Palenque, Bonampak, Yaxch Page mise
à jour le 20.07.2008
PALENQUE
A 150 km de Villahermosa et à 189 km au nord de San
Cristóbal de las Casas, se trouve l'un des ensembles
les plus remarquables de l'architecture maya classique. Edifiée
sur les contreforts d'une sierra recouverte de jungle et dominant
une vaste plaine humide, Palenque
est l'une des portes d'accès à l'univers encore mystérieux
d'une des plus grandes cultures d'Amérique : la culture
maya.
Photo de gauche
: vue de Palenque
La
culture maya
Les Mayas concevaient l'univers comme un ensemble de plans superposés.
La terre, de forme carrée, était soutenue
à chaque coin par des "Bacabs" placés aux
points cardinaux, caractérisés par une couleur déterminée.
Au-dessus, 13 cieux, les Oxlahuntiku, formaient une
espèce de voûte brisée, composée de six
niveaux ascendants correspondant au soleil matinal, un palier (le
soleil à son zénith) et six niveaux descendants (le
soleil vespéral). Au-dessous, 9 enfers ou
infra-mondes : les Bolontiku, 4 descendants, un palier, et 4 ascendants.
Chacun
des cieux et des enfers était la résidence d'une divinité
qui se divisait en deux, parfois en quatre personnages ou aspects,
accompagnés d'une divinité féminine aux caractéristiques
similaires. Au-dessus des cieux, d'autres manifestations, comme certaines
étoiles, les comètes et les galaxies (la voie lactée
était représentée comme un iguane ou un serpent
qui se déroulait dans le ciel), et au-dessous, soutenant l'univers,
un autre monstre en forme de crocodile qui flottait sur les eaux primordiales.
Les Oxlahuntiku et les Bolontiku soutenaient un combat continu où
dominaient toujours les dieux de la mort. Mais la mort n'était
conçue que comme l'antécédent de la vie qui recommençait
au niveau suivant le matin, avec le soleil. Le dernier enfer, le Xibalba,
était ainsi le prélude de la renaissance.
L'univers physique des Mayas n'était bien souvent qu'une représentation
matérielle de cette cosmovision, et beaucoup de villes se divisaient
ainsi en 4 quartiers groupés autour d'un centre. De même,
les ensembles sont formés par une place entourée de
4 constructions où l'orientation joue un rôle très
important.
Photo de droite : la
tour du Palais
L'univers politique maya était, lui aussi, une carte du cosmos
dont selon certains chercheurs, Tikal était le centre. Copán,
à l''est, la ville où naît la vie, et Palenque,
à l'ouest, en direction du soleil couchant, l'endroit le plus
proche de l'inframonde. Palenque, par ses nombreuses tombes, est considérée
par certains comme une nécropole sacrée. Pour les Mayas,
être vivant, posséder la vie, c'était aussi posséder
la mort, dont la possession était la vie.
L'histoire de Palenque
Formant partie d'un ensemble qui s'étire sur 6 à 8
km, la zone cérémonielle couvre une surface de 500
m sur 300 m. Palenque
connut son apogée entre le VIIème et le IXème
siècles, avant de périr comme toutes les villes mayas,
pour des raisons encore mal connues.
L'abondance des inscriptions trouvées dans la tombe et les
autres monuments de Palenque
a permis de traduire certains glyphes et d'interpréter certains
textes à contenu historique, en particulier les noms des
rois qui ont gouverné cette ville. Dans la tombe du roi Pakal
ont été retrouvés les portraits et les noms
de ses ancêtres, ainsi que les dates de leurs règnes.
Pakal, le roi au pied-bot si souvent représenté dans
les sculptures, fut le grand constructeur de la ville. Il régna
de 615 à 683, et son fils Kan Balam lui succéda. Celui-ci
avait six doigts aux mains et aux pieds. La dynastie paraît
avoir commencé en 501 avec Chaacal I, né en 465 et
mort en 524.
Les fouilles archéologiques ont confirmé les contenus
et les dates des inscriptions. Aucun monument antérieur au
VIème siècle n'a été retrouvé,
mais le site était déjà vraisemblablement occupé,
comme le démontre la présence de céramiques
locales et importées du Peten.
Les premières constructions correspondent au groupe nord
(différents temples, dont celui du Comte, en souvenir du
baron de Waldeck qui y séjourna, le Jeu de Balle, et les
premières étapes du Palais), puis vint l'époque
de splendeur pendant laquelle fut terminé le Palais, et construits
les temples des Croix, celui du Soleil et celui des inscriptions
qui contient la tombe de Pakal. Peu après, des influences
externes se firent sentir et, au début du IXème siècle,
Palenque souffrit le
déclin des villes mayas. Photo ci-dessus
: Roi Pakal
Le temple des Inscriptions
Construction la plus importante, cette pyramide à
neuf étages (les neuf niveaux du monde souterrain
maya) soutient un temple à l'intérieur
duquel se trouve encore le "tablero" aux inscriptions
mayas les plus longues.
A l'entrée, une dalle du sol couvre un escalier qui descend
jusqu'à la crypte située à 1,5 m au-dessous
du niveau de la base de la pyramide et à 22,5 m du niveau
du temple. La crypte, définitivement fermée
au public, qui mesure 7 m sur 3,5 m, contenait un immense sarcophage
de pierre couvert d'une dalle sculptée de 2 m sur 3 m. Sous
la dalle de 4 t, le sarcophage contenait les restes du prêtre-roi
Pakal portant un masque en mosaïque et entouré de nombreux
bijoux de jade. En étudiant cet ensemble, on se rend compte
que la crypte fut construite avant la pyramide qui la couvre et
finalement avant le temple. L'ensemble fut bâti sous l'égide
de Pakal qui régna soixante-huit ans avant d'y être
inhumé. Ce cas est unique dans la région maya. L'escalier
extérieur n'a pas été terminé, pas plus
que celui que l'on voit en bas.
Le trésor de jade et les masques de stuc
découverts dans la crypte sont actuellement conservés
au Musée d'anthropologie
de Mexico.
Photos ci-dessus et
de gauche : Temple des inscriptions
Le Palais
Sur une plate-forme de 100 m sur 80 m, haute de 10 m, s'étale
un ensemble de palais de différentes époques,
groupés autour de quatre cours au milieu d'une desquelles
se dresse une tour de quatre étages de presque
20 m de hauteur. Chacune des cours, de dimensions différentes,
est entourée de galeries et de salons décorés.
Les murs sont décorés de personnages mystérieux.
Par la suite, certains salons furent divisés par des parois
intérieures et des installations sanitaires aménagées
dans l'une des cours. La tour devant servir de guet et d'observatoire
astronomique. Voir les patios de la Torre
et de los Esclavos, aux marches
encadrées de surprenants bas-reliefs.
Dans la partie sud, des souterrains, qui reliaient le palais à
la façade sud, forment des cellules où se dressent
des autels. Quoique très mutilé par les pilleurs et
les chercheurs de trésors, le Palais conserve encore quelques
traces des merveilleuses sculptures en pierre et en stuc qui font
la renommée de Palenque.
Photo de gauche : le palais
Les bases de certains murs sont décorées de dalles
gravées, les piliers conservent des restes de sculptures
en stuc et des mascarons, des frises et des motifs réalistes
sont encore visibles sur les galeries et les salons, ainsi que des
peintures murales à certains endroits.
Les temples de la Croix, de la Croix
Feuillue et du Soleil (grupa de la Cruz)
Entre le Palais et la montagne de l'est, de l'autre côté
du ruisseau, trois temples construits sur des monticules,
qui n'ont pas été restaurés, entourent une
place partiellement déblayée. Contrairement aux autres
sites mayas de cette époque, où les stèles
sont toujours abondantes, à Palenque
elles furent remplacées par des "tableros"
(grandes dalles de pierre couvrant les murs des temples) gravés
de signes et de scènes symboliques. Les trois temples que
l'on vient de citer furent baptisés du nom des "tableros"
qui y furent trouvés. Celui du Soleil, un
des mieux conservés, représente une adoration de l'astre
représenté par un bouclier et deux lances croisées,
reposant sur un trône soutenu par deux esclaves. De chaque
côté, des prêtres ou des rois présentent
des offrandes. Plusieurs colonnes de glyphes sont situées
sur les côtés où se lit la date 642. L'original
du "tablero" du temple de
la Croix est actuellement au Musée
d'anthropologie de Mexico. A l'entrée du sanctuaire,
de magnifiques bas-reliefs représentent des prêtres
et des glyphes.
Photo
de droite : le temple du Soleil
Face au temple du Soleil côté est, se trouve celui
de la Croix Feuillue qui, comme dans le cas antérieur,
représente une grande croix dont les extrémités
se transforment en feuilles de maïs et en têtes humaines
(les épis). Au-dessus, les symboles du soleil et du dieu
de la pluie. Autour, des prêtres présentent des offrandes.
Ces deux "tableros" ont
fait couler beaucoup d'encre : ils laissent supposer que les Mayas
connaissaient le symbole de la croix.
Photo de gauche : le temple de la Croix
Feuillue
Pour compléter le parcours, visitez également
le Templo del Conde et le juego
de pelota.
Beaucoup d'autres petits temples, notamment au Grupo
Norte, plus ou moins bien conservés, sont disséminés
dans la forêt, d'autres n'ont pas encore été
explorés. Bien des trésors attendent les archéologues
puisque seulement 10% des édifices ont été
fouillés.
En face du temple des Inscriptions, se dresse le
mausolée où reposent les cendres d'Alberto Ruz Lhuillier,
qui a découvert la tombe de Palenque.
Ce site est inscrit au Patrimoine culturel
mondial de l'Unesco depuis 1987 :
Ouvert tlj, 8h-17h, $48 -gratuit le dimanche
- Possibilité de guides sur place (env. $450 par
groupe et $750 pour les guides parlant français). Voir également
le musée sur place ouvert de 9h - 16h, mardi
au dimanche, sans complément de prix. La visite vaut la peine.
Admirez parmi les 300 objets et sculptures du site : bijoux de jade
et d'obsidienne, les superbes encensoirs du groupe de la Croix,
le Tablero del Palacio et le panneau
de stuc polychrome du temple XIX. Explications complètes
en anglais et espagnol.
Pour vous y rendre : prendre un combi (transports Chambalu) du village
pour se rendre sur le site archéologique (8 km), toutes les
10 mn entre 6h et 18h (dans les deux sens).
L'histoire de l'état du Chiapas
:
(site en anglais)
Ruines Mayas de Palenque,
dans la forêt tropicale au sud-est du Mexique
avec les chutes d'Agua Azul. Vidéo d'un amateur
en tour du monde !
YAXCHILÁN,
BONAMPAK
Plus difficiles d'accès, ces deux sites contemporains de
Palenque et de Tikal,
méritent, de la part des visiteurs un peu plus intrépides,
une visite qui leur prendra deux journées à cause
du transport.
Situé à mi-chemin entre Palenque
et Tikal, Yaxchilán
reçoit les influences des deux sites.
YAXCHILÁN
Bâtie au bord de l'Usumacinta qui a emporté plusieurs
monuments, la ville s'étale entre le fleuve et une ligne
de collines où furent érigées de nombreuses
constructions.
Photo de gauche : traversée
sur l'Usumacinta
Le site est envahi par la jungle, mais la qualité des monuments,
qui rivalisent avec ceux des autres grandes villes mayas, en fait
un lieu de grande importance. Les bâtiments, aux façades
lisses ou décorées de sculptures sont couronnés
de crêtes ajourées, comme celles du temple du Soleil
à Palenque,
par exemple. Trente stèles y furent découvertes, témoignant
de l'influence de Tikal; ainsi que des linteaux sculptés
qui représentent des personnages et des inscriptions. Les
textes abondants permirent de reconstituer en partie l'histoire
de la dynastie régnante, celle des "Jaguars". Ces
rois belliqueux, qui entretenaient des relations avec les cités
voisines, sont décrits sur les monuments à Yaxchilán
même, à Bonampak,
où le glyphe symbole de Yaxchilán
est peint à côté du portrait d'une femme de
haut rang, et à Piedras Negras, sur le linteau numéro
3, où un roi de Yaxchilán
est reproduit dirigeant un conseil convoqué à la fin
du VIIIème siècle pour élire le successeur
du trône de cette ville. Plusieurs bas-reliefs reproduisent
les exploits de certains rois comme "Jaguar-Ecu" auquel
a succédé en 752 son fils "Jaguar-Oiseau".
Les constructions les plus importantes sont le Labyrinthe
(structure 19), le Gran Acrópolis (édifice 33), et
l'Acropole sud où les édifices 39, 40 et 41 dominent
la forêt. Les éléments les plus remarquables de Yaxchilán
sont les élégantes crêtes faîtières
et les toits mansardés supportant un décor anthropomorphe
modelé en stuc. Sur les nombreux linteaux et stèles
sculptés sont narrés les hauts faits d'armes et divers
rites de la vie cérémonielle: les épigraphistes
ont identifié des glyphes symbolisant l'accession au pouvoir,
les dates de naissance et les alliances matrimoniales.
BONAMPAK
Fameux pour ses peintures murales, Bonampak se trouve à environ
25 km à vol d'oiseau de Yaxchilán.
Le nom de Bonampak
est la traduction yucatèque de l'expression "murs peints".
Ces peintures ont cependant perdu beaucoup de leur fraîcheur
depuis leur découverte en 1946. Aménagés sur
une petite éminence dans la vallée du rio Lacanja,
affluent de l'Usumacinta, ses temples, comme ceux des sites voisins,
étaient vénérés, et le sont peut-être
encore, par les Indiens Lacandóns
qui venaient y faire des offrandes et brûler de l'encens.
Face à une grande place entourée de constructions,
sur une terrasse à laquelle on accède par un escalier
monumental, se dresse le temple des Peintures (Templo
de las Pinturas), constitué par trois salons entièrement
couverts de fresques. Les
scènes décrivent un événement de grande
importance pour Bonampak,
qui eut lieu à la fin du VIIIème siècle. L'armée
locale préparée pour le combat (les guerriers apparaissent
vêtus d'armures et de casques à panaches de plumes)
semble attendre le dénouement des discussions d'un conseil
présidé par le roi.
Photo de droite : fresque
de Bonampak
Des musiciens accompagnent les troupes. Le second épisode
correspond au combat où les guerriers montrent leur agilité
et l'effort qui les conduit à la victoire. Enfin, après
le triomphe, les prisonniers nus et torturés sont présentés
au roi qui les observe. Sur le troisième épisode,
les personnages de la cour sont représentés dans leurs
plus beaux costumes, accompagnés de musiciens. Finalement,
pour célébrer la victoire, une danse cérémonielle
est exécutée au son de longues trompettes pendant
que des femmes se perforent la langue en remerciement aux dieux.
Remarquez au-dessus de chaque porte, la face inférieure des
linteaux sculptée de bas-reliefs, où est décliné
le thème de la capture de prisonniers. Celui de la pièce
n°3 le mieux conservé, montre le vainqueur, orné
d'une tête de mort qui saisit les cheveux d'un captif et le
transperce d'une lance.
Ces fresques sont reproduites au Musée
d'anthropologie de Mexico. Près de Bonampak
se trouve Lacanja, où vivent quelques familles
de Lacandóns, derniers
survivants des habitants de la forêt. D'autres temples et
palais de la Gran Plaza et de l'Acrópolis attenante peuvent
être visités avec un guide lacandón.
Isolés des Espagnols et des autres groupes Indiens, les lacandóns
conservent encore beaucoup d'éléments de leur ancienne
culture maya. Ces Indiens,
originaires du Yucatán, ne sont pas les descendants des constructeurs
de Bonampak, Yaxchilán
et Palenque, qui étaient Chols, mais des Indiens
Mayas de la péninsule qui ont fui la domination espagnole.
Comment a t'on découvert ce lieu ?
La découverte la plus spectaculaire est celle réalisée
en 1946 par Gilles Healey, un photographe de la "United Fruit
Company" venu à la rencontre des Lacandóns. Cette
tribu immémoriale, portant cheveux longs et tuniques blanches,
semble renvoyer à une innocence prébiblique. Dans
un temple, Healey aperçoit des fresques aussi fraîches
que si elles avaient été peintes la veille. Le mythe
du pacifisme maya en prend un coup définitif. Sur ces admirables
fonds bleus, ce ne sont que scènes d'automutilation - femmes
se passant un fil barbelé dans la langue, homme faisant gicler
le sang de leur pénis- ou alors de guerre -prisonniers attendant
leur mise à mort. Les Lacandóns, qui ne sont plus
quelques centaines, sont toujours là. Ce sont eux qui gèrent
le site.
Ouvert tlj 9h-17h, $46 (gratuit le dimanche) pour Yaxchilan
et $39 pour Bonampak
Comment s'y rendre ? En provenance de Palenque,
les combis de Rio Chancalá et Chamoan relient plus d'une
dizaine de fois par jour Palenque à Frontera Corozal (3h)
et à Benemérito (4h). Pour Bonampak, descendre au
croisement de San Javier. Il reste 2 km à parcourir jusqu'à
l'entrée de la réserve Montes Azules que vous pouvez
faire en combi puis 9 km jusqu'au site que vous pouvez faire en
taxi ($80) ou en vélo ($60). Pour Yaxchilán, descendre
à Crucero Corozal et prendre un colectivo jusqu'à
l'embarcadère. Prendre une lancha ($130) pour faire
la fin du voyage jusqu'à Yaxchilán.
La meilleure solution pour ces deux sites reste la voiture à
plusieurs ou un circuit organisé via une agence de voyage
de Palenque ou de San Cristóbal (voir offices du tourisme).
La zona arqueológica
de BONAMPAK
dentro de la selva LAKANDONA
en el estado de Chiapas
La zone archéologique
de Bonampak se trouve dans la forêt lacandone de l'état
du Chiapas
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