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Religions au Mexique
 Page mise à jour le 23.12.2012
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Religion au Mexique

Les frères franciscains n'eurent pas trop de mal à convertir les Indiens du Mexique, dominés par la magie, aux rites de l'Eglise catholique où ils retrouvaient quelque chose du surnaturel à quoi ils étaient habitués. Pour eux, Jésus fut d'abord la réincarnation du dieu Quetzacóatl. L'or des autels, l'odeur de l'encens, les chants liturgiques, le carillon des cloches les acquirent à leur nouvelle foi au moins autant que la prédication des missionnaires espagnols. Et quand les Mexicains se furent donné leur propre Vierge Noire, en 1531, sous l'invocation de Notre-Dame de Guadalupe, le catholicisme fut vraiment adopté dans le pays. Du reste, c'est sous la bannière de la Vierge de Guadalupe que les révolutionnaires, plus tard, menèrent le combat pour l'indépendance.

cimetière de Hoctun dans le Yucatán au MexiqueLà où les Mexicains pauvres cherchent l'évasion dans l'alcool, leurs femmes la cherchent dans la religion. Des siècles d'exactions cléricales n'ont pas ébranlé la foi des humbles. En devenant Président de la République, en 1858, Benito Juárez se jura d'être fidèle tant à ses origines modestes qu'à ses nobles idéaux en se vouant à la destruction de ce qu'il appelait « le néfaste pouvoir des classes privilégiées ». A l'époque, l'Eglise en était une au premier chef. Elle possédait d'immenses domaines, couvrant au total une énorme portion du territoire mexicain, sans parler du pouvoir politique démesuré qui lui permettait de faire et de défaire les gouvernements. Juárez lutta pour la nationalisation des biens ecclésiastiques et institua le mariage civil, entre autres réformes visant à briser la puissance séculière de la hiérarchie.

Quelles qu'en aient été les coûteuses répercussions pour lui-même et pour le pays, Juárez réussit dans ses entreprises. Depuis, les Mexicains sont théoriquement libres de leurs opinions religieuses, et pratiquement aussi solidement catholiques que par le passé. Pour l'homme, sans doute, sa religion est bien souvent pure formalité. Né dans l'Eglise, il y est baptisé, marié — le mariage civil est obligatoire, mais la cérémonie religieuse presque toujours respectée — et enterré. Pour le reste, il touche respectueusement son chapeau quand il passe devant un sanctuaire, sans y pénétrer. Tandis que l'église est le centre de la vie sociale pour la Mexicaine, son refuge et sa consolation quand le fardeau de l'existence lui semble trop lourd à porter.


     Photo ci-dessus : cimetière de Hoctun dans le Yucatán au Mexique

Juárez lui-même n'aurait rien à objecter au choix de l'un et de l'autre, tant que ce choix reste libre. Car c'est pour donner cette liberté-là au peuple qu'il se battit, lorsqu'il expropria les grands propriétaires ecclésiastiques. Un autre grand président mexicain, Lázaro Cárdenas, poursuivait le même but quand il expropria les exploiteurs gringos qui saignaient le pays dans les années trente.

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Croyances au Mexique

petite indienne préparant sa fête des morts au MexiqueEn dépit des professions de foi d'irréligion réaffirmées par ses dirigeants et de la stricte séparation entre l'Église et l'État, le Mexique reste très profondément catholique. Près de 85 % de sa population se réclame de la confession romaine (10% de protestants). C’est le deuxième pays au monde par le nombre de ses fidèles mais le nombre de fidèles tend à décroître due à l’apparition des sectes.
Farouchement croyants et horrifiés par les cultes sanglants pratiqués par les Indiens, les Espagnols se sont efforcés d'extirper des cœurs les croyances profondes, mais en vain. Les Indiens assimilèrent les éléments de la religion nouvelle, et, rebaptisant leurs propres dieux, ils composèrent parfois un amalgame à leur usage. Très vite, les missionnaires comprirent et acceptèrent la nécessité de pactiser avec les religions locales au prix d'un christianisme indianisé.

     Photo de droite : petite indienne préparant sa fête des morts au Mexique

L' influence des croyances indiennes au Mexique

Tout le catholicisme populaire est imprégné d'éléments d'origine indienne. Et, plus on s'approche des classes les plus humbles, plus l'amalgame est puissant. Ainsi est-il difficile de tracer la frontière qui sépare les rites locaux de ceux qui appartiennent à la foi catholique. Sous le vernis d'une apparente homogénéité des pratiques subsiste une réelle hétérogénéité de croyances. Le christianisme n'a qu'artificiellement supplanté les cultes indigènes en se contentant de supprimer les rites les plus barbares et les plus voyants. Le Mexique est parvenu à créer parfois un inextricable et unique mélange, qui peut sembler être une religion « pagano-chrétienne ». Ainsi verrez-vous, dans des églises de village, des saints indiens vêtus comme les membres de la communauté locale voisiner avec leurs homologues métis habillés à l'européenne, les seconds étant presque ignorés des Indiens. Il vous arrivera peut-être aussi d'assister à ces danses appelées santiagueros. L'apôtre Santiago, protecteur des "conquistadores" et héros légendaire, y semble logé dans le panthéon indien où il est investi des caractères d'un dieu de la Guerre et du Tonnerre. C'est la raison pour laquelle l'homme auréolé qui chevauche son cheval de bois, en brandissant sa redoutable épée contre les « infidèles », incarne, en fait, celui qui écarte les esprits maléfiques et la sécheresse. Derrière le saint on croit voir respirer encore le dieu païen.

Aguardiente et sang d'oiseau au Mexique

Comme partout, le mysticisme des Indiens se limite aux biens immédiats : santé, pluie pour des récoltes abondantes, paix entre les siens. Comme d’innombrables esprits maléfiques et bénéfiques continuent à hanter les grottes et les forêts, il n'est donc aucune magie qui ne soit superflue afin de les amadouer. Les Chinantèques et les Cuicatèques (Oaxaca), qui vénèrent encore le tonnerre, répandent de l'aguardiente sur le sol pour s'assurer de bonnes récoltes, les Mixtèques du sang d'oiseau avant les semailles. Divination, magie, chamanisme et recours aux hallucinogènes demeurent bien vivants.
Ce ne sont pas les Huichols qui nous contrediront, eux qui pour satisfaire les forces divines accomplissent un étonnant pèlerinage. Pendant presque six semaines, ils parcourent 800 à 900 km à travers le paysage lunaire du désert de San Luis Potosí en quête de la plante sacrée, le peyotl. Ce petit cactus sans épine permet, grâce à ses merveilleux effets hallucinogènes, de communiquer avec les esprits et de pénétrer la splendeur du sacré.
Véritable « plante de vie », Il assure l'abondance des moissons et la bénédiction des grandes puissances du monde. Du succès du pèlerinage dépendent les heurs et malheurs de la communauté tout entière...

 

La mort familière au Mexique

Elle est reçue avec joie !

C'est au moment de la Toussaint que se révèlent les attitudes fondamentales devant la mort. Indiens et Espagnols partageaient une communauté de traits à son égard : fierté, mépris du danger, vision tragique du monde... Le Mexicain contemporain en a hérité.
La mort familière, la mort de tous les jours n'engendre donc pas forcément des idées tristes. Et quelle plus belle occasion que de se retrouver, les vivants et les morts, une fois par an, pour faire la fête ! Au Mexique, pendant les jours qui précèdent le 2 novembre, on s'offre des friandises funèbres. On s'échange ces têtes de morts en sucre que sont les calaveras, objets symboliques par excellence de la Toussaint mexicaine. Il est du meilleur goût d'en offrir à l'être aimé, à ses enfants, à ses parents. Les plus appréciées sont celles qui sont de taille réelle et affichent sur un bandeau frontal le prénom de l'heureux bénéficiaire. Les « pains des morts » sont de délicieuses brioches rondes au café décorées de tibias que complètent des galettes cachant un tibia en guise de fève. On tire les morts comme on tire les rois !

Les Mexicains s'amusent de la mort, la raillent dans des mascarades carnavalesques... Avec des masques grimaçants, des personnages déguisés en squelettes de papier mâché se livrent avec un humour macabre à de jubilatoires satires de la société. Et, pour que la fête soit plus gaie, une musique entraînante et joyeuse vous emporte tout ce petit monde !

concherias autour de l'autel des morts Au soir du 1er novembre, c'est au cimetière qu'on donne rendez-vous aux morts pour y faire la fête et banqueter sur les tombes. Une fois encore, c'est parmi les populations indiennes que les rites pratiqués sont les plus saisissants. Ainsi à Romerillo, dans le Chiapas, les Chamulas se livrent à une très étrange cérémonie. Tôt le matin, les vivants viennent apporter aux morts, en offrandes, ce qu'ils aimaient et des œillets pour leur rappeler le parfum de la terre. On leur parle, on les appelle aux sons des guitares et des accordéons. Toute la nuit, des lanternes brûlent pour guider le retour des âmes. Les grandes portes qui recouvrent les tombes seront ouvertes, après une longue attente. Et, fondues dans l'aube du matin, les âmes peuvent enfin établir le contact avec les mortels. Ce sont d'interminables discours relatant tous les menus événements de l'année.


      Photo de droite : concherias autour de l'autel des morts
      au Mexique


Le "Dia de los Muertos" est organisé selon les rites Mixquiques au Sud de Mexico et dans l’Ile de Janitzio, deux cérémonies parmi les plus célèbres. Dans l'île de Janitzio, au milieu du lac Pátzcuaro, les Tarasques (purepéchas) célèbrent aussi une mémorable nuit des morts. Après une joyeuse kermesse, toutes les femmes s'esquivent avec leurs enfants pour aller piqueter de bougies un champ que rien ne désigne comme un cimetière. Là aussi, s'amorce le long dialogue avec les morts. A Oaxaca, défile un cortège méditatif suivi de musiciens, de danseurs, le tout sous des feux d’artifice.

autel de la Fête des morts au Mexique Beaucoup de foyers mexicains installent chez eux, un autel avec la photo des proches décédés, des fleurs, des cadeaux et leur nourriture préférée.

Les quatre éléments essentiels de la nature sont présents dans ces offrandes ou autels :
Le feu, représenté par des bougies et des cierges : un cierge pour chaque âme,
La terre, représentée par les fruits nourrissant les âmes,
L’eau, placée dans un récipient tout le long du chemin afin que les âmes qui nous visitent puissent s’abreuver jusqu’à l’arrivée à leur autel,
Le vent, symbolisé par du papier de chine qui, de par sa légèreté, se meut au passage de la brise.

Voir le chapitre sur le jour des morts à Mixquic


      Photo ci-dessus : autel de la Fête des morts au Mexique

 

La Vierge de la Guadalupe au Mexique

l'intérieur de la Basilique de Guadalupe au moment des Fêtes de Pâques au Mexique« La Lupita ! » Qui n'a entendu cette appellation familière ou vu son effigie mille fois reproduite dans tous les recoins du Mexique ? Un peuple entier vibre à son évocation, tant la dévotion pour la « Indita » est un phénomène unique qui se confond avec la notion même de Mexique. La Guadalupe est le symbole de la foi catholique et des cultes précolombiens, à la fois. C'est l'intime mélange culturel et racial qui a donné naissance au Mexique.

Photo de gauche : l'intérieur de la Basilique de Guadalupe au moment des Fêtes de Pâques au Mexique


Le pauvre Juan Diego, Indien converti qui, un matin de 1531, eut l'apparition de cette Vierge de sa race l'interpellant sur la colline de Tepeyac, n'eût jamais imaginé qu'ici prenait source un culte aussi extraordinaire. L'événement ayant bien entendu donné une sérieuse impulsion à la conversion des « païens »,
l'« Indienne » allait bientôt être déclarée patronne de cette Nouvelle-Espagne qui n'a depuis cessé de l'adorer.





prière à la Basilique de Guadalupe au MexiqueChaque 12 décembre se déroule en son honneur la plus grandiose kermesse du Mexique, aussi fétichiste que catholique. Et, toute l'année, des centaines de milliers de pèlerins viennent l'implorer en sa basilique, nouvelle et superbe. Jeunes ou vieux, ils se traîneront sur des genoux écorchés à travers l'immense parvis, l'espérance au fond du regard. Car, si on vient la voir de très loin, si son image veille sur les foyers, les voitures, les instruments de musique... c'est que d'elle dépend l'échec ou la réussite. C'est parce que cette petite madone aux yeux tristes et aux mains pourtant si petites reçoit sans compter les angoisses et les espoirs de tout un peuple, qui peut tout lui demander.

                                                                                                

      Photo de droite : prière à la Basilique de Guadalupe au Mexique



Voir le chapitre sur les quartiers de Mexico (La Vierge de la Guadalupe)

Différentes religions au Mexique

pèlerins devant la basilique de Guadalupe au Mexique Le Mexique est un Etat laïc. Séparation stricte de l’Etat et de l’Eglise. 85% de catholiques, 10% de protestants et moins de 5% de juifs.

Photo de gauche : pèlerins devant la basilique de Guadalupe au Mexique

C’est un pays qui a été choyé par le pape Jean Paul II qui s’est rendu 5 fois sur le territoire. C’est en 1992 que les organisations religieuses ont été reconnues légalement et que les relations avec le Vatican ont été instaurées.

 

 


    

église San Francisco de Asis à Cuetzalán au Mexique église nuestra señora de guadalupe à Cuetzalán au Mexique

 

 

 

 

 

 

 

 

 




      

Photo ci-dessus : église San Francisco de Asis à Cuetzalán au Mexique
                                                                                            

      Photo de droite : église nuestra señora de Guadalupe à Cuetzalán au Mexique

El Carmen - SLP - México La Basilica - Ciudad de Guanajuato, Mexico Guadalajara, Mexico Church Interior - Erongaricuaro, Michoacan, Mexico Templo de San Francisco - Tzintzuntzan, Michoacan, Mexico
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