A
l’est après avoir dépassé l’aéroport
international de Mexico, « Benito Juárez », on
prendra la route qui conduit à la ville de PUEBLA,
déclarée Patrimoine mondial de l’Humanité
par l’Unesco. 136 km sépare le D.F de Puebla : .
Photo de gauche : Cholula au premier
plan et les volcans au second
Elle est fondée le 16 avril 1531 et baptisée Ciudad
de los Ángeles (Ville des Anges), et connue populairement
comme Puebla de los Ángeles. C'est la première ville
construite par des colonisateurs espagnols dans le centre du Mexique
qui n'est pas été construite sur une ancienne cité
amérindienne, dont l'objectif a été y établir
un système industriel et agricole sur la base de la main-d'oeuvre
espagnole, opposée au système des encomiendas
des conquistadors qui opérait
sur la base de la main d'oeuvre-indigène.
La ville se développe énormément grâce
à son emplacement stratégique à mi-distance
entre Mexico et Veracruz et devient la deuxième ville la
plus important de la Nouvelle-Espagne.
Le 5 mai 1862, soit 52 ans après la déclaration
d'indépendance du Mexique en 1810, l'armée
du général Ignacio Zaragoza a battu les forces françaises
à la bataille de Puebla. C'est depuis cette date que Puebla
pris le nom officiel de l'héroïque ville de Puebla de
Zaragoza. Ainsi, "el
Cinco de Mayo" est un jour férié commémorant
cet évènement.
La ville de 2 110 000 habitants au dernier recensement avec sa banlieue
proche, capitale de l'Etat de Puebla est entourée de trois
volcans dont deux de plus de 5000 m : le Popocatépetl,
I'lxtaccihuatl et la Malinche. Située à 2160
m d'altitude, Puebla est un peu la rivale de Mexico.
Elle est une ville très espagnole, célèbre
pour son architecture coloniale; c'est la ville bourgeoise par excellence,
conservatrice mais qui possède une université contestataire.
Puebla possède environ 5000 édifices de style colonial
et de tendance principalement baroque du XVIème siècle.
Parmi ceux-ci, la cathédrale est un parfait exemple de la
beauté architecturale de la ville. Le dessin des couvents,
des églises et des petites places parait avoir été
tracé de la main même des anges, d'où le surnom
"Ville des anges". Elle est la cinquième plus grande
ville du Mexique.
Les colons espagnols cultivaient la terre. Ils étaient également
d’habiles artisans qui ne tardèrent pas à développer
des industries locales : celle des tuiles et carreaux vernissés
entre autres, employés pour la couverture des églises
dans toute la région. A Puebla même, les murs de nombreux
bâtiments sont carrelés en faïence bleue de talavera
(azulejos).
On peut visiter une fabrique. Plusieurs d’entre elles sont
encore en activité : Uriarte, 4 Poniente 911 (tél
: 222 232 15 98), les visites se font le matin jusqu'à 14h
($50, ½ heure) le magasin reste ouvert toute la journée.
Les produits sont assez chers ; il n’y a aucun prix affiché
et un employé vous suit pas à pas pour vous renseigner.
Pas très encourageant pour acheter ! On peut également
visiter la fabrique Armando, près du Bario
de los artistas ( 6 norte #408. tel 232 6468).
On y produit aussi de la vaisselle de faïence, de la céramique
vitrifiée et des objets en verre filé. Le nom de
talavera aurait comme origine les céramiques de la
ville de Talavera en Espagne même si certains historiens offrent
des versions différentes sans pouvoir les confirmer.
Photo de gauche : fabrique de talaveras
à Puebla
L’onyx, autre production de Puebla, se vend sous forme de
dessus de table, de cendriers, de presse-papiers et autres bibelots.
On trouve tout cela dans le Barrio de los
Artistas (à l’est près du musée
régional), petit marché permanent et sympathique où
de nombreux artisans ou peintres tiennent de petites boutiques ainsi
que dans la Callejón de los Sapos
(calle 4 sur près de l’avenue 7 Oriente).
A déguster sur place, les camotes
à base de patate douce confite mêlés à
la saveur de divers fruits qui sont la spécialité
de Puebla, le mole
poblano, sauce à base de chocolat accompagnée
de plus de 20 épices différentes, le tout servi avec
de la dinde ou du poulet et le rompope
(boisson composée d'un jaune d'œuf battu avec du sucre
dans de l'alcool). Ce sont des plats typiques de Puebla
que l'on trouve partout.
Les "chiles en nogada",
autre création de Puebla, naquit grâce à la
venue d'Agustin de Iturbide,
après avoir signé les accords de Cordoba en 1821.
En cette occasion, il a été décidé de
préparer un plat rappelant l'Indépendance, ce fut
les chiles en nogada qui reprennent
les trois couleurs du drapeau
: le vert du persil, le blanc de la sauce aux noix et le rouge de
la grenade.
Photo de
droite : fabrique de "talaveras"
La cuisine dans laquelle aurait été inventé
le premier mole se trouve dans le
Convento de Santa Rosa
(près du ex-Convento de Santa Monica),
couvent confisqué durant la Réforme et qui abrite
à ce jour, le Museo de Arte
PopularPoblano
(ouv. 10h-16h30, mar-dim, $37, gratuit le mardi).
On y expose l’artisanat de l’Etat.
La visite de cette ville, qui est devenue en quinze ans une énorme
agglomération dépassant le million d'habitants, peut
se faire à pied, tous les monuments intéressants étant
concentrés dans le centre.
Pour les moins courageux, il existe le Turibus
à $100 par personne et par jour ($115 le
week-end) comme à Mexico
et Mérida, avec un guide
audio en 6 langues. Il y a aussi des visites guidées des
musées et de la cathédrale : se renseigner sur place
(au musée ou à la cathédrale). Consultez leur
site www.turibus.com.mx.
Pour moins cher encore, prendre le Tranvía qui propose un
tour historique de la ville à partir du Zócalo,
de 10h à 18h, toutes les 30 mn pour $40.
La ville doit son charme à son architecture coloniale. C'est
une véritable ville musée, qui compte plus de 60 églises.
Sur
le Zócalo (plaza
de la Constitución) s'élève une imposante
Cathédrale, la plus ancienne et la deuxième
plus grande du Mexique.
Elle est ouverte de 7h30 à 12h30 et de 16h à
19h30 les lundis, mardis, mercredis et vendredis avec des
visites guidées en anglais ou français de 10h30 à
12h30 et de 16h à 18h, ouverte de 7h30 à 12h30
et de 16h à 17h les jeudis samedis dimanches avec
visites guidées de 16h à 17h).
Elle fait partie des édifices religieux cités par
l’Unesco.
Les deux tours de fer forgé chacune de 74 m sont considérées
comme les plus hautes du Mexique. Architecture
de style Renaissance : le portail nord, qui donne sur la place,
est orné des statues de quatre rois d'Espagne : Charles Quint,
Philippe II, Philippe III et Philippe IV. Commencée en 1588,
elle ne fut terminée qu'en 1664. Le pape Jean-Paul II y a
célébré une grande messe lors de son premier
voyage au Mexique. L'intérieur est sublime,
avec ses cinq travées coupées par le transept et la
croisée surmontée d'un dôme. Les stalles en
bois du XVIIème siècle sont incrustées de nacre,
d'onyx et d'ivoire. Le beau maître-autel néoclassique
dessiné par Manuel Tolsa est fait d’onyx et de marbre
extraits des carrières de Puebla. Les portes monumentales
et les stalles plus fines, dans le chœur, autour du pupitre,
ont été sculptées par Pedro Munoz qui doit
sa renommée à ses œuvres. Un des deux orgues
a plus de 400 ans. Sur la place, voir la belle fontaine de pierre
du XVIIIème siècle.
Photo de
droite : cathédrale de Puebla
Derrière
la cathédrale, laMaison de la Culture
(la Casa de la Cultura) a
été aménagée dans l'ancien palais épiscopal
(XVIIème siècle), édifice de style classique
en brique avec un jardin orné de sculptures.
Au
Nord du Zócalo, on peut visiter le Palacio
Municipal de style néo-classique français.
Sa façade en pierre de taille grise de style renaissance
diffère des autres bâtiments. On peut continuer la
visite de la ville par l’ouest et le nord.
Photo
ci-dessous : palais municipal de Puebla
Sur
l'Avenida 3 Poniente # 302, le Museo
Bello y González (ouv.10h-17h, mar-dim)
possède une belle collection d'art européen et d'artisanat,
rassemblée par un riche industriel du XIXème siècle.
Au
nord ouest du Zócalo, la chapelle du Rosaire,
dans l'église Santo Domingo (ouv.9h-12h & 16h30-20h
sauf dimanche, fermeture à 18h), est l'un des joyaux
du baroque mexicain. Elle date de la fin du XVIIème siècle
(1690). Toute la chapelle est dorée à la feuille d'or,
les motifs sont en stuc doré, en onyx de Tecali ou en marbre.
(Notez que la vierge est une vierge blanche, espagnole et non indienne).
Vous plongerez dans un monde féerique tellement la chapelle
déborde de stucs, d’or et d’azuleros.
Voir également l'église Santo Domingo.
Son portail est d'un style classique de grande pureté, parachevé
en pierre grise. Contemplez les magnifiques retables dorés
de style baroque, salomonique et rococo.
Ensuite,
plus au Nord (18 Poniente #103), le Couvent de Santa Mónica
ne présente pas d'intérêt architectural. Par
contre, c'est un très beau musée religieux, appelé
Museo de Arte Religioso (ouv. 9h-18h, mar-dim,
$31). Lorsqu'en 1857 les lois de réforme décidèrent
la fermeture des couvents, celui-ci continua de fonctionner clandestinement
et ce n'est qu'en 1934 que l'on a découvert son existence.
Ce musée offre aux visiteurs d'intéressantes manifestations
de l'art colonial religieux, des peintures à l'huile et des
objets destinés au culte, de même qu'une variété
de meubles des couvents de Puebla. On y pénètre par
le cloître des Novices.
En
redescendant vers le sud-est, le Museo
de la Revolucïon Mexicana(ouv.10h-16h30,
mar-dim) fut le théâtre de la première
bataille du soulèvement de 1910, nouveau coup de projecteur
sur Puebla cette année là. Dans l’esprit de
beaucoup de gens, en effet, c’est ici qu’a commencé
la Révolution
mexicaine. Toute la famille d’Arquiles Serdán,
farouchement opposée au dictateur Porfirio
Díaz, périt en défendant sa demeure, au
coin de la 2ème rue Nord et de la 6ème rue-est. Ce
sacrifice souleva la nation tout entière.
L'Iglesia
San Cristóbal, avec ses fenêtres en onyx et
ses voûtes sculptées, mérite un détour.
Un peu plus loin à l’est, on peut également
visiter le Teatro Principal.
Achevé en 1759, il a été reconstruit au début
du XXème siècle après un incendie qui l'avait
terriblement endommagé. C'est l'un des plus anciens théâtres
du continent américain.
Près du Zócalo, dans la rue Avila Camacho, il faut
aller voir la Maison des Poupées (casa
de los Muñecos). Le bord du toit et l’encadrement
de fenêtres sont décorés de personnages dans
diverses positions, d’où le nom de l’édifice.
Elle fut rachetée par l'Université autonome de Puebla
pour en faire un musée universitaire.
A
l’est de la Maison des Poupées, la Casa
del Alfeñique (la maison du sucre d'orge)
est typique de l'art de Puebla : façade de faïence émaillée,
bleue, blanche et rouge, et ornements baroques. Elle abrite
le Musée Régional. Si vous aimez les talaveras
de Puebla, entrez pour jeter un oeil. Au premier étage, une
salle sur l'expédition française et la bataille de
Puebla (5 mai 1862), au second étage : une collection de
meubles des XVIIIème et XIXème siècles. Il
est ouvert de 10h à 17h, mar-dim, $39.
Photo de droite
: la casa del alfeñiquedatant
du XVIIIe
Un
peu plus au Sud, l’Eglise de la Compagnie
(templo de la Compañía)
construite au XVIIIème siècle, présente une
belle façade churrigueresque et une coupole recouverte de
faïence émaillée à damiers bleu et blanc.
C'est là qu'est enterrée, dit-on à Puebla,
la Princesse Mongole, "la China Poblana", cette
très belle femme, originaire d'extrême-orient, qui
aurait été achetée à des pirates par
le capitaine de la Nao de China (bateau qui assurait le commerce
entre le Mexique et la Chine). Bien des aspects
de la vie locale, se retrouvent au marché du Parián
avec ses vendeurs de sucreries et de costumes traditionnels dont
le sombrero.
L'ancien collège est
devenu l'Université Autonome de Puebla.
Au
sud de la Cathédrale, la Biblioteca
Palafoxiana (ouv.10h-17h, mar-ven et 10h-16h,
sam et dim, $15) est la seule bibliothèque qui constitue
aujourd’hui un authentique témoin de l’héritage
européen en Amérique. Elle s’est donnée
pour objectif d’assurer un accès aussi large que possible
à l’information contenue dans plus de 43 000 livres
et manuscrits qui composent une riche collection bibliographique
allant de 1473 à 1821 (19 172 notices). La Bibliothèque
Palafoxiana, en plus d'être un lieu de préservation
d'un important patrimoine bibliographique ancien du Mexique,
est aussi un lieu de recherches et de diffusion de la culture. Consultez
la page Unesco à son sujet : .
Dans le patio, on peut assister à des danses folkloriques
et à des concerts le soir (se renseigner sur place).
Au sud, 2 Sur # 708 angle 9 Oriente, le Museo
Amparo (ouv.mer-lun, 10h-18h,$35,
gratuit le lundi) est un musée d'archéologie
très réputé. Il a été inauguré
en 1991 dans deux bâtiments du XVIIIème siècle,
et on peut y admirer de très beaux spécimens de peintures
rupestres du monde entier, des objets précolombiens
ainsi que des pièces d'art et du mobilier de la période
coloniale. Grâce à une des plus importantes collections
d'art préhispanique du Mexique, vous aurez
la possibilité de connaître un panorama général
des différentes cultures qui formaient le Mexiquepréhispanique
et ce à partir l'époque préclassique (2500
avant J.C-300 après J.-C) et jusqu'à l'époque
postclassique (entre 900 et 1521 après J.-C). Possibilité
de louer des audiophones en langue française. Belle bibliothèque
et cafétéria en annexe.
A part l’épisode
de la princesse chinoise, l’histoire, pendant des siècles,
passa au large de Puebla, jusqu’au 05 mai 1862. Sur
l’ordre de Napoléon
III, les Français avaient envahi le Mexique
et marchaient sur la capitale. A Puebla, ils se heurtèrent
à une troupe hétéroclite, commandée
par le Général Ignacio
Zaragoza. La bataille fit rage à l’emplacement
actuel des forts de Loreto et de Guadalupe. Depuis, ce jour
est fête nationale dans tout le pays, en souvenir de
la seule défaite infligée par les Mexicains
à une armée étrangère. La ville
dut capituler mais les Français n’en quittèrent
pas moins le Mexique à la fin de la
guerre civile américaine, lorsque Washington menaça
d’intervenir.
Belle
vidéo sur Puebla
Si
vous avez du temps, visitez également letemple et ex-couvent de Saint François,
situé angle 14 Oriente et boulevard Héroes del 5 de
Mayo, remarquable par sa haute tour sur 4 niveaux surmontés
de moulures et de pilastres ioniques et doriques en pierre de taille.
Admirez à l'intérieur les stalles de coeur ainsi que
les retables néoclassiques et le corps momifié de
Sébastien Aparicio le Bienheureux.
Ne
quittez pas la ville de Puebla sans avoir fait un tour au Marché
El Parián (9h-20h), très local, tant pour les
friandises que pour les costumes traditionnels comme le sombrero.
Egalement le dimanche, important marché d’artisanat
(mercado Analco), 12 Sur angle 5 Oriente.
Marché à la brocante, le dimanche, dans le
callejón de los Sapos.
Un
musée (un peu trop excentré) vaut le détour.
C'est le Museo Regional de Antropologia (Unidad
civica 5 de Mayo, Calzada de los Fuentes). Vous y verrez des objets
des périodes préhispanique et coloniale : sculptures
et offrandes de jade olmèques, masques en albâtre de
style teotihuacán et fonts baptismaux de l'église
d'Acatlán (ouv.mar-dim, 10h-17h, $41).