L'armée zapatiste de libération nationale (en espagnol
: Ejército Zapatista de Liberación Nacional,
EZLN) est un groupe révolutionnaire basé au Chiapas,
l'un des états dont les habitants sont parmi les plus pauvres
du Mexique. L'EZLN affirme représenter les
droits des populations indigènes dont les diverses ethnies représentent 40 % de la population
du Chiapas, et est aussi un symbole
de lutte antimondialiste. Le nom du groupe vient du révolutionnaire
mexicain Emiliano Zapata. Ils
se considèrent comme ses héritiers et les héritiers
de 500 ans de résistance indigène à l'impérialisme.
Un
bref historique
Le Premier JANVIER 1994, date
de mise en application de l’accord du Libre Echange ALENA,
l’armée zapatiste de libération nationale (EZLN)
attaquait San Cristóbal,
3ème ville du Chiapas et
une dizaine d’autres localités. Après quelques
heures de combat, elle s’emparait de la mairie défendue
par quelques policiers incapables de résister aux centaines
de rebelles qui avaient préparé, dans le plus grand
silence, le premier soulèvement des temps modernes au Mexique.
La révolte dérangeante des Indiens du Chiapas avait un double objectif : exiger des élections sans fraude
pour mettre fin à la domination absolue du PRI (parti de la révolution institutionnelle) du 1929 et protester
l’entrée en vigueur de l’accord de libre-échange
avec les Etats-Unis et le Canada dont ils craignaient de faire les
frais.
Le nom zapatiste
vient de leur modèle Emiliano Zapata,
« le héros des paysans » assassiné
en 1919, restant encore à ce jour le symbole de la
lutte paysanne contre la misère et pour la répartition
équitable de la terre.
Né en 1879 dans l'Etat de Morelos,
dans une famille de paysans indiens, E.Zapata fut confronté dès son enfance à la
pauvreté des paysans mexicains, engendrée
par un système agraire contrôlé par
les grands propriétaires. Le mouvement révolutionnaire
ELZN s'inspire de son oeuvre, le Z du sigle signifiant zapatiste.
La
répartition des terres est un thème qui revient souvent
dans les déclarations des Indiens du Chiapas, qui dénoncent
le recours des grands propriétaires à des prête-noms
pour dépasser les limites autorisées.
Photo de gauche : Terre et Liberté
d' E.Zapata
L’armée mexicaine a fini par rétablir l’ordre
faisant 150 victimes dont la plupart côté zapatistes.
Après douze jours de combat, le Président en fonction Carlos Salinas proposa une trêve
et ouvrit des négociations sur deux thèmes fondamentaux
: droits politiques et économiques. Ces négociations
ont abouti aux accords de San Andrés signés en 1996 entre les zapatistes et les représentants
gouvernementaux, accords sur les droits des cultures indigènes
mais ces accords n’ont jamais été ratifiés
par le PRI, seul parti au pouvoir ce qui a eu pour conséquence,
la reprise de la violence en 1997 et 1998.
Le mystère sur l’identité de l’énigmatique
« sous commandant Marcos »
(ancien professeur d’université) qui n’a pas
quitté son passe-montagne au cours de l’occupation
de San Cristóbal, a contribué
à alimenter les rumeurs les plus diverses. Ce « robin
des bois » dit parler au nom du Comité clandestin révolutionnaire
indigène, « l’organe suprême » de
la guérilla. Sa véritable
identité n’a été dévoilée
qu’en 1995 (le seul à ne pas être indien parmi
les zapatistes).
Les rebelles décidèrent de ne pas
recourir à la force militaire mais d’utiliser des outils
de communication comme Internet et les médias attirant l’attention
internationale sur le triste sort des paysans mexicains : .
Vous trouverez également des informations intéressantes
sur le site en anglais :
Ce conflit n’est pas apparu du jour au lendemain.
Il correspondait à l’aboutissement d’un processus
d’organisation ample et complexe face à une situation
historique injuste. En ce qui concerne les antécédents
du conflit, on peut identifier certains facteurs contribuant à
la naissance de l’EZLN :
le conflit se fonde sur le paradoxe d’un état riche
ayant les populations les plus pauvres du pays. Dans un état
générant 35% de l’énergie électrique,
34% des maisons n’ont pas d’électricité.
Dans une zone riche en pétrole, en ressources naturelles
et agricoles, près de 60% de la population survit avec à
peine un salaire minimum. 60% des enfants en âge scolaire
ne peuvent aller à l’école et le taux d’analphabétisme
atteint 30%. Seuls 57% ont accès aux canalisations d’eau
potable. Ces chiffres datent de 1994 mais des statistiques plus
récentes indiqueraient les mêmes tendances.
Une situation de forte discrimination raciale bien que la population
indigène représente quasiment 30% de la population
totale et la quasi-totalité de la population de la zone dite
« de conflit ».
la réforme de l’article 27 de la Constitution de 1992
qui, en facilitant la commercialisation des terres, a signifié
un affaiblissement du système « ejidal », structure fondamentale de l’organisation communautaire
indigène.
L’espoir est revenu lors de l’arrivée au pouvoir
du Président V. FOX (PAN). Dés sa prise de fonction,
il demanda l’examen par le Sénat d’un projet
de loi fondé sur les Accords de San
Andrés. Les zapatistes avaient demandé trois
conditions pour reprendre les négociations : le retrait des
forces armées d’une partie du Chiapas,
la libération des zapatistes emprisonnés et l’approbation
du projet de loi par le Congrès. Ayant obtenu partiellement
satisfaction, Marcos et son mouvement zapatiste entreprirent une
immense marche vers la capitale, Mexico (3000 km) en février 2001. Marcos fait un discours devant
les représentants du Peuple. Malheureusement la loi de promulgation
apportait des modifications aux accords de San
Andrés que les zapatistes ont jugé inacceptables.
Ils décidèrent de rompre toute négociation
et de rentrer en résistance.
Photo
de droite : marche du sous commandant Marcos avec ses troupes (site : www.ezlnaldf.org)
Depuis septembre 2003, une stratégie moins
agressive et plus pragmatique a commencé à pointer
son nez. Les zapatistes le savent : « depuis 500 ans, le pouvoir
refuse de les écouter, le temps joue en leur faveur ».
Le Président
V. Fox n’a cessé de rappeler que le problème
indien était l’une de ses préoccupations mais
à la fin de son mandat, le problème restait entier.
Que va faire le nouveau
Président nommé fin 2006 ?
Le Chiapas est un état
très riche en termes de ressources naturelles, principalement
au niveau du pétrole, de la biodiversité particulièrement
au sein de la Selva Lacandona. Une très grande partie de
l'électricité nationale y est produite fruit d'un
système hydrographique le plus important du Mexique.
Cependant, la population de cette région est l'une des plus
pauvres du Mexique. L'autonomie voulue par l'EZLN
inclut le contrôle de ces ressources par les populations locales.
En juillet 2007 a lieu la deuxième rencontre entre les peuples
zapatistes et les peuples du monde (el secundo
encuentro de los pueblos zapatistas con los pueblos del mundo).
Durant une semaine, plus de 2000 sympathisants de tous les continents
viennent assister à des conférences et tables rondes
et rencontrer les zapatistes dans les communes autogérées.
Qu'est-ce
que le SIPAZ ?
Le SIPAZ est un programme d’observation internationale
créé en 1995 pour effectuer un suivi du conflit au Chiapas suite au soulèvement
de 1994. Il encourage la recherche de solutions pacifiques et la
construction d’une culture de paix, de dialogue et de tolérance
entre les acteurs politiques au Chiapas,
et plus récemment dans d’autres régions (Etats
de Oaxaca et de Guerrero). pour consulter leur site en plusieurs langues notamment en langue
française.
Vidéo sur les guerillas
en Amérique Latine et le mouvement
zapatiste (commentaires en français) - Che Guevarra
en milieu de vidéo
A la
suite des élections du 02 Juillet 2006, le Centre
des Droits Humains Fray Bartolomé de Las Casas apporte
des commentaires sur le résultat des élections
dont le Sipaz, dans son rapport de Juillet 2006 diffuse
un large extrait en français.
Le site du Centre des droits de l'homme, créé par
Monseigneur Samuel Ruiz pour la défense des droits des indiens du Chiapas est le www.frayba.org.mx , également consultable le site du congrès national
indigène : www.laneta.apc.org/cni - Tous ces sites sont en langue espagnole uniquement.
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posted on 11/11/2009 - 01:11 by Larabiadelpueblo
La lucha es como un circulo, puede empezar en cualquier punto pero no se termina !