Le Mexique
 
 
 
Tulum et Cobá
 Page mise à jour le 06.07.2008
 
TULUM

Un site qui recèle de véritables découvertes pour tout visiteur curieux de l'univers Maya mais qui ne présente pas moins d'attraits pour les amateurs de plongée et de baignade.vue de Tulum
Tulum, cité maya, née il y a presque trois mille ans, perçée sur une pointe rocheuse qui domine une mer turquoise avec : à quelque distance de la côte, un récif corallien qui est le deuxième le plus important du monde. Ajoutons à cela des plages de rêve sur pratiquement 10 km et voilà à l'endroit idéal pour partager son temps entre la mer et une civilisation millénaire.

Photo de gauche : vue de Tulum

Accessible par la route fédérale 307, voie cotière rapide et sûre, Tulum est située à 60 km au sud de Playa del Carmen. C'est la seule cité maya construite en bord de mer.
Juché sur le sommet d'une falaise au pied de laquelle s'étale la mer des Caraîbes, Tulum paraît surveiller l'immensité bleue. Retranché derrière sa muraille, il semble se protéger des menaces silencieuses de la jungle alentour. Le nom actuel, qui lui a été donné au début du XIXème siècle, veut dire "muraille, fortification". Son nom ancien était Zama et signifiait "aurore" ou "là où le soleil se lève".

Le passé lointain

Sur l'aride plateau calcaire de la péninsule du Yucatán, sans cours d'eau et sans lac, la présence d'un puits naturel était et demeure la seule possibilité de survie; voilà pourquoi tous les villages, anciens et modernes, se situent à proximité d'un de ces "cenotes". Tel est le cas de Tulum.
Vers le Xème siècle, lorsque s'effondra l'ancienne culture maya, les grandes villes furent abandonnées et les troubles qui suivirent favorisèrent la venue de peuplades étrangères influencées par une culture différente.
De l'autre côté de la péninsule du Yucatán, dans les marais et les deltas des plaines côtières du Tabasco et de Campeche, vivait un peuple de commerçants-navigateurs, les Poutouns. De langue et de culture maya, ces Poutons cotôyaient les peuplades náhuatls dont ils avaient assimilé en partie la culture.
Intermédiaires commerciaux entre Mayas et Náhuatls, ils remontaient en pirogues les cours d'eau qui sillonnaient la forêt, emportant pierres dures, obsidienne et jades qu'ils troquaient contre le cacao, les plumes de quetzal et les autres produits recherchés sur les hauts plateaux mexicains.
L'abandon des villes classiques et les désordres qui suivirent favorisant le transport maritime au détriment du commerce routier, trop périlleux, les Poutons controlèrent bien vite les régions productrices de cacao de la côte Caraïbe du Honduras au Yucatán. De petits ports furent aménagés et peuplés, afin de recevoir les flottilles de commerçants et d'entreposer les marchandises. Tel fut le cas de Tulum.

Les premières constructions

Emigrant des hauts plateaux mexicains, les Toltèques, peut-être accompagnés des Poutons, s'étaient installés à Chichén Itzá. Outre de nombreuses innovations qui s'imposèrent dans l'art local, ils apportaient avec eux le culte de Quetzalcóatl (Kukulcán). Chichén Itzá, en effet, était une ville consacrée à Vénus, une forme dérivée de Quetzalcóatl, le dieu de l'aurore et du jour, mais aussi de l'ouest et de la nuit, qui amenait avec lui la lumière et la vie, le maïs et l'agriculture, la connaissance du calendrier et de l'écriture.
temple du dieu descendantLa présence et l'influence des Toltèques atteignit vite la côte des Caraïbes, formant ainsi un Empire où les styles et les intérêts étaient devenus communs. Les premières constructions de Tulum réunissent toutes ces caractèristiques dans leurs sculptures, leurs peintures murales et leurs moulages en stuc, en particulier le culte de Quetzalcóatl, représenté fréquemment sur le site sous sa forme matinale, Vénus, les pieds dirigés vers le ciel.

Photo de droite : temple du dieu descendant


Les premiers sanctuaires et les palais bâtis par les commerçants-marins étaient situés à l'emplacement de ceux que l'on peut admirer actuellement, mais, comme dans le cas de presque toutes les constructions mayas, ils furent partiellement recouverts, plus tard, par de nouvelles constructions. Tel est le cas du temple des Fresques où, dans la partie la plus ancienne mise au jour, on peut voir une sculpture en stuc du Dieu Descendant, ainsi que des fresques bleu turquoise sur fond noir du Castillo et du temple du Dieu Descendant. Le style "codex" des peintures murales rappelle l'art pictural "au trait" des manuscrits mayas. Les angles de la toiture prennent la forme de masques d'Itzamná, le dieu créateur au visage de vieillard.

La ville baptisée

Les villes mayas étaient surtout des sanctuaires, avec des temples et des palais. Là vivaient les personnages les plus importants, entourés de gardes et de serviteurs, tandis que les populations logeaient aux alentours, dans des paillotes. Le grand espace cérémoniel était traversé par une chaussée qui permettait l'accès à chacun des bâtiments.
Au nord du grand temple appelé le "Castillo", se trouve une petite plage qui permettait aux pirogues d'accoster. On sait que d'autres points de la côte furent ainsi aménagés en ports, comme Tankah, Kehla, Polé et l'île de Cozumel. Ces ports communiquaient avec les villes de l'intérieur par des routes empierrées appelées "sacbé=chemin pavé ou "blanc". Deux de ces routes ont été retrouvées à Tulum, l'une conduisant à Nabalam, l'autre à Cobá.
Le Castillo, temple dédié à Vénus, l'étoile du matin, plusieurs fois remanié tourne résolument le dos à la mer, vraisemblablement pour se protéger des intempéries dans une zone cyclonique. Son grand escalier menant à un temple soutenu par des colonnes serpentiformes l'apparente directement à l'architecture de Chichén Itzá. Côté nord, le Temple du Dieu Descendant conserve le plus bel exemple de 'dieu descendant" dans une petite niche façonnée dans la toiture. Avue d'ensemble de Tulumu centre de la place, un petit autel couvert, typique de la région, ressemble à un baldaquin. Resortez par la porte sud et rapprochez-vous de la côté, pour découvrir une superbe vue sur la mer.

Photo de droite : vue d'ensemble de Tulum



Vers le début du XIIIème siècle, Chichén Itzá perdit sa prépondérance et fut remplacée par Mayapán, où résidait la dynastie des Cocoms (peut-être un rameau des Poutons qui prirent alors le pouvoir). Le règne des Cocoms dut correspondre à une autre période de troubles. L'insécurité les obligea à entourer leur capitale d'une forte muraille, ce qui firent également la plupart des villes habitées de la péninsule. La muraille de Tulum haute de 3 à 5 m, n'a que cinq petites portes : deux au nord, deux au sud et une à l'ouest, face à la forêt. Cette dernière sert actuellement d'accès au site, elle dessine un rectangle d'environ 380 m de long sur 165 m de large. On pense que la ville n'a jamais compté plus de 600 habitants, prêtres et dignitaires demeurant dans l'enceinte tandis que le reste de la population résidait à l'extérieur.

L'apogée

Dès lors, par sa position fortifiée en haut de la falaise, Zama-Tulum, devint le port le plus important de la côte. De là s'exportaient les produits locaux (miel, cire, sel, tissages de coton, encens, poissons, teintures, colorants végétaux, ect..). Ici arrivaient les objets d'obsidienne, les ornements de jade, les plumes de quetzal, l'ambre, la turquoise, le cacao, les métaux et les esclaves.

La décadence

A la chute de Mayapán, en 1441, l'économie du Yucatán s'effondra et, avec elle, la puissance des villes commerçantes. De Cozumel, Xelha et Tulum, les riches marchands se retirèrent vers les centres producteurs de cacao, au sud, où ils avaient acquis de vastes propriétés, ou bien ils regagnèrent les anciennes provinces de Campeche et du Tabasco. Ces centres étaient encore très importants quand les Espagnols explorèrent les côtes. De fait, ces ports étaient les seules villes mayas encore habitées à l'époque.
Juan Diaz, le chroniqueur de l'expédition de Grivalja, qui, le premier visita cette côte en 1518, écrit :"... Le jour suivant, au coucher du soleil, nous aperçûmes une ville ou village si grand que Séville ne put paraître plus considérable ni meilleure, nous y vîmes une grande tour (pyramide)..." (Séville était alors la plus grande ville d'Espagne).
Le véritable déclin de Tulum commenca avec la colonisation espagnole. La capacité des navires espagnols étant nettement supérieure à celle des pirogues indiennes, les marchands européens supplantèrent vite leurs concurrents mayas. La valeur des produits, elle aussi, se modifia; l'obsidienne fut remplacée par l'acier et l'imposition d'une nouvelle religion élimina les objets rituels. Les marchands devinrent paysans dans une région où l'agriculture était presque impossible.
Peu à peu, les villes côtières furent désertées par les survivants des épidémies qui fuirent vers l'intérieur. Les raids des Indiens sauvages d'Amérique centrale contribuèrent également au dépeuplement. Mais sur la carte de Juan de Dios Gonzalez, dessinée en 1766, son emplacement ne figure plus que comme référence. Tulum avait disparu....

Aujourd'hui on considère comme acquis le fait que les Mayas maitrisaient parfaitement l'astronomie, les mathématiques et un système d'écriture dont le déchiffrement est toujours en cours. Mais c'est surtout leur connaissance des secrets de la navigation maritime qui a dû jouer un rôle prépondérant dans le rayonnement de Tulum en tant que cité marchande, vigie, sentinelle, phare, face à la mer.

En septembre 2006, un squelette dont l'origine semble remonter à près de 10 000 ans, qui pourrait même être antérieur aux Mayas, a été découvert dans la zone archéologique. Les anthropologues l'ont trouvé à environ 100 m de profondeur avec 3 autres restes, à l'intérieur de l'un des cenotes situés à proximité du site. Rappelons que des spécialistes de l'INAH sont présents sur la zone depuis 1999 et ont découverts plus de 100 squelettes de la culture maya appartenant à plusieurs époques et plus de 50 pots et autres ruines. Les études publiées ces dernières années dévoilent qu'incontestablement Tulum a été l'une des principales cités mayas des XIIIème et XIVème siècles. Elle était considérée comme un lieu inévitable pour n'importe quelle route commerciale et pour l'exploitation des importantes ressources maritimes de la Côte de Quintana Roo. Tulum aurait fonctionné politiquement comme une cité indépendante du contrôle des autres provinces, jusqu'à l'arrivée des Espagnols au XVIème siècle, ce qui a causé la désertion par les populations qui l'habitaient.

Ouvert tlj 7h-17h, $48 pour Tulum et tlj 8h-18h, $48 pour Cobá

Accès facile par la route de n'importe quels ville et village de la Riviera Maya, de Cancun ou de Chetumal (bus ou collectivos).

Plan du site archéologique :

Mexique - Sites archéologiques

Différents sites archéologiques sont visibles sur cette vidéo amateur et quelques vues sur Mérida et ses danses folkloriques

 

Ce n'est qu'à Tulum que l'on trouve cette combinaison unique d'un site historique millénaire et des plages qui sont parmi les plus belles au monde et, pour s'héberger, un ensemble qui s'inscrit parfaitement dans ce décor magnifique. Pour se loger, on peut choisir toute une série de chaînes hôtelières, y compris des éco-hôtels confortables alimentés par énergie solaire.

Un vaste plan de développement hôtelier est en cours qui est censé être un peu plus raisonnable que les complexes hôteliers de Cancun et de Playa del Carmen ! Plages, village et ruines mayas sont une combinaison agréable à ne pas manquer !
Bureaux de change, poste, laverie, locations de deux roues, locations de masques et de tubas disponibles à Tulum. Terminal de bus dans le village.


Que l'on soit honnête, TULUM ne fait pas partie de nos sites préférés !

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Notre sélection d'hôtels à Tulum:

 

Les hôtels de cette localité sont en cours de réactualisation !


COBÁ

Située dans la jungle du Quintana Roo à 40 km environ de la côte des Caraïbes et à 45 km de Tulum, la ville de Cobá se compose de trois grands ensembles de constructions et d'autres plus petits, situés aux alentours de plusieurs lacs. Quoique occupée de manière continue depuis le préclassique jusqu'à l'arrivée des Espagnols, elle connut deux époques de splendeur. La première entre le VIème et le IXème siècles, la seconde peu avant la conquête. De la première époque datent les grands ensembles de Cobá, Nohoch, Mul et Macanxoc (les trois groupes les plus importants). L'architecture rappelle beaucoup celle du Petén du Guatemala, ce qui laisse penser qu'une partie de la population, en particulier la classe dominante, était originaire de cette région. D'autre part, le style des gravures de certaines stèles ressemble à celui des stèles de Ceibal, dans le sud du Petén. Sur beaucoup de ces stèles figurent des personnages richement vêtus, des inscriptions et des dates qui, comme à Palenque et à Yaxchilán, conservent les noms et les événements dynastiques des familles régnantes.
jeu de pelote Les trois groupes principaux étaient reliés entre eux et avec les groupes secondaires par des routes empierrées (sacbe=chemin pavé ou "blanc") qui, dans certains cas, atteignent des villes lontaines comme Yaxuna, au sud de Chichén Itzá, à 100 km de là. Le nombre de routes, 45 identifiées jusqu'à présent, montrent l'importance de ce site où devaient être concentrés le plupart des produits de la région avant d'être acheminés vers les villes de l'intérieur.

Photo de droite : jeu de pelote

Autour de ces trois groupes principaux s'éparpillent de nombreuses petites plates-formes (elles sont estimées à encore vingt mille) qui laissent penser que la population vivant ici à l'époque devait atteindre les 40 ou 50 000 habitants.

Cobá
, dont l'ensemble s'étire sur presque 70 km2, peut donc être classée parmi les plus grandes villes mayas de la période classique. Cobá signifierait en Maya, "eaux vives" et c'est aux cinq cenotes qui baigne la région, que la cité doit son nom. Ces plans d'eau, les plus grands de la péninsule ont certainement joué un rôle-clé en alimentant la terre en eau précieuse par un système d'irrigation performant.


pyramide Nohoch Mul En pénétrant dans le site, on découvre une construction, appelée "l'église" où on peut admirer une importante collection d'objets archéologiques. Voir également "le jeu de pelote" avec ses deux anneaux géants en pierre et ses têtes de mort sculptées au pied. En apparence un passe-temps banal, était en réalité d'inspiration rituelle et incluait des sacrifices humains. A vingt minutes de marche de l'entrée, on s'approche de la pyramide Nohoch Mul, émergeant de la jungle ; la route est jalonnée par des stèles sculptées relatant les hauts faits d'une civilisation millénaire. Plusieurs d'entre elles sont datées d'après les différents calendriers utilisés par les Mayas. Prenez votre courage à "deux mains" et gravissez l'escalier monumental de Nohoch Mul (42 m et 120 marches), le plus haut de la péninsule.

Photo de gauche : pyramide Nohoch Mul

Comme toutes les villes contemporaines, Cobá subit le déclin qui mit fin à la période classique, mais quelques siècles plus tard, vers la fin du XIIème probablement, la ville fut à nouveau occupée et elle connut un renouveau temporaire. D'autres temples et ensembles comme celui des Peintures (magnifiquement décoré de glyphes) furent édifiés ou réaménagés, certains avec les pierres des anciennes constructions et les stèles, parfois brisées, que l'on réutilisa pour les soubassements. Des représentations du Dieu Descendant Quetzalcóatl, sous la forme de Vénus, montrent l'influence venue certainement de la côte des Caraïbes, de Tulum, de Tancah, de Xel-ha et de Polé, où se pratiquait le commerce côtier. Pendant le XVIème siècle, peu après la Conquête espagnole, Cobá fut abandonnée et personne ne la visita plus jusqu'en 1886, lorsque José Péon Contreras et M. Elizlde en firent la première description. Les premières photographies de ce site ont été réalisées par Téobert Maler en 1891.

Plan du site archéologique :


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