Le charme de Querétaro réside dans ses nombreuses
petites places ombragées de lauriers, dans ses quartiers
piétonniers avec leurs bâtiments historiques nombreux
et magnifiques dont certains sont construits en grès rose,
dans ses palais imposants, dans ses couvents et ses églises
qui ont été restaurés avec le plus grand
soin et qui abritent maintenant des institutions officielles.
De nombreux ponts franchissent le Rio Querétaro, qui coule
sur le côté nord-ouest de la ville.
En
1996, son centre historique a été déclaré
par l'Unesco, "Patrimoine Culturel de l'Humanité",
distinction accordée seulement à ces lieux qui sont
d'un intérêt exceptionnel par ses caractéristiques
et sa valeur universelle. Cliquez ICI
pour avoir le lien avec le site de l'Unesco qui décrit
la valeur exceptionnelle de Querétaro. Querétaro
est devenue peu à peu l'un des fleurons urbains du Mexique.
Officiellement le nom de la ville est Santiago de Querétaro.
Pour faire tranquillement le tour de la ville, il faut compter
un jour et 1/2 car, vu la diversité des places intéressantes
à voir en chemin, il s'impose de faire la visite de la
ville à pied. On peut aller flâner sur le
marché des artisans (Guerrero/Zaragoza)
le matin tôt de préfèrence.
On peut commencer la promenade à pied dans le centre ville
par la Place des Armes ou la Place de l'Indépendance ou
pour les moins courageux, empruntez le train touristique
Tranvía ($70,
tlj 10h-18h, billet au kiosque d'information).
En montant par les ruelles vers le palais du Gouverneur (ancienne
église, ancienne prison), vous noterez les belles grilles
des maisons, la couleur pastel des édifices que tranchent
les bouquets de bougainvillées roses ou violets.
La place des Armes est un superbe espace agréable qui incite
à profiter de ses restaurants en plein air et à
observer la statue du Marquis de la Villa de Villar del Águila.
La Casa de la Corregidora, qui domine la place au nord,
est plus intéressante pour son rôle historique que
pour son architecture. Elle est l'ancienne résidence de
l'énergique Corregidora et abrite désormais le Palacio
de Gobierno (ouv.tlj, 8h-21h sauf le dimanche
jusqu'à 15h, entrée libre). Allez jusqu'au
fond du premier patio pour découvrir sur la gauche une
petite cour portant le vestige du mirador des anciennes prisons
royales. La cour intérieure est charmante.
A quelques pas de la Place d'Armes, on peut visiter La
Casa de la Zacatecana, située au n°
59 de la rue d'Indépendance (ouv. 11h-19h, mar-dim,
$20), devenue Musée.
L'histoire du lieu est impressionnante, puisque cette maison appartint
à une Zacatecana, qui fit tuer son mari et après
il tua l'assassin. Les deux cadavres restèrent enterrés
aux écuries de la maison et se trouvent encore là.
Actuellement le musée compte sur douze
salles contenant des pièces du Lic. José Antonio
Origel Aguayo, un passionné collectionneur d'antiquités.
On peut admirer le mobilier, les peintures, les lustres et les
sculptures du XVIème au XIXème siècles. La
salle à manger, est faite d'acajou gravé de style
de la Renaissance italienne. Le salon des horloges contient 39
horloges anglaises, américaines, françaises et allemandes
des XVII, XVIII et XIXème siècles. Soyez dans cette
salle sur les "coups" de midi ! Leur site : www.museolazacatecana.com.
A l'ouest de la place, la Casa de Ecala (XVIIIème
siècle) est un des édifices baroques les plus attractifs
et les plus significatifs : il a été construit en
1700, sa façade baroque richement ornée de sculptures
et de faïences de Talavera, est soignée et agrémentée
de très belles fenêtres avec des balcons raffinés
en fer forgé. Elle est ouverte à la visite en semaine
de 9h à 17h. Détail anachronique, la maison arbore
l'aigle bicéphale de la maison d'Autriche.....
Dans l'angle sud-est, le patio d'un hôtel de style colonial
(Mesón de Santa Rosa) invite le marcheur
fatigué à la pause. C'est un ancien relais où
étaient gardés les stocks d'or et d'argent des mines
du Nord.
A l'ouest de la place des armes, empruntez la 5 de Mayo puis l'avenue
Corregidora sur la droite jusqu'au Jardín Zenea.
Cette coquette place est agrémentée d'une fontaine
dédiée à Hébé, déesse
de la Jeunesse, et d'une gloriette traditionnelle. On peut écouter
de la musique et même danser lors de la présence
d'orchestres de musique divers.
A l'est du jardin, se dresse l'église San Francisco
(ouv.tlj 9h-17h), ornée d'azulejos
importés d'Espagne, dont les murs de fondation datent de
1540. Elle ne prit sa forme actuelle qu'en 1698. En 1817, elle
devint hôpital et dix ans plus tard la propriété
de l'Etat. Cette maison de Dieu repris sa fonction originelle
depuis sa restauration en 1934. Aujourd'hui, l'ancien
couvent voisin de l'église abrite le Musée
régional (ouv.10h-19h, mar-dim, $39, gratuit
le dimanche, Corregidora sur #3). En
plus des objets d'époque précolombienne découverts
dans la ville, on peut voir aussi du mobilier, des tableaux de
l'époque coloniale, des documents sur le mouvement d'indépendance
et sur la brève période de domination des Habsbourgs
soutenus par la France. On peut admirer de beaux patios rehaussés
de mosaïques colorées et plantés de mandariniers.
Voir la collection des peintures des XVII et XVIIIème siècles,
dont des oeuvres de Juan Correa.
Face au musée, prenez la rue Madero et poursuivez jusqu'à
la rue Allende pour découvrir la somptueuse Casa
de la Marquesa, hôtel de luxe construit par le
Marquis de la Villa del Villar del Águila pour son épouse.
Appréciez la façade finement sculptée, avec
plusieurs balcons et à l'intérieur, admirez la superbe
décoration de style mudéjar exprimée dans
ses grilles, ses arcs, sa chapelle et ses mosaïques. Sa grande
porte et les faux arcs qui entourent le patio
valent le détour !
En remontant un peu la rue Allende, on arrive à une petite
plaza ombragée où
se trouve l'église Santa Clara (ouv.tlj,
9h-19h) du XVIIème siècle, dont l'intérieur
est travaillé entièrement en style churrigueresque.
Ses peintures inestimables et ses autels dorés sont véritablement
captivants. Admirez la grille en fer forgé magnifiquement
ouvragée, la chaire incrustée d'argent et de coquillages
et à l'extérieur la magnifique coupole d'azulejos.
Jetez un coup d'oeil à La Fuente de Neptuno,
sculptée par Eduardo Tresguerras (1759-1833), même
architecte que pour la décoration de l'église Santa
Clara.
Non loin de là, à l'angle des rues Pino Suárez
et Allende, direction sud, l'église et le cloître
de San Augustin dévoilent leur splendeur baroque.
Le cloître, achevé en 1745, fut occupé par
les troupes de Juárez en 1867, puis servit pour une plus
longue période de Palacio Federal,
ou siège du gouvernement de l'état, pour être
maintenant Musée de l'art (ouv.10h-18h,
mar-dim, $20, gratuit le mardi, calle Allende sur # 14).
La visite du cloître mérite à lui seul le
déplacement. Remarquez l'expression des caryatides**
dans le cloître. Typiquement baroque, il est un
des plus beaux du pays. De belles salles (18) distribuées
autour d'un patio entièrement sculpté, présentent
des toiles des XVIIème au XIXème siècles.
L'église San Augustin a été
construite en 1731, avec son dôme de mosaïque de faïence
bleue, entourée d'un cortège d'anges musiciens.
La façade baroque, surmontée d'un crucifix de pierre
sculptée, ressemble à un retable avec ses colonnes
salomoniques délimitant des niches, où sont logées
des statues de saints.
** Figures de femmes employées au lieu de colonnes par
les architectes anciens pour supporter un entablement (exemple
: le portique du temple de Pandrosos à Athènes).
Remontez la rue Allende puis Madero et tournez à droite
sur Ocampo pour vous rendre au Musée de la Ville
(Museo de la Ciudad - ouv.10h-18h,
mar-dim, $5), ex-couvent des capucines où
fut emprisonné Maximilien de Habsbourg en 1867. Juste à
côté du musée de la ville, visitez le Museo
de la Restauración de la República
(ouv. 10h-18H, mar-dim, entrée gratuite, calle
Guerrero). Le Musée de la Restauration de la République
a été installé après le rachat des
documents, photographies, livres et différents objets qui
illustrent les événements importants du temps de
Maximiliano de Habsbourg et Juárez. Lieux stratégiques,
points de convergence; la place, la capture, la prison, l'exécution...
la fin de l'Impérialisme au Mexique. On
trouve dans ce nouveau musée tout ce qui fit partie des
événements: triomphes, échecs, conservateurs
contre libéraux, lutte des idées .... A voir si
cette époque de l'histoire vous intéresse. Vous
pouvez vous faire assister par un guide. Le musée possède
une librairie et une bibliothèque contenant beaucoup d'oeuvres
essentiellement sur cette période et au sujet de l'Empire
et de la Restauration de la République.
Continuez sur Hidalgo pour vous rendre au Teatro
de la Republica (ouv.tlj 9h-17h, angle
Juárez et Ángela Peralta) situé
dans le voisinage : achevé en 1845 il est réputé
pour son décor et ses loges qui rivalisent d'élégance.
C'est là que fut proclamée la nouvelle constitution
en 1917. Vous trouverez de nombreuses galeries, restaurants et
cafés dans ce quartier.
Un peu plus éloigné du centre, sur la Plazuela Mariano
de las Casas, se trouve l'église Santa
Rosa de Viterbo (ouv.tlj 9h-18h, angle
Arteaga & E. Montes), fondée par les
franciscains ainsi que le cloître attenant, construit en
1752.
A l'extérieur de l'église, on observe deux arcs
boutants inversés bellement peints (symbole théâtral
!) et des visages en bas-relief. Ces arcs sont la prouesse de
l'architecte Mariano de Las Casas. Comme Santa Clara, l'église
est entièrement tapissée de retables recouverts
d'or à 18 ou 24 carats, parmi les plus riches du Mexique.
A l'intérieur, on peut apprécier un éventail
churrigueresque avec l'image de Santa Rosa, une notable chaire
de marqueterie avec des incrustations d'ivoire et six
retables taillés en bois doré réalisés
par Pedro de Rojas, illustrant la vie de San José à
droite et la Vierge de Guadalupe à gauche. La chapelle
arrière réservée aux moniales est séparée
de la nef par une grille surmontée d'une grande coquille
ornée de médaillons. Quant à la sacristie,
elle recèle de véritables trésors : les statues
en bois peint des apôtres et du Christ, dont la poitrine
s'ouvre pour contenir les hosties, une table octogonale du XVIIIème
siècle incrustée d'os, ainsi que quelques peintures
remarquables. Est présent également un orgue du
XVIIIème siècle d'origine allemande encore utilisé
de nos jours. Le cloître est désormais réservé
à l'école des arts graphiques.
Derrière l'église, aboutit l'aqueduc, long de 1280
m, qui fut construit par les espagnols. Entre 1726 et 1735, on
assista à la construction de l'élément le
plus surprenant du paysage urbain de Querétaro : l'aqueduc
permit l'installation à travers la ville, de toute une
série de fontaines et de réservoirs, qui contribuèrent
à la beauté de la ville. Il s'agissait également
d'approvisionner en eau l'église de Santa Cruz. L'imposante
structure en pierre de 74 arches et 23 mètres de hauteur
a été construite à l'initiative du Marquis
de la Villa del Villar del Águila. Il n'alimente plus la
ville en eau depuis 1945.
Voir également la place des Fondateurs (plaza
de los Fundadores) qui immortalise les fondateurs de Querétaro
: Juan Sánchez Alanis qui réalisa le tracé
de la ville, Nicolás de San Luis Montañez, fondateur
de Tequisquiapan, Fray Jacobo Daciano et Fernando de Tapia dit
"Conin", chef indigène.
A l'arrière du Couvent, se déploie le "Pantéon
de los Querétanos illustres", place
au centre de laquelle trône la Casa Mausoleo, premier lieu
de sépulture de la Corregidora.
Du Mirador, on peut apercevoir l'aqueduc appelé "Los
Arcos". On a une belle vue d'ensemble de
l'aqueduc.
Pour les passionnés d'églises, vous pouvez encore
visiter l'Oratorio de San Felipe
Neri (ouv.tlj 8h-19h), fondée
en 1755. La cathédrale, située sur l'avenue Francisco
I. Madero et Melchor Ocampo, représente la transition du
style baroque au style néoclassique, montrant dans sa façade
le mélange de différents styles des XVIIème
et XVIIIème siècles. On note ses colonnes
en relief, ses couronnements de pierre en cantera
rose superposés et l'utilisation de la pierre volcanique
rouge (tezontle) sur le portail.
Encore un autre monument religieux à visiter ! le
Templo de la Congregación,
(ouv.tlj 8h-19h) situé sur l'avenue 16
de Septiembre s/n. C'est la seconde église de la ville
qui fut construite en l'honneur de la Vierge de la Guadalupe.
Elle exhibe sur sa coupole et sur ses tours des carreaux de faïence
aux couleurs du drapeau national faisant ressortir sur sa façade
la niche de la Vierge taillée en pierre. A l'intérieur
se distinguent l'orgue et l'image de la Guadalupana
peinte par Miguel Cabrera.
Cliquer
ici pour afficher la sélection de photos sur Querétaro
(colonial)
Deux promenades à pied de grand intérêt conduisent
à deux côtés opposés de la ville.
A l'ouest, est situé le Cerro de las Campañas
(ouv.tlj, 6h-18h, tarif $2), où se trouvent une
statue colossale de Benito Juárez et une petite chapelle
expiatoire, mémorial dédié à
Maximilien. Elle fut érigée à cet endroit
en 1901 par les Habsbourg, car c'est sur cette colline même
que Juárez fit exécuter le prince autrichien et
empereur du Mexique. La colline a été
transformée en un parc bien soigné et abondamment
fleuri : de la cime, on a une belle vue sur la ville et ses alentours.
Le Museo "La Magia del Pasado" sur
la colline est à visiter avec des enfants (ouv.
10h-18h, mar-dim, $10). C'est un musée sur l'histoire
de Querétaro.

Du côté nord-est de la ville, on arrive d'abord à
l'Eglise et au Ex-Convento de la Santa
Cruz (ouv.9h-14h & 16h-18h,mar-sam et 9h-16h30 le dimanche),
situé sur la colline où les espagnols remportèrent
une bataille décisive sur les Otomís. Le cloître
gigantesque, qui comprend un grand nombre de patios, fut le quartier
général de Maximilien, puis sa prison après
sa défaite et sa condamnation à mort. Dans une cellule,
des meubles témoignent de cette page d'histoire. Observez
au-dessus de l'autel principal de l'église, la croix de
pierre originale offerte par les Espagnols lors de leur reddition.
On peut visiter une partie des anciennes dépendances :
le cellier, la cuisine, le réfectoire et un verger où
poussent des arbres à épines en forme de croix.
Possibilité de visites guidées de 20 mn.
P
Extrait du site de l'Unesco :
"La zone historique faisant l'objet de l'inscription sur
la Liste du Patrimoine mondial couvre 4 km2 et compte 203 blocs.
Parmi les 1400 monuments désignés, vingt sont des
édifices religieux et quinze sont réservés
aux services publics. En terme d'étendue, Querétaro
occupe le sixième rang parmi les quarante zones de monuments
historiques du Mexique et la quatrième
place (après Mérida,
Mexico et Puebla)
en termes de nombre d'édifices historiques.
Le site de la ville est délimité par deux lignes
de collines séparées par une zone de 1500 m de large
au creux de laquelle passe la rivière. La première
chapelle ("la Santa Cruz") fut érigée
sur une petite colline à l'extrémité est
de la vallée, et Juan Sanchez Alanis utilisa l'axe de sa
nef comme ligne de départ des six rues parallèles
de l'établissement colonial espagnol qu'il fut chargé
d'élaborer, trois se dirigeant vers la rivière au
nord et trois vers le sud. Ces rues sont traversées à
angle droit par six autres rues. Les espaces séparant les
rues ne sont pas réguliers mais ils donnent néanmoins
une impression de régularité contrastant avec le
plan irrégulier des rues situées à l'est
de l'établissement franciscain. La seule exception est
la Plaza de Armas, le siège
du gouvernement, qui fut dotée d'arcades sur deux côtés
et entourée d'édifices gouvernementaux et de résidences
de notables.
Querétaro n'était pas destinée à devenir
un siège épiscopal, aucun espace n'y a été
réservé en vue de la construction d'une cathédrale.
Cependant, tous les ordres monastiques s'y établirent.
Dans un premier temps, les Franciscains, les Augustins et les
Dominicains fondèrent de vastes maisons. Puis ils furent
suivis par les Jésuites et les Oratoriens, ainsi que par
des ordres féminins. Chaque ordre y a laissé des
ensembles baroques imposants dont les plus exceptionnels sont
les couvents de Santa Clara et Santa Rosa, sans oublier Santa
Teresa et El Carmen.
Dans le dernier quart du XVIIème siècle, les édifices
érigés lors de l'apogée économique
de la ville confèrent à Querétaro son apparence
actuelle. Les édifices religieux de San Antonio, El Carmen
et le Collège Jésuite sont alors construits et agrandis
et les églises de la Congrégation de Guadalupe et
Santo Domingo sont édifiées principalement grâce
à des fonds fournis par Juan Caballero y Ocio (responsable
des missions jésuites en Californie). Le monastère
franciscain initial de Santa Cruz est également
agrandi pour devenir ensuite le premier Collège apostolique
de Propaganda Fide fondé
par le Saint Siège sur le territoire des Amériques.
Il convient de remarquer tout particulièrement l'intérieur
des églises de Santa Clara et Santa Rosa. Oeuvres de Mariano
de las Casas, elles surpassent le baroque traditionnel de par
leur profusion de rocaille et d'arabesques ornant balcons, consoles,
niches, baldaquins, tentures, draperies et autres éléments
ainsi que de par les riches statues polychromes de saints, d'anges
et d'apôtres." Fin de l'extrait Unesco.