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"Chaque Mexicain est musicien dans l’âme"
C'est en chantant la musique que les peuples d'Amérique
centrale apprenaient et perpétuaient leur histoire. Jusqu'à
ce que cet usage eût été interdit par les Espagnols,
ils chantaient leurs tribus, les astres, les dieux, la chasse, l'amour
et la vie future. Les Espagnols s'abstinrent de transcrire jusqu'aux
paroles de ces chants "remplis de choses diaboliques",
comme disaient les moines-missionnaires. Dans le même esprit,
ils interdirent les danses traditionnelles.
Celles-ci n'allaient jamais sans musique. Parmi les instruments
couramment utilisés, citons la flûte, le sifflet, le
tambour et autres percussions, la trompette sous diverses formes
et la crécelle, tout cela, évidemment, ne ressemblant
que de loin aux instruments que nous désignons des mêmes
noms, puisqu'ils étaient fabriqués à partir
de conques marines, d'os de cerf ou de terre cuite. Les plus anciens
datent au moins de 1500 ans avant J.-C. Le teponaztli,
large tambour rond, accompagnait les danses. Le huehuetl,
autre tambour, pouvait avoir jusqu'à 1,20 m de hauteur, et
on en jouait verticalement. Fait d'une grande bûche évidée
et tendue d'une peau, il était souvent sculpté avec
recherche ou peint de vives couleurs.
Les
sifflets de bambou, de terre cuite, d'os ou de bois étaient
sculptés ou modelés en forme de chien, de singe, d'oiseau,
ou à l'image d'une divinité. La carapace de la tortue
de mer fournissait un instrument à percussion appelé
l'ayotl, très répandu dans tout le pays à
l'époque classique. Sur la côte orientale, les tambours
du même type étaient sculptés et peints, et
parfois même réhaussés d'or. De la calebasse
on faisait des crécelles également peintes et décorées.
L'on peut, sans doute, excuser les Espagnols de n'avoir pas été
sensibles aux beautés de la musique pentatonique des Aztèques.
Ils auraient pu, au moins, s'émerveiller de telle flûte
à double ou triple embouchure qui existait en d'autres régions,
avec une étendue de seize tons.
Les compositeurs mexicains des temps modernes introduisent volontiers
des éléments de musique précolombienne dans
leurs oeuvres.
Manuel Ponce (né en 1886), étudia en Italie et à
Berlin avant de séjourner à Paris (de 1925 à
1933), d'où il regagna le Mexique après
avoir été nommé à la chaire de folklore
musical de l'Université de Mexico. Il devint par la suite
directeur de l'école de musique de l'Université.
Silvestre Revueltas (né en 1889), placé à la
tête de l'Orchestre Symphonique de Mexico, se fit connaître
en Europe en 1937. C'est à l'extraordinaire succès
de ses musiques de film qu'il doit sa plus grande notoriété.
Rodolfo Halffter, né à Madrid en 1900, devint citoyen
mexicain en 1939.
Ana Zakalow régla la chorégraphie de son ballet le
plus connu "Don Lindo de America".
Carlos Chavez (né en 1899), présida en 1928 à
la création au sein de l'Orchestre National, de l'Orchestre
de l'Union des Musiciens qu'il dirigea plus de vingt saisons de
suite, jusqu'à son départ en 1948. Il a composé
plusieurs ballets, dont "Los Cuatro Soles" et
"La Hija de Colquide".
Blas Galindo-Dimas (né en 1910) entra au Conservatoire national
de musique en 1931. En 1941-1942, il étudia la composition
aux Etats-Unis avec Aaron Copland. Son oeuvre, d'une belle étendue,
comporte des pièces symphoniques, de la
musique de chambre et des arrangements pour choeur de chansons populaires
mexicaines.
Musiques
Danses

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