| LA
ROUTE DES MISSIONS DU PADRE KINO - SONORA
C’est sans doute l’une des épopées
les plus extraordinaires qui s'est déroulé durant
le processus d’évangélisation en Amérique,
celle qu’a entrepris le père Eusebio Kino en explorant
les territoires de Sonora, Sinaloa et Arizona. Ses préoccupations
en mathématiques et géographie ont été
pour lui extrêmement utiles lorsque qu’il est arrivé
sur ces terres inhospitalières et étrangères.
Eusebio Francisco Kino, S.J. ou Eusebio Francesco Chini
Aussi appelé Padre Kino, il était missionnaire jésuite
italien. Il a également été explorateur, cartographe,
géographe et astronome. Il a établi une distinction
entre les indigènes, dans le nord-ouest du Mexique
et le sud-ouest des États-Unis avec des méthodes d’évangélisation
et en y créant 20 missions. Il était connu par sa
capacité à établir des relations entre les
indigènes et les institutions religieuses qu’il représentait.
Ses origines
L'épopée du Padre Kino a commencé à
Segno en Italie, dans le Tyrol Italien, non loin de la ville historique
de Trento, ou il est né le 10 d'août 1645 dans une
pièce typique faite de pierres et de bois.
C'est déjà a cette époque la, sur sa terre
natale, qu’il a commencé à se forger déjà
adolescent ce tempérament fort qu'un jour il aurait pour
explorer les montagnes, les fleuves et les déserts d'un pays
situé dans un continent très éloigné
de son village.
Ses études
Jeune homme, Eusebio Francisco devait être doté d’une
intelligence exceptionnelle, puisque ses parents l'ont envoyé
au collège des jésuites à Trente, où
il a été initié à la connaissance des
lettres et des sciences. Très jeune il est parti au collège
de Hall près d'Innsbruck en Autriche, pour continuer à
cultiver son intérêt pour les sciences et les mathématiques.
C’est ainsi qu’à vingt ans, Kino a commencé
le long chemin de la formation des membres de la Compagnie de Jésus.
A la fin de ses études théologiques, le Duc de Bavière
l'a invité à développer les chaires de sciences
et de mathématiques de l'Université d'Ingolstadt.
En même temps, Kino avait déjà demandé
à être envoyé en Chine à la fin de ses
études. Le sort a voulu qu’il n’y ait que deux
missions disponibles, l'une pour les Philippines et l'autre pour
le Mexique. Pour décider celui qui irait en Orient on a effectué
un tirage au sort et le Père Kino a tiré le nom du
Mexique.
Le faux départ
En Juin 1678 il s’embarque du port de Genève en compagnie
de dix-huit compagnons pour Cadiz en Espagne avec l’espoir
de rattraper la flotte d'été qui partait pour le Nouveau
Monde.
Une erreur de navigation à travers le brouillard et les courants
rapides de Détroit de Gibraltar conduisent l'embarcation
près de Ceuta. Cette erreur leur a fait perdre un temps précieux
: à l'approche de la baie de Cadix 13 Juillet, La flotte
impériale espagnol voguait déjà pour la Nouvelle
Espagne.
Kino et ses compagnons ont du attendre deux ans pour être
en mesure d'avoir un nouveau départ. Ils ont néanmoins
profité de leur séjour forcé pour apprendre
l’espagnol et pour faire d'autres préparatifs.
Enfin, les missionnaires Jésuites ont pu obtenir une place
dans le Nazareno sur lequel ils embarquent en Juillet 1680. La flotte
lève bien sur l’ancre vers le Mexique,
mais cette fois le navire s'échoue sur le banc de sable du
Grand Diamant, en sortant de la baie de Cadix. Le bateau fut rapidement
détruit par la furie du vent et des vagues. Complètement
découragé et sans bagages, Kino attend encore six
autres mois à Cadix, jusqu'à ce que l'occasion lui
fut donnée de traverser la barrière de l'Océan
vers son destin.
La
Basse Californie a été le premier territoire du missionnaire
Kino. Aucune expédition espagnole n’avait réussi
jusque-là à y avoir accès, bien que la colonisation
l’ait tenté à plusieurs reprises depuis l'époque
mémorable d' Hernán
Cortez.
L'expédition a débarqué en 1683 à La
Paz, et comme il fallait le prévoir, la péninsule
a été hostile aux colons. L’embarcation a donc
dû retourner en Sinaloa
d'où elle était partie.
Le Padre Kino était fâché par le comportement
décevant des soldats envers les indigènes et par la
décision des colons de quitter La Paz, décision motivée
par la crainte des natifs et de la pénurie de vivres.
Sa vie
Pendant l'automne de cette année (1683) l'expédition,
de retour vers la péninsule, va cette fois ci jusqu'à
San Bruno où les Jésuites fondèrent la première
mission, à proximité de l'actuel Loreto. Petit à
petit et à partir de cette station missionnaire, la petite
expédition va franchir peu à peu la montagne rocheuse
de la Giganta. Après 4 mois, l'exploration du Padre Kino
a finalement atteint les côtes de la Mer du Sud (l'océan
Pacifique).
Cette fois ils ont pu approcher les autochtones et même créer
des liens d’amitié, et leurs dialectes ont été
l'objet d'études. Des baptêmes ont été
administrés aux enfants et aux mourants. Après un
an d’effort, il sembla que soit enfin réussie la création
d'une mission permanente en Basse-Californie.
Mais
à San Bruno le soleil évapore l'eau et séche
les récoltes : le grand rêve s’est aussi asséché
et l'amiral Isidro de Atondo et Antillón en 1685, soumis
au vote l'abandon de cette entreprise californienne financée
par la Couronne
espagnole. Le Padre Kino s’y opposa, mais en vain. Des
ordres de sauver tout ce qui pourrait revenir dans les bateaux furent
donnés. On a embarqué et les vents tièdes ont
éloigné les bateaux de ces territoires inhospitaliers.
Là, le rêve de Kino de se tourner vers les autochtones
et de créer un chapelet de missions en Basse Californie est
arrivé à son but. "Ce serait d’autres missionnaires
qui, avec la croix dans la main, coloniseraient la péninsule,
pensait-il".
Grâce à l'intérêt qu'avait le Padre Kino
dans l’évangélisation de la Basse Californie,
le Vice Roi Comte de Walls a ordonné en 1686 l'intégration
d’un groupe qui aurait soin d'étudier et de proposer
la forme la plus appropriée de garder un pied à terre
permanent sur cette terre qui n’appartenait que de nom à
l'Espagne.
Ce groupe a été intégré
par l'amiral Isidro de Atondo et Antillón, le Padre Kino
lui-même et par le procureur de la Real audience.
Il a été demandé à la Compagnie de Jésus
qu’elle prenne en charge ce projet en lui offrant la somme
de trente mille pesos annuels. Néanmoins la Compagnie de
Jésus a rejeté l'invitation à la gestion des
biens temporaires quand bien même elle était d’accord
pour coopérer dans le spirituel en envoyant les prêtres
nécessaires.
Devant le refus de son Ordre à prendre en charge le projet
d’évangéliser et de coloniser la Basse Californie,
le Padre Kino père a entrepris l'excursion pour la haute
Pimería, où il a initié ses travaux apostoliques.
Il ne revint jamais en Basse Californie même si une troisième
fois il allait faire partie d’une expédition évangélisante
sur ces terres, expédition qui allait avoir à sa tête
Kino lui-même et le Père Juan Maria Salvatierra.
Au début de l'automne 1697, une révolte des indigènes
dans le nord de Sonora empêchait Kino de les accompagner.
Il est donc resté pour aider à la pacification. L'expédition
a débarqué sur la côte californienne de la Mer
de Cortez et y fonda la Mission de Notre Dame de Loreto, aujourd’hui
municipalité bien connue en Basse Californie du Sud.
La Mission, fondée par le Père Juan Maria de Salvatierra,
sera appelée "Tête et Mère de toutes les
missions de Haute et Basse Californie", et de là allait
commencer la colonisation de ces terres.
Le Padre Kino est alors devenu un missionnaire sans mission. Il
a suggéré a son supérieur hiérarchique
qu’il l’envoie travailler dans la tribu
Seri et à Guaymas, car il voulait être près
de la Basse Californie et après son accord, il a suivi ce
qui serait la mission de sa vie.
Il
a baptise des milliers d’indigènes et a obtenu des
privilèges pour eux, créé des ranchs et aidé
à la culture agraire, vérifié et confirmé
que la Basse Californie était une péninsule et non
une ile, a appris les langues et dialectes de ses milliers de «
brebis » à qui il a appris à lire et à
écrire, a su apprivoiser les esprits, la terre et les chevaux,
et a aussi trouvé le temps d’écrire. Dans son
livre « Faveurs Célestes » il relate les aventures
et les malheurs de sa vie de 1687 à 1706, 5 ans avant sa
mort.
La mission de Notre-Dame-des-Dolores (1687)
La mission de Notre-Dame des Remedios (1699)
La mission de Notre-Dame du Pilar et Santiago de Cocóspera
La mission de San Ignacio de Cabórica
La mission de San Pedro et San Pablo de Tubutama
La mission de la Purisima Concepcion de Notre-Dame de Caborca
La mission de San Diego de Pitiquíto.
La mission de San Cayetano Tumacacori (Arizona USA)
Les missions de la Haute Santa Cruz. Petites missions réparties
entre Sonora et Arizona
Visitas del Rio Altar
La mission de San Xavier du Bac (Arizona, USA)
Et beaucoup d’autres petites missions appelées «
Visites » édifiées sur les deux côtés
de la frontière Mexique-États-Unis.
La légende est née le Padre Kino est mort dans la
nuit du 15 Mars 1711 dans la commune de Santa Maria Magdalena, l'actuel
Magdalena de Kino en Sonora et il y fut enterré.
Pendant presque 250 ans, le lieu exact de sa tombe ne sera pas connu,
et pendant de nombreuses années au siècle dernier,
ses restes ont été recherchés par des anthropologues
et des historiens américains et mexicains.
Le 19 Mai 1966, ils ont été trouvés sous la
place d'armes de Magdalena de Kino, grâce aux recherches ordonnées
alors par le gouverneur de Sonora, Luis Oaks, et le maire de Magdalena
Sonora, Gerald Nava Garcia. Il repose aujourd’hui au lieu
même où il avait été enterré,
dans un mausolee qui lui a été dédié.
En résumé
Dans la difficile épopée d’évangélisation,
qui a eu un impact culturel très conséquent à
travers toutes les communautés indigènes dans le monde,
le père Jésuite Eusebio Francisco Kino, italien de
naissance, a commencé ses voyages en Amérique du Sud
en arrivant à Mexico, puis
en voguant jusqu’à la Basse Californie (Carolina -
La Paz) où il a pu commencer son travail de Sauveur d’âmes.
Plus tard, à partir de 1687, il accostera en Sinaloa,
pour finalement rencontrer les
peuples indigènes de Sonora comme les Yaquis,
les Seris, puis les communautés
de la Pimaria Alta, les Opatas.
Au
travers de ses périples, il construira plusieurs missions,
plus tard suivi dans son labeur par les pères Franciscains.
L’église de Nuestra Señora de la Purísima
Concepción à Caborca est l’une d’entre
elles ; elle a été reconstruite aux alentours de 1803
et porte encore sur sa façade les traces de balles d’une
bataille livrée il y a près de cent ans.
Le Padre Kino a donné son nom à Bahia de Kino, un
village situé sur les terres de la communauté Seri
de Punta Chueca, à l’ouest
du Sonora, ainsi qu’à une Université (Universidad
Kino) toujours régie selon les codes Jésuites.
D’entre tous les pères chrétiens
venus en Sonora à cette
époque, il reste dans la mémoire comme “L’homme
noir à cheval”, et il a pu continuer son oeuvre parmi
les communautés indigènes qui l’ont laissé
en vie, alors que d’autres pères ont été
martyrisés et sacrifiés.
Il est décédé en 1711, à Magdalena de
Kino, qui reste encore aujourd’hui le berceau de ses restes,
et continue à cultiver la mémoire de ses oeuvres.
Texte préparé par Marie Resplandy, fondatrice et directrice de l'Association Franco Mexicaine AFG AC, correspondante officielle en Sonora pour France Expatriés, et déléguée consulaire pour le Consulat Général de France au Mexique, toujours dans l'état de Sonora, où elle vit depuis près de 10 ans.
Link Asociacion Franco Mexicaine AFG AC : www.lsiaug.net/afg/
Consulat General de France au Mexique : www.consulfrance-mexico.org/

Tours en Sonora : les Seris,
La Pimaria Alta, les Pétroglyphes,
les Yaquis, les Mayos,
La Route des Missions.
Tour de baleines grises en petit avion. Consultez

 
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