du
continent américain. Morelos,
Alfonso Reyes, Xavier Villaurrutia, Samuel Ramos, Diego Rivera,
Ernesto Cardenal, Pablo Neruda y furent élèves.
Hidalgo y fut étudiant,
professeur, trésorier et président d'université
avant d’être nommé curé de Dolores.
Ce collège avec une façade néoclassique et
dans son intérieur, une remarquable influence baroque,
abrite toujours une école préparatoire. Au premier
étage, se trouve la salle Melchor Ocampo qui peut être
visitée du lundi au vendredi de 8h à 15h.
Tout à côté, le Palacio
Clavijero, ancien collège jésuite
bâti en 1660, est un magnifique ensemble
abritant la bibliothèque de l’Université du
Michoacán (entrée libre), l’Office du tourisme
et certaines administrations du gouvernement de l’Etat.
A la fin du XVIIème siècle, le palais fut le Temple
de la compagnie de Jésus, puis le siège du Congrès
du Michoacán en 1824. Il est ouvert au public du mardi
au vendredi de 10h à 18h et les fins de semaine de 10h
à 19h, entrée libre.
La cour toute en pierre rose ornée d’arcades et d’une
fontaine centrale octogonale rappelle la tradition castillane.
L'antique collège jésuite doit son nom actuel à
un des plus brillants maîtres qu'eût cet ordre Francisco
Javier Clavijero, personne née en Veracruz, fils de parents
espagnols. Il fut formé à Paris, revint en Nouvelle
Espagne pour se charger des mairies les plus importantes dans
l’état de Puebla.
Il rentra à la Compagnie de Jésus, en 1748; là
il se consacra à l'étude des sciences physiques
et naturelles, et à l’étude des classiques
latin et castillane. Expulsé par les Jésuites, en
1767, Francisco Javier Clavijero s’exila et mourut à
Bologne, (Italie), le 2 avril 1787. Ses cendres reposent aujourd'hui
dans la Rotonde des Hommes Illustres à Mexico.
Vidéo sur l'état du Michoacán, tournée
par le secrétariat du tourisme de l'état
Le marché des friandises (mercado
de Dulces) et artisanat, localisé
derrière le Palais Clavijero vaut
le détour pour les gourmands. On peut trouver là
tout type de friandises régionales: ate
(sorte d’aspic de fruit que l’on mange avec
du fromage blanc), rompope,
fruits de la région ainsi que de l’artisanat
local des communautés indigènes du Michoacán
(ouv.tlj, 10h-21h).
Un peu plus au nord, l’ancien monastère dominicain
du XVIIIème siècle, Santa Rosa
(Santiago Tapia # 334) héberge un conservatoire de musique.
Il abrita la plus ancienne école de musique liturgique
d'Amérique. Il occupe une grande superficie entre deux
rues face à une jolie place et c’est sans doute un
des édifices les plus remarquables de la ville. Sa construction
commença vers le milieu du XVIIIème siècle.
Quand les religieuses qui résidaient dans ce couvent se
déplacèrent dans le nouveau monastère de
Sainte Catarina, l'édifice fut quelques temps abandonné
puis en 1738, l'évêque Matos Coronado l'acquit pour
le dédier au collège de petites filles sous le nom
de Sainte Rosa. Depuis, par la coutume populaire, on l’appelle
Les Roses.
Dans ce Conservatoire de Musique, ils se sont formés
et ils se forment toujours de grands maîtres. C’est
également l’enceinte des célèbres enfants
« Les Chanteurs de Morelia », groupe de grande qualité
artistique, dont la renommée a dépassé les
limites nationales.
L'église de cet ancien monastère dresse sa remarquable
façade baroque sur la place, ornée d'un monument
romantique dédié à Cervantès. C'est
également dans le monastère de Santa Rosa qu'a été
installé le Museo del Estado,
inauguré en 1986 qui présente trois sections : archéologie,
ethnologie et histoire. D’importantes collections archéologiques
de céramiques et de bijoux y sont présentes. Evénements
culturels organisés le mercredi et service gratuit pour
les visites guidées (Guillermo Prieto # 176, en face du
Jardin des Roses). On y trouve une ancienne pharmacie qui date
de 1868. Le musée est ouvert tous les jours, de 9h à
14h et de 16h à 20h sauf samedi et dimanche de 9h à
18h, entrée libre.
Encore plus au nord, la Maison de la Culture de Morelia
(Morelos Norte # 485) occupe l’intérieur de l’ancien
couvent des moines carmélites, appelé Convento
del Carmen, construit en 1596. Le couvent conserve des peintures
de célèbres maîtres. On peut y voir certaines
expositions temporaires. Site www.cmmas.org
ou info@cmmas.org (ouv.
de 10h à 13h et de 15h à 18h, lun-ven).
Photo de gauche : ex-convento del Carmen
Plusieurs musées font honneur à Morelos,
ce qui est l’occasion de redescendre l’avenue Morelos,
en passant près du Museo
de Arte colonial. Logé dans une maison
du XVIIIème siècle qui conserve toujours son style
baroque original, celui-ci est un petit, mais notable musée.
Ce fut par ailleurs la première imprimerie de la ville
(1821). Aujourd'hui le musée offre aux visiteurs des œuvres
d'art de l'époque de la vice-royauté ainsi qu'une
collection de christ fait avec de la pâte de canne de maïs
à l'époque de l'évangélisation. Ouvert
au public du lundi au vendredi de 9h à 20h et les fins
de semaine de 9h à 19h30.
Près de l’église San Augustin, on y trouvera
la Casa Natal de Morelos (ouv.9h-20h,
lun-ven et 9h-19h30, les fins de semaine, entrée libre),
son ancienne maison natale située Corregidora # 113 qui
abrite au rez de chaussée, une bibliothèque et des
peintures murales d’Alfredo Zalce.
L’église San Augustin:
Dans cet édifice qui date du XVIème siècle,
de façade de style plateresque tardif, on adore l'image
de la Vierge du Secours, cadeau de Santo Tomás de Villanueva.
Sa tour date du début du XVIIème siècle.
Son cloître, d'influence gothique, est d'une dignité
surprenante.
A deux rues vers l’est, le Museo de Sitio Casa
Natal de Morelos situé av. Morelos # 323,
dans une demeure du XVIIIème siècle, de style baroque,
retrace l’histoire de l’indépendance du Mexique
et abrite des meubles, des photographies, des documents, des peintures
et objets personnels du Héros (ouv. 9h-17h, lun-sam et
9h-16h le dimanche, $29).
A 300 mètres vers le nord-est, à côté
de la Place Valladolid, la Casa
de las Artesanías héberge un autre
aspect des traditions populaires du Mexique.
L’artisanat des villages de l’état de Michoacán
est sans aucun doute, un des plus riches avec celui de l’état
de Oaxaca. Quand on aime ce type
d’artisanat, on aurait tendance à vouloir tout acheter
mais le porte-monnaie nous rappelle à l’ordre ! C’est
à la fois un musée (Museo
de los Dulces) et une boutique d’art populaire.
L’entrée de la Casa de las Artesanías
(ouverte tlj, 9h-19h) se trouve sous les arcades de la place Valladolid
adossées au Templo et Ex-Convento
Franciscano (Fray Juan de San Miguel #129 et Humboldt),
plus vieille église de la ville, d’abord construit
comme chapelle puis en 1575 devient église dont les travaux
furent terminés en 1610. Le travail de type plateresque
est remarquable et sa voûte de toute beauté.
Photode
droite : brodeuse à Morelia
A côté de la poste, visitez le beau Temple
des Nonnes (Templo de las Monjas)
situé sur l’avenue Francisco Madero Oriente. Il fit
partie de l'ancien couvent de Sainte Catarina, construit entre
1729 et 1737, en pleine période du baroque. Sa façade
est très sévère avec des réminiscences
plateresques. A l’intérieur, le Christ gisant fait
avec des roseaux de maïs et d’orchidées mérite
l’admiration. Les gens du peuple l’ont appelé
« des bonnes sœurs » parce qu’il a appartenu
à l’ordre des « Catarinas
».
A l’est du centre ville, le Museo
de Arte Contemporaneo (Acueducto # 18, ouv. 10h-20h,
mar-ven et 10h-18h les fins de semaine, entrée libre) possède
un bel ensemble d’œuvres de Zalce et d’autres
artistes contemporains. L’édifice date du XIXème
siècle et présente une influence française
notable. Il se trouve tout à côté du Musée
d’histoire naturel, portant le nom du Dr Manuel Martinez
Solorzano, médecin, naturaliste et savant de Morelia (ouv,
tlj 9h-18h, entrée libre).
Les deux bâtiments se trouvent à la lisière
du Bosque de Cuauhtemoc, le plus grand parc de Morelia. Pour vous
y rendre, passez devant l’aqueduc du XVIIIème siècle
(1785) qui compte 253 arches, qui fournissait
toutes les fontaines de la ville, en eau potable et qui a permis
de donner du travail aux indigènes de la ville. Cet aqueduc
avait été ordonné par l’évêque
Fray Antonio de San Miguel suite à une pénurie d’eau
pendant deux ans.
En suivant la Calzada Fray Antonio
de San Miguel, rue pavée et piétonne,
construite en 1732 et restaurée par frère Antonio
de San Miguel (de qui elle prit le nom), vous passez tout d’abord
dans un charmant quartier de belles maisons de campagnes des XVIII
et XIXème siècles, puis vous arrivez au Santuario
de Nuestra Señora de Guadalupe, construit
entre 1708 et 1716. Son portail est de style baroque. Seul l’intérieur
du sanctuaire vaut le déplacement. Il a été
décoré en 1915 par Joaquin Orta, avec un mélange
d’art baroque et d’art Nouveau. Les couleurs vives
utilisées, jaune, rouge et fuchsia sont de toute beauté
et cet artifice de couleurs marque les esprits. Il abrite aujourd’hui
la Faculté de droit de l’Université du Michoacán.
Très belles prises de vues
sur le monde des Purépechas
10 ans de voyages
dans le monde de la communication indigène. Célébration
de 10 ans de travail journalistique dans la région
purépecha
Pour la réserve des papillons monarques, prendre un tour
organisé de Morelia pour faciliter l'accès et avoir
de bons renseignements sur cette migration étonnante (entrée
du sanctuaire $25 plus pourboires guides, ouvert 10h-17h, tlj
entre mi-novembre et mars). Comptez une journée complète.
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