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Mexique

Les secrets du monde Maya

Berceau de la civilisation maya, le Mexique, le Guatemala, le Belize et le Honduras abritent de surprenants vestiges de cités désertées depuis plus de cinq cents ans. Temples, pyramides et palais jaillissent d’esplanades patiemment arrachées à la forêt vierge. Un itinéraire hors du temps à la rencontre de cités-états qui ont laissé des témoignages monumentaux de leur splendeur passée. Lorsqu’on s’enfonce au cœur de la zone qui s’étend du Mexique au Guatemala, on est loin d’imaginer que la luxuriante forêt tropicale abrite des cités d’une autre ère.

Désertées pour la plupart avant l’arrivée des Occidentaux, tombées dans l’oubli collectif puis ressuscitées aux XIXe et XXe siècles par le patient travail des archéologues, ces villes précolombiennes témoignent d’un niveau de civilisation remarquable. Etablies et contrôlées par les Mayas jusqu’au VIIIe siècle puis envahies pour certaines d’entre elles par les Toltèques, ces cités ont lentement décliné à partir du XIIe siècle suite à une série de disettes, épidémies et invasions. Non sans avoir laissé derrière elles des témoignages variés de leur splendeur : temples, statues, fresques sculptées et manuscrits richement enluminés.

La Mésoamérique, terre Maya

Sans doute les Mayas sont-ils de lointains descendants des Eurasiens parvenus sur le continent américain après avoir franchi le détroit de Béring à pied sec il y a environ 20 000 ans.

A l’époque, le refroidissement du climat avait entraîné une baisse du niveau des océans, ce qui rendait le passage possible entre les deux continents.

Vers 2 000 avant notre ère, des populations se sédentarisent dans la zone couvrant le Yucatan (péninsule située à l’est du Mexique), le Guatemala, le Belize et le Honduras. Elles donnent naissance à un ensemble de civilisations dites mésoaméricaines qui pratiquent l’agriculture et se livrent au commerce entre différentes cités-états. Non sans se plier aux conditions dictées par leur environnement.

C’est dans la nappe phréatique qu’il a donc fallu puiser l’eau, en creusant des puits qui descendent au niveau des roches imperméables situées sous les couches calcaires. Certains de ces puits existent d’ailleurs à l’état naturel : ce sont les fameux cenotes, créés par un effondrement de terrain, qui ont généralement déterminé l’emplacement des cités. Lorsque la couche calcaire était trop profonde, les Mayas creusaient de vastes citernes souterraines rendues imperméables par un enduit à base d’argile. La saison des pluies, qui dure six mois, suffisait à remplir les citernes pour assurer un approvisionnement en eau tout au long de l’année.

Le problème de l’eau résolu, il fallait attaquer celui de l’agriculture, plutôt délicat sur un terrain recouvert de forêts particulièrement denses. Après un défrichage sommaire à la hache, les parcelles étaient rendues propres à la culture par un brûlis. On semait alors maïs, courges et haricots rouges ou noirs qui constituaient les aliments de base à l’époque. Les protéines étaient fournies par les haricots et le calcium apporté par l’eau de cuisson du maïs à laquelle on rajoutait des blocs de chaux.

Tous les sujets d’un souverain maya placé à la tête d’une cité-état devaient lui donner une partie de leurs récoltes ainsi que contribuer à un certain nombre de jours de travail qui servaient à édifier les impressionnantes pyramides de pierres encore visibles aujourd’hui. Car les sites, dont les dimensions finissent pas de nous étonner, ne constituaient que le noyau administratif et religieux de la cité. C’est là que résidait le souverain, les prêtres et les notables. Les paysans et artisans demeuraient à l’extérieur de ce domaine limité par un remblai auquel s’ajoutait un fossé.

Les rites et sacrifices

Hommes et femmes de tous âges pouvaient être livrés en offrande aux dieux mayas. Parés de riches atours, vêtements rebrodés de fils d’or et de perles, colliers, masques et pendentifs en cuivre ou en or, ornements d’oreilles et bracelets de jade, pierre symbolisant la fertilité, les sacrifiés devaient, pour plaire aux dieux du soleil et de la terre, verser du sang dans la souffrance. Si les immolations, avec arrachement du cœur à vif, étaient réservées à des circonstances particulières sécheresse, guerre ou changement d’ère dans le temps perçu comme cyclique, les autosacrifices étaient beaucoup plus courants. Ils consistaient en diverses scarifications réalisées avec des couteaux, des os taillés ou des cordes pourvues d’épines. Dans la culture maya, le sang qui tombe sur le sol étanche la soif de la terre tandis que les plaintes qui s’élèvent des victimes apaisent les puissances d’en haut qui se manifestent par le soleil et ont le pouvoir de faire revenir la lumière du jour comme d’assurer la bonne marche de l’univers.

Un monde carré dans un temps cyclique

Chez les Mayas, la conception du temps et de l’espace est d’une grande complexité, fondée à la fois sur des observations astronomiques rigoureuses et des légendes aux représentations fantaisistes. Les anciens habitants du Yucatan croyaient ainsi que le monde était un carré étayé par neuf niveaux souterrains et surplombé par treize niveaux célestes. Mais cela ne les empêchait pas d’être particulièrement attentifs aux mouvements des astres, au point d’en tenir compte pour édifier leurs temples. A Tikal, au cœur du Guatemala, le centre de la cité est occupé par une immense place bordée à l’est et à l’ouest par une pyramide, au nord par un autel entouré d’une enceinte et au sud par un bâtiment à neuf portes. La place représentait symboliquement le passage du temps par un parcours qui commençait à l’une des pyramides et se terminait à sa jumelle qui lui fait face. Ainsi évoquait-on l’entrée dans une nouvelle ère qui reproduisait la précédente.

L’une des plus anciennes cités mayas à être parvenue jusqu’à nous est Palenque. Fondée au VIIe siècle dans l’actuel Chiapas, la ville a été l’une des premières à être dégagée de la végétation au milieu du XIXe siècle. S’étendant sur 16 km², l’ensemble comprend un palais et cinq temples principaux ainsi qu’un terrain de jeu de balle. Sur une aire rectangulaire dallée délimitée par des remblais, deux équipes s’affrontaient en se passant une balle de latex. Seuls les épaules, les hanches et les genoux pouvaient entrer en contact avec la balle. Très dure, celle-ci causait de nombreuses blessures en dépit des protections portées par les joueurs. Symboliquement, le jeu représentait le mouvement cyclique du soleil avec la montée et la descente de la balle. Il reproduisait aussi le combat légendaire que s’étaient livré les forces de la lumière et des ténèbres au commencement de la création.

Autre site témoignant du rayonnement architectural maya, Uxmal se situe au nord de la péninsule yucatèque. C’est un ensemble très étendu où dominent les bâtiments longs et plats dont les façades sont rehaussées d’une mosaïque de décors sculptés. On y voit notamment le détail de la tête d’homme sortant de la gueule d’un serpent. Présent sur la pyramide du devin, ce détail représente l’un des souverains d’Uxmal sortant victorieux du combat contre les forces du mal. Il pourrait s’agir du roi seigneur Chac qui aurait vécu au Xe siècle d’après les témoignages laissés par les codex. C’est à cette époque que la cité d’Uxmal parvient à son apogée. Relativement bien préservée en dépit de plus d’un millénaire d’histoire, elle s’est effondrée avec l’arrivée des Toltèques, tribus originaires du centre du Mexique.

La légende du serpent à plumes

S’étant rendus maîtres de Chichen Itza à partir du XIe siècle, les Toltèques ne détruisirent pas le site maya. Ils en construisirent un autre à côté qui témoigne d’apports culturels différents dont le fameux serpent à plumes. Cet animal à tête de dragon n’est autre que le fameux Quetzalcoatl, rebaptisé Kukulcan en maya, car si les envahisseurs répandirent leurs coutumes, ils ne réussirent pas à imposer leur langue. Dieu emblématique du panthéon maya-toltèque, Kukulcan incarne des forces contradictoires, le feu et l’eau. Sorte de synthèse de divinités l’ayant précédé, il possède un temple qui lui est dédié à Chichen Itza.

Les Toltèques, sédentaires comme les Mayas, auraient pu établir leur nouvelle capitale à Uxmal. Ils lui ont préféré Chichen Itza qui se trouve à une centaine de kilomètres à l’est. La ville existait déjà depuis le VIIe siècle. De taille modeste, elle comprenait un ensemble sacré, encore visible aujourd’hui, qui s’ordonnait autour du caracol. Cette structure étagée se terminant par une sorte de tourelle tenait lieu de véritable observatoire astronomique. Elle était orientée dans la trajectoire de Vénus. De ce poste à l’ouverture soigneusement calculée, les prêtres pouvaient assister au lever de la planète pour en tirer des prédictions.

C’est le cas par exemple à Tulum, site miniature dressé à l’est face à la mer des Caraïbes. Occupé jusqu’à l’arrivée des Espagnols en 1518, il se composait d’un ensemble sacré dressé sur un promontoire, avec la ville et le port situés en contrebas. On peut encore voir le Castillo ainsi que les ruines du Grand Palais qui l’entourent. Prospère, la cité vivait de la pêche et du commerce. Peuplée de plusieurs milliers de personnes, elle était reliée aux villes intérieures par un réseau de voies pavées. Les ruines comprennent notamment le temple des Fresques, à ne pas manquer pour avoir une idée de l’art pictural toltèque. Représentant l’univers selon la mythologie précolombienne, les fresques dépeignent des scènes d’offrande qui symbolisent la relation entre les hommes et le divin.

Maïs et serpent font partie des motifs les plus utilisés, sous forme de frise ou d’objet emblématique. La plupart des dieux du panthéon maya repris par les Toltèques figurent également sur les fresques ou à l’extérieur, dans les éléments sculptés qui décorent la façade. On retrouve ainsi Ixchel, la déesse lunaire, le dieu des Abeilles ou « dieu plongeant », le « dieu au long nez » représentant les forces infernales, le dieu de la pluie Chac. Autant de figures qui témoignent de la complexité d’une civilisation réservant encore bien des surprises, de nombreuses ruines aux abords des sites n’ayant pas été dégagées de l’épaisse forêt tropicale qui les recouvre.

La vie au temps des Mayas

Très hiérarchisée, la société maya comporte un système pyramidal de classes qui ne se mélangent pas les unes aux autres. Au sommet se trouve le souverain de la cité-état qui possède aussi des fonctions de prêtre. Il est assisté dans ses tâches politiques et religieuses par un collège de hauts dignitaires ayant eux aussi des fonctions civiles et sacrées. Ensuite viennent les artisans, les marchands et les paysans. Les cités mayas connaissaient l’esclavage : les ressortissants de cette triste catégorie étaient les prisonniers de guerre, les condamnés de droit commun et les orphelins.

Les paysans, classe majoritaire de la société, habitaient à l’extérieur des remparts de la ville, dans de petites huttes aux murs de bois et aux toits de feuilles de palmes. Le travail agricole rythmait la vie quotidienne. Les hommes s’y employaient en priorité tandis que les femmes tissaient et fabriquaient des poteries. Nourriture et artisanat étaient échangés entre les cités grâce à une monnaie très particulière : les cosses de cacao ! Toutes les marchandises étaient portées à dos d’homme car les Mayas, qui possédaient des connaissances poussées en arithmétique, architecture et astronomie, n’ont jamais eu l’idée d’inventer la roue !

Le monde Maya, faux Eldorado

Lorsque les Espagnols sont arrivés dans le Nouveau Monde, ils ont eu la désagréable surprise de ne pas trouver autant de métal précieux qu’ils le souhaitaient. L’or, qui alimentait tant de légendes sur les cités précolombiennes et faisait affluer les galions sur la mer des Caraïbes, ne se trouvait pas en quantité exceptionnelle dans les cités mayas. Les objets en or essentiellement des parures possédés par le souverain et les hauts dignitaires constituaient toute la richesse de la région. Pas de pépites charriées par les rivières ni de filons produisant suffisamment de métal précieux. Les mines étaient rares et déjà largement exploitées à l’arrivée des Espagnols.

 

 

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