Musiques mexicaines Page mise
à jour le 27.05.2008
"Chaque Mexicain
est musicien dans l’âme"
Les
différentes musiques
Toutes les fiestas,
quelque soit le motif, ont un élément commun : la
musique.
La musique, tout comme l’art pictural, a une histoire riche
et variée. Les Mexicains ont, semble-t-il un accompagnement
musical pour tous les actes de la vie. Le chauffeur fonce au fracas
de sa radio portative tandis que le guitariste monte dans l'autobus
en grattant son instrument. Le chanteur en haillons, le sombrero
fatigué en bataille, débite ses refrains sur la place
du marché. Un groupe de Marimba
installe ses instruments sous les ombrages d'une avenue résidentielle,
joue un premier air, et attend qu'un passant en réclame un
autre.
Quelques instruments nous enseignent ce qu'était la musique
précolombienne : notes aiguës de la chrimia,
sonorités de la conque, ou
tintement de la huehuetl. Ceux-ci,
parmi des centaines d'autres, à vent ou à percussion,
témoignent de l’ingéniosité des musiciens
d'avant la Conquête. Les Espagnols introduisirent de nouvelles
formes musicales et une grande diversité d'instruments à
cordes qui se répandirent rapidement jusqu'aux régions
les plus reculées du Mexique. On les trouve
partout, parfois transformés suivant le génie de l'artisanat
local : des violons rudimentaires Huichols
aux mandolines faites d'une courge des Lacandóns.
Pendant la période coloniale, des troupes de musiciens et
de danse espagnols faisaient des tournées au Mexique.
Les romances, les malagueñas, les
fandangos de la vieille Espagne prirent ainsi racine et au
fil des ans une musique entièrement nouvelle se développa.
Chaque région possède sa musique au même titre
que sa cuisine et son artisanat. Cinq d'entre elles se distinguent par la richesse
et la variété de leur répertoire populaire
:
l'Etat de Jalisco,
Tierra caliente — terre brûlante,
près de la côte, à la lisière de l’Etat
de Michoacán,
l'Etat de Guerrero,
la zone côtière de l'Etat
de Veracruz, appelée La Jarocha,
le Huasteca, au nord-est, vaste étendue de pays qui comprend
des fractions des Etats de Veracruz,
Hidalgo, San
Luis Potosí, Tamaulipas, Querétaro
et Puebla. Chacune a ses
« sones »,
airs, qui accompagnent des poèmes, ou coplas
et souvent aussi une danse — d'ordinaire un zapateado
rythmé. Instrumentation, rythme, thèmes musicaux,
exécution de la danse varient suivant le lieu.
Photo de droite : groupe
de musiciens Tlen Huicana de Veracruz (harpe Jarocha)
Le
son jalisciense, originaire
de la province de Jalisco, est
connu en dehors du Mexique. Il évoque les
groupes de mariachis, avec leurs costumes
charro boutonnés d'argent et
leurs trompettes éclatantes (au propre et au figuré).
En fait, cet instrument est d’un apport assez récent.
L'instrumentation comprend également violons, la guitarra
de golpe, la petite vihuela
à quatre cordes (4 à 6 cordes suivant les régions)
et le guitarrón — guitare
de basse à quatre cordes.
Le mot mariachi,
corruption du français mariage, évoque la vocation
du groupe à l'origine, à savoir la musique à
l'occasion des bals de mariage. Bon nombre de soldats du Corps Expéditionnaire
Français de 1863-1867 ne rentrèrent pas au pays pour
des raisons diverses.
Epousant des filles du cru, ils voulaient néanmoins un mariage
à la mode de leur province française, avec «
violoneux » menant le bal. Les orchestres mariachi
sont aussi parfois demandés par un amant désireux
d'offrir une sérénade nocturne à la dame de
ses pensées, au prix du sommeil de tout le voisinage ! C'est
de Guadalajara qu'a démarré
la coutume du mariachi. La harpe fut
remplacée par le guitarrón.
Vers 1935 s’ajoutèrent les trompettes qui représentent
aujourd’hui la grande caractéristique des mariachis.
Cliquez ICI
pour consulter leur site et écouter leur musique.
On peut voir des mariachis sur la place centrale dans la plupart
des grandes villes. A Mexico, leur lieu de rencontre est la Plaza
Garibaldi. Le costume traditionnel du « mariachi
» est le charro (chapeau, nœud
autour du cou, bontonaduras –
boutons qui ornent les costumes - botin –botte - et ceinture).
Ils sont présents tous les soirs dans la capitale.
Le
son de tierra caliente
(terre brûlante), du Michoacán,
est le précurseur du son jalisciense. Rythme, instrumentation
et thèmes sont semblables. Le Jalisco
et le Michoacán, contigus,
ne formaient sans doute qu'un même ensemble culturel. L'élément
caractéristique de beaucoup de ces « sones
» est constitué par une grande harpe rustique dont
la caisse de résonance sert de tambour, ce qui donne un accompagnement
rythmé et fort aux lignes mélodiques des violons,
vihuelas et guitarras de golpe.
Photo de gauche : portait d'un mariachi
Le
son guerrerense se
distingue des autres « sones
» par l'adjonction d'un tambour aux instruments à cordes.
Ses sources sont nombreuses et, selon la légende, il aurait
été également influencé par les chants
de marins chiliens naufragés au large des côtes du
Guerrero. Ces chants, variantes du « son », portent
le nom de chilenas. Le gusto,
autre variante, est caractéristique de la région côtière
où, lors des fiestas, les danseurs
frappent en cadence le sol d'une estrade surélevée,
ou artesa.
Le
son jarocho, originaire
de la côte de Veracruz
est la plus riche, la plus répandue de toutes les formes
de musique populaire mexicaine. Le mélange de sang africain
des habitants de cette région transparaît dans ses
rythmes complexes d'origine espagnole. Les poètes du son
jarocho sont avant tout des improvisateurs
et de nouveaux couplets modernisent sans cesse les chansons traditionnelles.
Le
son huasteco et la
danse régionale appelée huapango
dérivent du fandango espagnol.
Les rythmes vifs du violon jarana
et la huapanguera à huit cordes
accompagnent un zapateado rapide,
dansé sur une plateforme de bois surélevée
qui résonne comme un tambour sous les pieds des danseurs.
Danza de Viejitos
- Jarácuaro, Michoacán - La danse
des petits vieux (viejitos) considérée comme
très populaire au Mexique qui se danse masquée
dansl’Etat
de Michoacán.
Le corrido
Le corrido, national plutôt que régional, est une ballade
narrative apparentée au roman espagnol, répandue dans
presque tout le Mexique. Avant le développement
des moyens de communication, les chanteurs de corrido
fournissaient une sorte de bulletin d'information musical ; ils
transmettaient d'un village à l'autre, les nouvelles courantes.
Le corrido s'imposa au cours de la
révolution mexicaine. A cette époque les événements
se succédaient à une cadence rapide et chaque nouvel
exploit de Pancho Villa servait de thème à une ballade.
Photo
de droite : groupe de jeunes musiciens callejoneadas
BIBLIOGRAPHIE :MEXIQUE & GUATEMALA Musique en CD
La marimba n'est pas exclusivement mexicaine, on la rencontre partout
en Amérique centrale et plus particulièrement au Guatemala
où il est l'instrument national depuis plusieurs siècles.
58 pièces mondialement connues,
empruntées aux folklores argentin, bolivien, brésilien,
chilien, nicaraguayen, péruvien et mexicain. EL CONDOR
PASA, ETC... (58 AIRS CÉLÈBRES DU FOLKLORE
LATINO-AMÉRICAIN TRANSCRITS PAR YVON RIVOAL) (DIGIPACK).
Photo
de gauche : groupe folklorique de San Cristóbal de las Casas
Pour tous les amis de la musique indigène du Mexique,
connaissez le projet de la Commission Nationale pour le développement
des Villages Indigènes qui cherche à faire connaître,
à travers l'internet, les gammes de voix de la diversité
culturelle et musicale de toutes les régions du Mexique
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