À l'époque préhispanique, Pátzcuaro
qui signifie "le monde de l'obscurité" a été
un important centre cérémonial des Purépechas.
Cette civilisation avait su résister aux Aztèques
et, en 1522, les premiers Espagnols
y furent plutôt bien intégrés. Malheureusement,
en 1529, l’arrivée d’un certain Nuño
de Guzmán fut un désastre humain. Il s’empressa
de persécuter les Indiens, de les réduire en esclavage
et de les torturer, à tel point que Mendoza, vice-roi de
la Nouvelle Espagne
le fit expulser et emprisonner en Espagne. La dure tâche
de retrouver la confiance des Indiens fut confiée à
Don Vasco de Quiroga. Ce juge espagnol fut ordonné prêtre
et nommé évêque le même jour.
À
son arrivée, Don Vasco de Quiroga a déplacé
l´Évêché de Tzintzuntzan à Pátzcuaro,
ainsi devenant la capitale de Michoacán (1539-1580). Il
a, durant ses trente années dans la région, fit
construire des écoles, des hôpitaux et des églises.
Il s’est employé à faire respecter le mode
de vie des Indiens et à faire développer dans de
nombreux villages, un artisanat et un savoir-faire utile tout
en tenant compte de leurs traditions ancestrales.
Grâce aux magnifiques constructions en brique d’argile
et tuiles, ses monuments et sa spectaculaire Place Vasco de Quiroga,
elle est devenue l’un des principaux centres touristiques
du Mexique.
Perché à 2140 m d’altitude avec une température
annuelle oscillant entre maximum 23ºC et minimum 9ºC,
Pátzcuaro, entouré de forêts de pins, est
l’un des plus beaux villages typiques d´Amérique,
avec une population de 77 000 habitants. Il est situé à
53 km de Morelia,
à 328 km de Mexico D.F. et
284 km de Guadalajara.
Pátzcuaro est un joyau de l'urbanisme espagnol, avec un
plan de ville en damier qui met en valeur, ses
plazas historiques, ses maisons rouges et blanches caractéristiques,
ses bâtiments en pierre non taillés, ses constructions
en brique séchée et ses allées de pavés
ronds. Toute la ville montre les signes évidents de l'influence
des cultures indigènes. C'est ici même qu'André
Breton, Léon Trotski et Diego Rivera se sont retrouvés
en 1938 pour rédiger le manifeste "Pour un art révolutionnaire
indépendant". Aujourd'hui, Pátzcuaro est plus
que jamais une étape incontournable, tant il fait bon vivre.
Les alentours du Lac de Pátzcuaro et ses îles sont
habités par la communauté indigène qui conserve
la plupart de ses coutumes et traditions. Ses pêcheurs sont
mondialement connus par les filets de pêche en forme de
papillons qu’ils utilisent pour pêcher le délicieux
poisson blanc, le pecito aujourd´hui
en voie d’extinction.
Visites conseillées : Plaza
Vasco de Quiroga (Place Vasco de Quiroga)
Près de la grande place, elle se trouve entourée
d´immeubles de l'époque coloniale; elle est considérée
comme l’une des plus belles d'Amérique, par sa dimension
et ses grandes maisons imposantes construites tout autour et par
l’absence d’immeubles religieux ce qui fait la différence
avec toutes les autres places des villes du Mexique.
Photo de droite : place Vasco de Quiroga
Museo de Artes e Industrias Populares Au XVIème siècle, il a été
le siège du Collègue de San Nicolás, fondé
par Don Vasco de Quiroga pour préparer les jeunes espagnols
qui voulaient devenir prêtres, et aussi enseigner aux Indiens
un métier, à lire et à écrire.
Ce musée est le premier dans son genre à l´intérieur
du Mexique. Il y a entre autres, une des meilleures
collections de laques de cèdre, "maque"
et de céramique, de vrais joyaux artisanaux. L’incroyable
plancher d’os d’animaux, et de pierre de taille. Le
musée est situé entre av. Ensenanza et Alcantarilla,
ouv. 9h-17h, mar-dim, $39.
El
Sagrario (le Sanctuaire)
Les travaux de construction de "El
Sagrario" (le Sanctuaire) ont commencé en 1693
et ont fini exactement deux siècles plus tard. Pendant
ces années, des divers ornements décoratifs ont
été ajoutés, et peuvent être appréciés
de nos jours. Cet immeuble a hébergé le Sanctuaire
de Notre Dame de la Santé jusqu'à 1924. Voir un
superbe retable churrigueresque du XVIIIème siècle.
Situé calle Lerin, ouvert tlj de 7h à 18h.
Photo de gauche : El Sagrario
Temple de la Compagnie de Jésus Cet immeuble héberge les membres de la Compagnie
de Jésus, qui sont arrivés au diocèse de
Michoacán grâce aux efforts de Don Vasco de Quiroga,
qui était au courant de leur prestige dans le domaine de
l’éducation. La construction date du XVIIème
siècle; le collège est un immeuble avec une belle
cour et de grands espaces qui apportent une sensation de tranquillité.
Elle fut cathédrale jusqu’en 1566. Quant à
l’horloge de l’église, on raconte qu’elle
a été bannie d’Espagne pour avoir indiqué
une mauvaise heure á l’un des rois d’Espagne.
Actuellement c’est la Maison de la Culture (Casa
de la Cultura).
Basilique de Nuestra Señora de la
Salud C'est l’édifice religieux le plus important
de Pátzcuaro. Sa particularité est la localisation
géographique puisqu’elle ne se trouve pas au centre
de la ville très près de la Mairie, comme dans la
plupart des villes construites pendant les premiers siècles
de la colonisation. Elle a été édifiée
sur ordre du premier Evêque de Michoacán, Don Vasco
de Quiroga, sur un ancien centre cérémonial préhispanique.
Au début, elle a fonctionné comme siège épiscopal
jusqu'a 1580, puis le nouveau siège fut transféré
à Valladolid (Morelia). Elle est devenue Basilique depuis
1924 et le bâtiment qu’on peut admirer aujourd´hui
est le résultat de plusieurs reconstructions, suite à
des incendies successifs. Sa façade est simple avec peu
d’éléments ornementaux. Á l’intérieur
se trouve la figure de la Vierge de la Santé, patronne
de la région. Il s’agit d’une image modelée
en pâte de canne de maïs (pasta
de cana) qui date du XVIème siècle; beaucoup
de pèlerins y viennent pour offrir leur dévotion
en priant pour la santé de leurs malades. Les restes de
Don Vasco de Quiroga reposent à cet endroit.
Plaza Gertrudis Bocanegra (Place Gertrudis
Bocanegra)
Ancienne Plaza de San Agustín, c’est la deuxième
plus importante place de Pátzcuaro. On la connaît
aussi sous le nom de Plaza Chica. Elle est très visitée
du fait de sa proximité au marché quotidien d’artisanat
et de denrées alimentaires typiques. Là, a été
érigée une sculpture en bronze en hommage á
Doña Gertrudis Bocanegra, héroïne de Pátzcuaro
à l’époque de la guerre de l’Indépendance.
Ex-convento de San Agustín
Sur le côté nord de la place, l'Ex-couvent de Saint-Agustin,
édifice construit en 1576,,abrite la Biblioteca Gertrudis
Bocanegra (ouv. 9h-18h, lun-ven et 10h-13h, le samedi, entrée
gratuite).
On peut y voir le fameux mural de Juan O´Gorman, architecte,
peintre et muraliste (1905-1982), qui montre des éléments
clefs de l´histoire de Michoacán, comme les indigènes,
les conquérants, les moines et l´image de Don Vasco
de Quiroga, qui a essayé de mener à bout les idées
du livre "Utopia" de Tómas Moro, dans les villages
- hôpitaux. Sur un côté, a été
construit le "Théâtre Caltzonzin", sur
les vestiges du monastère.
El Santuario de Guadalupe (Sanctuaire
de Guadalupe)
Temple aux lignes néoclassiques, construit au début
du XIXème siècle. L'aspect le plus remarquable concerne
les quatre sculptures (il y en avait sept auparavant) représentant
les 7 vertus. Elles sont placées sur des piédestaux
sur la façade de la tour. Ce sont la Caridad (la Charité),
la Templanza (la Tempérance), la Fortaleza (la Force) et
la Fé (la Foi).
El Calvario Chapelle construite par Fray Marcos Ramírez del
Prado en 1666. On l’a édifié sur le lieu où
il y avait une "yácata" (pyramide) qui contenait
les restes de l´Empereur Tariácuri. Se situe sur
la route du "Mirador del Estribo".
El Humilladero Aussi connu comme la Chapelle du Christ. En 1553, Don
Vasco De Quiroga a fait sculpter la figure d’un Christ crucifié;
la croix et le corps forment une seule pièce en pierre
de taille. L’origine du nom «humilladero»
(lieu d'humiliation) vient de l'exposition de cette croix vénérée
par des voyageurs qui entraient et sortaient de la ville. L'accès
à cette ancienne chapelle se fait par une belle chaussée
bordée d’arbres touffus (se situe vers l'est du bourg).
El Hospitalito (Le Petit Hôpital)
Selon la tradition, celui-ci a été le temple le
plus ancien de Pátzcuaro. Les franciscains fondaient des
hôpitaux avant d’avoir un couvent. La façade
du XVIème siècle, présente des traits de
la Renaissance. On y trouve à l’intérieur
des autels du XIXème siècle. Sur le grand autel,
on peut admirer un excellent font baptismal de bois taillé
et doré.
Photo de gauche : une des rues montantes
de Pátzcuaro
Templo de San Francisco (Temple de
San Francisco)
Un temple de type éclectique; à l'intérieur,
est conservé un Christ de pâte de canne de maïs,
élaboré au XVIème siècle et une peinture
á l´huile qui représente les deux figures
les plus importantes pour cette ordre religieux : Le Pape et Saint
François d’ Asis. La porte d’accès au
cloître est l’une des plus belles œuvres de la
Renaissance qui existe dans la ville.
Plazuela San Francisco Une place tranquille et belle avec une fontaine de margelle
ronde; au milieu et à l’ouest, un buste de Doña
Margarita Maza de Juárez, épouse du Vénéré
des Amériques Don Benito Juárez. Sur l’un
de ses côtés, se situe le portail de Salazar.
Marché de la poterie
Pour ceux qui aiment la poterie, il est recommandé de faire
un tour aumarché de poterie
qui a lieu le vendredi matin sur cette place
(marché de las Ollas).
Templo y Hospital de San Juan de Dios
Fondé vers la moitié du XVIIème siècle
et rénové en 1841 au style néoclassique.
Aujourd'hui, ce temple présente des voûtes et une
coupole sur des arcs - boutant. La façade de l’hôpital
la plus remarquable est du type baroque simple. Les peintures
qui existaient dans la sacristie du Temple de San Agustín
ont été transportées dans ce temple.
Casa de los Once Patios
La maison des onze cours, située Madrigal
de Altas Torres, est ouverte tlj, 10h-18h. C'est un ex-couvent
des religieuses Dominicaines de Sainte Catherine, construction
datant de 1742. Vers la moitié du XVIIIème siècle,
les Religieuses Dominicaines se sont établies. L’ensemble
des bâtiments coloniaux qui l’intègrent, a
donné l’origine à son nom. Là, on vend
une grande variété d´artisanat régional.
L'endroit est particulièrement intéressant, car
on peut admirer le travail des artisans en direct fabriquant à
l’aide de métier à tisser des couvertures,
des châles. On y voit également la fabrication d’objets
en bois et en laque.
Photo de droite : casa de los once
patios
Palacio de Huitzimengari Cette résidence se trouve sur la place principale;
il a appartenu au prince Antonio de Huitziméngari, fils
du dernier gouvernant purépecha ou "Cazonci"
et filleul du premier vice-roi de la Nouvelle
Espagne, Don Antonio de Mendoza. Il a une façade sobre
et à l’intérieur, une belle cour pleine de
fleurs et entourée d’arcs, où les artisans
indigènes présentent leurs produits.
Le Museo de las Mascaras,
situé dans l'Ex - Colegio Jesuita, rue Alcantarilla, angle
Árcigariche, est riche de plus d’une centaine de
masques traditionnels en bois sculpté venus de tout le
Mexique. Il vient d'être transféré
de Morelia. Le musée est ouvert de 9h à 14h et de
16h à 19h du lundi au vendredi et les fins de semaine de
9h à 15h, entrée libre.
Pour
les bons marcheurs, faîtes la balade à travers la
forêt de pins jusqu’à l’ancien volcan
« Cerro del Estribo » qui domine le village
et le lac. Partez de la rue Ponce de León et passez devant
l’église El Calvario. Vous allez monter près
de 400 marches. Vous pouvez y accéder en taxi (5 mn contre
30 mn de marche !).
Photo de gauche : peinture murale
à la casa de los once patios
Pátzcuaro est réputé pour ses rituels funèbres
qui existaient bien avant l'arrivée des Espagnols. Indigènes
et religieux ont conservé l'illumination et la décoration
des tombes ainsi que les offrandes de nourriture qui constituent
une sorte de communion. La fête
des Morts ressemble ici à un carnaval où la
mort n'est pas l'adversaire de l'homme mais son partenaire de
jeu. Le Mexicain s'en amuse avec une délicieuse ironie,
beaucoup d'humour et de sarcasmes. Pour cette fête, les
Indiens Purépechas colorent le bourg avec les traditionnelles
brassées de fleurs : crêtes-de-coq et cempasúchils.
Ces fleurs orange qui ressemblent à des zinnias étaient
considérées, au temps du Mexique
préhispanique, comme la fleur des âmes mortes. Les
festivités commencent dès le 31 octobre sur la place
Vasco de Quiroga. A ne pas manquer mais réserver votre
hébergement et transports longtemps à l'avance !
Belle
vue d'ensemble de Pátzcuaro et de sa région
Préparation
et célébration du jour des morts dans une
famille de la région de Pátzcuaro
Photo de droite : une des rues de Pátzcuaro
Les purépechas habitent en grande partie sur les plateaux
et la rive du lac de Pátzcuaro.