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Musiques mexicaines
 Page mise à jour le 31.07.2010
 

"Chaque Mexicain est musicien dans l’âme"

Les différentes musiques

ballet Amalia Hernandez à MexicoToutes les fiestas, quelque soit le motif, ont un élément commun : la musique.
La musique, tout comme l’art pictural, a une histoire riche et variée. Les Mexicains ont, semble-t-il un accompagnement musical pour tous les actes de la vie. Le chauffeur fonce au fracas de sa radio portative tandis que le guitariste monte dans l'autobus en grattant son instrument. Le chanteur en haillons, le sombrero fatigué en bataille, débite ses refrains sur la place du marché. Un groupe de Marimba installe ses instruments sous les ombrages d'une avenue résidentielle, joue un premier air, et attend qu'un passant en réclame un autre.

Photo de gauche : ballet Amalia Hernandez à Mexico

Quelques instruments nous enseignent ce qu'était la musique précolombienne : notes aiguës de la chrimia, sonorités de la conque, ou tintement de la huehuetl. Ceux-ci, parmi des centaines d'autres, à vent ou à percussion, témoignent de l’ingéniosité des musiciens d'avant la Conquête. Les Espagnols introduisirent de nouvelles formes musicales et une grande diversité d'instruments à cordes qui se répandirent rapidement jusqu'aux régions les plus reculées du Mexique.
On les trouve partout, parfois transformés suivant le génie de l'artisanat local : des violons rudimentaires Huichols aux mandolines faites d'une courge des Lacandóns. Pendant la période coloniale, des troupes de musiciens et de danse espagnols faisaient des tournées au Mexique. Les romances, les malagueñas, les fandangos de la vieille Espagne prirent ainsi racine et au fil des ans une musique entièrement nouvelle se développa.

groupe de musiciens tlen huicana de Veracruz (harpe Jarocha) Chaque région possède sa musique au même titre que sa cuisine et son artisanat.
Cinq d'entre elles se distinguent par la richesse et la variété de leur répertoire populaire :

l'Etat de Jalisco,
Tierra caliente — terre brûlante, près de la côte, à la lisière de l’Etat de Michoacán,
l'Etat de Guerrero,
la zone côtière de l'Etat de Veracruz, appelée La Jarocha,
le Huasteca, au nord-est, vaste étendue de pays qui comprend des fractions des Etats de Veracruz, Hidalgo, San Luis Potosí, Tamaulipas, Querétaro et Puebla. Chacune a ses
« sones », airs, qui accompagnent des poèmes, ou coplas et souvent aussi une danse — d'ordinaire un zapateado rythmé. Instrumentation, rythme, thèmes musicaux, exécution de la danse varient suivant le lieu.

     Photo de droite : groupe de musiciens Tlen Huicana de Veracruz (harpe Jarocha)

Le son jalisciense, originaire de la province de Jalisco, est connu en dehors du Mexique. Il évoque les groupes de mariachis, avec leurs costumes charro boutonnés d'argent et leurs trompettes éclatantes (au propre et au figuré). En fait, cet instrument est d’un apport assez récent. L'instrumentation comprend également violons, la guitarra de golpe, la petite vihuela à quatre cordes (4 à 6 cordes suivant les régions) et le guitarrón — guitare de basse à quatre cordes.
Le mot mariachi, corruption du français mariage, évoque la vocation du groupe à l'origine, à savoir la musique à l'occasion des bals de mariage. Bon nombre de soldats du Corps Expéditionnaire Français de 1863-1867 ne rentrèrent pas au pays pour des raisons diverses.
Epousant des filles du cru, ils voulaient néanmoins un mariage à la mode de leur province française, avec « violoneux » menant le bal. Les orchestres mariachi sont aussi parfois demandés par un amant désireux d'offrir une sérénade nocturne à la dame de ses pensées, au prix du sommeil de tout le voisinage ! C'est de Guadalajara qu'a démarré la coutume du mariachi. La harpe fut remplacée par le guitarrón. Vers 1935 s’ajoutèrent les trompettes qui représentent aujourd’hui la grande caractéristique des mariachis. Cliquez pour consulter leur site et écouter leur musique.

Cliquer ici pour afficher la sélection de photos sur les "mariachis"

portait d'un mariachi On peut voir des mariachis sur la place centrale dans la plupart des grandes villes. A Mexico, leur lieu de rencontre est la Plaza Garibaldi. Le costume traditionnel du « mariachi » est le charro (chapeau, nœud autour du cou, bontonaduras – boutons qui ornent les costumes - botin –botte - et ceinture). Ils sont présents tous les soirs dans la capitale.

Le son de tierra caliente (terre brûlante), du Michoacán, est le précurseur du son jalisciense. Rythme, instrumentation et thèmes sont semblables. Le Jalisco et le Michoacán, contigus, ne formaient sans doute qu'un même ensemble culturel. L'élément caractéristique de beaucoup de ces « sones » est constitué par une grande harpe rustique dont la caisse de résonance sert de tambour, ce qui donne un accompagnement rythmé et fort aux lignes mélodiques des violons, vihuelas et guitarras de golpe.

Photo de gauche : portait d'un mariachi

Le son guerrerense se distingue des autres « sones » par l'adjonction d'un tambour aux instruments à cordes. Ses sources sont nombreuses et, selon la légende, il aurait été également influencé par les chants de marins chiliens naufragés au large des côtes du Guerrero. Ces chants, variantes du « son », portent le nom de chilenas. Le gusto, autre variante, est caractéristique de la région côtière où, lors des fiestas, les danseurs frappent en cadence le sol d'une estrade surélevée, ou artesa.


Le son jarocho, originaire de la côte de Veracruz est la plus riche, la plus répandue de toutes les formes de musique populaire mexicaine. Le mélange de sang africain des habitants de cette région transparaît dans ses rythmes complexes d'origine espagnole. Les poètes du son jarocho sont avant tout des improvisateurs et de nouveaux couplets modernisent sans cesse les chansons traditionnelles.

Le son huasteco et la danse régionale appelée huapango dérivent du fandango espagnol. Les rythmes vifs du violon jarana et la huapanguera à huit cordes accompagnent un zapateado rapide, dansé sur une plateforme de bois surélevée qui résonne comme un tambour sous les pieds des danseurs.

Danza de Viejitos - Jarácuaro, Michoacán - La danse des petits vieux (viejitos) considérée comme très populaire au Mexique qui se danse masquée dans l’Etat de Michoacán.

Le corrido

Le corrido, national plutôt que régional, est une ballade narrative apparentée au roman espagnol, répandue dans presque tout le Mexique. Avant le développement des moyens de communication, les chanteurs de corrido fournissaient une sorte de bulletin d'information musical ; ils transmettaient d'un village à l'autre, les nouvelles courantes. Le corrido s'imposa au cours de la révolution mexicaine. A cette époque les événements se succédaient à une cadence rapide et chaque nouvel exploit de Pancho Villa servait de thème à une ballade.

groupe de jeunes callejoneadas 




      Photo de droite : groupe de jeunes musiciens callejoneadas

 

 

 

 

 

groupe folklorique de San Cristóbal de las Casas (Chiapas,Mexique) 





Photo de gauche : groupe folklorique de San Cristóbal de las Casas (Chiapas,Mexique)

 

 

 

 


 



Pour tous les amis de la musique indigène du Mexique, connaissez le projet de la Commission Nationale pour le développement des Villages Indigènes qui cherche à faire connaître, à travers l'internet, les gammes de voix de la diversité culturelle et musicale de toutes les régions du Mexique :

 

 

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